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La découverte de la science des langues

Le lecteur qui n'a pas suivi lentement et attentivement tout ce qui a été dit jusqu'ici, et qui, par conséquent, a laissé derrière lui plusieurs points de cet ouvrage sans les avoir clairement et pleinement corn* pris, devra, avant d'aller plus loin, revoir une seconde fois le premier volume en entier. Si je me laisse aller à donner cet avis, c'est que je sais que les découvertes qui suivent sont d'une nature beaucoup moins simple et saisissable que celles que nous avons déjà vues, et qu'elles ne pourraient être conçues sans une connaissance approfondie de tout ce qui les précède. Jusqu'à ce moment, nous n'avons abordé en général que des questions qui» bien que difficiles, existaient avant moi, et sur lesquelles on avait déjà discuté sou< vent ; mais dorénavant il n'en doit plus être ainsi : j'ouvre une carrière toute nouvelle^ et c'est seulement à l'aide d'une attention consciencieuse que je peuxes* pérer de faire con^>reodre et accepter les bases de rai*

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sonnement sur lesquelles doit se fonder un ordre de choses tout nouveau. J'ai encore à accomplir le plus difficile de ma tâche ; j^ai 4 résoudre des problèmes que le monde entier a jugés inexplicables, et pour y parvenir, le seul moyen qui me soit offert est de m'isoler complètement de tout ce qui m'entoure , d'oublier pour ainsi dire loiite mi vié| et cle më réf^giar pir la pefasée au milieu de la nature seule, ou de cette société primitive qui a dû enfanter les premières combinaisons de la langue. Dans cette recherche, je ne vais pas jusqu'à croire que je ne me sois jamais égaré en tâehâdt de mln^ M ti^aèe de leur esprit) mdis les réëultati immettseè tjue j'ai dbidhus prouvéot qtm le ()lys bouVeDi j'éiaii Mns là réalité^ et me permettent et àitB q\ïé 1% ddeonvert la éoienee des langues^ Aësuréttietii, je ne là tk>$8ède étacbre moi-*mériie qm d'ude itiatlièfe biéd ootiAiSéj néanhioin» elle dei^ieh^ dra biétilôt faâlilièl^e pat* i'Usâgè^ et l'oil parvicndré tiileeSliaiiremeilt à poûét des tègleÉ itèê sûres pom" HDUs ^ûidëi^ û*M mi i^etshek^ehesi Maié^ airftnt d'rà arriver ià^ hmé dëttdilÉ^ appiorter iiiie gttmde pru» detaee dàiiâ l'étlalyse ^ iédM ftiitons de» nmtê^ lors» qUte nous détërttihMrft S'U ftkttl les toosidifa^er de uAlé du telle ihaniét*^! è'eSt^ft-diré^ s'il faut lisur atiribiier la première sigtitOUakf^ri tiu'itft <eur<sht jadiais^ ou bien dùpposëf qu'ilè avaient déjà dégénéré qiand Us cdti-^ tribttèfeflt & forriàer lës dëitift dont tioni mus «fiRur-^ çdni dtf i«iiHBittvër le feriiable mûhi

DE LA SCIENCE DÉS LANGUES. Ul

Le lëffiiûtn tté mén , ioft , êdn , c*ést-à<tfre ma, tn, w, àrts«i Hm ijue le suppoèé pluriel des deux genres, mBè, tesj êèÉ, restent & expliquer.

L'« dans ma, ta eisa signifie aussi une choèè ôu fe cAo^é, èl Correspond à éo en latin, de sorte que Mo ë^ là tnènte Chose que ma ^it ou m tnê, et veut tWfê /» ^ûn à mûi; tû et êa s'expliqtient de même. Quant à mt»^ teê, èé^, ils ne «dnt pas pfus an pluriel qne mm, tm, i&à, ôt que m&, ta^ su, puiftque e'est ttntqnement 1d «ëûl pronom ts qni est ajouté km,t,ê, de même tfue anm.ëa sont ajoutés à ees mêmes lettres pour le masenlin et le féminin singuliers. Ceci paraîtra d'abord inerojraMé; mais en y rèfléctitssant seulement eim] minmes sérieusement, on recoMaltra que q«ol- ^uê Cela semble fort étrange^ c'est cependant vrai. Es a été choisi dans cette circonstance, c'est-à-dire poûr marquer le pluriel, seulement pour correspondre par sa fefme aux autres eè dont il est suivi. Ainsi, mes îififBs veut dire d mal vs îîvte litres mais pour éviter la répétition du mot Ikr^, on a ajouté le pronom es Xfà â remplacé le second. On reconnaît ceci parikitement lorsqu^on se souvient que livre devraH s'écrire Uwt, car ce n^êM pas autre chose qne le met latin /»- 1^ àkfit lequel on a substitué le tt au b, ce qui ^rlve très fréquemment. En conséquence, mès lêtrèe est |)6ttr me n I0»er es ( à moi ne Mvre ce ) , phrase dans laquelle le pronom on Vùrtieie qui précède Ni^er pourrait tout aussi bien être on ou er que es. Mais comme le pronom ou l'article qui suit iiver dans cette

