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aussi pour un, il est difficile de découvrir aujourd'hui ce qui amena les hommes à ajouter une autre lettre à cet 1, puisqu'on le faisant, ils n'avaient pas l'intention ^de nommer une idée additionnelle, mais bien d'exprimer la même idée de nouveau. Celte singularité apparente doit s'être réalisée de la manière suivante: la lettre n, telle qu'elle est formée ici (qui n'est rien autre chose qu'un u renversé), se compose d'un double t'y et c'est pourquoi cette lettre est la lettre u dans une autre position. Maintenant, comme l'ii, en raison des parties dont il était formé, c'est-à-dire de deux *, signifiait deux, on reconnut la nécessité, lorsqu'on voulut faire représenter un seulement à ce caractère composé, de lui donner un autre son, afin d'éviter la confusion qui, sans cela, aurait nécessairement eu lieu. En conséquence, lorsque u ne signifiait que un, et qu'il y avait méprise probable à ce sujets on lui attribua un son nasal; et cette courte émission de la voix était d'autant plus expressive, relativement à ce qu'on voulait dire, que les lèvres, pour la produire, étaient maintenues ouvertes , afin de montrer ainsi qu'étant séparées en deux, elles devaient indiquer un pluriel; tandis que pour la prononciation de l'tioudu Vy on les réunissait presque en une seule, ou au moins autant que cela était possible. En écrivant, ce sens restreint de ïu fut indiqué par l'adjonction d'un n qui le suivit ainsi, un; de sorte que t£» ne signifiait que Uy mais lorsque u ne voulait dire que le nombre un seulement. Ce caractère n doit môme être devenu
nécessaire pour montrer plus clairement, en certaines occasions, qu'on ne se servait de Vi que comme représentant le nombre un y car nous ne devonipas oublier que cette lettre (t) avait plusieurs autres significations, telles que la vie^ le mouvement^ etc. Mais les hommes trouvèrent d'autres moyens que celui de mettre un n après un u pour montrer en écrivant que ce dernier caractère était pris pour un seulement, ou qu'on ne devait pas le considérer comme on le faisait ordinairement.
Aimi, en grec, pour changer ïu en n, on contracta légèrement sa forme qui est celle-ci, u^ et on écrivit v tandis que les Romains se contentèreni de renverser Vu et de le poser ainsi, n. Cette connaissance appro*^ fondie de l'n nous conduit à plusieurs découvertes importantes, sans faire mention de l'assistance qu'Ole procure lorsqu'on analyse les mots. Par exemple, nous découvrons l'origine de la lettre n lorsqu'elle a cette forme N\ nous voyons que cela est venu de ce que en grec < et v se rencontraient souvent ensemble dans le but déjà révélé (celui d'indiquer clairement un), et qu'ils se joignirent ainsi cv^ de manière à for^ mer un iV.
Nous avons vu que Yn seul avait été ^^oulé a Vu (un) pour montrer que ce dernier caractère sigoi* fiait alors un; mais, par suite des nombreuset; occa» sions où in avait ce môme sens, il est naturel de supposer que dans beaucoup de circonstances on doit l'avoir employé au lieu d'un seul n. Ainsi ^ mA an*
DE LA SCIPPÎCE DJSS LANGUES. M7
glaiç /me^ loT^u'on l'analyse selon \e spp flu'il ^ (^f il &ut &jj*9 une très grande atlt^n^^o 4 )9 pronpic^cjatien des mpts d'un usage familier)i 4^vient /cin^i 4# qui nous {gl^ yojr que pe fut/n, et non pa^ un ^eul n^ que Ton ajouta à Vq; et ceci explique pourquoi cf mot est généralement prononcé iQomniç s'il était écrit toan; carie son primitif de K?i, ainsi qu'on l'eptend encore en fraisais, étaijt égal à la sy)labç i^pglaiç^ W0, Les hommes qui gnl fajt de l'ortfaoépie (i) Vélwde 4ç leur vie, nous disent que le Tnoi om idevr^it être prononcé comme s'il s'écriy^it foon^ et q«'il est trèç vulgaire de le prononcer wan. Mais ils ce soupçon na^ient pas alors que one est pour <9/n, cjir ils ep savaient à-p,ejjprés autant sur les loteries ,qu,e les ^ri^jj^.mairiens sur les mots, Ainsi, de même que tous lejç apiipau?: qu^ sont donnés de la vue ont le pouvoir de 4isMnguer ^'upj de l'autre deux ol)jetsde fornaes différentes^ ils virent que A n'est pqtô B; ej|; partageant pareille w,ei)f ?y*iÇ certains animaux le don de distinguer 4^s squç (Jifférens l'un de l'autre^ ils savaient quç ^ fl'étaiî pas prononcé J5; mais malgré Jtout cç qu'ils o^t écrit sur l'orthoépie, Jeyr connaissance des lettres n'a ^anaaif été plus loin, §oit sous le rapport de la forme; SQil sous celui du §on.
Nous pouvons aussi expliquer maintenant comnaent il se fait que^^, an et one en anglais signifient t^n. Nous v^nçpis de voir que in était 5ijnu.té à ff po»f montrer
d'une manière plus particulière (puisque o a d'autres significations) qu'on voulait désigner le nombre un. Mais il se pourrait aussi que, dans le même but, o eût pris un seul t'y et c'est ce qui doit avoir eu lieu avant la formation de in : de là a , qui n'est autre chose que oi contracté, a été fait pour signifier un; comme par exemple lorsque nous disons a book (un livre) , par quoi nous voulons ôÀreone book (c'est-à-dire ©tio<?A), quoique nous n'écrivions pas le mot one; et nous pouvons être sûr de ceci en remarquant que an n'a pas un sens différent de a, puisque par ces deux mois nous comprenons précisément la même chose quand nous disons give me a book (donnez-moi un livre), et giveme an apricot {Aonnez-moi t/n abricot}. Ceci étant admis , si l'on peut montrer que an est précisément égal à one^ il doit s'ensuivre que a doit aussi être égal à one; puisque deux choses exactement égales entre elles doiventètre pareillement égales à une troisième, pourvu que l'une d'elles le soit. Alors, comme nous savons (car nous en avons eu beaucoup de preuves dont on ne peut douter) que a devient of lorsqu'on l'analyse, il doit nécessairement s'ensuivre que an est pour oin; et lorsqu'on prononce oi comme.il devrait l'être, c'est-à-dire comme wa, ce mot oin devient wan , ce qui est parfaitement égal à one^ ou, comme il devrait être écrit, koin.
Nous pouvons aussi maintenant expliquer comment il se fait que les lettres n et le luent été dotées dans des langues différentes, et quelquefois dans la même.
d'une signification semblable. Nous voyons que cela vient de ce que ces deux lettres n'en font en réalité qu'une seule, quoiqu'elles aient un son fort différent- En conséquence, les verbes -anglais qui se terminent en en, comme spoken, wriiten , etc., sont, par cette terminaison même, précisément égaux à ceux qui en français se terminent en eu ou w, comme ieneu, receuj ou tenu , reçu. Nous pouvons dire aussi comment il arrive en français que ces différentes syllabes in, tm, ain, aim , ein eim se prononcent toutes exactement de la même manière, et corriger par là une opinion fort erronée que les orthoépistes français entretiennent sur ces syllabes. Il ne sera pas mal-à-propos d'observer ici pour les personnes qui ne connaissent nullement la prononciation française, qu'on peut donner une idée de ces syllabes en disant qu'elles se prononcent toutes à-peu-près comme un A en anglais, lorsqu'il est fort bref — comme dans le mot h^t — et qu'il faudrait alors donner à cette lettre un son nasal, en prenant garde toutefois, dans cette émission de la voix, de ne pas faire entendre un n ou un g. Je fais cette dernière observation parce que la plupart des Anglais qui savent assez bien le français croient que Vn et le g sont toujours rendus dans cette langue par un son nasal; et quoique aucun Français n'admette qu'on fasse entendre un g dans ces occasions, ils soutiennent cependant tous qu'il y a un n. Mais ceci est une grande erreur, ainsi que je vais le prouver maintenant. Les lettres n et m ont en français, pour
parler d'une manière critique^ le même son et Iç même nom qu'en anglais. Ainsi, en, dans le mot an* glais JL^ergy , a précisément le même son que dans Je mot français t^erffiej et enty dans Euerald^ a aussi le même son que celui qui lui est donné dans ém^raude. Ces deux syllabes en et em, commis on les entend dans ces exemples, sont aussi les noms qui ont été donnés h n et m dans les deux langues.
Maintenant, quoique n eim soient ici nommés et prononcés différemment, il arrive néanmoins que les deux syllabes ain et aim ont précisément le même son. Personne ne dira cependant que les deux lettres (ai) qui précèdent Vn diffèrent aucunement des deu:î^ lettre^ (ai) qui précèdent Vm, Tout le monde admettra que ces deu^ lettres (ai) sont, dans ce§ exemr pies, aussi évidemment égales entre elles, que un est égal à un, Âlors^ ceci étarit admis, on doit reconnaîtra que nous avons ici deux choses égaje;^ l'une à l'autrç^ et que par ponséquenib aucune autre chose n,e peut produire un certain effet sur l'une de ces deux choses , sans qu'elle en ait un pareil sur l'autre jsi Von opère précisément de la même manière dans |e$ deux cas,
En conséquence comme ai diffère, pour le $on, de ain, il s'ensuit que cette différence a été occasionnée par la lettre n que l'on a placée après ^ et comme ai^ lorsqu'on y ajoute un w, a exactement le même son que lorsqu'il est suivi d'un n, on doit çn conclure que ai^ dans ces deux cas, ne peut p^s avoir été af-
DE LA SCIENCE DES LANGUES. *9i
fecté par deu?^ choses différentes, mais bien par une seule et même chose. Quelle est alors cette chose? "Est-ce un n? Non; car du moment où nous faisons entendre \n, ce qui arrivera si nous le faisons suivre par un e muet ainsi, aine y la syllabe ain n'aura plus le même son. D'un autre côté , ai dans ain ou aim at-il le son qu'on lui attribue à cause de \m ? Aucunement; car, lorsque nous permettions à celte lettre d'être entendue, comme cela aurait lieu si nous la faisions également suivre d'un e muet, comme dans le mot aime y nous transformerions complètement le son de cette syllabe aim. Nous pouvons faire observer aussi que , bien que ain et aim soient égaux pour le son lorsqu'on les écrit ainsi , cette égalité disparaît des qu'on les fait suivre également par ce caractère e; car ain^ n'est nullement prononcé comme aim^. Alors comme toutes les lettres qui composent ces deux mots «ont semblatdes, à l'exception de n et ^, il s^ensoU que la différence de son qui existe entre ces deux syllabes doit provenir de ce que ces deux lettres ne soût pas ^ales. Et si par la seule prononciation à^ ces 4eux lettres (ce qu'on peut faire en plaçant après elleg un éi muet, c'est <^ à -^ dire un caractère qui permette sealement à la consonne dont il esjt {précédé d'être entendue), les syllabes ain et aim n'ont plus le son qu'elles avaient auparavant, il est évident que ce n'est ni ïn ni Xm qui peuvent donner à ai le son particulier qui appartient à cette syllabe lorsqu'elle est suivie de ces deux lettres; cpnfiine^^ela arrive dans
les exemples que nous avons pris {ain, aim). Il doit aussi paraître fort étrange que la syllabe française m elle-même, malgré la grande différence de son qui existe dans cette langue entre i et ai, ou et, ne diffère cependant que pour la forme, de ain^ aim, ein et eim; tandis que, du moment que nous faisons sentir Vn ou Vm dans ces syllabes, elles diffèrent toutes de fw, soit que nous prononcions cette syllabe comme on l'écrit, soit que nous fassions entendre Vn en mettant une voyelle après.
Voici maintenant la clef de cette difficulté. De même qu'on ajouta à la lettre Uj lorsqu'elle signifiait un, n ou in pour indiquer quelle en était alors la signification, de même n et in furent ajoutés à aiei ^t pour montrer qu'on ne devait les prendre que pour un, comme cela arrivait pour Vu dans une pareille situation, c'est-à-dire pour tny car c'était là le signe par lequel, à cette époque^ on désigriaitwn. Alors, ain et ein sont des contractions de ai-in et de eùin; mais c'est seulement le sens de ai eiei qu'on entend ici, et pas du tout celui de ces syllabes ; et ce sens \un) n'est pas le son d'un n ou d'un w, mais celui d'un a fort bref, auquel on donne un son nasal particulier. Ainsi, dans nain qui devient par l'analyse no-iin (no-one, pas un, ouaucun un), oune-oi-in (no one, pas un), le prétendu son nasal de ai est ici le mot qui était anciennement pour un; et si nous écrivions même ce mot nein, nous trouverions, en l'analysant, n^-moù nous rencontrotis encore le mot pour un.
DE LA SCIENCE DES LANGUES. Un
Quant aux syllabes ai w, eim et r//i,, nous verrons, lorsque nous connailrons entièrement la nature de Vm, qu'elles sont encore pour u». Ainsi daim fait, lorsqu'on l'analyse, id-aim (ramour du daim), ou idroi-if (la femme du daim) (1); cependant love (amour) et mfe (femme) signifient tous deux^ lorsqu'on les analyse, uuy lorsque toutefois on ne s'occupe pas des autres idées que ces deux mots nomment. Nous venons de voir quel'n, l'uet le t;, sont en réalité une seule et même lettre: Aouclove est pour lone, qui veut dire ce qui est seul. Nous pouvons aussi analyser ces deux mots {love eilone) de cette manière: ilone^ ilone, c'està-dire le un. Si nous décomposons love ainsi, il-o-iv {la une vie, c'est-à-dire la une jchose), on peut en faire autant pour toife qui devient iv-i-if {la une vie, ou la une chose), signifiant par là ce qui est seul ; sens qui est fort juste, puisqu'une épouse est une femme qui n'appartient qu'à un seul homme. On peut aussi, par l'analyse, retrouver dans wife la même signification que celle que nous avons découverte dans woman oxxwomb. Parle fréquent usage qui est fait de ce mot
(i) Ce mot daim est aussi le même que dame. Dans Tanalyse de ce dernier mot {dame\ id doitiToir son sens primitif qni est celui de head (tète) ou chief (chef) ; en conséquence, dame devient lorsqu'on le décompose, id'Oi'if, et ceci signifie la femme principale. La signification littérale de doe (daine, femelle du daim) est aussi the head one ou the chief one (la principale), c'est-à-dire quant au mouvement; Vo étant anssi pour la vie ou le mouvement, parce qu'il sert de nom au soleil. Ainsi le mot deer (daim), qu'on devrait écrire dir, est pour id-ir, c'est-à-dire chief goer (principal allant) ; ir étant ici pour ire (aller). Comme d ou id dans deer, est la portion de ce mot qu'on entend le mieux, il a été choisi pour représenter le mot entier deer dans daim et doe.
m LA DÉCOUVERTE
un dans la composition des autres mots, il semblerait que dans le commencement les hommes étaient fort embarrassés pour découvrir ridée particulière qu'il nommait en certaines occasions; mais ceci était toujours expliqué par les difTérens mots dont il était précédé ou suivi. Ainsi ^ quoique dot>e et love aient absolu*^ ment le même sens lorsqu'on les analyse, sens qui est h un, le un {il one^ id one)^ on ne peut cependant pas les confondre, parce que l'un commence avec il et l'autre avec trf.
Ce son français particulier qu'on entend dans les syllabes «m, eim, ain, ein, im et in, accompagne aussi Vu dans beaucoup d'occasions; mais le mot français un fut formé de o et de n, c'est-à-dire par la seule addition de Vn à Vo, attendu qu'au commencement Vn, même sans 1'», signifiait un. Ce mot est donc d'une grande antiquité, puisque, si nous n'admettons pas que cô soit une contraction de o-in, il doit être plus ancien queiii. Cette observation s'appliquera aussi à la préposition anglaise on, qui est égale à ot, la partie radicale de ov^rf et lorsque nous assignons ici à o le sens de un , nous devons penser au soleil» et dire que cela signifie un en haut, car tel est le sens réel de on. Mais nous pouvons encore mieux comprendre ceci en donnant à ïa une signiûcatioû qu'il a fréquem*ment, celle de Mffh (haut) , et kit celle de en ou in; cle sorte que ces deux mots high et it sont les deux parties dont height (hauteur) est composé lorsque nous n'expliquons pas ce mot plus minutieusement.
DE LA SCIENCE DES LANGUES. /i9S
Comme, eh examinant vos et nos, ]*ai promiâ déparier encore de os, je peiix le faire ici.
Quand ce mot os est analysé, 11 devient o Ëé (iiii èti*e), parce qUe le is auquel T^de os est égal, devient B lorsqu'on le décompose : nous verrons comment cela arrive. Il n'y a donc aucune différence de signification entre os^i oh, car tous deux veulent dire, le un être ou le un temps.
Maintenant comme j'ai déjà dit que la terminaison française ^i> a un senâ semblable, il doit s'ensuivre que tb, os et (?/^ sont égaux en signification. Je peux ajouter aussi que as^ dans was [vie as) est égal à ces trois mots {pbj os, ois) , puisque j'ai montré qu'à cet égard àé tie difTérait nullement de ois. Le lecteur peut aussi Se rappeler que dans l'explicatiott donnée dé ois, je lui ai donné à entendre par une comparaison faite entre was ex Joie, qu'il n'y avait pas dans ois une lettre de plus que dans as. Je demande maintenant à ajouter à ceci que non-seulement quatit au sens, ttials encore quant au nombre de lettres dont ils sont composés, il to*y a pas de dllféfehce entre les mots ob, oé, ois et aé; dotlc,ce$ quatre hiots auxquels on peut ans^t adjoins dre le mot ab, étaient à une époque foH ancienne uh èeul et même mot.
L^explication det^ dans nos {no-is) qui sigrïiHe ive ihtMt, ive if (nous cela), à laquelle j'ai déjà fait allusion, pèutêtre donnée ici. Le pronom atoglaîé 1, comme tioUis le prononçons maintenant, à aussi, dans sa totn|)<>sîtidb> Un mot additionnel, tel que ï^ que nous
trouvons dans nosy car I, pour le son^ est réellement aï, qui doit être une contraction de ea^i; le sens de ces deux mots étant cela je ou je cela. Ce pronom I ne diffère donc pas, pour le son ou le sens^ de Taflirmatif familier ay, qui doit être la contraction de ea^-i signifiant thot J (cela je). D'un autre côté, ces deux mots ne peuvent pas s'être toujours tenus dans celte position l'un à l'égard de l'autre, car ea doit être tombé après t, ainsi, iea (je cela), cl nous découvrons dans ceci l'autre allirmatif ^^a. En abrégeant iea à ia, nous avons Taffirmatif allemand ta. C'est aussi de cette manière que nous devons expliquer le mot je en français, puisque ce n'est rien moins qu'un composé de is'ij Vs de i^ ayant été posé sous le pronom t dont il était suivi ; et nous pouvons nous convaincre de la vérité de cette opinion en les écrivant et les arrangeant ainsi : ^'. Il résulte de cela que le pronom français je devait s'écrire y, mais 1'** a été négligé. Nous découvrons par ceci que la lettre /est, comme sa forme l'indique suffisamment lorsqu'on l'écrit ainsi j, le résultat de la réunion d'un t et d'un s superposés. Nous pouvons en acquérir la certitude en observant que le mot anglais glazier (vitrier) pourrait, quant au son, aussi bien être écrit glajer, en admettant qu'on donne ici auy la prononciation qui lui est attribuée en français; car comme glazier est pour glassier, ou plutôt glasier (aucun mot ne devrait avoir une double consonne), il a récusa prononciation actuelle de y/ajer, parce que ïs est tombé sous Vi. On peut encore
DE LA SCrENCE DES LANGUES. 497
citer à Tappui de ce fait, que les enfans, avant de pou* \oir prononcer le y font toujours entendre un « à la place de cette lettre; de grandes personnes mètùe^ les Italiens par exemple, font la même chose. Ainsi, les enfans anglais prononcent le mot Julia comme s'il était écrit Zalia^ei les enfans français prononcent le mot Julie comme s'il était écrit Zulie. On peut me rappeler ici qu'il ne s'agit pas de prouver que/ et z sont naturdlement les mêmes, mais bien que i et combinés sont égaux à y. Mais c'est justement ce que je prouve en montrant que j et z sont équivalens; car comme je peux prouver d'après une très haute autorité que z est la même chose que «V, il s'ensuit qu'il doit aussi être égal à ;; ou bien il faudra admettre, contre toute raison, que deux choses étant égales, une troisième puisse être égale à une de ces deux choses sans être pareillement égale à l'autre. L'immense autorité à laquelle je viens de faire allusion est l'opinion de l'homme éminemment sage, quel qu'il fût, qui nomma la sixième lettre de l'alphabet grec (Cnra); car ce mot précieux nous dit lorsqu'on l'analyse, que is et z sont égaux, et c'est ce que nous verrons lorsque nous y viendrons. Mais l'analyse d'un ou deux mots dans lesquels se rencontre un z suffira pour faire disparaître tout doute à ce sujet. Le mot zone devient, par Fanalyse, iz-o^in, dont Tordre primitif doit avoir été iffiz^Of qui signiûeitisû {ce est o)f c'est-à-dire c'e«t rond». Nous voyons par cet exemple que z est évidem« ment pour ts; et comme z est égal à/, il s'ensuit que
m LA DËCOUYERTE
iê doit être égal à/. Zêro^ qui se déoompoat aiosl^ m^ •r-Oj signifie par coméqnent is the (•#! lso)yee qui fournit une nouvelle preuve de oe que e est égal à iê, et que y et 4ê doivent par cette même raison être égaux« Je cherche rarement dans de vieux livres des citations pour confirmer encore ee qui me parait établi d'une façon trop évidente pour laisser subsister quelques doutes sérieux; asais un ami, auquel je dois beaucoup de preuves de la vérité de ma découverte, vient de m'informerpar une lettre que beaucoup d'exemples de is employé pour ^, ainsi que je Tai dîtf se trouvent dans une traduction des confessiona de saint Augustin par le jésuite Geriers ^ ouvrage qui ne date pas de plus toin qtae 1657. Ainsi tmtpmip» y est écrit tovswwr^y et déjà^ dêêia^ comme nous pouvoas le voir dans les passages suivans t t Vous voyez ceb. Seigneur^ et vous vous taisez, patient^ très miséricordieux et véritable ; peut être que vous vous taises ian^ 990mfâ4 » (i)<« ye%iolsdesiaeB considération parmy les orateurs, cequi m'enfioit d^un orgueil autant iûsup^ portable que vain* > (3)
H y a une très grande nécessité à recbercbar aussi minutieusement que nous le faisons li véritable na^ ture d'une Icare, parce que cela peut noue oOBNhnre i la découverte du sens réel de beaucoup de mdtSL Ainsi i si nous avons besoin d'analyser le mot français déjà , nous savoM que le j pdut aussi bie^ être
(1) Livre I, chap. xvin, 32. 3
(^ Livre m, ebdp, ix^ 6K»
oâ un « ou tf#> et nous YoyonB que défà doit detetitr iâ^v-ea ou ii4a^u , dont le setif est <^^«^^ e«/ài/ dt e'est comme si nous disions : e^eat la choêe , t*eêt taffhiret en un mot^ selon cette analyse^ défà est une simple affirmation. Cette opinion est conâr-' mée par le même mot en latin {jam)f qui par Fana-' lyse^ devient im4ê*em (c'est cela). Ce mot peut de même être analysé ainsi : is^a^ie, comme nous I0 YerrMs plus tard; et l'ordre de ces mots devant être viê49-eay le sens est ^€êt cela. Hais jam pourrait même être décomposé de cette manière : is^^m ^ qui signifie m ay , car cet am est un autre mot pour / (je)^ puisqu'on peut aussi l'analyser ainsi c ^A» , comme le lecteur doit le savoir s'il a profilé des di^ férentes indications que |'ai données sur la forme originale de dr. Cet oidm est littéralement lim {lam^ )e 8uis)> et lorsque nous mettons im devaat oii nous atons inudy qui est devenu , par la contraction ^ lé pronom français mei. De crainte qu'on puisse douter qu'il fut un temps où une forme telle que U ay était usitée y je remarquerai que l'affirmatif yes est une contraction de yea is , qui doit d'abord avoir été iê yea. Si nous voulons pareillement expliquer le tnot anglais y«iiA[^iit (jaloux) ^ il noUs feut considérer le ^ comme un z ou comme is , et nous serons surpris dd voir parce moyen ce qu'on n'avait jamais soup^nnéi c'est-à-dke qnejemlûnâ et geahuê (zélé) ne font qu'un seul mot, et que par conséquent to bejêaimtê (être jaloux) et f9 h0 »$ahM (être feélô) signifient la même
COO LA DÉCOUVEBTE
oiiote. La jalousie est donc un sentiment plus loua* ble qu'on ne le suppose^ puisque ce n*est, après touti qu*6tre zélé jusqu'au soupçon. Combien ceci est heu« reusement confirmé par la languegrecque, dans laquelle Jalousie est traduit par C^Xoç (zéloê)^ qui» lorsqu'on l'analyse^ devient os-zelile zèle), ce qui prouve avec évidence que zeh et jalousie sont synonymes. Mais comment, peut-on demander , le zélé se rendait en grec ? Par Ci>>oc, c'est-à-dire par le mot même qui nomme /ajalousie. Ainsi, quoique en français et en anglais il y ait quelque différence i quant à la forme, entre zèle et jalousie , nous voyons que chez les Grecs il n'y en avait pas. Ck>mroe le mot fr^nçBisjalousie se décompose ainsi : is-eadln^s-i , il est clair qu'on devrait Té* crire maintenant/^a/c^n^f^ et non jalousie; mais cette orthographe s'explique par la raison que 1'^ ne se prononce pas dans cette situation. Ous^ dans les deux mots français et anglais, jalousie fjealouzy, ne devrait pas ici être préféré à os^ parce qu'il n'y a aucune nécessité à cela. On doit analyser /eo^u^y ainsi : zeal'os-i (le un zèle), c'est-à-dire l^un chose zéle^ ou la chose zèle. Si nous désirons savoir ce que Tout dire zeal^ il faut l'analyser de cette manière : is^a4lf ce qui nous donne un exemple dans lequel ea sert de mot qualificatif à l'égard de il (qui est un autre mot pour éiré)^ et il signifie le premier, parce que a est la première lettre de l'alphabet , et aussi parce que ea ou earth (la terre) est la première des œuvres de Pieu. Alors zeal signifiera est le premier,
DE LA SCIENCE DES LANGUES. Ml
OH ie principal être , c- est^ànlire c'est le premier de la vie f son Ane , sa partie la plus animée. Zeal peut encore être analysé ainsi : iUs^a , mais le sens en sera toujours le même, car ceci veut dire c'est le premier f le plus important. )» Mais comme Tanalyse de ea donne e-o-t, et comme cela signifie le rond un y ce qui peut se rapporter au soleil ou a la terre, il en résulte que ^al peut signifier c'est le soleil y c'est-à-dire c'est au soleil ^ appartenant au soleil; en d'autres mots : c^est semblable à lui, tout vie y fout animation. L'orthographe française de zeal (zèle) est aussi très correcte, et ce mot doit être décomposé ainsi : is-edl^ ce qui signifie la vie vie f c'est-à-dire toule la vie , tout animation ; car ici e est pour vie , ainsi que nous le verrons lorsque nous connaîtrons ce que signifie le nom Ht<x, donné à la septième lettre de l'alphabet grec. Si nous mettons ces trois mots is-e-il dans cet ordre, il-is-e (et tel est aussi celui qu'ils doivent avoir eu) , le sens sera encore la vie vie , c'est-à-dire tout vie % tout âme.
