Dictionnaire de l’ameublement, tome II, col
cite comme un des plus riches qu’on pût voir !. À Bagatelle, le boudoir était garni de miroirs « qui répétaient de tous côtés les attitudes des amans ? ». A Paris, dans le boudoir de M'® d’Hervieux, « les côtés, les plafonds, le parquet, étoient garnis de glaces entre lesquelles iln’existoit aucun intervalle * ». Enfin, pour ne pas multiplier ces exemples, rappelons que M. de Calonne avait fait disposer une énorme glace au milieu du ciel de son lit, ce qui, d’une part, faillit lui coûter la vie, et lui valut, d’autre part, l’épigramme suivante de Rulhière :
Calonne eut, dit-on, grand’peur Quandil se vit dessous la glace :
Je le crois bien, car un voleur Etait devant lui face à face.
On a renoncé fort heureusement à cet abus condamnable de glaces qui, multipliant et renversant les images, produisaient les plus singuliers et parfois les plus ridicules effets. Le résultat de ces décorations indiscrètes était de transformer une chambre, un cabinet, un boudoir, c’est-à-dire un endroit clos et couvert, en une immense cage de verre montrant partout Le vide.
XC. — LA DÉCORATION, COMME LA NATURE, A HORREUR DU VIDE. AUSSI LE DÉCORATEUR HABILE PREND-IL SOIN D'ENCADRER SOLIDEMENT LES FENÊTRES ET LES PORTES ET DE LAISSER UN CHAMP ASSEZ LARGE ENTRE CES OU- VERTURES ET LES ORNEMENTS QUI LES AVOISINENT.
Lorsque nous disons que la nature a horreur du vide, nous n’entendons pas rééditer un antique apophtegme qui a cessé depuis longtemps d’être admis comme une vérité physique. Nous nous plaçons uniquement au point de vue