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même phrase (tne es liver es) est, pour le nombre et le genre, en apposition directe avec celui dont il est précédé, il devait, pour qu'il y eût harmonie parfaite, correspondre aussi dans la forme, et c'est ce qui arrive fort heureusement dans la langue française. Mais lorsqu'on dit en anglais my books (1) (mes livres), cet accord, quant à la forme, n'existe pas, puisque tny est me4 et non me^s. Toutefois m^-» est tout aussi bien au pluriel que mes^ ce qui veut dire que me es n'y est nullement ; car me-i [my) est évidemment au singulier, puisqu'il signifie to me one (à moi un), ou to me il (à moi cela). De même dans yout* books (vos livres), c'est-à-dire you erbook-es (vous cela livre cela), er^ qui est en apposition à es^ ne correspond pas avec lui pour la forme ^ quoiqu'il le fasse pour tout le reste; et il n'est cependant pas plus au pluriel que esj c'est-à-dire que ni l'un ni l'autre n'est au plurieL Tout ceci prouve donc avec la plus grande évidence qu'il n'y a aucun différence, quant au nombre, entre mon^ ton y son j et mes^ tes, ses , et qu'on peut en dire autant de ma, ta^sa^ tous ces mots étant également au singulier.

J'ai maintenant à expliquer les prétendus pluriels de notre et votre^ c'est-à-dire nos et vosf mais je vais d'abord m'occuper de leur forme au singulier.

Notre et votre accusent en apparence une origine toute latine; il n'est pas de grammairien ou de lexico-

(1) My s^mploie également tu singalier et au pluriel : on dit my book (mon livre), comme my booki (mes livres).

graphe qui ne les fasse dériver de noêfer et rester; et cependant ces mots (anciennement écrits noetre, vos^ ire)j malgré leur ressemblance, n'ont nullement été formés de noster et de rester. Une vérité qui paraîtra un peu forcée, c'est que les mots, comme les êtres qui en font usage, sont, à bien peu d'exceptions près, nés sur le même sol; et les savans devraient y regarder un peu plus sérieusement avant de décider qu'un mot, qui est reconnu pour avoir toujours existé dans une langue, a été emprunté à une autre.

On conçoit facilement qu'un peuple qui ne possédait pas de mot pour nommer une certaine chose dont il n'avait aucune connaissance avant d'être entré en re* lation avec un autre peuple, ait pu emprunter ce mot à cet autre peuple, puisque lui-même n'en avait pas besoin auparavant. Ainsi, de nos jours on a adopté en Angleterre ui^ vêtement d'homme qu'on a nommé mackintosh; l'usage s'en étant répandu en France^ on lui a conservé dans ce pays le même nom qu'en Angleterre, parce que jusqu'à présent on n'avait pas porté un pareil vêtement, et que par conséquent on n'avait pas inventé de mot pour le nommer. Mais tous les savans, sans exception, nous disent aujourd'hui que les mots main et pied sont venus du latin manus et pes; ce qui n'est pas seulement une erreur , mais une opinion qui ne devrait être partagée que par les esprits les plus bornés ; car cela veut tout simplement dire , lorsqu'on l'examine de près, qu'à l'époque où ces deux mots furent pris aux Latins,

le$ Franchis n'avaient pi pM^ ni m<ifOf > (wisqu'il n'exîsiait pas dans leur langue 4$ mot^ pou? les mm^ mer. S'il y a une chose impossible, c'eçl certaine* ment de faire adopter par tout un peuple t eoMr« grossièrement sauvage f deu^ mots étrangera qu'il n^ comprend pas, pour le$ sub$titner h deux autres mots 4'yn us^e ap^i fréquent, aussi indispensable que main et f <W* Npp, une langue n'est pa^ le produit factice du travail de quelques hommes, e'est l'exprès-^ sion spontanée , naturelle de ceux qui Font cré^,