Gomme nous pouvons fort justement aussi analyser le mot anglais zeal de la manière suivante : e-al-is (tout être, — toute vie), on reconnaîtra qu'il est littéralement la même chose qu'en français. Nous aurons souvent, comme ici^ l'occasion de remarquer que le même mot peut être interprété de différentes manières, tandis que le sens reste toujours le même. Cette variété de forme explique comment il se fait
m LA DÉCOUVERTE
qu'en apparence nous ayons tant de langues , lors* qu'en réalité il n'y en a qu'une , puisque tous les mots du monde sont formés à Taide de quelques syl« hhes radicales, telles que ib, te, id, ea, i$, etc., dont la signification, dans le principe, était la même chez tous les peuples. Ces quelques syllabes peuvent donc être comparées aux dix chiffres i, 2, 3, etc., par le moyen desquels tous ]es nombres sont formés.
On peut se rappeler que ces obs^vations au sujet de la lettre y sont nées de l'explication de nos, dont Vis (no'is) a le sens du mot it ou ihat (cela). Mais je peux ajouter aux preuves déjà données sur ce point , que eg-o ou eg4o est aussi pour / ihat (je cela); et ieh, en allemand, qui, lorsqu'on l'analyse, donne ie-itie, n'a pas d'autre sens.
Dans les pages précédentes^ l'analyse de beaucoup de mots a été donnée un peu superficiellement , parce que des investigations plus rigoureuses n'auraient pu être faites à ces différens endroits sans occasionner des digressions trop étendues. Je vais donner un exemple — et j'espère qu'il sera intéressant — de ce que je dis ici, en m'efforçant d'expliquer les premiers noms que l'homme ait jamais formés pour désigner sa propre habitation. Il est observé dans une note, au mot Baron (page 452), que le mot Aarriw?* (caserne) signifie, lorsqu'on l'analyse , a warhouse (une maison de guerre), le b étant ici, comme cela lui arrive souvent, la même chose qu'un v ou un w. J'ai dit également que la syllabe finale {raek) de ce mot devait être
DE LA SCIENCE DES LANGUES. fiOS
ne ou aky et qu'elle veut dire> lorsqu'on l'analyse, a k0use (une maison), quoique alors je n'aie pas montré comment cela se feisait. Je vais réparer cette omission ; mais je crois nécessaire de dire d'avance que, comme cette recherche est fort importante, il sera indispensable, pendant tont le temps que je m'en occuperai ^ de soutenir mes opinions par une analyse critique des mots principaux auxquels je serai obligé de faire allusion. J'appuie sur cette dernière circonstance, afin qu'on ne s'étonne pas de digressions que je prévois être inévitables dans cet examen.
Le lecteur doit avoir découvert maintenant comment la lettre a fut d'abord formée, et par cette raison, savoir que le mot ao devient, lorsqu'on l'analyse, oùi€y deux mots dont l'ordre primitif était ic^oi, et qui ont pour significations générales ie rond un , h grM$%d un , le haut un , etc. Gomme dans le commencement les hommes n'avaient que quelques syllabes pour nommer toutes leurs idées, ils Airent obligés de donner plusieurs sens à la même lettre) maie il n^y a en ceci rien d'illogique , car, de même qu'une chose peut avoir plusieurs propriétés, de même une lettre peut avoir diiîérens pouvoirs. Ainsi toute personne peut facilement concevoir que, comme la lettre O nommait le soleil, elle pouvait également signifier haut^ rond et un , puisque les hommes ont toujours reconnu au soleil ces trois propriétés indépendamment des autresi Nous devons donc, en analysant les mots, observer avec soin , lors-
qu'une lettre se présente ainsi avec plusieurs signlûca* lions, quelle est celle qui^ selon la circonstance , peut lui être appliquée avec le plus de chances de vérité. I^e guide le plus sûr^ quand il y a doute, est de voir corn* ment la même idée a été nommée par un autre peuple; et il ne faut pour cela que connaître les caractères dont on se sert pour écrire la langue que nous voulons consulter. Alors voyons, à Toccasion du mot qui nous occupe , par quels mots on désigna rhabitation de riiomme dans d'autres langues , afin de retrouver, si c'est possible, le sens de ac dans harrack.
Dans Tancien langage saxon, bian signifiait habitatiofiy et ce mot devient, par l'analyse , bi-oinj ce qui veut dire le un^ la chose un; et si nous plaçons ces deux mots d'une manière différente, leur sens restera toujours le même , puisque, dans ce dernier cas, ils deviendront otU'biy c'est-à-dire une chose. D'après ceci , il paraîtrait que par ic^oi (l'analyse de ac)y on veut simplement dire le un , oi étant ici pris collectivement. Nous avons déjà eu occasion de remarquer souvent deux voyelles, ainsi employées pour nommer une seule idée. Nous savons, par exemple, que ces deux mêmes lettres désignent le seul individu je, comme dans audio^ accipio , etc. Ainsi, jusqu'à présent, l'analyse de ces deux mots est la même quant au sens, et nous voyons que ac, autrefois le nom d'vne maison , a aussi une autre forme , celle de ca; et c'est ainsi qu'il devait être dans le principe , puisque iVr-at (l'analyse de ca)^ à cause de sa sigoification
m LA SCIENCE DES LANGUES. 905
liUéralo, qui est la chose un, est une construction plus naturelle que un la chose, qui est la traduction littérale de oi-ic Tanalyse de ac. Maintenant , quelle différence y a-t-il, sous le rapport de la signification , entre le mot saxon pour habitation (pian), et le mot français bien , quand nous disons mon bien (ma sub* stance, ma propriété ou ma richesse) ? Il n'y en a au* cune , car ces deux mots ont le même sens lorsqu'on les analyse. Ainsi , bien fait ib-ien; et comme nous avons déjà expliqué la terminaison len , nous savons que cela signifie le un. On peut même , sans occasion* ner la moindre altération dans le sens, analyser i^t^n de cette manière : ib-ian. II en résulte que bian et bien font un seul et même mot; et comme nous savons parfaitement la signification de bien , il s'ensuit que nous devons aussi connaître celle de bian , et cela nous mène à découvrir Tidée exacte que les hommes, dans cet exemple, se faisaient de leur mai* son. Nous voyons qu'ils employaient pour la nommer le même mot qu'ils avaient ^xxt propriété ; et ceci ex* plique pourquoi ce mot est encore usité avec ce sens dans la langue française, tandis qu'en anglais il signifie , lorsqu'on fait allusion à ce qui appartient à un hommcj tout ce qu'il possède au monde, ainsi que je l'ai déjà montré dans une partie de cet ouvrage (1) (page 230).
Maintenant, comme ïnan est un mot composé, c'est-
(1) Ckimme, en revoyant ce ptssage, Je m^epercois que l*expUcaUon qoe
à-dire formé de hi et de on, dont un seul doit êirele mot radical pour signifier habitation, il est nécessaire de savoir lequel de ces deux mots était ce radical. Cette recherche npus conduit à des découv^tes op
f al donnée du mot propwty (propriété) n^a pas été Baffisamment déve- . |«ppée, J« vais la compléitr en disant ce qni est p^cesaaire à sop si^aC
Lorsque fions disons : La propriété de Jean eil très coniidérabUfUmi le monde admet que par property (propriété) on entend ici toute la projeté de Jaan. Mais lorsque nous disons : TMi book is Jokn'i property (ce livre est la propriété de Jean), on nous aiQrme dana tous les dictionnaires, que propriété^ dans cette phrase, ne signifie plus toutes les choses appartenant, mais une seule chose, c*est-à-dire un livre. MainteiMUt, f9i»ine ce mot s'emploie aussi dans le sens de possasaimi, qu'il décrit et se prononce de la même raanièrei et qu'il est précédé du même fsot qu'auparavant (c'est-à-dire de John's), il doit paraître fort extraordinaire qu'il diffère de signification, surtout d'une feçon aussi considérable. Si nous prenons jtn' antre mot, tel q«e maisoui par exemple, et que nous l'employions pareillement, c'est-à-dire si nous le mettons dans deux positions semblables, nous n'oserions pas affirmer qu'il différât de sens ainsâf 00 mèmù qu'il Tariàt quelque peu. Ainsi, si nous disons : Joknfs house is very eon^iderabUf ou this is John'g house, personpe ne peut supposer que le mot house (maison) ait ici, à cause de ses différentes* situations, siAi le moindre diangement quant an sens. Alors, pourquoi le mot |>f oprf^féi lorsqu'il estafufi diTorseqMnt employé} cliang«rait4{ de sens plus que le mot maison? Ce mot ne varie donc pas^ il a toujourp en anglais, quand on l'emploie ainsi, c'est-à-^ire lorsqu'il signifie la possespiout «n seul et même sens qui est toutes les eAotes . Par conséquent, quand il semble ne signifier qu'une ehosci il y a toujours pette ellipse une partie de, de sorte que ce livre est la propriété de Jean, veut ^ire : Ce More est [une partie de] la propriété de Jean, Cette erreur vient de ce qu'on n'a p|s su jusqu'à présent que les i^ots ont qqatr^ degrés de comparaison ; on ignorait les quatre degrés de comparaison parce qu'on ne connaissait pas ce que les mots sont, et cette dernière ignorance ^(ait lu conséqnepee néfeaaalre de la ftnsse opinion gn'on avait sot la nature de l'esprit humain. J'allais donner l'analyse du mot property, mais je vois qu'il en ressort tant de découvertes importantes, que je ne peux pas
ne peut plus intéressantes relativement au sujet qui nous occupe. Après un court examen de H et an^ il est facile de voir que le premier est le véritable mot pour habitation, et que tous deux ensemble ont œ sens, pr&priité (à) un, e^est-à-dire Im propriété appartênmni à un. Et comme le mot man (homme), sans qu'il y ait besoin de l'analyser aussi minutieuxeement que je l'ai déjà toxK, donne im-an (le un), hUin signifie the habitation io man (l'habitation à l'homme). Nous voyons ainsi qu*il ne suflBsaifpas de trouver par l'analyse de hian le sens particulier de char cun des deux mots dont il se compose considérés isolément, mais qu'il nous fallait découvrir la relation exacte qui existe entre eux. Si nous changeons de place ces deux mots hi-an , et que nous les posions ainsi, an bt, leur signification ne changera pas pour cela puisqu'ils veulent dire de même à Phomme Vhabiiation,' mais ils ne sont plus dans leur ordre naturel. Ainsi, en sachant que bi, qui pourrait tout aussi bien être écrit by ou ^ye, est un autre nom pour désigner l'habitation de l'homme, nous en arrivons à expliquer une expression, gooi bye (adieu), qu'on n'aurait jamais pu comprendre sans cela ; nous reconnaissons que ce n'est pas une corruption de god bo udih yon, comme on l'a supposé^ mais qu'elle signifie littéralement yooi home^ c'est^à^lire goad home to you (a safhjoumey home io gau)^ et cela est aussi logique que de dire un bon ^oyago à mm, ou bonfour à vous. Mainte* nant ocœme goçd byo ne peut pas signifier m ot^
m Là découverte
jouméjf back^ nous ne devrions jamais remployer quand nous nous adressons à une personne qui quitte son habitation, mais seulement lorsqu'elle y va. Par suite de l'idée que nous nous étions faite du sens de ce mol hye^ idée qui était à-peu-prés aussi claire que celle qu'un perroquet peut avoir de son nomi nous l'avons employé de toutes les manières.
La signification de la préposition hy (par) n'est pas plus sainement connue que celle de hye^ dans good by0j ne l'était; il n'y a cependant pas de mot qui soit plus fréquemment employé que by^ et il doit paraître bien extraordinaire que tout l'esprit de l'homme ne puisse pasdirece qu'il signifie. Lemèmemotenfraaçais (par) est également incompris, car il n'est pas d'homme parlant cette langue qui soit en état d'eiprimer l'idée que ce mot éveille en lui ; et cela par une bonne raison, c'est qu'il n'en éveille aucune. S'il arrive que ce mot enfante une idée, elle est tellement confuse que toute l'intelligence humaine est impuissante à la définir, malgré l'étonnante finesse de ses pouvoirs. 11 n'y a cependant aucune différence entre la préposition by et le mot bi que nous rencontrons dans bian^ et que je viens d'expliquer : elle est égale par conséquent à un de ces mots nommés pronoms, ou au verbe to be (être), ou au verbe io go (aller). Ceci est clairement démontré par une analyse du mot français /lar, qui fait ip ea ir^ et signifie de la ehosê ou de cela y ou encore, eoneemant la chose ou amcemant cola. Alors, quand on emploie Ay » de même que par et toutes les
autres prépositions » il y a toujours un mot tel que wneemnnio^kpartly (en partie) qui est sous*entendUt kyrsque, toutefois , il n'est pas déjà exprimé; mais dans paty ce mot qui indique qu'on veut dire moins que le tout de la chose est exprimé par ip^ qui est égal ici Air ou of (de), mot dont j'aurai occasion de parler avec détail lorsque je donnerai Texplication é^ alpha.
Ainsi 9 en découvrant que bian signifie une pro* priéië a thommêy appartenant à Phommey nous som" mes conduits à supposer que ac doit être analysé de cette manière ioi4cy à l^un eela^ c'est«à-dire à thomfM cela. Mais comme oi est aussi pour terre^ on peut de* mander si ac ne signifie pas <i terre cela y ce qui voudrait dire que la première maison fnt Mie avec de la terre ou de la boue. Malgré toute la force apparente de cette objection, je ne crois pas que par ac on enten-« dit autre chose que Thabitation de Phomme; car il importe Inen plus de faire connaître à qui ou à quoi une demeure appartient, que de dire ce dont elle se compose. D'ailleurs, je trouve par une analyse du mot cûhane (qu'on écrit faussement cahin en anglais^ maiSi non en français)^ que lorsque les hommes désiraient &ire connaître avec quoi leur habitation était construite, ilsle&isaienten incorporante son nom même une nouvelle syllabe destinée à remplir cet office. Ainsi cahanêy lorsqu'on l'analyse^ devient îc-ea-U^m^ qui signifie littéralement Vhabitation (en) terre à un c'est-à-dire à t homme, ce qui implique qu'une estant
5l« LA DÊOOUVEBTB
était construite avec de la terre ou de la btnie. DaM celte aualysoi je suppose que le nom donné à une habitation était déjà bi et non ibf qui doit a^oir été la forme primitiveé H pourrait sembler aussi que la structure de la maison était indiquée dans le mol emkam, H qu'il peut avoir pour sens U rond un d Vhommê* Mais ceci ne peut êtroi à moins que nous n'admettions que ibj et non bi, ait été le nom del'babitation à l'époque ou le mot entier cabane fut formé} et nous devrions l'analyser ainsi : ic^4b*an, qui peut> j'en conlriens, être contracté en cabane^ Va se réunissant à ib, el le sens sera» par la suite de cette opétratiout la ronde ckuse. Toutefois, si telle était la véritable signîfieation de ce mot cabane j selon toutes probabilités il aurait été écrit cob^n au lieu de caban Wl cabin. Ainsi» cok (une pièce de monnaie), qui se déoompose ainsi ienh^b^ ce qui veut dire la ronde chùee^ n'est pas devenu eub. Noble (aussi une pièce de monnaie) non plus n'est faA.àeien\xnable, et cependant ce mot a le même sens qwceb^ piûsqu'ildoit d'abord avoir été elmebf et nak s'analyse ainsi i inoib^ qui Teut dire/iei rende ehoee. Pn peut en direautant de ibi#i (i ), qui ne diiëre doMufr qu'en ce qu'il a un article de plus {ik) / de sorte qu'tt signifie également la ronde eheee. A ces eoLemples, je pourrais ajouter diff&rens autres mots ckns lesquels oi^ signifiant une ronde chom^ n'a pas été contracté en aj mais j'en vois cependant plusieurs ou cette air«
' t^) 6d ènteii(i par knoh quelqae chose de rondi comme le bouton d^une pmbf lit tMBuds armi inntf eic.
m LA ëdlÈNCÉ DÉS LANGUES. Sll
toâstâtléê 8é {>^ésente. Nàbj mot dont 6n éèsett p6dr désigner la tète 6tt tin thàpeàù» et qui doit âvoli* été dans le pH neipe en o ih^ ne è'écrît paë Mh maintenant, quoique je croie que ce mot s'emploie encore famflièrement pour iêtt. De même le nom de Fancienne monnaie romaine, \as^ qui devait d'abord être tdè et qui signifiait littéralement ta rende thase , n'est pas devenu m. Vu n'a pas davantage été Concerté danâ le nom du vase anglais can^ qui doit aussi avoir été é&iié: ee nom lui vient cepencfont de ce qu'il est Ait avec du cuivre > métal dont tain (monnaie) est fait. Le mot eopper (cuivré) luî^^mêmè, vient de la ehose ronde qu^on en a faite, e^est-à-di^e de la niontiaie, puisqu'il est pdbi* eèéety qui devait être dans lé commeneeiiiMt eoh^ nom d'une ancienne pièce de iMÊtnaie. L'article ei^ qui préèédalt d'abofd ce tnot étant tombé H la fin, le mot eopper fut formé. De môme aussi le mot anglais /m^m (ipoin) signîie in one, D*est-à-dire in fnoney* C'est pour cela que d eop^ pér Signifie également un ustensile de cuisine, et une pièce dé monnaie» Il doit paraître étrange qtie des métaux aient emprunté leur nom à des objets dont ils sont la matière première, au Heu d'avoir eurtnèmes communiqué leur nom à ces objets. C'est cependant ée qui est arrivé, et je ne puis rexpliqueC qu'en supposant que Cela provîeiit de ce que Fusàge qu'on fait des pièces de monnaie^ et les occasions fréquentes que l'on a d'en parler, firent ouUier le nom pipimitif de la substance dont elles sont composées^.
513 LA DÉGOWERTE
Au surplus^ il y aurait là le sujet d^une recherche fort intéressante, dans laquelle je regrette de ne pouvoir m'engager en ce moment; mais le lecteur curieux trouvera que dans le monde entier il en a été comme je le dirai ici: les pièces de monnaie reçurent leurs noms de leurs formes rondes, et signifièrent ainsi , one (un); et c'est ce qui fait que les noms des métaux avec lesquels elles sont fabriquées ont une signification semblable. .