Ifosirç est formé de no§ (qui e§t ^l à nçuéi) e| de étr^ quç j'fii déjà expliqué plusie^rs fois, /^w^nj esl( pareillenient composé de pas (qui e$( éj|^l a çow«)i| e( aussi de ^/re. 4lor$ nosfre livrç sij^nifie» 1^9^^. 4fr9 livre y c'est-à-dire à nous l^éirç livre , g n^^^ (^ ^kpK livre. Fpêtre livre si|[pi% de même pqM§ itvf lifrg^ qui est la forme abré|^ée de,i^ vom ^fn Uvf% o'^t-4* dire à vous la chosf livrF^ Daps c^ exemptent le mot être peu| aussi fort bien ^tre rendu par un arr ticle Qu un pronom « et nous ppyvon^ dire qve no^irs livre es^ égaj à noue l§ livr^^ Q'e$|*^*dire 4 ^9V1 le livre ^ ou, çç qui e%\ la mêo^e ebosg, fiffiff çefa livre^ c'est-à-dire, à noifs cela livre. Mai§ Jorsqup npuç cqnsidérons éire de cette manièrp , nQU§ le prenons dans son sens collectif, car il ne faut pas oublier qu'i| est composé de plusieurs mots, de es-it-rf^ qui signifient c^eet la chose. Nous pou'vons ^ussi )e reg^der comme étant composé de deux mat§ senlenAenti est r^, ce qui doit d'abprd avQÎr è\è ir ç^t ^ puis ^rgfi ^

et eDÛa ester e( estre. Coipine les deu3( mo^ er est sont Voriginal dif mot anglais erst (anciennement), nous avons encore ici une autre preuve de ce qui a déjà été suffisamment établi, c'est-à-dire qu'un pré* sent répété fut le premier moyep auquel les bomiifes eurent recours pour indiquer un temps passé ; car er est sont véritablement égaux à aller aller. Lorsqu'on analyse cera et ibi, on ne leur trouve pas une autre signification , puisque )e premier devient er-ea (cela cela), et le dernier ib-i^ qui est aussi égal à cela cela ou aller aller. Alors quelle différence y a-t-il entre onf ea, es^ dans motif ma^ mes^ et cet être, dans notre ejt pâtre? Aucune *| tous signifient ^^lement cela^ fe ou la dose.

Bfainteoant, comme personne ne dira que le mot éfrç^ lorsqu'on l'emploie séparémept de nostre et 9Qstf)e, est dérivé de quelque pronom ou ^rtf\c\e latin^ pourquoi Iç dirait-on lorsqu'il fait partie dç ces poms, puisque c'est toujours le même ntot? Mais on peut me dfrp que, compio personne pi^ soupçonna jamaif que Iç mot biefi ponnu être formait une partie ^e nostre e^ vQffrf , pas plus qu'on lu^ supposait qu'il entrât dans la pompos^ion ()eç yerbeç tels que cennaitre^ paraitrcy etc., il n'est pas juste d'acpuser les Français de raisonner de cette manière illogique , car lorsqu'ils disent que nostre vient de noster^ c'est parce qu'ils ignorent que le m<)t e(re enfre d^n^ |a çompo- ^itiqni^e nostre.

On peut a|Qutpr^cqn)0i0 une nouvelle preuve ^e ce

que noêtre et vostre n*ont pas été tirés de noster et rester, que les Français ne disent pas vestre ou vetrej au lieu de vosire ou votre; cependant le prétendu original de vestre et votre est rester ^ et non voster.