On pourrait encore en dire beaucoup sur ac et éle« ver des doutes sur la question de savoir si ce mot signi* fie réellement une habitation appartenant à l^hamme^ ou une ronde choscy ou bien encore une chose dans la terre. Mais je préfère la première traduction, et c'est pour cela que j'explique le mot anglais homse (maison) d'une manière analogue. Il devient par l'analyse he^oi^is (cela à l'homme est). Je mets ici he (il) pour montrer que la lettre h est la même chose qu'un pronom ou un article; mais il serait plus correct^ ainsi que nous le verrons, de la rendre partv ou u qui sont aussi l'un et l'autre égaux à he. Vu de house fut formé, comme le lecteur peut le reconnattre, par laréu* nion de Vi de oi à l't de i^* Le mot français maison devrait être analysé ainsi: maison ^ ce qui signifie ma one (l'homme un), c'est-à-dire le un appartenant à Phomme. Ici, ma«« ne diffère dumotman qu'en ce qu'il a pris un article différent (is au lieu de tu). Mais* tre est donc pour mat^-^r^ (être mais), Pétre hommef et c'est pour cela que nous disons encore indifférem*
ment Vhomme de la maison^ ou le maitre de la mai^ son. Maisy peut encore signifier (lorsqu'il est fait allusion au soleil ou à la divinité) le haut un être {im-qi'iê). Ceci est aussi l'original du mot mast (mât) d'un vaisseau , de most (le plus) en anglais, de major en latin, et par conséquent de plusieurs autres mots du même genre dont je ne peux pas m'occuper ici. Maet signifie littéralement le haut un c^est {im-oùieit)j et most (qu'on peut analyser ainsi: im^osM, ou ainsi: im-o-ist^ sans pour cela le faire changer de sens) le soleil c'est. J'ai déjà expliqué le^, et prouvé que c'était^' {is); donc maj, dans major j est pour matV que je viens d'examiner. Quant à or qui se trouve à la fin de ce mot , il est égal à un étre^ et est ici en apposition à maj; de sorte que le mot entier signifie, lorsiju'on fait reprendre à or sa place primitive, comme ceci , or-maj , le un être , ou le haut être c'est. D'un autre côté, le mot mais peut simplement vouloir dire un aU'dessus, c'est-à-dire un excepté ^ un d'ailleurs; et même dans ce cas on fait allusion au soleil. Ainsi la conjonction mais signifie une chose par dessus, ou plus que ce qu'on a déjà admis. Le mot anglais but (mais) ib'oi4t , qui signifie le haut un cela^ a précisément le même sens ; car ici oi it a été abrégé à out (hors), de sorte que but est la mênie chose que he out; ainsi, I should do thatj but /or John (je ferais cela si ce n'était pour Jean) , signifie , / should do that be out John (je ferais cela soit dehors Jean), c'est-à-dire Jean étant en dehors de
Vaffaire. L'autre mot français correspondant à hut (hormis) a exactement ce même sens, puisque hor ou Â<^« signifie, comme tout le monde lésait out^ et le tout, lorsqu'on l'analyse ainsi, A<ir*»a»-f>, veut dire hof soie cela. Mais on pourrait remarquer que ceci tendrait à prouver que le haut un ou le soleil est sy* nonyme de outf ce qui est vrai, comme nous le verrons en expliquant alpha. Mais nous pouvons même remarquer ici que her ou hors se décompose en he^Vj ce qui signifie le un éêre^ ou le soleil, ou le haut être.
Le mot latin pour maison (domus)^ sans considé* rer Farticle final (us) , qui est une addition modernCf doit élre analysé ainsi : id-o-iv {fun à la vie)^ car Vm est aussi égal à v , ainsi qu'on le montrera en expliquant la lettre m. Et loisque nous donnons à ii , dans l'analyse id-o-iv , sa signification primitive, ces trois mots veulent dire : principal un à la viSf désignant par ceci ïhabitationy qui devait, dans les premiers temps , être la partie principale de tout ce qui appartenait à un homme. Alors, à Tépoque reculée où €bm fut fermé , il prit devant lui l'article ms ou os qui par la suite fiit tejeté a{»rés.
Le mot grec pour maison est o<xo(, qui doit d'abord avoir été o$-oa (la maison) ; c'est pour cela que le mot radical est oii , et ces trois lettres sont l'origine de ac ou ai dans barraci; edJ^ lorsque 1'^ et Vi se rejoignent ils forment un a. Ceci doit donc £iire disparaître les doutes qui pMrrcéent emore exister sur
la vérité de ce que j'ai dit , que ae ^ dont j'ai déjà donné l'explication, était le mot par lequel on dési* gnait une habitation. Je n'ai donc aucune observation à faire sur le mot grec, puisque ac et dix étant un seul et même mot , celles que j'ai faites sur l'un (ae) peuvent également s'appliquer à l'autre.
Un autre mot d'une grande antiquité est caêth (château) , que nous savons avoir été 0I cëêt^ et par cela nous découvrons que castle , à une certaine épo* que, était seulement casty ce qui est confirmé par mU-east (proscrit), puisque ce dernier mot signifia un qui n^a pas de maison ou oUor^ et il est par conséquent pour out ofeast^ c'est-à-dire oui ofkoMê (hors de la maison).
Le nom donné au castor^ et qui véritablement signifie , lorsqu'on l'analyse , le propriétaire d'une maison , car eastHhir^ qui était d'abord o^irnoast , veut dire littéralement , le grand un à une maison , c'est-à-dire le grand animal qui a une maison f et c'est à cette circonstance que cette espèce d'animaux doit son nom. Maintenant si nous fkîsons remontw ce mot CM/ jusqu'à sa naissance même, nous aurons tc-oi^esty qui signifie cela à Phomme estf et par l'examen de ces trois mots on acquiert la con- « ifiction que les six noms suivans, destinés à désigner une habitation , doivent en avoir été formés. Le premier est ic , le second ea , le troisième cas et le quatrième castf ensuite les hommes dirent elcast et en^
fin eastle ou ea^eL Gomme le mot grec pour maison
«16 LA DÉœUTERTE
(expliqué ci-dessus) a dû être ik ai avant que ik tombât à la fin de manière à donner aik, il s'ensuit que caêt et oik^ aussi bien que ac dans barrack furent autrefois un seul et même mot. Par l'analyse du mot français maison y qui donne im-oi-is-on, il devient évident que tous ces mots im a, ma^ mas et maiêy doivent avoir été autant de noms différens pour une maison. Â l'époque où ce nom était seulement mas , le mot anglais mason et le mot français maçon en furent formés , et on doit par conséquent analyser ces deux mots ainsi : on^mas, un â une maison , c'est-à-dire un pour une maison , un constructeur de maison. Mais nous pouvons découvrir par l'analyse du mot camp que lorsque tm a existait, im fut rejeté à la fin ; ces deux mots formèrent am , et ce fut alors que camp fut créé, puisqu'il donne par l'analyse, ic-am-ip (la maison dans). C'est de même lorsque le mot pour castle n'était encore que cast , que le mot latin castera (un camp) fut formé , car il signifie aussi être dans la maison ou plus littéralement e^est à la maison. Le mot français caserne, fut fait lorsque cas était le mot pour maison^ puisqu'il signifie littéralement maison cela dans {cas^ *er^in), c'est-à-dire c^est dans la maison y c^ est être dans la maison. Un mot plus significatif que camp, caserne ou castera , est , comme nous pouvons le voir par cette explication , le mot anglais barracks , puisqu'il veut dire une maison de guerre. Quel dommage qu'un mot d'un sens aussi caractérisé ait passé
pendant tant de siècles pour une expression bâtarde, puisque personne ne pouvait imaginer ce qu'il signifiait par lui-même , ou pourquoi une maison , la plus importante de toutes, était ainsi nommée.
Je demande maintenant la permission de donner quelques exemples pour faire sentir quelle grande attention sera nécessaire dans l'analyse qu'on voudra faire des mots, lorsque les mêmes qualités appartiennent à des choses fort différentes.
Nous savons que <n signifie la terre ou h rond un} cependant nous avons vu qu'il signifie aussi man , coin, knotj nah ou noh j etc., ainsi que beaucoup d'autres dont toute personne peut donner des exemples. Alors comment devons-nous expliquer casi qui était à une époque, comme nous venons de le voir , le nom qui servait à désigner une maison j — comment, dis-je, devons-nous expliquer ce mot (cast) lorsqu'il signifie nn jet? Pour découvrir ce sens, nous devons l'analyser ainsi : coist, et comme nous savons que ce que les hommes jetaient anciennement doit avoir été quelque chose de rond , nous devons examiner ce mot avec le plus grand soin. Dans le cas où nous ne pourrions y retrouver un sens convenable , il faudra en changer toutes les lettres , excepté les radicales (oi)j pour d'autres que nous supposons avoir une valeur égale. Cette opération nous mènera de suite à ce que nous cherchons; car lorsque roeW était seulement cois, il aurait pu être coit, qui est l'origioàl de quoit (palet), et il a ici sa véritable pro-
»18 LA DËœUYERTE
nonciation lorsque nous faisons entendre ai comme icm , qui est le son qu'il a actuellement en français. Alors ) c&it signifie littéralement ie chaque rond cela (ic-O'it)^ c'est*à«-dire chaque côté de cela est
Mais comment devons-nous expliquer ce mot lorsqu'il est contracté en cat (chat)? Par cela au rond un estj ce qui signifie qu'il est habitué à s'asseoir^ — à être ce que les Français appellent coi^ c'est-à-dire fixe, stationnaire, et c'est de là qu'ont été formés les mois ta wait (attendre) , to watch (guetter), to be quiet (être tranquille) et être cet, qui tous étaient d'abord aif c'est^-dire assis; mais ce mot signifie littéralement être sur le rond un , c'est-à-dire être assis , être sur son derrière* Alors on peut me dire que les mots radicaux pour man^ earth, quoit, ea, et celui qui nomme la partie du corps dont je viens de parler, ne faisaient qu'un seul et môme mot à une certaine époque; et ceci est vrai, car on ne pouvait distinguer les différentes significations de ce seul mot que par ceux dont il était suivi ou précédé, et il doit en avoir été ainsi dans toutes les langues du monde. On remarquera peut-être ici que dans les mots grec et latin discos ou discus (un palet)^ on ne fait aucune allusion à le rond un, puisqu'il n'y a ni 43 ni o parmi les lettres qui composent ce mot, attendu que os et us ne faisant pas partie du mot radical (qui est dise), nous ne devons pas nous en occuper dans l'analyse de discus. Mais on v^ra^ lorsqu'on saura ce qu'est !'«,
que le mot dise peut se décomposer ainsi, dio^e, qui n'était d'abord que io^ ensuite id-io, et qui devint dt0 dont on nomma la divinité. C/est pendant qu'il avait celte forme qu'on plaça ic devant lui afin de lui faire signifier un palet; mais cet article fut plus tard rejeté i la fin. Lorsque les hommes voulaient faire allusion à la divinité > ils mettaient devant dio l'article iSf et e'est par la transposition de cet article et la contraction de 1'^ que le mot espagnol Dios (Dieu) fut formé. Mais lé lecteur doit voir ici que dise^ dans discos ou diêcusy nd peut être autre chose que disque^ les phases du soleil ou de la lune. Le mot français j^a/e/, lui-môme, est, comme je le trouve en l'analysant, un nom fort ancien pour jipoUon, ainsi que rous pouvons le voir : ip'O^ il^ity qui fut d'abord, it^ip-il^o^ ce qui signifie littéralement. Dieu dans le soleil. Apollo y dans sa forme présente doit être analysé ainsi loù-ip^l, il-o^ le dieu dans le soleil, le soleil, c'est-à-dire /& dieu dans le soleil (e'est) le soleil. ,
Il peut aussi paraître impossible de trouver dans le mot tranquil, l'idée nommée dans coi; cependant ce mot signifie littéralement être sur sa quille, comme nous pouvons le voir ainsi : être oin qiil (être sur quille), oin et on (sur) ne faisant qu'un seul et même mot ainsi que je l'ai déjà remarqué. Mais s'il faut expliquer on dans cet exemple, il me faudra le faire par le mot one , de sorte qu'il importe fort peu d'adopter tel ou tel. Si one est préféré, l'analyse doit être donnée ainsi: étf^ one kiil (être à l'une chose quille). Ce m^ikUl
n*eut pas toujours cette forme; car / qui se trouve à la fin doit avoir précédé le mot ainsi, il kit; et si nous réunissons le double i en un u, nous aurons le mot français qu'on emploie maintenant. Cet examen nous démontre qu'il n'y a aucune différence entre ce mot et la quille d'un vaisseau. Donc, tranquilj qui parait être un mot fort élégant , devient , lorsqu'on l'analyse, un des moins déguisés qu'il y ait. On l'écrit à présent tranquille en français, et quand nous enlevons la première syllabe trauj ce qui en reste est encore le mot exact pour quille dans cette langue (1); et comme ce mot est en latin tranquillus, qui doit avoir été d'abord us tranquille cela nous donne une nouvelle preuve de la grande antiquité de la forme des
(1) Lorsque nous Atons de ce mot quille Tarticle quMl renferme, c^esU à-dire ille^ qui devrait toutefois n^ètre que ih ce que nous en conservons produit la prononciation de ce mot trivial auquel nous faisons allusion ; mais lorsqu^on récrit, on préfère un c à un q. Dans cul-de-sacj ce mot ne choque pas, cependant sa signification est la même, quoique les Français n'aient jamais soupçonné que l soit ici pour t'I, et que dans le principe cet article était devant.
Dans le mot cuisse, ce mot est également dissimulé par sa jonction avec iâse (être), et là nous retrouvons Tinfinitif latin dans son état primitif, c'est-à-dire écrit isse (comme j^ai dit quMl devait être dans une autre partie de cet ouvrage) et non esse. Pour comprendre le mot cuisse, il faut mettre cette dernière partie du mot en avant, et introduire après elle le mot à qui est sous-entendu.
Le mot anglais thigh (cuisse) donne, lorsqu^on Tanalyse, the-ig-u (I0 grand un appartenant à u), en sorte que son sens est le même que celui du mot français, puisque nous pouvons voir en analysant minutieusement cuisse ainsi, ic-u-isse, qn^une seule lettre (u) est le nom auquel on fait allusion ; car le 9 ou le c dont elle est précédée est seulement Tarticle (et il doit être écrit ic on iq) indiquant la partie radicale qui est u .
mots français, et nous fait voir avec quelle pureté la prononciation primitive doit avoir été conservée dans cet exemple , puisque ce mot quille est encore prononcé comme s'il était écrit kiil, de même que le mot anglais keeL Le double i^ dans kiil, est très significatif lorsque nous remarquons que le fond d'un vaisseau est composé de deux parties. Le mot le plus grossier que la langue anglaise ait pour nommer la partie du corps humain dont nous avons parlé, contient un r, et c'est pour la même raison qu'elle se trouve aussi dans war, comme nous le verrons lorsque nous en viendrons à l'analyse de ce dernier mot. Les mots peace, pax, paix, peaceable et paisible ont tous le même sens littéral et crû qu'on trouve dans tranquille, et je ne doute pas que la même circonstance ne se représente pour les mots correspondaiis dans toutes les autres langues.
Les dilTérens mots qui signifient to ait (1) (s'as-
(1) Ce mot peut être analysé ainsi : i» it (est-ce), qui est pour be it (être cela), puisque is, comme nous le Terrons, est égal à B, c^est-à-dire à 6e; et comme ici le mot it doit avoir été devant dans le commencement, le sens de sit est, lorsque nous l'analysons ainsi, it (to) 6e, c^est*à-dire c'est appartenant à eV^ ; et comme B n^est pas seulement é^al à IS, mais encore à lO, il s^ensuit que it to be signifie cela au rond un. Alors sit était à une époque t'o-tt et aussi oi-it qui, prononcé d^nne manière séparée, faisait toa-tf, c^est-à-direicatf; mais combien partit grande maintenant la difTérence qui eiiste entre ces deux mots!
Les mots peace, pax, paix, peaceable, et paisible, doivent être analysés ainsi : peace — ip^i-is (sur le rond un est) ; pax — ip-oi-ic^s (sur le rond un c^est) ; paix — (le même que pax) ; peaceable — fp-otiS'ib^a (sur le rond un le être le), e'est-à-dire le être sur le rond un. Nous pouvons remarquer ici que la pronoociation et Torthographe de
m LA DÉCOUVERTE
seoir) soDt égalemeal fort clairs lorsqu'on les analyse; et il ne faut pas s'étonner de voir que des roots de ce genre soient employés pour nommer une habitation^ puisque de nos jours le mot seat (veut dire à-la-fois un si^e et une maison de campagne), qui est aussi fort crû lorsqu'on l'analyse, a ce double emploi ; car, outre qu'on le prend dans le sens dont je veux parler ici, il signifie en même temps une habitation, puis* que nous pouvons en beaucoup d'occasions dire in* différemment a couniry house^ ou a countty seat (une maison de campagne).
A l'époque corrompue où nous vivons, quand d'aussi innocentes allusions que celles*ci offensent — et rien ne peut prouver avec plus de force la perte de cette candeur qui caractérisait les hommes des [ureroiers temps — on peut se laisser aller à s'applaudir des progrès que la délicatesse a pu faire* Mais je pourrais prouver ici par l'analyse de quelques mots, que nous avons dégénéré à cet égard, tout autant que sous le rapport de la noblesse, de la grandeur des sentimens. Le mot coi en français est le même que coy en anglais, quoique le premier soit employé aujourd'hui dans le sens de tranquille, et le second dans celui de timide f mais ces deux mots avaient dans le commen* cernent la même signification, qui était la timidité, indépendamment de toutes les autres. Maintenant, si
peœeable Mnt très vicieuses : ob deTrait récrire comme en firaHH^^ et, sorlouty la syllabe ble ne devrait pa* ^^ préeédée é'«n «^ mais bien tf^i» i. P^Mbh Ml être analité oamma j n o t iiWa Ta été.
uou$ substituons à ai^ dans ces deux mots coi eoi, sa forme contractée, on peut penser que nous obtiens* drons deux roots bien différens : mais c'est une er« reur, car le sens de ces deux mots ainsi transformés sera toujours coy, coy, c'est-à-dire timide^ timide; et c'est ainsi que la même idée est nommée dans toutes les autres langues. Nous avons été tellement loin de soupçonner ceci , que maintenant de pareils mots choquent notre oreille ; et des personnes de bas étage connaissant cette circonstance^ en font un fré* quent usage lorsqu'il n^est pas en leur pouvoir de blesser notre délicatesse autrement* Ainsi, on voit souvent écrit sur les murs de Paris un de ces mots dont je parle maintenant; cependant lorsqu'on analyse ce mot, il signifie littéralement to^Jours ca* chéj qui est synonyme de fausse honte ou timi'^ dite. Le même mot existe en latin ; si ce n'est que sa forme y est plus moderne, car il renferme un article de plus (ea), qui doit d'abord avoir précédé le mot radical avant de lui être annexé comme terminaisoui et d'avoir été contracté à la seule lettre a.
Ces deux mots sont trop connus pour qu'il soit né* cessaire de donner ici autre chose que leur forme analysée; et comme ils sont exactement le mêm^ mot, à l'exception de cet article ea dont nous n'avons pas à nous occuper, l'analyse de l'un servira pour l'autre. La partie radicale seule est ainsi analysée : imer^id {ever-hidj toujours caché). Imer est ici le même mot que ever^ et c'est ce qui sera prouvé par
une connaissance approfondie de la lettre m. Mais en allemand ce mot a la forme présente , si ce n'est que Vm est (très incorrectement) doublé. Quant à id , il a beaucoup de significations^ telles que hide (cacher), heed{hL\Te attention), head (tête), hid (caché), gone (parti), etc. Je ne peux pas non plus omettre de parler ici de l'heureux emploi qui en est fait dans le mot anglais die (mourir), qui signifie littéralement cacher rœil, ce qui est la définition la plus vraie qu'on puisse faire ; et elle le paraît encore davantage lorsque nous découvrons par l'analyse que le mot eye (œil) signifie la vie; de sorte que cacher Vœil signifie littéralement cacher la vie. De combien d'idées heureuses l'ignorance de cette science nous a privés!
Je ne vois aucune nécessité .à donner dans d'autres langues de nouveaux exemples de l'idée à laquelle on fait allusion par l'analyse de imer-id , puisqu'ils sont tous semblables. Le mot même le plus grossier qui existe en anglais pour la nommer signifie the shy ( le timide), c'est-à-dire la chose timide. Je trouve encore ici que le pronom she (elle) et ce mot shy sont le même mot ; et pareillement que shame (honte) et wo* man (femme) sont synonymes, puisque, lorsqu'on analyse le premier, il fait iswoim {thewomh , la matrice); et j'ai déjà montré que womb et tcoman sont le même mot. Mais comme je découvre maintenant que she doit signifier vie à lui (is-he ou be-he , ou io-he , ou bien encore vie^he) , il s'ensuit que wom-an signifie littéralement the life (o man (la vie à l'homme),
DE LA SCIENCE DES LANGUES. 5î5
car an est là pour man, juste comme he est dans she. Pour montrer la sagesse extraordinaire qui présida à la formation des mots, je peux introduire ici les différentes explications de tnanj woman, y^dam, etc., que j'ai déjà promises dans une partie de cet ouvrage. Le lecteur peut se rappeler que le mot womb a été expliqué comme signifiant toute Inexistence ^ mais littéralement Vexistence double. Maintenant le mot am (suis), c'est-à-dire la première personne du singulier du verbe être y donne aussi, lorsqu'on l'analyse , the womb ] comme nous pouvons le voir ainsi, oim, mot dans lequel oi est pour man (homme), et est égal kio ou /yo (je vais). Ceci nous fait voir que la partie radicale du mot womb est une seule lettre , ou tout au plus deux , c'est-à-dire si nous ac« cordons qu'un i soit sous-entendu devant l'ui, ou autrement devant r, u ou w, car nous verrons que m n'est rien moins que ces trois lettres. Alors am peut, dans certaine langue, s'écrire av , dans une autre auy dans une autre encore aw. Quel est alors le sens de 1 go the womb? Gela veut dire / existe to the womb (j'existe à la matrice), c'est dire f appartiens à cela , ou je suis de cela ; en d'autres termes , 1 of woman (moi de la femme). Par conséquent , ce que j'ai dit au sujet de womb ^ c'est-à-dire que ce mol signifiait toute existence^ se trouve ici pleinement confirmé, car chacun peut dire /am (je suis), puisque toute personne est née de la femme {of wo^ man). Mais quand nous analysons woman simplement
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ainsi , wthman , ee mot signifiera littéralement the daubh one — man (le double un — homme)^ c'est-àdire lé double un (à) th&mme , ce qui veut dire ike womh to man (la matrice à Thomme). Et en nous rappelant que an est la partie radicale de man {im^n ^- the man)j si nous analysons teoman ainsi, wonhan, nous aurons encore la matrice (à) Vhomme; donc wo et wom sont ici synonymes de femelle, de sorte que c'est comme si Ton disait la femelle à f homme.
D'un autre côté, man signifie le mâle de la femme^ comme nous pouvons le voir ainsi, im^an (iv-oin), Eve one, c'est-à-dire à Eve un 9 — le un appartenant d Eve ou à la femme. Cela nous feit découvrir que man et woman sont réellement deux mots pour mâle ^t femelle f et lorsque nous plaçons ensemble les parties radicales de ces deux mots ainsi , an^im , nous avons l'original de animal, qui fait» quand on l'analyse , an4mHilf mais l'ordre primitif doit avoir été al^an4m — ail mole and female (tout mâle et fe* melle)» c'est-à-dire tokt (à) mâle et femelle — toutee choses qui en sont nées.