Comme estre ou être, dans tiostre et vosire^ devient, lorsqu'on Tanalyse, est-re , qui peut être traduit par ce est y de même /er, dans noster ^ devient U-er^ qu'on peut rendre aussi par ce-est; ou bien encore, comme estre, on peut indiflTcremment le traduire par /a chose j cela ou /p. La vérité est que estery dans vestery est précisément la même chose que estre ; mais cela ne fait pas que vostre soit dérivé de vesfer. Si, dans le cas qui nous occupe, il y avait eu un emprunt fait par une langue à une autre , il serait beaucoup plus plausible de dire que les pronoms latins ont été tirés du français, puisque être ou estre existe dans cette dernière langue indépendamment de tout autre mot et est d'un très fréquent usage, tandis que lorsqu'on le con* sidère ainsi isolément , on ne le retrouve pas en latin.

Il faut expliquer maintenant les pronoms latins nos et vosy afin de rencontrer moins de difficultés lorsque j'aurai à en montrer la nature en les considérant comme des mots français, c'est-à-dire comme les pluriels de notre et votre.

Le moi nos peut être analysé ainsi, tn-os^ ce qui signifie un un, ou ie un un. On peut aussi l'analyser de cette manière^ tn-o-is; mais le sens n'en est pas différent , puisque cette dernière forme peut être rendue par un un cela^ ou cela un un, ou bien encore

le un un. Ces deux analyses ne diffèrent donc entre elles que dans la forme , car, quoique la dernière renferme un mot de plus {cela) que la première, ce mot ne nomme pas une idée additionnelle , puisque c'est un de ceux qu'on nomme articles (adjectif au positif).

De nombreux exemples ont déjà été donnés dans l'analyse des mots pour prouver que in signifie un ou l^un y de sorte que je n'ai besoin de faire aucune recherche à son sujet dans le cas présent ; mais comme il s'y rattache une question fort difficile, j'ai l'intention de revenir à ce mot lorsque j'aurai terminé î'ex* plication de ceux qui m'occupent maintenant.

Os signifie aussi un, par cette raison que c'est un des noms que doit avoir eus le soleil. Cette grande création , qui paraissait être unique dans le monde (c'est-à-dire sans égal), fut, ainsi que la lune (comme nous l'avons déjà vu), ce qui donna d'abord à l'homme l'idée de l'unité.

Mais, peut-on dire, comment sais-je que os était un des noms donnés au soleil? Parce qu'il fait, par l'analyse , is-o (le soleil), qui devint os par la transposition de is et sa contraction. Ce peu de remarques sur os suffiront aussi pour le moment, mais il métite, comme le mot in, un examen plus détaillé et j'y reviendrai.

Maintenant, comme ego^ le singulier de nos, se décompose ainsi, etj-o^ qui signifie le un (car eg ne diffère nullement ici du mot anglais the (le), et comme on formait le pluriel , dans le commencement ^ piair la

hlk LA DECOUVERTE

r^[)étilia& d'jia singulier» ^insi que nous Tavoqs vu ^ il est for^ raisonnable aue nos , le pluriel de ego , si* gnide littéralement un un^ on l'un un. Nos esA 4onc iine contraction de in-os.

On peu( ai|ssi analyser ego de cet(e puanière : eg-iof lf^^ \9 $ens ne dilfère p^s , puisque cela veut djre cêh le un. La plus ^pcienne forme pour la première personne 4u singulier doit avoir été io^ auquel on S(ipu|9 un mot signifiant la hauteur ou la préémineno§| ajpsi qi|e nous le verrons dans Texplicatioft qui ()oi| ê(r6 donnée du g^

En assignant k cliacun de ces mots (in-ifs) une sigffiftpation disti^ctç » nous les copsidérons dans leur état priiuHif 9 c'e$$-^-4ire que nous leur restituons le son^ qu'ik avaieuf à cett^ époque reculée où ch^qup iq^ OpmtS^it i}n# idée; car ^i on les envisageait autri^nt^f > oi| pp^rr^it dire qu'ils signifieitt seulement le un, et cela serait considérer in comm/ç ne nomipani p|is pne idé^ ^j^r^e de os^^ inais comme pccupant ]^ place cVu^ de ces iriots nommés articles.

Kûu^ avons {qnaii|(eRaE( à trouver (et nous çq ver* roRç \>wMài la pép^sijé) confinent nos ftjt fî'aihûrd for^néf cari p^r la vue que nous venons jd'^i^ pr^pdre^ QQ a SjBuljemefit appris de quoi il est çonippsé. Gomment les hommes, dans cet exemple, exprimaient-ilç d'î^^ord uff uif? Commencèrent-ils ainsi, in-o (un i^n), o^ ^insii in-os (yii up)? pu bien encore .ainsi| in o is {vm i^n celjEi)? La forpi^e in a fut i|^es^îrç^?[^^ ^dop? tie ]^ jf^^jère comme |àt§^ )a plus siinp|^^ et exi-

DE LU SCIEMCIi 0^ I^ANGUES. »7»

g^m Wp^iis petit wmU^ (k» lettres ; «t nous pouvons nous Msnr^ dç ceci i^n voyant quçUe ^Uit 1» formQ 4^ nii# dans iin<; 9UtrQ (sjtmitiQo. Ainsi, en déconippsfint le lAQl »fl^# (qui dppne »i»«hJ«-»V, ç'est-à-diri^ «p^i6-»>, mgnifi^Qt »w» '^rîp ceA», c'e8|-4-dire <é ««xw ^<rp <:? /« , §n d'aillire9 term^i fW 4 now (p</a «>(W4 a|7fuir4t«nt) , nous recoi^nf^isspnif ^n^ les homipes di« Orient d'()l>prd t>^ (uQ HP) , et qpe ce<4 4«vin( im p%r contraçtioq. ^j^r la iwite, ony ajotjt^ ?>, ^m\^ h m^ çeqpi vowlMt diie Ai «^w« à <i<»«*, fétre immmé)

ççptraçtioR, fVff fm Iranslbrmé gom?*.

Çomrpe TeiMoen 4^ .m* dans une pQ9i(iQn (elle qiw celle qu'il occupe ici , nécessiterait de IT^P QomMiir s^ investigations, i| ii^e &ut retarder ce qpe j'ai ^ dire à sop çujet jusqu'à çç que j'^» arriye k C9P§i#-

rer \m im^ *n et of.

Çe^ resberclies noiis ^yjWit ppndiiitsàrepopn^e qwi »^ était d9ns 1$ pripcip^ «v^, d^t par I|t syite on fit nÇf pops devons , ep q>psidérapt le inof fran^isiiM, ç'est-i-dire le prétendu pluriçi de notre, rapsilyser wpsi : «<»-|> (à po;:^ ce|a). Alorg, eP JÏécw»posant nqf ftfrf^, pous trouyerpps ««-W'^rf-w, ou no-it-Hvre-i9 i^ pous le |i\re livre m à nçus eela livre cel^) {t9 «^ H kopi if) ? le it (jp^) qini procède le mot b^i (livre) est, dans cet eiemple^ l?t nnèpie chose qvc /e, et Iç f^ qu> §pit iç p^ot ^ooi^, estep)*

plo^ dapf ç$ secopd cai9 çop^ms up §p)]tstitmi de ce mot.

476 LA DÉœUVERTE

Ceci nous montre clairement que nos n'est pas le pluriel de notre; car, de même que ce dernier mot est composé de nos^tre (la chose à nous) (nous ne devons pas ici considérerno/r« plus minutieusement), de même nos est également composé de deux mots (no-is) qui signiflcnt Id chose à nous. Mais pourrait-il y avoir un pluriel dans ce cas? Oui; cela se pourrait fort justement. Ainsi , si les Français disaient : noies livres au lieu de nos livres^ noies serait un pluriel , puisque lorsqu'on l'analyse il devient notl-es, dont la signification est : à nous cela gela , c'est-à-dire à nous eux. Alors noies livres voudrait dire à nous eux, c'est-à-dire livres, en d'autres termes, à nous cela cela, c'est-à-dire livre livre. Nous voyons ainsi que l'article ou le pronom les est composé de il es y ou , comme cela peut être aussi , de il ts. On peut me dire ici que si ce que j'avance est vrai , la doit également être un pluriel , puisque , par l'analyse il devient il ea , qui peut aussi signifier cela cela, et par conséquent «ut. Mais, dans cet exemple, il n'y a qu'une seule chose à laquelle il soit fait allusion, c'est la terre; car il ea veut dire littéralement cet endroit, ce lieu, ea étant le premier nom donné à la terre , nom qui existe encore dans la langue saxonne. Il n'y a donc aucune différence entre la qu'on nomme l'article féminin en français, et le mot là nommé adverbe de lieu. II en est de même en anglais, puisque ce mot there (là) devient, par l'analyse, the ère, qu'on devrait écrire the car.