Gomme a/, dans animal, est un autre nom pour la divinité , ce mot signifie aussi mâle et femelle à Dieu, voulant dire par là que la vie vient de Dieu.
Cette connaissance critique des mots primitif^ pour homme et iemme nous enseigne l'original d'ontmare, qui devient, par l'analyse, an-im^-ea^re , ce qui signifie littéralement mâle et femelle la chose , c'est«à*dire la chose (à) mék et femelle ; voulant
DE LA SCIENCE DES LANGUES. Iî7
dire par là lee êénmtions qui appartiennent au màh et à la femelle; en d'autres mots y l'être comme le mâle et la fkmelle^ jinimate est donc pour an-im^ ea-ity et signifie mâle et femelle c^estj c'est^-dire c^eet (à) mâle et fhmelle , — être comme le mâle et la femelle. Le mot français animer donne aussi an* im-er, mâle et femelle la chose y — la choee au mâle et à la ^mellc) ou mâle et femelle étre^ e*est*à* dire comme le mâle et la femelle être. Ceci nous conduit également à découvrir l'eiacte signification de animation y an^im-ea^it^^io-in] ce qui est mot pour mot : mâle et femelle c^est mâle (et) femelle. Les deux mots mâle et femelle qui se trouvent ici i la fin 9 veulent dire Vétre ou la chose, de sorte que^ lorsque nous leur faisons reprendre leur ordre primitif via signification de toute la phrase devient c'eat l'être^ ou e^est la chose appartenant au mâle et à la femelle. Quelquefois l'idée exprimée ici par ion est nommée — comme en latin — par i'o / mais la signification est encore la même, puisque io signifie également un être.
Il sera fort aisé maintenant d'expliquer tous les mots en ùm ou io. Salvation , par exemple , lorsque nous l'analysons simplement ainsi, ealu-ea^t-io^in , signifie sauvé c'est Vétre , c'est-à-dire c^est Pétre sauve. Mais si nous désirons décomposer le mol salu lui-même , nous devrons le faire ainsi : ie^al^iv {is ait lifky — est toute vie), ou bien ainsi : iv-is-alon d^ (c'est le soleil), et eela n'occasionnera aucun chaih
gemeot dans le sens, parce que le soleil est considéré ici comme toute la yie.
L'observation que nous venons de faire relative» ment à animal y signifiant mâle et femelle apparie* nant à Dieuy s'appliquera aussi aux mots animare, animate , animer et animation ; car are , ate y er et ation signifient non-seulement la chose y mais encore la chose à Dieu y comme nous le verrons plus tard par un examen plus détaillé de mots sembla* blés. C'est donc pour cela que , dans la Bible , le pouvoir de donner la vie^ qui appartient uniquement à Dieu , est fréquemment attribué à Thomme, car le mot heget (engendrer) signifie littéralementtV he God (ce être Dieu) {it bege)] et ceci pourrait être facilement compris sous la forme de begot sans aucune explication de ce mot y si y comme les Allemands^ nous écrivions Got au lieu de God y puisque begot serait la même chose que hegod.
Par la réunion des signes mâle et femelle an et imy nous pouvons aussi découvrir l'origine de l'idée nom* mée âme y puisque^ quand nous enlevons de animus et anima les deux articles us et a, il nous reste seulement an-im. Ceci est quelque chose de très important, car les hommes les plus sages de tous les siècles n'ont pas pu deviner ce que signifiait ce mot, ou son correspondant dans toutes les autres langues. Nous voyons, par la connaissance que nous venons d'acquérir, qu'il était bien au-delà du domaine de la pénétration. Et cependant qu'est-ce, comparé à l'idée nommée
être? Nous sommes conduits à supposer que, comme animal et animus , ce mot et tous ses correspondans dans les autres langues doivent renfermer en eux^ d'une manière cachée, les noms de mâle et femelle, et cette supposition est vraie. Mais comment ferons-nous pour trouver de tels noms dans betnjf ou be? Ils y sont cependant 9 et rien ne peut être plus certain , quoique rien aussi ne soit plus difficile à découvrir. Pour parler franchement, sans la lumière produite par ces hommes profonds qui ontdéfini d'une manière si heureuse les lettres de l'alphabet grec, une pareille découverte ne pourrait jamais être faite. Ce mot be est excessivement curieux; mais il ne m'est pas encore possible de l'expliquer, pas plus que le mot anima.
Comme les terminaisons en aie, are, er et tVn, dont je parle ici, sont très nombreuses, ce que je viens d'en dire donnera la clef d'une multitude de mots dans toutes les langues. Lorsque nous permettons à Vm de im de revêtir un de ses autres caractères^ c'est-à-dire de devenir un v , nous verrons que am signifie véritablement (lorsqu'on l'analyse ainsi, oi^ip) Je Eve y c'est-à-dire Je â Eve, Alors qu'est-ce que cela prouve? Cela prouve que lorsqu'ils sont radicalement considérés, womb et Eve ne font qu'un seul mot. Mais dans la seconde personne du singulieri comme thou art , on pourrait dire que nous ne re^ trouvons pas Eve. C'est une erreur ; ici aussi nous avons Eve^ c/est-à-dire un mot signifiant toute exis-
fence, ou double existence j ou encore the womb; et ceci est exprimé par ar , qui , analysé , fait o/ïry et il doit y avoir dans le monde quelque langue, ou même quelques langues dans lesquelles l'idée exprimée par wombj ou woman^ ou Eve^ est rendue ainsi; car, dans peu de temps d'ici , tous les hommes éclairés verront et reconnaîtront que ces trois mots n'en font qu'un. Alors le sens de art est goest ou beest to the womb , c'est-à-dire tu es de la matrice , tu es de la femme. La troisième personne du singulier (/*) donne aussi it?, ou Eve^ aussi bien que t'A, be et io^ comme nous le saurons plus tard. Quanta ar^ dans are aux trois personnes du pluriel, c'est le même mot que celui que nous venons d'expliquer dans art.
Maintenant, quoique nous puissions dire que ama, dans amarej est le mot pour love (amour), cependant, comme Va final est pour ea qui doit d'abord avoir été placé devant comme un ariicle, il s'ensuit que la partie radicale est réellement am, qui est aussi le même mot que nous venons de voir. Par conséquent, amo, c'est-à-dire aw-io, est pour io am; et lorsque nous analysons am ainsi, oiv, ce qui est très correct, nous avons pour io am^ io oiv; et si nous plaçons ici l'article il devant oiv^ nous aurons io 'loiv^ Vi ayant été négligé. Après ceci, si nous mettons Vo de io à la place qu'il doit avoir occupée, c'est-à-dire devant Yi, nous aurons oi ^loiv (/ the love y moi Famour), au lieu de amo. Le pronom anglais /est même encore prononcé
par des naturels de la Grande-Bretagne qui n'ont pas perdu Tantique prononciation, comme s^il était écrit oi. Ainsi , quoique les deux mois 1 love diffèrent immensément de amo^ cependant ils ne diffèrent pas lorsqu'on les considère radicalement. Nous découvrons par là ce qu'on entend par lave^ et comment cette idée était nommée dans l'origine. En conséquence, si nous conjuguions le verbe lave comme les hommes doivent l'avoir fait à une certaine époque, nous dirions : / woman , thou wornanest , he wo^ manSf etc. (je femme, tu femme es, il femme est), ou bien, pour faire ceci, nous choisirions avec une égale justesse n'importe quel autre nom synonyme de ce mot. Lorsque c'était la femme qui aimait, elle devait, par les mêmes raisons^ employer un des noms appartenant à l'homme.
Si nous analysons à présent la partie radicale du nom Vénus y qui est Ken^ car la terminaison us est simplement un article qui fut rejeté à la fîn après avoir été placé devant, nous aurons Iv-en, ou Iv-in; ce qui signifie littéralement Eve la une^ c'est-à-dire Eve la déesse^ — une étant ici, comme nous l'avons déjà vu, un nom pour la divinité — et nous pouvons mettre à la place de Eve, les mots woman ou wàmh (femme ou matrice). Et comme iv, dans Iven^ est aussi égal à un article, il en résulte que ce mot signifie le un , ce qui est très juste, puisque love est seul. Alors, si nous conjuguions le verbe love^ lorsqu'il est considéré ainsi, il serait égal h I one, thou
onesâ^ heoneSf etc. Nous pouvons aussi remarquer que comiue n est la même chose que v^ le mot one doit être égal à ove; de sorte que hve signifie aussi littéralement the one (il ave). Ainsi, les lettres comme les chiflres ont des pouvoirs élonnans. Je me demande souvent à moi-mèmey lorsque je suis frappé, comme cela arrive à chaque instant, de la pénétration mystérieuse qu'elles attestent par leurs différentes significâtionsi si ce sont des dieux ou des hommes qui ont présidé a leur formation. Si nous ne devons les considérer que comme l'œuvre de simples mortels, il faut en conclure que l'esprit humain a singulière** n^nt déchUi et que l'homme n'est plus ce qu'il a été; car on n'a pas conservé {a moindre trace d'une sa** gesse aussi extraordinaire que celle que l'analyse des mots et des lettres nous prouve avoir existé autrefois; et dans nos jours dégénérés , je trouve que le plus grand ettbrt d'une intelligence heureuse est de pouvoir comprendre cette sagesse alors même qu'elle se révèle d'une manière évidente.
J'ai oublié jusqu'à présent de donner la seconde explication de Àdamqne^'i'^i promise. Sinousanaly^ sons oe mot sans noua occuper de ce qu'il a dC^ être d'abord, nous le ferons ainsi ; oï^id-oim^ mauA^ad woman y c'e^k'dife man hea4 (Jo) woman. Par mnn head^ on entend ici homme premier ^ de sorte que man head to woman est égal à homme premier à la femine^ c^est-ànlire lé premier homme à la femme. Il est inutile de remarquer que hend (tète) et first
DE LA SCIENCE DES LANGUES. en
(premier) doitent anciennement avoir été employés indiflfêremment en beaucoup d'occasions , puisque cela arrive même encore, comme lorsque nous disons : éirê h tà^ (bead) de Varmée^ ou être h premier (first) êe f armée. Adam peut aussi , avee beaucoup de justesse^ signifier le premier chef, ott te premier à la femme , puisque la lettre a est aus«i pour le premier, et dans ce cas ce caractère doit se décomposer ainsi : ii, c'est-à-dire un nnj ce que nous reconnaîtrons par Texpiication à'alpha. L'ana^ !yse suivante de Adam est aussi fbrt correcte, ea*id^ ea-tVj te premier chef on tête (à) la première femme:, ou the first chiefovhead (to) her Eve. DdiïïS toutes ces explications, j'ai considéré le nom Eve comme étant égal à un seul r, ou à iv bref; mais je pourrais, d'après le son qui lui est attribué, surtout en anglais, dire que c^est une contraction de 4i4f, et que c'est pour «'-t?/ le long i étant ici égal au premier ii, et v au second ii. Le premier ii peut être rendu par un un ou la première femme. Mais lorsque ce nom est représenté par m dans Adam, cette lettré né peut être coiîsidérée comme étant égale* à i'V ou à^-ttr, mais à un seul t) oui ^ bref; et c'édt pour cela que Va occupe ici la plaèe de 1'/ long, pâroe qu'il signifie te premier.
Comme plusieurs de ces définitions doivent jeter une grande lumière sur les diverses philosophies des temps anciens , je suis heureux que lû langtie anglaise m'ait permis tous cëà détails, bien que j'aie été Obligé
de supprimer beaucoup d'observations importantes.
Les mots grec y latin et français correspondant à êhame (honte) y ont y lorsqu'on les analyse , précisé* ment le même sens que le mot anglais ; et si je recule, quoique avec bien des regrets y devant cette explication , c'est que nous avons trop perdu de l'innocence et de la simplicité des premiers temps. Hais je crois pouvoir donner une des trois analyses que l'on peut faire du mot français honte y pourvu , toutefois, qu'on De demande pas l'explication de cette analyse. Honie est, dans ce cas , une contraction de vie on it {fy on it y^\ sur cela), et vie on it ne diffère pas le moins du monde de /y on it; de sorte que honte est tout autant une contraction de ces trois mots anglais que de vie^on-it. Nous verrons bientôt que h et r , et par conséquent /, ne font qu'une seule lettre.
Nous avons pu voir, par ces derniers mots , que les hommes des siècles les plus reculés avaient le véritable sentiment de délicatesse , qi]ioiqu'ils ne le fissent pas ridiculement rapporter, comme aujourd'hui, aux mots , mais aux choses. Nous pouvons nous en convaincre par une analyse du mot français qui signifie sentir mauvais y ainsi que de ceux qui lui correspondent en d'autres langues, dans lesquels il est fait , sans exception, allusion à l'idée exprimée dans les mots keel et quil/e , comme nous les avons expliqués plus haut. Pour des raisons que je n'ai pas besoin de donner, je me contenterai d'écrire la forme analysée d'un OAi de deux de ces mots; et on peut également
choisir pour cela les mots français ou anglais. — Ip'U-er. J'ai déjà dit que ip a plusieurs sens , tels que dans, suvj etc., et que la terminaison verbale er signifie être y ou Vétrcj ou la chose. Vu ne demande pas d'explication. Ceci suffira pour convaincre les philosophes, qui peuvent, d'après ce que je viens de dire , comprendre le mot entier , que non-seulement des sons , mais la vue de certains objets , choquaient les hommes à l'époque de la formation de la langue. Le mot correspondant en anglais, qui, m'at-on dit, ne s'emploie presque plus, se termine maintenant avec nk^ mais, il y a quelque temps, les trois lettres que occupaient fort justement la place du k d'aujourd'hui. Dans l'analyse de ce mot, il sera nécessaire de lui restituer son ancienne forme esi-in-que. Une seule lettre ici (la première), qui serait tout aussi bien un i, pourrait être négligée. Nous pouvons donc voir par ceci que la signification du mot anglais est précisément la même que celle du français , quoique leurs formes soient extrêmement différentes. Cette analyse peut être donnée plus minutieusement ainsi, tS'it'in-ic'û. Les deux premiers mots sont ici d'une égale valeur, et peuvent changer de place, ce qui nous donnera , par conséquent , les deux mots anglais il-ts (c'est); après quoi , pour découvrir la signification littérale de tout le mot , nous n'avons besoin de remarquer qu^une seule chose, c'est que te signifie le. Cette analyse détaillée nous mène à une découverte très importante, qui est celle de l'origine de la lettre
556 LA DÉœUVERTfi
q. Nous voyons qu'elle a reçu à-la-foîs et son nom et sa forme de ce que les deux parties de u (ii) furent mises Tune au-dessous de l'autre et ajoutées au c de cette manière : â^. Quelques personnes l'écrivaient d'abord ainsi, ciij mais par la suite, la forme que je viens de donner fut généralement adoptée; et ceci explique pourquoi la lettre q est toujours suivie d'un u : cette orthographe était destinée à marquer que la lettre q contient un u en elle-même , et que par conséquent elle signifie ce qui est double. Alors, q est littéralec double ou double c, le ti ou u ayant pour caractère d'indiquer cela. Quand cette lettre prend cette forme Qy nous avons encore ce , mais ils sont placés en face l'un de l'autre de cette manière , co,* et afin qu'ils ne pussent pas se réunir , ils furent séparés ainsi, qp forme qui existe encore en saxon, et dont le Q romain n'est qu'une variation. Cette explication nous conduit aussi à découvrir le sens du mot queue en français , et par conséquent dans toutes les autres langues; il doit être analysé comme ceci, ique-e-u. Ici ique est la même chose que te, et signifie if; le seul e est pour iê , de sorte que *V e veulent dire ii is (c'est) ; entre ces deux mots et tt, qui n'a besoin d'aucune explication, nous devons sous-entendre le mot à, c'est-à-dire appartenant à. Il suffira d'analyser le mot anglais taîl (queue) afin de mettre tout le monde à portée d'en faire autant pour tous les correspondans en d'autres langues. U donne H-oi-il, mais l'ordre primitif doit avoir été il-ii-oi. Oi est ici la même chose
que u, et la même chose que oi dans toi déjà expH* que, et//îVest égal à il est; de sorte que, comme cî-dessus , nous devons sous-entendre les mots appar tenant à.
L^explicatîon critique qu'on a donnée de coi nous a ainsi menés à plusieurs importantes découvertes; mais elle doit encore faire comprendre d'une manière exacte une multitude de mots que je ne peux même pas nommer. Nous savons donc maintenant que squat (s'asseoir par terre) est pour îs-coi-at; et nous aurons l'orthographe présente de ce mot en substituant à coi les deux lettres qui lui sont égales dans tran^mlle. Nous voyons aussi ce que c^^w/- (qu'on écrit à tort maintenant cower, se courber, trembler devant quelqu'un) signifie littéralement : nous découvrons que c*est pour cùi'ir (c'est-à-dire coi-ire , coi-être) l'être coi. Nous ne pouvons douter que coi soit égal kqu^ ou que couir soit l'original de cour (cower), puisque l'analyse du seul mot square doit nous prouver que Topinion que l'on a émise sur ces mots est vraie. Lorsque nous analysons square simplement de Cette manière, is-quare, nous voyons que quare , la partie radicale , est égal à carre en français; et en ajoutant l'accent sur Ve ainsi, carrêy nous avons le mot qui, dans cette langue, correspond à square. La seule différence efatre carré et square est que le premier a un mot égal en signification à is en anglais qui est rejeté à la fin, et écrit r^au lieu de est ou is^ tandis que dans le dernier (square) y ce qui est rendu par r^én français, e3t éS-
primé par iê (qui est égal en signification) qu'on a placé devant le radical , et dont Vi fut absorbé par contraction. Ceci peut nous donner la certitude que coi est égal à qua; et comme car, la racine de carré y est égal à coiir, c'est-à-dire à cour, nous voyons le mot square sous sa forme la plus ancienne y et cela nous amène à demander pourquoi , dans le principe , les hommes en vinrent à nommer un carré de cette manière? Cour, lorsqu'on l'analyse, devient icoiir , qui signifie cest le grand un être , ou c^est le grand rond être, ou encore c^est Vhomme, ou Inexistence à rhomme. Le mot ic signifie aussi each (chaque), ce que nous fera voir l'explication de c; et par conséquent l'analyse que nous venons de donner peut signifier chaque au grand un être, etc. Si nous supposons qu'on fait ici allusion au soleil^ nous pouvons dire que par son existence, on veut indiquer les quatre saisons ou Vannée; et si c'est de la lune qu'on parle, il doit s'ensuivre que ce que l'on dit se rapporte à ses quartiers. Quelle que soit celle de ces opinions que nous adoptions, nous reconnaissons que la partie radicale de cour est oi ir, qui pourrait tout aussi bien avoir été oi is ou oi it , etc.; mais en s'en tenant à oi /r, nous voyons que c'est aussi la partie radicale de four (quatre), qui signifie également, lorsqu'on l'analyse, le grand un être^ comme nous pouvons le voir ici, if^oi-ir; ainsi, cowr signifie littéralement four, et une analyse du mot anglais year (annéej, ye-oi^ir ou he-oi-ir^ donne aussi four. Main-
tenant , comme oi-ir veut dire le grand un être , c'est-à-dire le soleil ou la lune (car tous deux serviront également dans cet exemple , de même qu'ils ont également concouru à nommer un), il s'ensuit que le nombre t<n donna aux hommes^ dans le principe, l'idée de quatre {four), puisque ces deux idées sont nommées précisément de la même manière. Ceci est en vérité une très curieuse et très importante information , et elle nous conduira , sans aucun doute, à de grands résultats. Je trouve cette opinion pleinement confirmée par l'examen des mots correspondant à year en latin et en français; car le lecteur peut se convaincre, seulement en les regardant {an et annus), qu'ils sont égaux à one, un {pin), quoique le mot correspondant en anglais soit égal à four (quatre), ou le grand un être , ou double existence^ ce qui . signifie toute existence ou la divinité , et cette idée est aussi égale k un. Maintenant, comme le mot anglais /^t> (un marché, une foire) fait aussi, par l'analyse, foiir (contracté en foire en français), son nom doit venir de ce mot signifiant toute vie (il veut dire dans cet exemple tout mouvement, tout peuple, etc.), ou bieh de ce ({XX^Xe^ foires n'avaient d'abord lieu qu'wwe seule fois par an, ou quatre fois par an , c'est-à-dire une fois pour chaque saison.
Quoique les observations que je pourrais encore faire sur tous ces mots soient nombreuses et importantes, il me faut les éviter afin de ne pas me perdre
dans des digressions interminables. Je ne peux cependant passer sous silence le mol français yîïfre, puisqu'une juste appréciation de ce mot doit faire comprendre d'une manière exacte tous ses correspondans dans les autres langues. Comme il signifie aussi four (quatre) ou one (un), lorsqu'on l'analyse, nous voyons par là que la première idée que les hommes firent jamais rapporter à ce mot faire ^ était de mettre les quatre parties d'une chose ensemble, de manière à les faire devenir une. Par conséquent, ^aire une ehose^ était, dans le commencement, unir une ehoséj c'est-à-dire la faire devenir une ou entièrej la rendre une de plusieurs parties dont elle se composait. Enfin, si l'expression pouvait être permise, je dirais que faire signifie to god il. Alors do (faire) , qui devient par l'analyse tdo ^ signifie le un; et facere^ qui se décompose ainsi , if-o-ic-ere , signifie la une chose être ^ ce moi ère, dafts/itcer^, étant le même que ire ou être, c'est-à-dire être ou aller. Donc le mot anglais fair (beau) , signifie , un qui est complet , c'est-â-dire un en qui il fi y a pas de défaut visible , ou rien qui manque. Mais lorsque ce mot veut dire Juste ou équitable y nous devons coiisidérer oi-ir comme le grand un être qui est la justice même ; et lorsque yjïir (blond) se rapporte à la couleur des cheveux, nous devons comprendre oi ir (quoiqu'il signifie de même le grand un être), comme étant un autre nom pour le soleil. Il ne peut y avoir aucun doute sur la vérité de cette signification du mot fair
lorsqu'on Teii^ploi^ ainsi» car elle est appuyée par Ta*
Mlyse du même mot en fraDçaiSi en lalin et en grec.
Ainsi y blimd fait idib^U-ony qui sigoilie the fullov
fiowing one (le un plein i ou le un flottant); car ici
ib il est la même chose que if il, parce que le b est
employé pour \ft ce qui arrive souvent , ainsi que
nous l'avons déjà observé; et ces deui^ mots ib il, ou
ifih ^i^t toqjours contractée en bit ou bl^fil ou fl.