c*esl-à-dîrc the earth (la terre), ihe placé (le lieu); car ear^ c^est-à-dire ea ir, doit avoir clé formé de ce que ir (quand il signifiait ia) précédait ea et fut ensuite rejeté après ea de manière à ne faire avec lui qu'un seul mot, ear signifiant earth (terre). J'ai déjà fait observer que th à la fin de ce mot earth est aussi un autre article , c'est-à-dire the , qui , de même que ir^ tomba à la fin du mot et s'y incorpora. Une analyse des trois mots place , flat et plat (ce dernier mot étant le mot français correspondant à fiât) confirme ce que je viens de dire k l'égard de la et de ea , puisque ces mots deviennent, lorsqu'on les décompose : « place » ip-il-ea-is (sur la terre est) ; « flat » if'la-it (la terre cela), il ea étant ici devenus un seul mot /a; <( plat » ip-il-ea-it (sur la terre cela) .

Mais tout le monde demandera sans doute ce que veut dire ea de lui-même lorsqu'on l'analyse; et je répondrai que dans ces deux lettres il y a trois mots, et cela sans aucune ellipse : ainsi ea se décompose de cette manière, e-o-i , dont le sens exact est, le rond un.

J'espère que le lecteur pardonnera ces digressions; mais je ne peux les éviter, la multitude d'idées différentes auxquelles le même mot donne lieu étant trop importantes pour qu'il me soit permis de les pas* ser sous silence.

Ea entre aussi dans la composition du mot man , puisque nous l'analysons ainsi : m ea in , qu'on peut

478 LA DÊCOUVÊtttE

expliquer de différentes ihçons quant k la forme , et auquel on peut attribuer plusieurs sigoificatioUd àâns qu'aucune d'elles soit en contradiction avec lei attires. Lei deux mots ea in sont littéralement pour tarthin (terre dans)ouéiirfA«m (de terre); et comme hn signifie la tie (tr) , ainsi que nous le Verrons pltis Uird, il s'ensuit que won signifie littéralement fii Wé éaM lu iêfre , c'est-à-dire le ^ié dé M lèfrë. tm eu iH signifient auséi him ëétrth ^ {loi terre dans) y c'èst'è-dire An' dé la ierrtf ou bien ^ lorsque flous donnons à ces mots l'ordre suivant * in im tdr, et tel doit avoir été leur ordre primitif, le Sens èh est \ la terre en tie {iv if> éa). On peut encore aâ&lyser man ainsi :im^4-inj quatre mots qui Irtgnlfient h fend un danê, c'est^'à^dirè le fend un de ou du rond un ou bien enfin de la terre.

Le nom ^dam diffère fort peu de man pour le sens ; où peut l'analyser de diverses manières , tnafs la significatbb sera toujours la même , m id am. Ici ûm signifie la première tie y de même qu'il signifie encore la première personne eh Anglais y et hu êommencement il doit avoir précédé ea idy mots qui Signifient éarth hàd (lerfe ettè) , C^éSt^à^ire tetfeetre oU àe la terre. Mais Comme le id qué ftoUS mrôti*- Vôns ici est lé même mot que celui qui à été^xàminé lorsque hous aVonS expliqué le mot eu en fhinçais , ainsi que u et ivi en latin , le sens très littéral de éa id est èarth onàe (terré une fois) » c'est-à-dire à la terre Une fois; et tel est lé SêbS dé èàrthetn (dé

terre)) de mt^ (teri-e^re)) ott de uêfth ^{ù»\A ttfre)»

AïBtBi Msqm jiimin esi déeôta^^ aiâiii m»

é» id {U pfetnU^ iHe Htt-e «II»), et }^qtt« taeuS itoA^wm êm avec ^Id» éë détâitftj è'eet^'dire lors* ()ue nous le divisdni eii ees dëut mots m /m ^ nbuo avons «a tm ea id ; et comme left trcife ttlOtS^ t'M 00 M

«etitetit dire la &JI0M /Hih eu /HHéi leé qtifttre tiabts i«i'M Mijtfdoivetil ftignifiet* #»i*^A nitOè {iMte fait)j é'est'^^dil'ë bfêtiHk mode (de terre Ait)^ IHI tk)B«é^ 4ue»ee) il tëritable orthographe de »àd9 esi intiiili