Par le un fi^ttani, on entend i celui awp cheveux
flglians^ c'est-à-dire ^pelhn.Le mpt grec pour /aiV%
lorsqu'on l'emploi^ avec ce même sens , est BovSo^^ et
peut être analysé ainsi, ic^is-oin^thea^ ^ oe qui signili^
c'eet le un Dieu ; mais l'analyse critique donne
os^i^is-oin the ^ le tout esH^tant un Dieu. J'ai réuni
ie-ie en un seul mot, parce qu'il nomme une idée seu**
lement, tante existence , et ïiiXérolemeni ch0que exie^
tenee. L'explication d'un mot aussi important mérit0
d'être confirmée d'une manière plus complète f et J0
peux heureusement le faire par l'analyse de Xantbus
ou Xantbos, qui est le nom d'un fleuve consacré à
ApoUon> aux eaux duquel les poètes avaient attribué
l'extraordinaire vertu d'embellir la chevelure; et
comme l'orthographe de ce mot ne diflere pas de
^y^y il s'ensuit que l'analyse et la signiflcation qq
seront les mêmes»
Fhpue (le mot latin pour blond) se décompose ainsi, if-il^ki^v^e, dont l'ordre primitif est ue-ifU-çi^ iVy et il signifie le plein un pi^, c'èst^ilîre ^j^oUon ou le soleil. Et si nous contractons les deux mots if il
m LA DÉCOUVERTE
en fly et oi-iv en ouv^ et que nous considérions \^u comme un v, nous aurons, en réunissant /7 et ow^ le mot anglais /K9f(>, au lieu des quatre mots if-il-oi-iv; et Ton a seulement supprimé dans tous ces mots ïi, qui se trouvait devant^^et/. Maintenant^ lorsque nous nous rappelons que us est pour os^ et os pour iê o (the sun, le soleil), nous découvrons que ce mot {flavus) signifie littéralement the flowing sun , c'est-à-dire the ffmo^ ing^haireà sun (le soleil aux cheveux flottans), ou le dieu avec les cheveux flottans. il était facile aux poètes des premiers temps d'employer un langage aussi figuratif que celui qu'ils ont eu, parce que, à cette époque, chaque mot portait une image avec lui. Comme le mot anglais actuel ^cw^r (fleur), doit d'abord avoir été erflow (la fleur), il est évident, puisque la partie radicale de flavus y c'est-à-dire flav, est la même que la partie radical deflower{flino), que dans le commencement, les hommes doivent avoir considéré /air hair (une chevelure blonde) comme une fleur, c'est-à-dire comme une chose en fleur. Flou) (une pleine vie) étant un autre nom pour \e soleil, et er dans flower étant le même que être en français, ou que a thing ou a heing en anglais, il en résulte que l'exacte signification de fl^twer doit être une chose ou un être au soleil , c'est-à-dire appartenant au soleil. Quant à la déesse Flore, puisque son nom est la contraction de ftoerea, qui veut dire elle aux fieursy appartenant aux fleurs , il est clair qu'elle a emprunté son nom aux fleurs, et que ce ne
DE LA SCIENCE DES LANGUES. 6û3
sont nullement les fleurs qui ont été nommées d'après elle.
En parlant du mot property, j'ai dit que je m'en occuperais encore, parce qu'il doit donner lieu à beaucoup de découvertes fort importantes.
Property (propriété) lorsqu'on l'analyse selon sa signification, devient, pr^^-pK-iV-É»', ce qui veut dire for price (or value) it is (pour prix (ou valeur) c'est.) Le motprice (prix) est une contraction de per-w, de sorte que sa partie radicale est per^ qui devient ip-er, ce qui signifie littéralement sur cela , ou dans cela y c'est-à-dire Vune chose sur cela ou dans cela^ voulant dire par là sa vie ^ son être y sa seule valeur ^ On peut aussi analyser per ainsi : iv-er, comme nous le verrons plus loin, et ces deux mots signifient ever (toujours) ou vie-vie, et par conséquent la divinité. Mais ip-er a aussi cette dernière signification, puisque ip veut dire haut ou dessus , et que er est égal à existence ou toujours,' de sorte que ip er peut être rendu par haute existence, ou existence dessus. Cela nous fait voir qu'au commencement, les hommes considéraient le prix d'une chose comme son âme, son être, sa partie divine, etc. Alors property (pro'pri'it-e) signifie /J'our valeur c'est, etc.; et de là nous pouvons retrouver le sens d'une multitude de mots dans toutes les langues. Ainsi, beauty, modesty^ facility, duty, etc., sont tous contractés debeau-it-é, modest'it e\ facile^ii-é, du-it^é, c'est-à-dire beau it is, modest it is, facile it is, due it is (beau c'est^ mo-
m LA DÉCOUVERTE
deste c'est, etc.) Mais, dans le principe, Tordre de ces mots et de tous leurs senoblabies était : tt-é-beau, iiémodeste^ it é- facile ^ ité-du^ ce qui signifiait ce est beau', ce est modeste^ etc. , après quoi les deux mots it é furent rejetés à la fin comme cela arrive toujours. Ceci nous fait découvrir d'un seul coup-d'œil, non-seulement le sens de tous les mots français et anglais qui finissent comme ceux-ci, mais encore celui de tous ceux auxquels appartient la terminaison tas en latin, tels que charitas, tenuitas^ etc., qui, lorsque nous n'avons pas besoin de les faire remonter jusqu'à leur forme native, doivent être analysés ainsi : charita-isj tenu'ita'is. Ici ita est pour if ea (la chose), ces deux mots étant devenus un seul article, comme nous les avons vus dans vita^ qui doit d'abord avoir été ita vi (la vie). Les Anglais pourront comprendre cette te^ minaison latine (tas) lorsqu'on leur dira qu'elle est équivalente à ces deux mots that is (cela est), quand ils sont contractés en that' s (c'est) ; et les allemands la comprendront de même très clairement dès qu'on leur dira qu'elleest égale à das^ qui est aussi composé de da-is {that is, cela est). Mais da lui-même est un mot composé puisqu'il est la contraction de id-ea (la chose), de sorte que das a été formé de trois mots (tef-^a-t.^), juste comme itasd^ été formé de it-ea-is^ et that^s de the-eorit-is ou theo^it4s (la chose c'est, le un c'est). Mais comme les mots latins ne prirent pas cette ter* n^inaisonen trois parties, mais en deux (tVa-tV), nous n'avons pas besoin, en les expliquant, de les analyser
Digltized by VjOOQIC
autrement que nous l'avons fait ci-dessus. î^orsque nous ne comprenons pas ce que signifie le mot qui précède itas, ce qui peut venir de ce qu'il n'est plus en usage, il devient nécessaire de l'analyser afin d^ découvrir sa signification. Char^ dans charitas^ fait ic-ea-'ir, ou plutôt »Wt>-^«i-t> ,• la première analyse signifie ce la première chose^ et la seconde, ce de la première chose, ce qui est par conséquent dans leâ deux cas un nom pour la i/iW/ti/^. Lorsque nous remarquons que ce root char est la même chose que car (ic-ea-ir), et que ce dernier est le même que rar dauA caruâ (qui était d'abord ti« r^rr, le cher), nousa percevons que charitae est la même chose que t/a-^êt^arus (cela est cher , ce qui est cher) , en d'autres mots, ce qui est une chose chère ^ et ceci est par conséquent synonyme de la première chossy et aussi de la divinité. Nous découvrons donc par là que les hommes, au commencement, doivent avoir entendu par dear (cher), lorsquece mot s'appliquait aux objets mondains , ce qui tenait une première place par le rang ou le mérite, et que dans sa signification la plus élevée (comme dans charitaSf par exemple), il indiquait la divinité. Alors , si nous donnions à charitas des formes anglaise et française correspondant à son sens, nous devrions le traduire par dear it-y, et chère it^é, ou bien par divinity et divinité. Comme la par^ lie radicale de first (premier) est dans/r, puisque le mot entier donne fir-est, ou est-fir, ce qui veut dire c*estfiry nous pouvons voir qu'il n'y a aucune diffé-
refice de sigaification eDtre fir et dear^ lorsqu'on les analyse. Ainsi, 7?r dans/r^/, est fort justement prononcé comme s'il était écrit fur^ et nous savons que ceci est pour if-H-ir^ qui signifie la une une chose^ ou /a vif vie; p^r une une ehose^ on veut dire tin# ^00e dans l^esiréme^, et par conséquent the firsi thing (la première chose) ; et par vie vie ^ on veut dire /a vie dans l^ejftréme^ ou toute vie, et par oonsé* quent la divinité. Maintenant , si nous changeons^ comme nous pouvons le faire. Y/ de i/^O-ir pour un df nous aurons, idM-ir, dont le son contracté peut très bien être dear. 11 s'ensuit donc que dans quel* ques langues dear et firet peuvent être le même ntot : alors, quand nous prononçons firsé comme s'il était écrit furet, c'est parce que anciennement il était écrit fiirst^ et qu^un i a été négligé* Mais comme c'est un mot d'un usage très fréquent, sa prononciation primitive a heureusement été conservée, il aurait cependant fort bien pu se faire que ii de fiirst fût prononcé Gommera 4e dear (i), cas dans lequel les deux lettres ne deviendraient pas une seule lettre, c'est-à-dire un u. Dans ce mot if-iUrj nous r^rouvons le mot 'français fuir y et nous devons le traduire ici par vie ■tie ou allant allant , c'est*à-dire la vie ou le mouvemeni dans l^extréme. Ici nous découvrons aussi /fe»r (la crainte) ; mais alors «'f n'est pas contracté en '4ê, car chaque l«Wre est entendue, et toutes deux se
(1) se prononce dir.
prononcent comme ee ou éa dans dear. Et en reconnaissant ainsi que, dans le principe, les hommes n'avaient qu'un seul mot pour fuir et fear (ou fuite et crainte)^ nous découvrons Tidée qu'ils attachaient au mot Jear. Nous trouvons également dans ce même mot l'original de further (plus loin), mais VU est devenu M, et on ne lui fait nommer qu'une seule idée; c'est pour cela que ce mot doit être analysé ainsi : tf-uir^ihe^r (le aller, aller, le aller). Les trois moi^if-u-ir ont été contractés en^wr, et sont égaux à aller aller; de sorte que quand une personne ou une chose était éloignée, les hommes disaient dans le commencement, he ie the go go (il est le aller aller), ce qui indiquait, par la répétition de aller , qu'il était nécessaire d'aller beaucoup pour atteindre un tel objet. A ce double mot aller j on en ajouta encore un autre afin d'augmenter leur signification et de faire le comparatif; ce qui fut réalisé par l'adjonction des deux mots the er au lieu de the goy er étant employé ici corn me un pro* nom. Par conséquent, /Ur/Aer est littéralement pour the go go and j the go ^ (le aller aller et le aller). Le Bxvp&thixi furtheêt signifie the go go, the beino head (le aller aller, le être tête), c'est-à-dire , the heing ahead (le être en avant, à la tête); car ^ est ici pour ie ou be comme nous le verrons par l'analyse de Bnra, et t est pour tête ou la divinité^ cette lettre ayant ces significations, ainsi que je f ai déjà montré et comme je dois le montrer d'une manière plus explicite encore dans l'alphabet. Fur, dms further^ peut aussi
être fort justement rendu ainsi; er fu (le aller aller, ou la fuite) , et sa signification est encore la même. Mais comme exemple d'un mot ayant des significations fort différentes, je peux citer fuir, que je viens d'expliquer tout-à-rheure en montrant qu'il signifiait vie viey ou allant allant, quoique ces significations puis- ;sent également servir, ainsi que tout le monde doit le concevoir, à signifier toute vie ou la divinité*
Farther (plus loin) différant de further seulement par la première syllabe, nous n'avons besoin, pour l'expliquer, d'examiner que cette syllabeyar. Ce mot doit être analysé ainsi : if-o-ir, ce qui veut dire aussi thegogo (le aller aller), attendu que o est ici pour le soleil ou le mouvement^ par la suite le premier i ayant été négligé, et foir ayant été réunis, le moi far fut formé. Cela nous fait voir que further Qi/urthest, farther et farthest sont également corrects ; et il est assez satisfaisant de connaître ceci, car comme les plus éminentes autorités étaient divisées d'opinions relativement à ces mots, il en résultait que personne pe savait comment les employer. Mais on peut remarquer que fo signifie un ennemi, et que, par conséquent /bir, qui devait d'abord être irfo {the fo), devrait avoir une signification tout-à-fait différente de gogo on far. Cette observation est fort juste, et elle m'a coûté beaucoup de sérieuses réflexions ; car, lorsque d'abord je m'efforçais d'expliquer la difliculté qui s'y rattachait, je n'avais pas encore analysé les lettres de l'alphabet grec. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner
fo ou foe lorsqu'il signiOe un ennemi^ mais je pourrais l'oublier au milieu des nombreuses questions que j'ai encore à aborder; car, à force de penser, ma mémoire m'a presque entièrement abandonné. Parmi ses différentes significations, le caractèreya celle de half (moitié), et c'est pour cela qu'il est séparé en deux parties égales ainsi , f; c'est aussi pour cette raison que le caractère par lequel il est représenté en grec est fait ainsi , *, dans lequel nous voyons un o divisé de même en deux parties égales. Alors fo signifie ici la moitié de \oy c'est-à-dire un crochet ou croc dont les hommes se servaient pour combattre dans les anciens temps. Cette arme ayant la forme de la moitié d'un o, elle devait être faite comme un c. Quant au manche que nous pouvons représenter en ajoutant un /au c, comme ceci f , il était probablement en bois, et c'est pour cela que, ne faisant véritablement pas partie du croc, on n'en fit pas mention lorsqu'on désigna cette arme par la moitié d'un o. Alors, quand les hommes de cette époque disaient : that foes were comingj ou ninning (que les ennemis venaient, ou couraient), leurs paroles signifiaient littéralement, les crocs viennent, ou courent. Un pareil langage serait même fort apprécié aujourd'hui, et on le nommerait poétique. Et pourquoi en est-il ainsi? Parce que cette manière de s'exprimer, les crocs viennent, nous présente à l'esprit une image, et une image très vigoureuse; tandis qu'en ignorant ce que ce mot foc signifiait littéralement, il était demeuré jusqu'ici
une lettre morte, un son dépourvu de sens, qui n'é* veillait en nous aucune idée distincte; et nous ne savions pas pourquoi ceux qui venaient pour nous couper la tête étaient nommés nos (foei) ennemis , plutôt que nos amis. Maintenant, lorsque nous pensons qu'il fut un temps où tous les mots offraient autant de frappantes images, combien on doit déplorer la perte immense que firent les hommes lorsqu'ils virent s'éva* nouir insensiblement la signification que la tradition avait transmise à leurs paroles. De même qu'on peut facilement supposer qu'une personne sourde ou aveugle à moitié doit posséder encore plus de la faculté' de voir ou d'entendre que ne peut posséder de la faculté du discours celui qui (à parler d'une manière critique) ne sait pas le sens d'un seul des mots qu'il prononce, il en résulte que cette ignorance dans laquelle l'esprit humain languit pendant si long-temps, a amoindri les pouvoirs de ce don le plus noble qui a donné à l'homme une si grande supériorité sur toutes les autres créatures, et qu'on peut la considérer comme un des plus grands malheurs qu'il ait à déplorer.
On peut remarquer qu'une faux est faite comme une de ces anciennes armes nommées /by et c'est pour cela que l'analyse du mot correspondant en latin, qui est falxj donne if-ol-ic-is , qui signifie moitié la lune c^esti car al était aussi un des noms donnés à la lune aussi bien qu^au soleil^ parce que quelques hommes ayant commencé à la nommer il-o, par la suite l'article il tomba après Oy et on eut ol par la contrac*
DE LA SCIENCE DES LANGUES. ftll
tien de Vi. Mais ca qu'il y a de sûr , c'est que k même peuple n'eut pas en même temps le mdme nom pour le êoMl et la Itme, parce qu'il doit toujours avoir fait précéder 1'^ par des articles différens, selon ces deux significations. Il est vraiment extraordinaire de voir combien se conserve pure chez un peuple la pro-* nonciation d'un mot qu'on emploie fréquemment. Ainsi le mot français pour /hls est faul»^ et s'écrit maintenant faux^ mais, dans le principe il avait seulement cette forme , fo^ et il se prononce encore comme si son orthographe n'avait subi aucune varia** tion. Nous avons vu aussi que le mot anglais w^mh n'était, à une époque, que ix>om {bê wom)^ et qu'on n'avait apporté aucune modification à sa prononda** tion primitive, malgré l'augmentation qu'il a reçue. Cette connaissance critique de foe nous permettra de retrouver l'origine de plusieurs mots importans. L'idée de faUehood , qui est nommée en latin , en français et en anglais par les mots fahitaê , falsus , fhysseté ,faux y fahe j etc., était indiquée primitivement paryô, comme l'analyse de tous ces mots, que tout le monde peut faire, le prouve d'une manière évidente. Mais je désire appeler l'attention du lecteur mr faUiias ei fausseté y dans lesquels on retrouvera de nouveaux exemples des terminaisons itas et ité déjà expliquées. Combien il est facile, à celui qui sait seulement l'anglais, de comprendre /a/*fVa^, lorsqu'il l'analyse ainsi : ita is false, that ia false (cela est faux) ; il ne trouvera ^ pour ainsi dire, pas de diffé*
Hi LA DÉœUVERTE
«ence entre ce mot et la forme anglaise, puisqu'il ne doit se rappeler qu'une chose : c'est que ita est pour that. Mais le mol /alsus même, avec quelle facilité ou doit l'entendre, lorsqu'on sait que la terminaison us^ si commune en latin , est égale kle^ et qu'autrefois elle précédait /à/tf ainsi , us fais.
Cet examen nous fait voir que les hommes empruntèrent au mot foe (ennemi) Vidéede falsehood (1) (fausseté), c'est-à-dire à son espèce même, et il faut l'avouer à la louange des autres animaux. Mais le lecteur qui» maintenant, doit être aussi savant que moi-même dans l'art d'analyser les mots, peut observer que le mot fox (renard) se décompose ainsij fo-ic-is^ ce qui veut dire fattx il esty et cela est très vrai ; on peut même ajouter que fox ne renferme pas l'idée de fausseté simplemeniy danssa signification, mais doublement j car X est égal à dix ou à la vie double (c'est-à-dire à double V), et c'est ce qu'on ne peut manquer de découvrir en le considérant de près. Ceci expliquera aussi pourquoi on a fait représenter dix à ce caractère , plutôt que huit ou neufj ou tout autre nombre; et en poursuivant cette découverte , on pourra trouver aussi pourquoi Un V est pour cinq. 11 s'ensuit donc que ^, dans fox, qualifie /o/ de même que x, dans rex, qualifie
(1) Je Yois que j'aurais dû expliquer plus haut cette terminaison hood : ici elle signifie littéralement the whole head (la tète entière), et on peut l'analyser ainsi : he-oo-id, ou iv-oo-id. La répétition de Vo indique tout; mais il y a une autre manière, et elle est également correcte comme nous le Terrons en expliquant alpha^ de nommer la même idée.
DE LA SCIENCE DES LANGUES- m
re; car, quoique ce dernier mot signifie littéraleroenA c^est Vétrey cette signification est portée à un degré très élevé. On pourrait , d'après cela , dire que les hommes ont emprunté l'idée de fausseté au renard ; mais l'analyse du nom qu'a reçu cet animal en grec , en latin et en français, nous démontre qu'il n'y a été fait aucunement allusion à sa fausseté, mais bien à sa vitesse, ainsi qu'à sa retraite, qui est souterraine; ce qui prouve évidemment que l'homme a nommé le renard d'après lui-même. En grec ce mot ^st oXwmjÇ, qui fait , par l'analyse , al-iv-iv-if-ii^c-is , et le sens littéral de chacun de ces mots est ail life life (in) up one oney il is (toute vie vie (dans) en haut un un, c'est). Par touie vie vie on entend toute vie , toute animation , toute vivacité. En réunissant iv iv de cette manière, iviv , nous les réduisons à un seul mot, qui est égal à vivus en latin, puisque ce dernier mot a dû être d'abord us iviv , le premier i de tviv ayant seul été négligé , comme cela arrive ordinairement. Ce mot est aussi égal au mot t;i/ou viv en français; mais (*> peut fort justement être rendu par oo, dont le sens sera encore le même , c'est-à-dire vie vie y ou vif. Par ipii{en haut un un), on vent dire /èet (pieds), mais cela pourrait tout aussi bien être rendu par iv ii ou ifii; ce qui nous fait voir que ip ii signifie aussi la vie un un y c'est-à-dire ceua? qui sont en vie. Si nous faisons rejoindre ii dans * ifiiy nous aurons un singulier de i/iij qui sera /mou fligAt (fuite), par quoi nous découvrons que motion et
foot (pied) étaient un seal mot dans le commencement, et qu'on les distinguait seulement par de difîérens ar*ticles. Nous voyons aussi , par cet examen y pourquoi Vu a fréquemment le son d'un 0/ nous voyons que cela vient de ce que les hommes voulaient lui faire signi«fier une chose : idée qui était généralement rendue par un <7. Donc le singulier de/4?e^, qu'on pourrait écrire/t/, est réellement /ut, et non /oot , comme il est écrit et prononcé à tort par tout le monde, excepté cependant par ce petit nombre de gens qui ont conservé la véri^table prononciation anglaise ; c'est'-à-dire ces naturels de la Grande-Bretagne qui ont vécu sans aucune com*> munication avec les étrangers. Par la même raison , teeih (dents) devrait être Htth , ce mot ayant été d'a« bord it H, qui devint iii; par la suite on en fit thê tiij et finalement tiith , qu'on écrit maintenant têêth^ dont le singulier est malheureusement ^crc^M, au lien de tuth. Ceci nous dévoile également l'origine de âir: c'est le diminutif de sire^ fait par ces personnes qui prononçaient ce mot comme on l'entend aujourd'hui en français , c'est-à-dire comme s'il était écrit siir; le a étant abrégé à un n* La prononciation actuelle de tffV en anglais est donc très correcte ; mais son ortho* graphe est très vicieuse , car il devrait être écrit Mr. De ce que aire était prononcé stir (ceci signifiant ^/re, éiml), on voulait dire par là que la personne qu'on nommait ainsi était d'une très haute position. Le mot anglais atreet (rue) est aussi pour striit , mais sa pro« nonciation n'a pas été changée, si ce n'est pour signi-
fier stt^t (d). C'est aussi la même chose que le mot français rue , qui doit d'abord avoir été ii ir (le aller aller , ou le chemin chemin), qui fut aussi contracté en ruj qu'on écrit maintenant rue. Mais pendant qu'il était encore rii , il prit devant lui l'article it , ce qui donna it rii; et lorsque l'article fut rejeté à la fin , les deux mots furent réunis en un seul, riit, dont le son a été abrégé à rut pour signifier la trace d'une roue ; mais le son long lui a été conservé dans le mot streety qui n'est pas autre chose que est riit. Ces deux mots ayant été contractés par la suite, formèrent siriity qu'on écrit street aujourd'hui. Nous voyons donc que rue et street y quoique fort difTérens en apparence, sont radicalement le même mot, et on peut en acquérir la certitude en analysant simplement street de cette manière, est-ree-it; et ici le mot ree est le même que riiy et par conséquent que ru ou rue,- de sorte que street signifie aussi it is rue (c'est rue). Le mot fir (sapin) doit de même avoir été i/i ir (le aller aller), c'est-à-dire le aller aller en haut, par la raison que cet arbre est très élevé ; et il fut abrégé à fur, qu'on écrit maintenant fir, mais qu'on prononce toujours fur. On peut encore faire , relativement à ii, de nombreuses observations de ce genre ; mais pour le moment , je n'en peux dire davantage sur ce point particulier.
Nous avons donc découvert que le mot grec, pour
(1) Manière ridicule de marcher qu^on nomme ainsi.
renard, signifie les pieds tout en vie c^estj c'est-àdire, l'être ou la créature avec les pieds tout en vie. Le mot latin vulpes veut dire littéralement, la vie audessus des pieds , c'est-à-dire, des pieds qui volent ; car lorsqu'on l'analyse, vulpes donne vi&oUp-es (vie sur pied pied) , et dans cette circonstance, vie sur qualifie pied pied. Renard devient, lorsqu'on le décompose, re^en-eard (une chose dans la terre). Comme j'ai déjà expliqué earth (terre) , je remarquerai seulement ici que sa forme, dans renard (eard) ne dit fère du mot anglais qu'en ce que, à l'époque où ce mot n'était encore que ear, il prit devant lui l'article t<{ au lieu de l'article the, et que cet article ayant été transposé et incorporé au mot lui-même, on eut eard au lieu de earthj qui a été formé par la même opération. On peut donc traduire renard par re in earth, afin qu'on en puisse retrouver le sens d'une manière plus évidente. Quant à la suppression de Ve qui était devant l'a dans eardj elle est trop insignifiante pour mériter une observation.
L'examen auquel nous nous sommes livrés plus haut> et dont le résultat a été de nous convaincre que Joe est pour /à, nous fait découvrir aussi l'original de war (guerre). J'ai eu l'occasion de remarquer, ainsi que le lecteur se le rappellera peut-être, en m 'occupant de la terminaison française ois, que was en anglais et fois en français ne faisaient qu'un seul et même mot. Je trouve encore que cette opinion est très exacte, avec une légère exception cependant: c'est que
le w de ivas ne pouvait pas être une seule lettre, mais bien une lettre double comme elle est, et en voici la raison: was signifie, comme je l'ai remarqué en l'expliquant , non-seulement un être, mais aussi un temps; et cela constitue un sens double qui est égala deux vies ou deux êtres. Mais comme c'est as qui a ce sens dans was, il en résulte que le w le précède comme un article; et comme c'est par suite de son double caractère qu'il est en apposition à as, il arrive qu'on ne pourrait pas avec justesse le faire remplacer par lâ lettre /. Mais le mot fois signifiant seulement un temps y et non un être et un temps, le caractère qui précède ois (et as dans was n'est que la contraction de ois) est^avec une grande raison un caractère simple^ puisqu'il est mis en apposition à ois, qui signifie seulement un temps. Comme chaque chose nouvelle^ dans l'application d'une science qui vient à peine de naître, doit toujours être remarquée avec le plus grand soin, parce qu'elle ouvre un chemin qui doit mener à d'autres découvertes, je regarde ce renseignement comme une précieuse acquisition. Maintenant, il y a précisément la même différence (et pour la même raison) entre fo-ir et war, qu'entre /bis et was. En conséquence, dans war lew est seulement un article et est en apposition à ar qui est le véritable radical de war, comme nous le voyons lorsque nous le décomposons ainsi , otV, et que nous donnons à ces trois lettres leur ancienne prononciation, qui est celle qu'elles ont encore en français. Et comme le w n'est pas
prononcé dans ic^ar, puisque ar analysé (oir) produit ce môme son^ cela prouve que ce mot [ar) doit pendant long-temps avoir été employé seul, c'est-à-dire, isolément de Tarticle w^ de sorte que nous avons même l'ancienne prononciation qui lui fut attribuée, justement comme nous avons celle dewomb lorsqu'il n'était encore que tiwm. Alors ce mot remarquable fut formé ainsi: fo signifiait, comme nous l'avons vu, un croc^ dont l'idée première venait de half moon (la demi-lune) : alors quand les hommes voulaient indiquer beaucoup d'ennemis, ils doublaient le signe (o) qui voulait dire un ennemi, de sorte qu'ils employaient un O entier, qui , par conséquent, était égal à croc crocj et lui firent qualifier iry dç sorte que ces trois lettres oir signifiaient le croc croc être. Dans cette occasion , le mot ir fut fort sagement préféré à tout autre, parce que l'r, à cause du son double et dur qui lui appartient, a aussi été choisi pour nommer ire ou anyer (la colère), c'est-à-dire, la double animation. Alors le premier mot pour war était oir, et il était égal en signification à croc croc , mais comme un singulier collectif. On doit l'avoir employé sous cette forme pendant long*temps; mais son sens littéral semble avoir été pleinement connu lorsqu'il reçut le double caractère w devant lui, puisqu'il s'accorde avec oir et est en apposition avec lui. Par conséquent, lorsque nous expliquons le w séparément de air, nous devons le faire en disant que cela signifie ces choses f de sorte que w et oir^ expliqués ensem-
ble, doniieront, iws choses (Q^esi-ii'dxte) crùcsy trocs. Il nous est très facile maintenant d'expliquer le nom donné à Mars en grec (Ap>îç). Un enfant verra qu'il doit avoir été d'abord ès-ar^ et que ceci est pour ês-oir (la guerre)* il saura aussi pourquoi on emploie encore le mot ar lorsqu'on excite des chiens à se battre; il reconnaiti'a que c'est le même que M^r (guerre), et que par conséquent il signifie combats! 11 décou* vrira aussi l'origine àe^ swear{]WTQT)sv>are^su> oret il verra que ces trois mots sont pour is war qui si* gnifle ths war (la guerre), ou it war (cela guerre), o'e8t*à»dire, cela [à) guerrs^ appartenant à la guer^ re; ce qui veut dire que jurer appartient à la guerre, et qu'il en est provenu . Cette connaissance de la nature de ce n^ot war (d) nous dévoile l'origine de warni
(1) Puisque je retrouye ce mot war,ie donnerai encore quelques détails curieux à son sujet.
Nous avons vu que le w était égal au t? ou au 5, et que par conséquent war devenait har^ dont on avait fait baron. Mais à une époque bien antérieure à celle de la formation de baron, le mot bar y qui signifiait alors guerre, fttt mis au pluriel par la plus ancienne méthode qui était la répétition du mot lui-même (car nous savons que la substitution d^un pronom pour éviter cette répétition est moderne, comparativement à l'autre manière), et devint le nom bar bar qui servait à désigner ces hommes terribles qu'on ne vpyait que pendant la guerre et qui ne vivaient que de ta guerre \ de sorte que le mot bar bar (guerre guerre) était de tous celui qui était le plus convenable pour les nommer.
Mais le mot bar lui-même, nous l'avons encore en français avec sa signification primitive de guerre', seulement il a été un peu -défiguré dans son orthographe, car on l'écrit aujourd'hui barres. C'est la Jeunesse des collèges qui seule a conservé intact, par la tradition de ses jeux, le Véritable sens de ce mot. Le jeu qui porte ce nom consiste à se diviser en deux camps égaux et à courir dans de certaines conditions les uns $ur les
(chaud), et par conséquent l'exacte diiférenee qui existe entre fcarm elhot (chaud): nous voyons que le premier nommait la chaleur produite par Texercice, et littéralement, la chaleur occasionnée par une animation double et telle que les hommes en éprouvaient lorsqu'ils étaient à la guerre ; tandis que le second {hoi)y qui signifie lorsqu'on l'analyse, the o above (le o au-dessus) he-O'it, veut dire une chaleur pareille à celle que nous recevons du soleil, et par conséquent du feu. uirm (bras et arme) est aussi, comme nous pouvons le voir, pour ar-im, qui devait être d'abord im ar^ signifiant cela {a) guerre j c'est-à-dire, une chose à la guerre^ sens dans lequel il est encore usité; et nous pouvons voir ici que le mot pour tvar n'était alors que ar (1). C'est aussi de la même manière que dart (dard), id ar tt, c'est-à-dire that tvaris (cela à guerre
autres de manière à faire des prisonniers. On ne peut donc pas douter que ce Jeu ne soit une imitation de la guerre, et que lorsque les jeunes gens disent : « Jouons aux barres », ils veulent dire « jouons à la guerre ou aux guerres. » Il devient donc incontestable maintenant que bar tai autrefois en français le mot pour guerre, et quUl n^y a par conséquent aucune différence entre ^uerre« bar eiwar-f surtout en ne perdant pas de vue que de même que le w se cbange en v et par conséquent en 6, il lui arrive aussi très fréquemment de se traduire par un g, ainsi que cela se rencontre dans Waibling qui devient Giblin, Welfe qui devient Guelfe» Williarriy qui devient Guillaume, etc.
(1) Mais arm signifie aussi l'être ou la chose double^ et cette signification sera trouvée applicable ici, lorsqu^on remarquera que les hommes ont deux bras {arms). De même aussi le mot français jambe devient par l'analyse t$-oim-&e, (la double chose). Dans cet exemple, oim est la même chose que womb (matrice] qui veut dire toute chose double^ juste comme ti ou v fait. Donc, uter^ qui en latin se rapporte à deu]^ cboses , signifie
est) doit avoir été formé. Et Mars (le dieu de la guerre) devient, lorsqu'on l'analyse, im-ar-is, he (io) ihe war is (lui (à) la guerre est), c'est- à-dire, appartenant à la guerre^ le dieu de la guerre. Mais comme ar (qui est pour O'ir) signifie, grand ou double allant, et indique par conséquent un être doué d'un pouvoir ou d'une grandeur double, ou quelque chose de double, îl faut prendre garde à ne pas le rendre toujours par war. Ainsi, charm qui est lorsqu'on l'analyse rWrarmy ne renferme pas le mot war, puisqu'il signifie it it arme (ce ce arme), c'est-à-dire double arme, une chose dont le pouvoir est double. Maintenant, le mot français roi doit-il être analysé ainsi : ir^oi, {le double un, c'est-à-dire le grand un)? ou bien devons-nous le considérer comme ayaat d'abord été oi r {war) qui devint roi par la transposition de oi qu'on plaça après l'r, sans que pour cela il ait changé de sens, puisqu'il veut toujours dire war, c'est-à-dire le chef ou le général dans la guerre ? Comme dans plusieurs langues le nom roi, lorsqu'on l'analyse, ne signifie pas guerre, mais grandeur, nous devons adopter la première des deux explications qui viennent d'être données. Un mot tel que harm (mal, injure) ne donne lieu à aucun doute, car il se décompose ainsi : vie-ar-im, ce qui veut dire, la guerre à lui.
iussiune matrice,' et lorsqu'on TiDalyse, il fait ti-i(-er. Ici, »^-6rest le
même que élre en français, et signifie la chose; de sorte que uter vent
dire sans restriction, la chose u ou v, c'est-à-dire, la ck>se tne, puisque
ti ou t; est pour vie ou chose»
Le mot français char {ic-iv-o^ir) signifie, double allant^ ou guerre^ le ch étant ici égal au w dans le mot anglais war^ mais dans le mot correspondant en latin {cMrru8\ on fait seulement allusion au double mouvement : ce qui ne prouve pas cependant que les chars ne fussent pas dans le principe destinés au sw^ vice de la guerre.
Dans le cours des investigations qui précèdent, j'ai été obligé de passer sur beaucoup d'observations importantes afin d'avancer, et d'éviter par là, autant que possiblei les digressions sans fin auxquelles je prévoyais qu'elles m'auraient inévitablement entraîné» Cependant, j'en ai tant fait pour une raison ou pour une autre ) que je reconnais avoir souvent oublié la promesse que j'avais faite de ne communiquer mes découvertes que suivant l'ordre dans lequel je les fis moimême. Mais j'éprouvais un si violent désir de faire connaîtra tant d'intéressantes merveilles qui étaient ensevelies dans les mots depuis un si grand nombre de siècles, que je n'ai pas toujours pu surmonter la tentation que j'éprpuvais de violer mon engagement envers le lecteur; mais, hormis cela, j'ai religieusement tenu ce qujs je promettais lorsque je disais que cet ouvrage, pour tout ce qui regarde la communication de cette découverte, serait le tal)leau fidèle des opérations démon esprit. Il s'ensuit donc que si mon long travail se terminait ici, ce qui me reste encore à dire pourrait faciienoent être découvert à t'aide de ce que j*aîdéjà fbît connaître.
DE LA SGIEIfCE DES LANGUES. $63
AUPSABST OBXO.
Ici commence la partie la plus difficile , mais aussi la plus intéressante de ma découverte. Dans le cours de cet ouvrage, j'ai souvent été obligé de laisser sans explication des questions qui en exigent, parce que je savais qu'il m'était nécessaire, afin d'être compris alors, de faire connaître au lecteur des choses qui sont encore plus profondément cachées, quoiqu'elles ne soient pas moins réelles que ce que j'ai dit de plus évident jusqu'ici.
Par Tapplication de mon système, c'e$t*à-dire en analysant les mots de manière à découvrir le sens qu'ils renferment en eux-mêmes, j'apprends que les hommes, à une époque qu'il est impossible d'indiquer tant elle doit être reculée , avaient une connaissance très savante de Talphabet. Cela me fait croire que certain peuple devait avoir atteint à un degré fort élevé de civilisation, alors que le reste du genre humain était encore plongé dans un état de barbarie si complet qu'il n'avait pas encore de langage rationnel. Je pense que de ce peuple sortirent des espèces de missionnaires qui allèrent enseigner à leurs semblables l'usage des mots. Il n'y a pas d'autre manière d'ex* pliquer la sagesse incroyable qui se révèle dans la formation du langage , comme les renvois à Talphabet si fréquens , et si ingénieusement heureux qu'on rencontre dans les mots, A mesure que j'ai lu dans les
mots, j*ai \u s'affermir en moi Topinion que j'eus d'abord^ qu'il n'y avait aux temps dont je parle qu'une seule langue, ainsi qu'on le dit dans la Bible : < Alors toute la terre avait un même langage et une même parole (Genèse, xi, 1) f ; et que l'hébreu, le grec et le latin, aussi bien que les langues modernes qu'on suppose en être dérivées, ne sont que des dialectes de cette ancienne langue. Je n'ai pas encore trouvé de différence sensible entre elles, le gothique ou le teuton, et toutes les langues du nord. Je fais cette observation parce que j'ai remarqué que les mots hébreux, grecs et latins paraissent, lorsqu'on les analyse, appartenir aux langues du nord.
Il m'arrive, souvent en déchiffrant les mots, en cherchant ce qu'ils signifient, de rencontrer des difficultés presque insurmontables auxquelles je pourrais donner mille causes, sans compter ma propre faiblesse en présence d'un travail aussi gigantesque. Telles sont, par exemple, l'état dégénéré de l'orthographe et de la prononciation moderne, — la grande différence qui existe entre des mots qui étaient d'abord composés de deux lettres au plus, et leur forme présente si prodigieusement augmentée, — et ce qui offre plus de difficultés encore, l'art de se placer par l'imagination (car il faut avoir recours à ce moyen lorsqu'un autre ne réussit pas) dans la situation des hommes aux premiers temps du monde, et de raisonner exactement comme eux. Mais comme j'ai déjà fait de grands progrès dans cette science de déchiffrer les mots , je dois
nécessairement, avec le concours de l'opinion publique, en faire de beaucoup plus grands encore. Je crois même pouvoir, àTaide de ce puissant auxiliaire, mettre en peu de temps toute personne à portée de déchiffrer avec facilité les mots de toutes les langues. Quant aux avantages qui doivent résulter de cette science, je n'en dirai rien; chacun peut en juger- Le lecteur sérieux qui a suivi avec attention les nombreux exemples que j'ai donnés de la manière par laquelle on peut découvrir le sens réel des mots, et qui étudiera ceux dont j'ai encore à m'occuper, ne pourra entretenir aucun doute ni sur la vérité de mes découvertes à cet égard , ni sur la possibilité d'amener cette partie de la science des langues à la plus grande perfection. U est de toute évidence que tout mot, dans quelque langue que ce soit, renferme en lui-même son histoire et sa défmition ; car, supposer que les auteurs d'une langue n'attachèrent pas un sens aux mots toutes les fois qu'ils en créaient un, ce serait les croire nonseulement dénués de toute raison , mais encore de toute communauté d'espèce avec nous; puisqu'il n'y a pas aujourd'hui d'homme, quelque ignorant, borné, ou stupide qu'il soit, qui puisse donner un nom à n'importe quel nouvel objet, sans attacher quelque sens à ce nom. Mais lorsque avec raison on admet que les hommes possédaient anciennement un esprit de la même nature que le nôtre, on est forcé de reconnaître que les mots qu'ils ont composés doivent être signiûcatifs^ et que nous pouvons, en les déchiffranti
566 LA DÉœUVERTE
acquérir les connaissances les plus curieuses sur Tétat primitif du monde, et voir comment il a pu se faire qu^une seule langue prit des formes aussi variées.
Comme beaucoup des exemples que je vais donner du sens intrinsèque des mots sont infiniment plus difficiles que ceux qu'on a déjà vus, je supplierai de nouveau le lecteur de me donner toute son attention ; car mon plus grand désir est que tout le monde se familiarise autant que moi avec cette partie de ma découverte. Outre Texplication des mots, je donnerai renchatnement de pensées et de raisonnemens qui m'ont menés à mon but, afin que le lecteur, s'il se sentait disposé à faire de semblables recherches , pût adopter la même méthode, dans le cas, toutefois^ où if n'en trouverait pas une qui fût préférable.
Dans le commencement de cet ouvrage, j'ai souvent donné des extraits d'éminentes autorités, pour prouver que jusqu'à présent on n'a rien su de la science de la grammaire; et il était véritablement indispensable de procéder ainsi, parce que l'opinion contraire, relativement à notre connaissance de cette science, avait constamment prévalu. Mais comme tout le monde sait que les savans n'ont même pas eu la prétention de connaître les mots et les lettres pris au point de vue sous lequel je dois les considérer dans les pages suivantes, il n'y aura aucune nécessité à sortir des limites bornées dans lesquelles je suis maintenant obligé de me renfermer, pour prouver, par de nombreuses citations, ce que personne ne nie. Les per-
sonnes mêmes qui ne connaissent que fort peu, ou plutôt qui ne connaissent rien de ce qui a été écrit sur les langues, n'ont pas besoin d*apprendre que l'origine des mots et des lettres, tels qu'ils sont aujourd'hui, est complètement ignorée; ou, s'il en était autrement, il faudrait que les savans eussent bien discrètement gardé ce secret pour eux, car personne n'a profilé de leur science. Mais comme tout le monde sait qu'une pareille connaissance serait la base des premiers élémens d'une langue, il aurait été impossible, si on l'avait réellement eue, qu'elle ne se fût pas répandue dans les livres d'école dont personne n'ignore les matières, puisque ce sont les premiers qu'on mette dans les mains de la jeunesse pour l'instruire* Et comme cette dernière observation s'applique également à toutes les parties précédentes de cet ouvrage, elle pourra faire voir à ceux qui n'ont pas lu les savantes dissertations qui ont été faites sur la grammaire, combien on est loin de pouvoir justiûer les prétentions que l'on a eues jusqu'ici de connaître cette science.
Gomme il sera suffisant de connaître l'alphabet grec pour comprendre l'explication que je vais donner des lettres , je le transcris ici en entier pour ceux de mes lecteurs qui n'ont jamais étudié cette langue. J'aurai soin de metlre en regard de chacun des caractères qui le composent, le nom qu'il porte, ainsi que son correspondant dans l'alphabet romain.
AX<pa
Alpha
Bxfra
Bêta
To^ifiot
Gamma
AAra
Delta
ÉfX^v
Epsilon
e court
Znra
Zêta
Hto(
Eta
êlong
eîïT«
Thêta
th
Ic!»TOt
Iota
Kainra OU Kamna
Kappa
Aaii^èa
Lambda
Mû
Mu
Nu
Nu
ET
ÔfACXpVv
Omicron
court
ir «r
nr
Pi
PS
Rho
2cyf*«
Sigma
Taw
Tau
ffX^v
Upsilon
Phi
ph
xr
Chi
ch
YT
Psi
Oméga
ô long
La première lettre de l'alphabet grec est nommée alpha (en grec aX<f<x), et ce mot contient les deux formes de Tu, a et «. Les savans , en voyant ce caractère à la tète de Falphabet, disent, avec beaucoup de raison , que c'est la première des vingt-quatre lettres qui le composent, mais leur science ne s'étend pas plus loin. Ils n'ont aucune idée de la cause qui l'a fait
placer la première, et non la dernière; ils ignorent complètement pourquoi elle a ces deux formes , et comment elle les a eues ; ils ne savent pas pourquoi on l'a nommée alpha plutôt que abba, acca, ou tout autre nom commençant et finissant par un a; de même qu'ils ne connaissent pas davantage la signification des deux syllabes de ce nom.
Afin de nous éclairer sur un sujet que tout le monde ignore , nous commencerons par essayer de trouver le sens de alpha. La première syllabe de ce mot n'appartient pas plus à la langue grecque qu'à aucune autre; je le sais bien : mais peu importe à quelle langue elle appartienne, — c'est-à-dire à quel peuple; — et puisque d'elle-même elle a un sens complet, on doit pour le moment la considérer comme un mot. Si nous pouvons , par cette méthode , découvrir ce que alpha signifie, nous serons libres, plus tard> de soumettre sa première syllabe à de minutieuses investigations. Comme \eph a dans ce mot le son d'un seul fy nous devons aussi le regarder simplement comme tel. Si la terminaison ea n'est pas une addi*^ tion moderne, — c'est-à-dire un mot ajouté à alph à une époque qui n'est guère éloignée de nous de plus de trois mille ans, — il doit d'abord avoir été devant, et alors l'analyse de ce mot devrait être faite ainsi , ea^al'if, ce qui voudrait dire fa première entière vie. En supposant que alpha soit un des noms donnés à la divinité, une signification telle que la première entière vie sera fort juste. On peut encore re-i»
trouver ce même sens en analysant le mot ainsi , aUf^ie-êa {ail kigh life it, toute haute vie ce), c'està*dire cela toute la vie en haut; ou, en admettant que ea ait précédé ^/ ainsi, ea-al^ip-vie (la entière haute vie), nous durons encore un seus pareil. Cette définition de alpha ne se trouve nullement en contradiction avec ces paroles sacrées : « Je suis Alpha cl Oméga ; le commencement et la fin » , dît le Seigneur (1). Cette opinion sur V Alpha explique sa forme saxonne ï, dans laquelle nous retrouvons en même temps 1*4 et le T, qui «ont égaux là at ou /a, mots qui deviennent, par l'analyse, oit et toi (2), et dont la signification est Dieu; mais lorsqu'on les traduit littéralement , ils veulent dire la grande une tétéy ou la tête grand un ; et, ce qui peut paraître étrange maintenant^ c'est qu'ils signifient aussi huit, ou, plus littéralement, un sept^ ou ^epi un. Dans ce cas, T est pour septj et (?t pour un, et c'est pour cette raison que le T a aussi en grec la forme d'un sept (l), attendu qu'il est la septième lettre à partir de celle du milieu (M); de même que l'S
(1) Apocal., I, 8.