Plus Idiu j'abrai eceasien dé dobaer d'autres m*plicatiotii de man, ti/idàm^ eto.» «}ui, latlBAtre «ti cdtitradietloi aubaite àvet: eeltèi tiU'o» f iôat de lire> en diffèrent cét^eddaiit d'utie mauiièrë trè» ndtatelei

kpféÈ àVoir ffiiit due fluéé! Ibdgtië digrësèiéft, j« M |)éU!t otâeure ée tn'dceu^r ièî dU Mbt mtAân (fèUitle) i il detieut^ {tar ràâalyéë) ttft loMM; é'tfH'amire « it^oMi (tiue ihàtribe), ôb M« «c^^i) ear eë è qui «e Irdtitë A la fltt dé loéthBi deit, an «otniliëtKiëidëtit) l'agir j^ré^ cédé tàtiii M MM {ih% i^mbi la matrice, dii j»« wt>Mk;^, ètr« tnëiriëë); et ëëbi ëfpHi|iie ^Ur^Ubi ëè tâbl èét ëâ(»ri tJrbtadfiëé édfiittie è^I étéH éerit Mhb b. Le dlët iW>M^ loràqu'ën le déëodipeée) dëHUë #M^ dtt i>ié H W», ëti bieh ëiiëorë ié ë Me, et SigfliRë tbt^

Ai t)(e, ëa» iëi peut iigttifiër^ ém^{\& m)i m%

àH[\!(>m)i àtteridli qu'il e«t le Hom dttik>léils fli tlottâ

âëébrddUB ^ue n 6bU pbur mt^ovammiéifiè ëi<

LA DÉœUVERTE.

droit dans lequel s'accomi^t la génération , cette signification de toute la vie est d'une justesse frappante lorsqu'elle est attribuée à un pareil root. Alors, wamh et women étant le môme nom , il doit s'ensuivre que weman (femme) signifie toute la pie, sens qui est également on ne peut plus vrai , puisque la femme est la mère du genre humain.

L'exactitude de cette explication du mot woman est encore attestée par l'analyse du mot correspondant dans d'autres langues. Ainsi^ fc$mina doit d'abord avoir été inm fcemj ina étant ici ce que le mot an est dans woman (un article), ou ce que le mot français nne est dans une femme. Ceci nous montre que femme j qui devrait s'écrire^m, ou (ce qui serait encore plus correct ainsi qi^e nous allons le voir) fam^ e^ on mot beaucoup plus ancien que fœmna, et ne peut, par conséquent, en être dérivé, attendu que c'est ce dernier mot lui-même dans sa forme primitive» Maintenant, lorsque nous analysons cet ancien mot fasm , nous avons in-oim , car / est la même chose que r, et cette lettre est ici pour tv ou vie^ ce qui est égal à l^ vie ou chose ainsi que je l'ai souvent montré, et 1'^ de fœm (fœm) pourrait tout aussi bien être un i. Alors, si nous enlevons le mot iv (lej de ivnnm^ nous avons la partie radicale oim^ qui reste seule; et si nous prononçons oi comme il l'est en français dans le mot oiseau, c'est-à^ire comme s'il s'écrivait wa en anglais, oim deviendra wam^ qui n'est pas autre chose que u)omtb. Maintenant ïm^

comme nous le verrons en expliquant celle lettre dans Valphabet , est ici égale à tv^ vie ou tfj alors, en supposant que nous écrivions otm, oi-if^ et que nous prononcions encore oi comme ci-dessus, qu'aurons-nous pour oi-if^ si ce n'est waif^ qui est justement wife (femme), que beaucoup de personnes prononcent comme s'il était écrit waif on woif^ de même qu'on prononce souvent le pronom anglais /comme s'il était écrit 01 (c'est-à-dire en deux syllabes)^ plutôt que s'il s'écrivait aioxx aye. Comme le b s'emploie aussi très fréquemment pour Vf^ si, au lieu de waif, nous écrivons waib , qu'aurons-nous , si ce n'est le mot allemand correspondant à wife , qui est écrit weib (femme)? Le mpt saxon pour tvomb , pamb (wamb), est évidemment, lorsque nous ne perdons pas de vue que le w saxon ne difTère nullement de ly, la même chose que /ambe^ c'est-à-dire /(pwmô être ou Féire femme ; et ceci prouve que le mot français devrait s'écrire /a//«, comme on le prononce. La forme de ce mot (/tfw), lorsqu'on l'analyse, est/o/w, c'est-àdire lorsque nous considérons seulement la lettre n, à la formation de laquelle j'ai déjà plusieurs fois fait ouvertement allusion; mais l'observation suivante doit mettre toute personne à mèipe de découvrir son origine. Lorsqu'au lieu de foemina^ nous écrivons fœmina, que faisons-nous? Nous faisons une seule lettre de Vo et de Ve : alors, si nous faisons une seule lettre de Vo et de Yi qui se suivent dans foimina (qui est plus correct que foemina)^ qu'obtien-