(t) Noot TOfons ainsi qaê cette forme do pronom français, qooiqn^on s^en serve mainienant dans le laogase familier, doit, à one certaine époque, avoir été qn mot d^une très grande importance ; et ceci noua eipliqne ponrqnoi on remploie encore dans la prière, dans la poésie, là, enfin, où Ton vent denner aq laigige une forme solennelle. On pent dire la même cliose de ou, oou, etc., en grec, tu en latin et en franç«iS) et th^ et tlm en anglais; tous ces mots signifient : double existmce^ toute eooistencej (mtaDk>kM.
est ftu«8i fait comme un six (<t) parce qu'il occupe la sixième place. D'ailleurs, une analyse de «wt» (sept), qui donne ep4i'o4, ce qui signifie par dessus la tête un, c^e9t*à-dire avant la tête un (devant huit), prouve que it oi ou oit est pour huit. Une analysé tle la première lettre de l'alphabet hébreu Ç/ileph), qui devient aUep-iv, et signifie toute haute me, ou LE TRÈS HAUT , tcud aussl à établir que uilpha est un autre nom pour la divinité (1).
Nous devons encore chercher un autre sens dans Alpha, car tant de divine sagesse a été déployée dans la formation du langage , qu'on peut montrer que le
(1) Conmift a\ est le mèoM que o il^ et eomme ceci est la même chose que il (le soteil), il «'ensiiit qae le B%m UtUrtl 4e Akf^ est le soleil, l'une haute vie; car ep est égal ici à Vun en hatU^ ou le haut un^ et h est pour V oa vita.
Je ne désire pat doMs cet ouvrage m^eccopev des earactères hébreni , parce qu'il parait que les savans s'eo sont méléf, et que QOU$ pe les ft¥Oiis plus tels qu'ils étaient. Il semblerait cependant qnUls portent encore leurs •neiens noms, et ceci est très heureux, parce qu'à Taide de et renseignement, et «i donniJit k un fujet aussi important totite l'attentioii q uUI Bié» rite et qaMl ne m'est pas possible de lui consacrer ici^ je ne doute pas quf nous n'arrivions presque immédiatement k la découverte de tout ce qui s'y rattache. On peol voir eembien les hommes les plus savans ont été loin de soupçonner que ces noms renfermassent une significatioa en eo^^m^mep, en lisant Tobservation suivante qui est tirée des Études hébraïques^ ouvrage publié en 18S6, par l'abbé Latouche. « Par respect pour Tantiquité, BOUS ^nservoiM ces noms imignifians: Àleph, Bethf ete.» iSoos devon» des actions de grâce à cette vertu négative des savans ; car mamtenant chacun de ces prétendus n noms insignifians » seront estimés comme les ehoses les plus précieuses du monde, à cause de la lumière qu'ils Jetteront sur la lanfine 4e8 Séhrçuxi et par conséquent mvf les sainlos Écritprffi dont une traduction devient indispensable depuis )e premier ipot jnsqu^iv dernier.
même mot, en beaucoup d'occasions , a plusieurs si* gnifications, et nous en avons déjà donné de nombreux exemples. Considérons maintenant Alyha comme une lettre, et voyons quelle est Texplication qu'il donne de lui-même lorsqu'on l'envisage ainsi. En le décomposant, nous avons a/-f/-a, ou bien aUiv-a ,' puisque \f et le v sont employés indifféremment ; mais, dans les deux cas, nous avons toujours la même signification , qui est ail the a (tout le a). Lorsque nous prononçons lentement ail if a on ail iv a , ne nous surprenons-nous pas disant ail ofa (tout de a)? Assurément. Et pourquoi cela arrive-t-il ? Cette question peut être résolue par une autre que nous poserons ainsi : Pourquoi le mot français étais, lorsqu^on l'écrit et qu'on le prononce comme il doit l'être, a-t-il exactement le même son que it was? Toute personne qui a lu avec attention l'explication qui a été donnée, dans cet ouvrage , delà terminaison française ow, répondra que ceci arrive parce que le mot français étais n'est pas autre chose que it was. Eh bien ! c'est pour la même raison que ail if a ressemble à ail ofa. Le lecteur sait très bien , car nous en avons donné de fréquens exemples dans l'analyse des mots , que par suite d'une signification égale ^ les deux lettres» et (? (qui toutes deux signifient un) s'emploient souvent indifféremment. Alors, quelle différence y a-t-il entre ail if a ei ail ofa? La seule qu'on puisse trouver est que 1'/, dans le premier cas, est précédé d'un », et que, dans le second, il est précédé d'un o,- et ici, quant au
DE LA SCFENCE DES LANGUES. 57â
sens, cela ne fait aucune difTérence. Nous dispersons donc ainsi les ténébreux nuages sous lesquels le vénérable nom Alpha était enseveli depuis tant de siècles, et nous le montrons au grand jour; car, en anglais, il devient ail ofa contracté en alfa ou alpha ^ d'où je dois conclure que, dans le mot AX<pa, il y a tout ce qui concerne la lettre a, tant pour le son que pour la forme. Il est certainement impossible de donner dans un mot court et significatif une explication plus heureuse de cette lettre , en même temps qu'on détermine les deux sons et les deux formes qui lui sont aflectés; car nous avons dans aX^ Va long et Va bref, comme nous avons V^ majuscule et Va ordinaire; et non-seulement nous trouvons dans ce mot ces quatre renseignemens , mais il nous dit encore lui-même qu'il les contient, puisqu'il signifle c^eêt le tout de Fa. Assurément que de nos jours, si Ton avait à refaire ce mot, on penserait agir fort sagement et satisfaire à tous les besoins, en trouvant un mot qui renfermerait les deux sons de Va; mais on ne pousserait jamais la prévoyance et le soin jusqu'à imaginer un exemple qui , en même temps qu'il remplirait ce but, s'expliquerait aussi lui-même. Ëhbien! c'est cependant ce qu'ont fait les hommes dont nous ne pouvons déterminer l'époque; et cela n'était pas un prodige pour eux*
Maintenant, considérons attentivement ail ofa, et voyons si nous pouvons découvrir encore quelque autre preuve , si d'autres sont nécessaires , de la réa-
574 LA DÉœUYERTfi
lité de Texplicatioa que nous venons de donner
à'Alpha.
Quelle différence les anciens &isaient-iU entre le son long et le son bref d'une lettre ? Le son long était le double du son bref, ou le son bref était , si on le préfère ^ la moitié du son long. Alors> si dans al nous avons le son long , et dans pha le son bref, il s'ensuit que pA et of devraient être égaux quant au sens. Et non-seulement cela devraitôtre, mais les deux mots de* vraient signifier Aa^ (moitié) et all ofa (tout de a)i ou jilpha doit être égal à aU halfa^ c'e$t*à*dire ail a, halfofa (tout a, moitié de a), oe qui signifie all a (tout a, ou le son entier de Ta), et ensuite half a (demi a ^ ou la moitié du son de \d). Au premier abord il paraît impossible que of{à^ ait jamais signifié half (moitié), parce que si nous disons : Eve man* gea de la pomme , nous ne voulons pas dire qu'elle mangea la, moitié de la pomme, liais n'est-il pas naturel de supposer que la première division qu'on a dû faire d'une substance entière fut une moitié. Et de ce que les hommes commencèrent avec cette division la plus simple de toutes^ comme partie d'un entier^ n'estr il pas raisonnable de suf^>oser qu'avant de connaître d'autres parties fractionnelles plus difiiciles à détermi-» ner, telles qu'un quaré ou les troie fuarte^ les hommes se servaient depuis long-temps du mot qu'ils avaient pour moitié, et qu'ils remployaient non-seulement pour désigner la moitié , mais encore pour désigner les autres fractions plus ou moira importantes d'une
chose. Cela a dA durer jusqu'à ce que la nécessité 09 fit sentir d'avoir un autre mot pour moitié ^ laissant le premier pour signifier une portion quelconque et non déterminée d'une substance entière. Nous pouvons remarquer aussi» comme une nouvelle confirmation de la vérité de ce raisonnement» que les fruits et les feu.ii« les, qui, dans le principe servirent aux hommes de nourriture et de liti sont &its de manière à être facilement partagés par moitié , puisque cette division existe naturellement dans le miVeu^ et d'une manière tellement évidente , qu'il est impossible de ne la pas reconnaître. Le corps humain mème^ aussi bien que celui de tous les animaux , offre de frappans exem« pies de cette division. Bernardin de Saint*Pierre ob« serve u Tout animal est doublet si vous considârez ses « deux yeux, ses deux narines, ses deux oreilles, le « nombre de ses jambes disposées par paires; vous a diriez deux animaux collés l'un à l'autre^ et réunis i sous la môme peau (1). f La demi-lune est aussi un objet frappant qui doit avoir vivement attiré Tatten* tion de l'homme , et avoir contribué à lui donner une idée assez nette d'une moitié. Of an appie (d'une pomme), onof a nut (d'une noisette), doit donc, au commencement avoir signifié hal/ofan apple (la moitié d'une pomme), halfofa nut (la moitié d'une noisette); et la ligne qui partage r<^ dans? en deux moitiés au-dessous desquelles elle descend un peu,
(1) Bîné$9 4$ H ns^tirr, olwp. ▼iz,
parait être une imitation de la queue d'un fruit qui le
partage aussi par moitié.
J'ai une preuve encore plus forte de ce que qf(de) et Aa^ (moitié) étaient d'abord le même mot. L'analysedu mot Aa^donne he alf{the ail half^ le entier moitié), c'est-à-dire moitié de l^entier. Nous verrons tout-àl'faeure ce que cette lettre h signifie, et alors le lecteur admettra ce que j'avance maintenanti c'est-à-dire que le moihe est ici pourrît, qu'on explique selon l'occasion par Uj la chose ^ ou la vie. On peut en général expliquer if de la même manière; mais dans he al if nous devrionSy afin de comprendre ce mot plus clairement, le rendre par Aai^ (moitié), et on doit lui faire reprendre sa place primitive ainsi \ ifhe-al, dont le sens exactement littéral est halfthewhole (moitié le entier). On pourrait me faire observer que if^ ainsi que je l'ai déjà dit souvent, devrait signifier une chose et non, par conséquent, la moitié d^une chose. Mais je peux répondre que i/, signifie réellement , même dans ce cas, une chose , et que cette chose est nommée half {irif, c'est-à-dire a half, une moitié). Ainsi, si nous analysons le mot a qui ici précède tf, il fera, comme nous le savons, oi {le un, c'est-à-dire ^une chose), et lorsque nous le joignons à i^ainsi : oi4f\ nous savons aussi, d'après ce que nous avons déjà vu, que cette combinaison donnera wife (femme), qui est aussi un autre mot pour half (moitié) , comme lorsqu'on dit : ma chère moitié, ma meilleure moitié. Alors, a half est réellement une choses de sorte que ce que Ber-*
nardin de Saint-Pierre dit des animaux peut fort bien se dire d'une chose entière , c'esuà-dire qu'elle est composée de deux choses entières collées l'une à l'autre. En conséquence^ les trois mots if-he-al signifient une chose Pentier^ c'est-à-dire une chose (appartenant à) V entier j ou une chose (concernant) Ventier.
Mais on peut demander pourquoi on ne se sert pas d'un ^seulement, au lieu du mot of? ou pourquoi on ne met pas un i devant cet f, comme les Grecs paraissent l'avoir fait, puisque Yi qui se trouve maintenant après r/'dans l'alphabet, lorsqu'on le nomme («^c), doit d'abord l'avoir précédé? Comme les consonnes seules ne peuvent pas composer un mot, la leltre fêtait insuflî* santé , et les Grecs n'ont pas commis d'erreur en y ajoutant un i^ pas plus que les Saxons en y ajoutant un o, car le mot signifie moitié de Vo ou à^une chose. Les Grecs n'avaient pas tort en employant un ^' comme ils l'ont fait, puisque c'est par ce caractère que Vo est partagé en deux. Nous pouvons aussi remarquer que dans l'f, de quelqMC manière que nous le fassions, il y a une barre au milieu qui en indique la signification primitive; et si nous faisons cette lettre ainsi p, ce qui est je crois une forme fort ancienne, nous aurons une contraction de v»; car en ôtant à cette dernière lettre la moitié de Vo qui se trouve à gauche, nous obtiendrons la forme contractée f.
Gomme je trouve que le mot half^ lorsqu'il était revêtu de sa forme première , entrait dans la compo* silion d'une foule de mots> j'aurai encore souvent
B76 LA DÉœUTËItTE
roccasion^ en analysant les mots» de prouver tout oe que j'ai avancé à ce sujet. Mais pour que le lecteur ne conserve dans cet intervalle aucun doute sur le sens primitif de of (de), je vais donner ici) quoique ce ne soit pas le lieu de le faire , un exemple excessivement curieux^ qui doit mèmei pour le moment^ décider cette question.
Gomme le mot dé a dans plusieurs langues le même sens que c^/* en anglais^ si on peut l'expliquer préci* sèment de la môme manière , cette coïncidence devra nécessairement faire admettre d'une façon positive que l'explication que j'ai donnée du mot o/*est exacte.
J'ai dit que ce mot est la même chose que ^) c'esti-dire la moitié d'un fruit représenté par la forme d'un 0. £h bien I la lettre D> de mêmci n'est pas 9utre chose que la moitié d'un 0, comme je peux le montrer ici : (D* Le mot D {De) ne signifie donc^ comme c^^ que la moitié de l'O) car il ne faut pas nous oocuper de l'e qui accompagne le D. Nous verrons^ lorsque BOUS expliquerons £jpWAm^ qu'il est égal à l'^de^i ou à l'a de of.
Lorsque nous avons formé le D dans VO^ comme ceci , CD5 quelle est la lettre que nous apercevons dans l'autre moitié de rOf^jCest un G; la lettre qui précède le D dans l'alphabet, juste comme elle le fait ici^CD^ Nous venons donc de trouver par ce moyen l'origine des deux lettres G et D, ce que personne n'aurait cru possible, et ce qui est très important* Mais ce n'est pas tout ; en examinant attentivement cet ainsi di«
DE LA âCÎËMCE ftE8 LANGUES. «79
y lié CD» nouB découvrôus qu'il retirer tue eneoire la lettre I^ qui Aert de âépaf atioti efitrë le G et le D) de ëone que dans eeseul carrtetèfe (t) nous ttvous le mot Gtl) tout fhit. Et le lecteur âait très bien à prédéut) qu'àvatit de dire t^iier (cidre), les homme* ont dit ef éid^ ee qui teuidire lé cidr^, et u'étaùt ici qu'Un irtleld Mais quë devotis-tiouà conclure eu voyaut le mot ttd (cidre) paraître sous la forme d'une pomme? Que te eidfé ëèi DANS Ittpommef et je ne pense pas qu'on puisse troU* ver une dëûdition plu^ yraie^ plus concise et plus in* gônieuseà*la*fois.
J'ai dit plus haut une chose que tout le monde sait, c'est que les Ibuils turent la première nourriture d* l'homme , et cela est e?tpliqué par le mot latin f^tèuê (nourriture, qui, avant d'avoir la forme actuelle^ devait être t€s cth , la nourriture) que nous retrouvons âUâsidans une pomme lorsque nouë l'édrivcmë ainsii GIB ; car ces trois lettres se trouvent dam (B, eé qui noua enseigne que la nourriture de l'homme est ren» fermée dans une pomme, ou tout autre ft'uit de eé genre.
Le premier nom de la déesse Cybèle , qui est là même que Tef^tdj doit avoir été â une eeriaine époque Cyh Seulement j le ele qui Se trouve aujourd'hui â la fin n'étant qu'un pronom , comme êle cyb^ e'est-â* dire elle à nourHttire^ appartenant à nùUftiiUirêy éle cib étant pour el ea cibi de Sorte que quand noilS considérons ce nom comme celui de la terré, il est aussi heureusement placO dans la forme qui précède,
Je relèverai ici, en passant^ une opinion fausse qui a été adoptée au sujet du nom de Cybèie. On dit que cette déesse a reçu son nom de la montagne sur la-* quelle elle fut exposée aussitôt après sa naissance : mais ceci ne peut être vrai; car^ en ne considérant pas la définition déjà donnée de cib , ce mot , ou Cyhy lorsqu'on l'analyse, signifie c'est Vexistence ou Vétre {ic ib , « it being » ce être) ; et la nourriture est Vexistence , puisque sans elle on ne peut exister. C'est pour cela que les mots vivre et se nourrir sont devenus synonymes, de même que le mot latin esse signifie ^^ré aussi bien que iTtan^^r. Nous devons donc admettre qu'au lieu de recevoir son nom de la montagne , c'est Cybèie qui lui a donné le sien.
Le D étant ainsi une moitié de l'O, on l'a souvent placé devant cette dernière lettre avec le caractère d'un mot qualificatif, comme id o, qui signifiait /» DieUj lorsque s\gniÛ2iil la divinité. Cela nous met donc à même d'expliquer les mots Godj Deus, Dieu^ Odin, Oddf etc. God doit avoir été d'abord 0, ensuite id o (le Oj ou le un, ou le soleil)^ puis id étant tombé après Vo , les deux mots se contractèrent en oi, qui eut toujours la même signification. Par la suite, od prit ge devant lui, qui , à cause de sa signification, qui était ^o ou life, était aussi un nom pour la divinité, ainsi que nous allons le voir. Par consé* quent, ge od, qui fut contracté en God, signifiait Fun vivant, ou le haut un, parce que ge a aussi ce dernier sens, comme on le reconnaîtra d'après l'ex*
plication de la troisième lettre {gamma) de l'alphabet grec. Mais^ de même que tous les autres mots^^éde< vait, avec le temps, perdre sa signification primitive, parce que les hommes , complètement étrangers à la science des langues, ne pouvaient empêcher un aussi grand malheur : alors il voulut seulement dire the^ c'est-à-dire qu'il devait être aussi insignifiant que ihe parait l'être aujourd'hui. Comme ge est le même que gOf il en résulte qu'il n'y a aucune différence entreyooii et Godj puisqu'ils signifient tous deux le un être {i). Lorsqu'on analyse le mot bonus ^ il donne us-be-^m, ce qui signifie le être un, et le mot correspondant en grec (oeyaOoç) n'a pas un sens différent^ puisqu'il est littéralement ea-ga-theos^ c'est-à-dire le un allant, ou être Dieu. Car ici ga est pour yo-t, et lorsqu'il fut formé, il voulait dire le un allant, ou le un étant. Je ne peux pas omettre de parler ici do l'autre mot grec pour bon (xp^<r'ro?), attendu qu'il signifie littéralement, lorsqu'on l'analyse ainsi, os-ic-er-is (that which ever ts- ce qui toujours est) ; et certainement c'est là une très heureuse définition de la divinité. Maintenant le nom équivalent à Christ en grec {xp^<rroi) a précisément le même sens, comme nous pouvons le voir en le décomposant ainsi : os-ic-tr-is, puisque cela veut' dire ce qui toujours est. H est inutile d'ajouter qu'en latin, en anglais et en français, ce nom est
(1) Il n'j a même aucmie différence pour la forme entre ge et go^ comme nous le verrons bientôt ; mais Je ne le savais pas encore lorsque j'écrivais ce passage.
Iè2 U DÉCOUVERTE
invariablement le même pour le sens* Ainsi Chri^tuê fait uMc^er^iêt (ce qui toujours est). En anglais et en français Christ devient ic^ver-^Ut (ce toujours est). Si le lecteur ne se trouve pas encore en état de dire pourquoi h tient ici la place de $v ou iv^ il en verra la cause un peu plus loin. Nous découvrons donc, par cet ei^amen, que les différentes idées indi«quéespar Dieu , bonté, Christ et éternité, n'avaient à une certaine époque qu'un seul et même nom. On peut prouver par l'analyse du «lot jfww* (deviner), que|f«et|fa sont les mêmes que G<m(, puisqu^ilse décompose soit en ig-esse^ soit en g$^e*0e^ et peu importe la forme que nous choisissions, car le sens sera toujours l^éfre Dieu pu Féfre (à) liieu^ «««iNJy, ou #ai^ ^j parce qu'il n'y a réellement que Dieu qui, connaissant toutes choses, puisse vraiment deviner. Gela devient de la plus grande évidence lorsque nous prenons to divine au Heu de fa guess,' car nous avons déjà vu que divine donne par l'analyse in div^ c'està-dire i^it dieuy le V étant ici employé pour un u, L'a** nalyse du mot angely qui doit d'abord avoir été el ^nge (le ange), ne nous laissera plus douter que ge ait été pour Gçd^ attendu que ange devient oin-ge, c'est-à-dire one (to) Gad (un (à) Dieu), ou Kii(à) allant, ee qui signifie appartenant à Dieu,^ ou a allant. Combien d'observations surgissent de ces mots ! Mais je suis o\A\gé de les passer sous silence.
Odj qui était autrefois un nom donné à la divinité, comme nous venons de le voir, perdit avec 1§ temps
DE LÀ SCIENCE DES UN6UËS. m
sa grande signification» et il conserva seulement le pouvoir d'indiquer ce qui est seul ou distinct des au** très. Ainsi un add number (nombre impair) est ce qui est séparé, ou seul; et c'est pour cela que nous nous servons indifféremment dés mots odd et «tugularj comme lorsque nous disons : jQhn ta an oi4 mmny or a singular mtm.
Deus doit avoir été formé par la réunion de di et àeoêy qui étaient aussi deux noms pour la divinité,ainsi que nous l'avons déjà vu; di étant pour hj^ur, et es pour le âoleil. Hais lorsqu'on les employa epsemUos l'un devait servir de mot qualificatif , ou » implemcut d'article à l'égard de l'autre; de sorte que ^ di yon^ drait seulement dire le jour. Os doit donc avoir été rejeté après di^ de manière à faire Diosy que nous retrouvons encore dans la langue espagnole ; mais en latin on l'écrit Dtus^ et j'expliquerai pourquoi. Le mot français pour la divinité {di eu) provient sans aucun doute d'une opération semblable ; c'est-à-dire que l'ar-* ticle eu, qui d'abord précédait le mot di (le jour), tomba après lui de manière à faire di eu. Le lecteur n'a cer« tainement pas oublié ce que j'ai déjà observé à l'égard de di-es (le mot latin actud pour j^wr), qui, dans leprincipe, devait être €ê4i (le jour), et ne devint diee que par la transposition de l'article. J'ai dil aussi que 06 n'était qu'à l'aide des diffi^ns articles dont on le faisait précéder^ qu'il était permis de recoppaître dans quelles circonstances di indiquait la divinité» ou simplement le jour. Dim signifie da«si tête vie^ ou
m LA DÉCOUVERTE
vie divine j D étant, de môme que le T, un signe par lequel on désignait Dieu ou téte^ mais dans ce cas on fait encore allusion ^njour ou au soleil.
Odin diffère des autres noms donnés à la divinité en ce que, lorsqu'il était seulement od^ il prit devant lui l'article tn, comme ceci, in od, mots qui, si nous leur restituons leur signification primitive, signifieront un uHf et ceci est égal à le seul un.