482 LA DÉCOIIVEÈTE

df'ons-nolis , si ce n'est /iï/>i-fwd? Eh conséquence,

(l«*esl-cie doftc que la lettré a ?

Le mot foim {/(ffh, analysé) devient luî-ihèmej lorsqu'on le décompose, i/'olm ou tv-oimy dans lequel {^ est pouf le , et oim , quand nous donnons à oi le son de wa , est poUf wam , qui est évidetnnient woin {icom-he).

Qu'est-ce qtië tout ceci prouve? Que woman et ^omb ne font qu'un seul et tnème mot, ce qui se voit clairement lorsque îious plaçons devant les parties antérieures de ioofnùn et ii)ofnh (qui est pour wom be), ainsi que cek à dû exister primitivement, les mots an et be qui les tefmînent aujourd'hui , comme , par exemple , dn wom , be woM. Mais que prouve encore tout (ieci ? Que ces mots , woman , womb , fœtnina , fhmfne^ itife, wéib et wàmb sont tous radicalement les mêmes , c'ést-â-dire qu'ils nfe sont pas dérivés l'un de TàUlre , lUais bieii qu'ils sont tout un seul et même mot.

Le lecteur voudira bien se rappeler que ces observations sut* man (homme), woman (femme), jidùm , etc., ont surgi à l'occasîon d'une explication du mot là, qui, bien que composé dé il et M, n'est pas au pluriel, puisque il se rapporte, cottiniè les mots nommés articles, à ea^ qui signifie ici la terre en général , et dont le sens est défini ou limité par suite de sa t^éunioh à il. Telle est l'origine des deujt hioià, 6U , pour pïirlér plus éxaciemeiit , du mol làoMÎà. Nous voyons aussi que nos^ c'est-à-dîréwi^-tV,

n*e8l pôs plus nn pluriel que notre on nostre, c*est-àditénoe-étre. Maïs comment devons-nous expliquer lé mol nous qui correspond au mot latin nos ? Très facilement. Nous savons que ce mot nos était d'abord «M^; alors, quand il avait cette forme, quelques hommes lui ajoutèrent os au Heu de is, de sorte qu'il devint noos au lieu de nois; et comme Vo est une lettre qu'on ne peut pas omettre aussi facilement que Viy nBQê ne devint jamais nos en français ; mais on l'a^ par erreur, écrit nous , et cela explique pourquoi M (i) et ou sont égaux en son. Mais quelle différence de signiÛealion y a4-il entre os et is? Aucune; et c'est pour cela que ces deux mots, qui appartiennent à la classe de ceux qu'on nomme généralement pronoms ou articles, pouvaient fort bien, lorsque le mot tt(m^ n'était encore que sous la forme de no y avoir été employés indifféremment l'un pour l'autre par les mêmes personnes, de même que Fon peut aujourd'hui employer les mots it (cela) et that (cela) l'un pour l'âatre, et dire indifféremment it is it (c'est cela) ou a iê TttAT (c'est cela).

Cette explication de no« s'appliquera également kvos^ le pluriel supposé àt votre } car c'est une contraction d6M^> et, par conséquent, il n*est pas plus un pluriel qoe voê-étre. Mais quoique ce qu'on tidit de la formation de nos puisse s'appliquer à vos, on peut cependamt faire sur la formation de vos quelques remarques

(1) Eft anglafô oo se prononce om.

IS DÉOOtVEKTE «« t*-«- "^^ fortnèrent plus q« one «ule

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