Le mot devil (diable) lui-même, signifie dieu, lorsqu'on l'analyse (il div ou il dieu) ; et ceci est confirmé par l'examen du mot correspondant en grec, en latin et en firançais. Aca^Xoç se décompose ainsi : dio^ ilholoss et ici dio-ib ne diffère aucunement (pas inème pour la forme, ainsi qu'on le reconnaîtra lorsqu'on saura ce que c'est que b) de dios, que nous avons déjà expliqué. Quant à olos^ qui signifie ail (tout) comme nous l'avons vu aussi , il sert seulement ici de mot qualificatif à l'égard de Dios; de sorte que les deux mots réunis signifient rentière divinité. Cette explication s'appliquera également au mot latin pour diable^ attendu qu'il est le même qu'en grec. Le mot français diable est tout simplement le diabj qui a pris sa forme actuelle par suite de la transposition de l'article, et par conséquent il s'explique de même que le nom grec. Le mot Satan, lorsqu'on l'analyse ainsi, is-ea-it-oin, signifie aussi est la tête un, c'est-à-dire c^est le principal, c^est le chef. Mais devil, lorsqu'on l'analyse comme ceci, id evil, peut signifier head evil, ou first evil (tète mal ou premier mal).
A présent je vais expliquer la double forme d'à/pha (AXya), c'est-à-dire ^ et a^ montrer pourquoi cette lettre est la première de Talpbabet , et faire con« naître le sens de la première syllabe de ce mot al. C'est de ce point que je m'occuperai d'abord.
^// {tout en anglais) signifie rentier d^une chose; mais comment les premiers hommes ont-ils dû nommer cette idée? Si nous analysons le mot ail luimême, il nous donnera ea ilj qui paraissent être de simples articles; de sorte qu'une personne qui n'est pas bien familiarisée avec |a science de trouver des mois dans d'autres mois , doit rencontrer de sérieuses difiScultés dans un mot aussi court que ail. Pour me tirer d'embarras, ma méthode a toujours été jusqu'à présent, afin devenir à bout de ces problèmes, de me mettre dans la situation d'esprit où doivent s'être trouvés les hommes lorsqu'ils formèrent le mot que j'examine. Ils devaient tout emprunter à la nature, et choisir leurs emblèmes parmi les phénomènes qui frappaient le plus leurs esprits, comme les astres, ou les objets dont l'usage leur était nécessaire, comme les fruits. Nous devons donc , pour trouver ce qui a pu donner d'abord l'idée d'un tout, d'un entier, chercher parmi le soleil^ la lune , une pomme y etc., ce qui parait le plus être une chose entière ; et lorsque nous l'aurons trouvé , le placer comme un mot qualificatif devant le nom de l'objet que nous voulons qualifier. Après avoir examiné beaucoup de créations naturel* les, nous reconnaîtrons que la pleine lune paraît à
m LA DËœUVERTE
rœil nU| objet le plus parfaitement entier en même tempa qu'il est le plus frappant ; car le soleil ne se peut pas considérer comme la lune. J'ai déjà montré que lo premier nom qu'elle eut jamais fut un 0. Dana le mot ail qui , nous le savons, devrait être al, il n'y a pas d'ay mais j'ai dit plusieurs fois que les lettres sont réellement dans des mots sans qu'elles y pa^ raissent être. Ainsi , dans IV , j'ai trouvé un N ; dans a un a, dans is un j, et dans un 0, un C et un D* Quelqu'un qui m'a bien suivi dans ces di« versas opérations doit donc découvrir du premier ooup**d'œil comment il faut faire pour retrouver un o dans al^ et cela lui apprendra comment la première lettre de Talphabet a été formée.
I^ea hommes disaient d'abord, pour exprimer qu'une chose était entière , a il (lune cela), au lieu de mil U (tout cda), parée que rien ne parait plus entier que la pleine lune. Par la suite , ces deux mots s'étant rapprochés comme ceci, oiV, puis enfin joints comme ceci a/, la lettre a et le mot al se trouvèrent formés. Le soleil , à cause de l'importante place qu'il occupe dans la nature , doit aussi , dans le principe , avoir donné aux hommes l'idée delà totalité; de même qu'en commun avec la lune, il leur donna l'idée de l'unité, ainsi que je l'ai déjà montré d'une manière suffisante^ Mais si dans l'occasion présente j'ai choisi la lune, c'est que sa douce lumière nous permet de la (Mi^ntempler sans peine, et d'en mieux juger la forme qu'on ne le peut &ire du soleil. Toutefois le mot ail au-
rait aussi bien pu être ol\ parce que Tt , au lieu de ae réunir à Ta, pouvait être supprimé par contraction , comme cela est arrivé en grec> où ail est rendu par olo8 (hUç), qui doit d'abord avoir été ol^ puis os ol, et enfin olo^, par la transposition de Tarticle,
Le lecteur n'a sans doute pas oublié ce que j'ai déjà observé sur ce mot w, c'est-à-dire que, quoiqu'on l'employàtcomme article, il avait été dans le commen* cernent un des noms donnés au sohili ce qui arriva ainsi : les hommes placèrent d'abord û devant r# comme ceci t> p (le soleil)* et par la suite, ù ayant été rejeté après , on eut ois qui devint os par contraction, La vérité de cette opinion est confirmée par une analyse du mot lusire^ qui fait il-os-étre (le «oleil être), qui a été abrégé en lQstr0y qu'on écrit fustrs maintenant. Lorsque nous iinlevons la syllabe finale (re) de ce mol, nous pouvons aussi découvrir les véritables étymologie et signification de ce qui reste (i/'Mit)j qui a été contracté selon l'habitude , et signifie par conséquent h sohil c$ , c'est-à-dire c^sst au soleil f appartenant an sohUj ç^est ardent^ ^^t br4lant. De même le mot it, qni a un sens égal àf/, a été qualifié par o. Le mot latin totus^ le français tout ou tousi et l'anglais out, aussi bien que le mot français haut , ont été formés de cette ma^ nière. Ainsi, *<»(t<^doit d'abord avoir étéai/, qui fut contracté en ot. Le mot it fut encore mis devant «I comme un article , et ces deui; mots devinrent tôt. Par la «uite» tôt prit devant lui Vartiole hs (le)» qui
finit par tomber après, de manière à former le mot actuel totus. La première forme de tout ou tous doit avoir été ou^ qu'on obtint par^ la réunion de oi-i (grand un un), et alors ou avait devant lui l'article iV, qui finit par s'y incorporer, de manière à faire tou. Par la suite , it ou is ayant de nouveau été mis devant tou, la transposition et la contraction finirent par donner tout et tous. Le mot anglais out, doit aussi dans le principe avoir été ou; il devint out par suite de sa réunion à it, qui, après l'avoir précédé, fut rejeté à la fin selon la méthode habituelle. Mais on peut me dire que tout ceci tend à prouver que ouf et tous ou tout , ou en d'autres mots que out et ail nommaient la même idée dans le commencement; et c'est vrai. Nous employons même encore souvent aujourd'hui out dans le sens de ail; ainsi le mot throughout est le même que through ail : car throughout the town ou throughout the country , ne difière nullement de through ail the town, through ail the country. Il faut que les hommes dans le commencement aient été doués d'un esprit bien élevé pour avoir pu s'exprimer ainsi ; et combien il est naturel et juste que out soit synonyme de ail, puisque to he out (être dehors), c'est-à-dire dans la nature, c'est être au milieu de toutes {ait) choses. Le mot français haut est composé de vie-oi-it; et comme vie est ici le même que the, il s'ensuit que la signification du mot entier est la grande une vie ou le tout, ce qui peut vouloir dire également le soleil ou la divinité. Dans
ce mot nous retrouvons aussi out^ car les deux mots oùit prennent cette forme lorsque nous les rapprochons l'un de l'autre ainsi, oiitf et c'est pour cela que le mot anglais correspondant à Âate^ {tall) devient, lorsqu'on l'analyse, itallj cas dans lequel ail doit être considéré comme un autre nom pour le soleil: ce qui nous apprend que ce fut cette grande création qui donna d'abord l'idée de la hauteur. C'est aussi pour cela que le latin de haut, altus^ signifie, lorsqu'on l'analyse tout qui est ou qui est tout^ comme nous pouvons le voir par ceci, al-it-us , qui devait être d'abord us-al-ity ce qui signifie le entier cela ou le entier est. Mais le mot grec correspondant à hauteur est encore plus clair quoiqu'il ait une autre forme : ainsi ^oç fait, lorsqu'on l'analyse , up^is'os , ce qui signifie littéralement , up is ihat ou up is it (haut est cela) , qui , lorsqu'on le remet dans son ordre primitif comme ceci : cela haut est veut dire le haut être. Le mot anglais height a exacte* ment aussi le même sens , puisqu'il donne la haute vie {he ig vit.)
Le second son de A dans alpha a précisément été formé de la même manière que le premier. Ot, parmi ses différentes significations , avait aussi celle d'tfiie chose , — chaque lettre étant la définition de l'autre ^-rCt lorsqu'elles se joignirent et prirent la forme d'un a, ce caractère composé signifia aussi une chose ^ et tel est même encore le sens qu'il a en anglais ; car lorsque nous disons a hookj ces deux mots signifient
$90 LA ^*COtJVEftTE
un9 chùêê (nommée) book. Pflr conséqUëtit ^ fiVaflt qué oitat devenu ë^phùi{oiï ^ot) devait signifier la moi^ Hé d^uM ehoèe^ justement comme fhû le ût plus tard. Afin de signifier ceê deux sons de TA, on prit Vi de chaque a et on les joignit ensemble comme ceci a ; ce qui explique les deux points qu^on rencontre quelquefois sur cette lettre. Une analyse du mot f huées (les apparences de la lune) tend à prouver que par pha^ on entendait la moitié de é ou d'une chose ; car ce mot phases ti'est rien autre que le pluriel d6 face^ et c'est pour cela qu'au singulier il devrait être phase, qui est la contraction Aepha-ièy primitivement iê'pha^ c'est-à-dire the halfê une (le demi ua); car la face d^ une chose est seulement, quant à l'apparence ) la moitié d'une chose entière.
En sachant que Va est ainsi composé d'un o et d'un ly l'orthoépiste peut maintenant expliquer son large son y tel qu'il l'a dans le mot anglais ail; car, lorsque nous donnons & ces deux lettres le Son qu'elles ont dans le mot anglais ail^ nous voyons que c'est pres^ que le même que celui que nous leur donnons lors' qu'elles sont réunies 5 et que ce mot devient al. Voilà donc la raison qui fait que les étrangers ne reconnais* sent aucune différence de son entre al et ol , et qu'ils prononcent souvent ail comme s'il était écrit oL Nous pouvons aussi maintenant juger combien nous avons dévié de la prononciation primitive des mots. Ainsi, notre prononciation actuelle de natne (nom) est fort différente de noim qui était la première forme, Nom
DE LA SCtENCE DES LANGUES. 191
eb flraâçaiS) et nomen (c'est-à-dire en nom) en latin^ se rappi^ochent beaucoup plus de raucieû son de ce mot, puis que IV seul, dans ces deu)( langues^ a été négligé. Lorsque a précède un n en français i comme dans tranquille , par exemple , — mot dans lequel an est pour otUf — il participe beaucoup plus de la prononciation primitive que lorsqu'il se rencontre dans une situation semblable en anglais. Fair (une foire), que nous savons maintenant avoir éié/onr^ est aussi beaucoup plus éloigné du son qui lui était attribué dans l'origine , que le même mot en français /bire , qui a perdu un ». On peut en dire autant de p^^r^ dont Torthographè est très feutîve, car on devrait l'écrire j^ar«, attendu qu'il était primitivement pairt » tel qu'il est môme encore en français. Mais il arrive souvent dans toutes les langues que a, ou oi, soit fort différent du son qu'il avait dans l'origine. Ainsi la syllabe ap^ dans ^pollo, n'est pas, à cet égard, comme elle doit avoir été lorsqu'on l'écrivait i»* polh (i). Mais chaque mot qu'on examine ainsi donne
(1) Dans Tanalyse qa^on a déjà donnée de ce mot, on a permis à Vo à/9 conserver la place quUl occupe à la fin j mais si nous le mettions deyanti il servirait à qualifier les trois autres mots ainsi| o-ot-tp-ol (le haut diea dans le soleil). Ici ol^ comme nous Tavons déjà vu^ est pour il o (l0 se« leil), et il pourrait tout aussi bien être al (ail). Par une analyse du mot anglais appal (terrifier) qui ftiit oi-^p^o-ih et signifie le grand un dam tout ou le grand un dans le ioleilf il semblerait que le soleil) lorsque ce mot fut formé, était considéré comme Tétre suprême. L'analyse des mots nommant la même idée en grec, en latin et en français, ne prouve pas qu'Apollon était le dieu en question lorsque ces mots furent faitsi <^uoiquç ce pût être le soleil Ainsi, Tpo(Aoç qui peut être analysé de cettç
m LA DÉCOUVERTE
lieu à tant de remarques ^ que pour avancer dans le travail que j'ai entrepris, je dois m'imposer la loi de ne plus en examiner d'autres.
manière^ os-élre-oUf vèvt dire le être toutf c^ést-ànlire iotOe eadstence; mais si nous prenons le (a de ce mot pour un v, ce que nous avons aussi le droit de faire, le sens sera le un être, Terror qu'on doit analyser ainsi, it-er-o^r, signifie le toujours un éire^ c'est-à-dire Vétre étemel. It-er est aussi le même que être, et par conséquent are signifie non-seulement eooistencef mais encore ever (toujours); de sorte que Tpo{Aoc que nous Tenons de voir, signifie aussi l étemel un; mais entre cette signification et celle-ci, toute existence oa le un étref il n'y a aucune différence. Effroi ne nomme pas une autre idée, puisquMl fait e/er-ot qui signifie le toujours grand un. Il paraîtrait même d'après l'analyse d'appât, qn! Apollon était regardé comme le dieu du tonnerre. Mais un examen du mot correspondant dans les autres langues dont nous venons de nous occuper, n'indique pas que ce dieu fût considéré ainsi ; cependant ridée nommée par appal^ et les mots équivalens en français, en latin et en grec, ne diffèrent nullement de celle nommée par thunder (tonnerre), comme nous le pouvons voir ici : Ppovm, ib^r-on-te ou iv-er-onitey signifie, lorsque ces mots ont repris leur place primitive , comme ceci, it-ever-one {the ever one^ le toujours un, c'est-à-dire, l'éternel un). Tonitr%is fait lorsqu'on Tanalyse (et que les mots sont remis dans leur ordre primitif) us-it-on-ety le dieu un toujours, c'est-à-nlire le toujours un dieu. Tonnerre ne diffère nullement de ces deux mots, puisqu'il donne it-of)-er (le un être) ; et thunder est littéralement ihe-^ un-idr^ (le un dieu toujours). L'analyse de Jupiter qui, selon les poètes, est le dieu du tonnerre^ donne id is u ip it-er, et signifie cela est la vie dans V éternité i les deux mots it-er étant ici la même chose que it-tr (est toujours). Le mot et^er (toi^ours) est un autre nom pour la divinité^ puisqu'il signifie littéralement life e'er (tv-er). Le mot français jamais a, lorsqu'on l'analyse, une très grande signification qui est :/amt/ie^rea( one being (je suis le grand un être), Je^mr^-is, On peut l'analyser de plusieurs autres manières, mais sa signification sera toujours la même. Par conséquent ce mot n'est pas négatif, puisqu'il signifie réellement toujours; de sorte que lorsqu'il est employé négativement sans être précédé par ne, ce dernier mot doit être sous-entendu. ITiof, qui était le dieu du tonnerre chez les Saxons et les Teutons, devient, par l'analyse, The-o-ir^ et signifie le un être. On peut aussi l'analyser ainsi : it-me-oer {th^ life above •-la vie en haut).
DE LA SCIENCE DES LANGUES. in
Nous pouvons maintenant dire pourquoi A est la première lettre de Talphabet. Nous savons que lorsqu'il est fait ainsi , A , il est composé d'un I et d'un I appuyés l'un contre l'autre par le sommet, et qu'il est par conséquent égal à un un; ce qui veut dire, un porté à la plus haute signification , c'est-à-dire un à l'extrême ou le premier. Si, de même, nous considérons ainsi chaque O dont l'I a été pris, nous serons aussi obligés d'admettre que cette partie de chaque À , c'est-à-dire du long et du bref, est égale à lepre^ mteTf puisque 0, comme I, est aussi pour un; et l'O double , pour cette raison , doit être la même chose que ri double, c'est-à-dire être pour un un.
Gela suffirait pour me faire supposer que les Juifs ont nommé leur onzième mois AB , parce que A, sous une de ses formes, est égal à un et un réunis, ce qui équivaut à onze. Dans ce cas, AB devrait être analysé ainsi : ib A (c'est-à-dire ib II), le onze; mdiis une connaissance critique de B-fira fera voir la véritable étymologie de AB, et aussi de oTt^;^ en français, qui tous * deux , à cause des notions rétrécies que nous avons eues jusqu'à présent sur les langues, sont de beaucoup au-delà des limites de la pénétration humaine.
Le mot anglais eleven (onze) doit d'abord avoir été eliij ou, ce qui est la même chose, el u ou el v; et lorsque el U ou el u furent réunis de manière à faire élu ou elv^ ce mot prit an devant lui ainsi, an elv; et par la suite an étant rejeté à la fin, on eut le mot e/t^an, qu'on écrit eleven aujourd'hui. Par con-
ss
IH U DiOOUTEIlTS
«équent, il peut y avoir wie langue dans laqmlle eli veut i)ipe 4ùf, puUque par TaddUion d'un autre I {slii\ il ét,ait équivalent à ^leven. Ainsi ^ /»» (à\x) en angai^ , (ait % lorsqu'on Vanalyae , if «r, ou ce qui eM également oorireot , tï ft^» signifiant Im tétê pie, c'est^^^dire h divinité i il peut au«ai être analysé aÎMiii. iiin% qui signifie lu téie im ^ oft qui est en* CQre la même ebo$e que h divinité. L'explication d^ Bi^ra pous Qoqduira au^si à déoMvt ir que tetê si* gnifie troi3 et sept. £n français, dij9 devient , par Va^ nalyse, dio, et si on L'écrivait dis, il serait encore égal h dio qui est un autre nom pour la divinité; et quoi» que je ne pi^sse pas encore montrer comment êiê £lit autrement (^m, je peu?^ cep^^lsnt le &ire pour dùfj en priant le lecteur de remarquer que lorsque l'X se fait comme ceci ocy nous avons^ un o dans les deu^ parties, dont il est composé. Noos pouvcms acquérir la certitude de ceci en plaçant ces deui parties de manière.à ce qu'elles soient face à ftice ainsi , ca^ et qu'elle^ puissent se toucher. Donc y lorsque nous analysons dio lui-même , nous avons id io ou id \Q, ce qui signifie littéralement le dix. Mais si nous prenons chaque moitié de l'X y lorsque noua le faisons ainsi , i)QUS aurons encore un nom pour la divinité y puisqu'il nous donnera VV {nie vie. ou toute i;ié)y. comme nous pouvoqg le voir en plaçant ces deux camcteres^ de. cette façon X> puisqu'on se rencontrant par leur» extrémités, iU forment un X. Alors, dix signifie id X (Je X), ou id VV (le VV ou U cinq einf). Dixy en grçc
DE LfL SCIEWCE DES LANGUES. IM
et en latin^ est aussi un nom pour la divinité ou la double vie, comme nous le pouvons voir ici : ^bca devient, par l'analyse, id^e^a (ce est k), et K, comme on peut facilement le voir, est également composé de Y et V, lorsque nous les réunissons comme ceci, (^, de manière k former un K. Mais quoique le K ait cette signification , nous verrons plus tard que cette lettre ne fut pas formée dans le principe par Tiuldition d'un V à un autre. Nous pouvons aussi remarquer que ^at, lorsqu'on l'analyse ainsi, id-ê-UHri veut dire c'êêi le doublé rond un y c'est-à-dire le grand haut tin, le un de double vie y de la vie paeeée ei à venir y signification qui s'applique aussi à la divi-» nité. Deeem (le mot latin pour di^) fait , lorsqu'on l'analyse, id ek II {ce le M, mais plus correctement , le grand ou le double M). H peut encore être cfôcom* posé ainsi, id is M (it is M, — c'est M). Il résulte de ceci que dans deeem^ on fait allusion à VU majuscule, parce qu'il est composé , comme on peut aisément le reconnaître , de deux Y arrangés comme ceci ^, de manière à se rencontrer; ou bien celte définition se raporte au petit m (qu^on ftiit en grec ainsi ^) qui est égal à l'u, et par conséquent au ry de sorte que e^ admettant que ek, dans l'analyse id ek m^ indi-» que ce qui est double, il doit en résulter que ces trois mots signifient : ce le double m (;*), c'est-à-dire fx et p, qui sont équivalens à VV, ou à cinq et einq.
Le mot alone même, peut dans quelque langue si* gnifier dix^ puisqu'il est égal au nom du soleil {9-iU
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one) justement comme est solus. On peut en dire autant du mot français loin^ qui est pour elain ou aloinj et est égal à vie vie , ou le grand un. El est ici le même que elle , comme nous le verrons par l'explication de la lettre grecque a {lambda) , et est par conséquent semblable au V, qui implique double ou grande existence. Je ne peux dire comment les savans expliquent Elohim , un des noms donnés à Dieu en hébreu 9 mais il signiûe littéralement , le grand un double vie j et il doit être analysé ainsi; el-oi-ii-v. Ici tp-v est égal à uv ou vv y c'est-à-dire vie vie j daU" ble vie y ou étemelle vie. En conséquence , Eloi^ que je trouve expliqué par my God, veut littéralement dire le grand un y ou plutôt grand Dieu; mais lorsque nous nous rappelons que el est un autre nom pour la vie, nous voyons que eloi doit également si« gnifier vie vie.
aXvhx peut aussi être analysé de manière à signifier ail in a (tout dans a)^ et alpha de manière à signifier ail in the ayce qui veut dire, dans les deux cas, que toutes .les lettres de l'alphabet se trouvent dans TA. Gomme pour démontrer combien une pareille définition Ôl Alpha est exacte, il serait nécessaire d'expliquer ici toutes les autres lettres de l'alphabet» ce qui m'est impossible, je me bornerai à prier le lecteur de s'en bien souvenir dans l'examen que je vais faire afin de juger si ce qui est promis sera réalisé.
Cette courte explication A' Alpha, sur lequel on pourrait écrire des volumes en entassant l'une sur
l'autre les découvertes les plus intéressantes, suffira, je pense, pour le moment. La tentation dominante qui accompagne le travail de recherches auquel je me livre maintenant, celle de lire dans les mots This* toire des pensées de Thomme alors que le monde était encore à son berceau, m'a conduit, comme cela arrive toujours, bien au-delà des limites dans lesquelles je m'étais promis de me renfermer; et cela m'obligera à passer avec plus de rapidité que je ne le devrais, sur plusieurs autres caractères de l'alphabet grec.
J'ai omis jusqu'ici d'expliquer le petit a romain qui est fait ainsi, a. Nous venons de voir que l'a grec est composé d'un omh devant un », ces lettres étant disposées de manière à se toucher. Maintenant, la seule différence qu'il y ait entre a et a, consiste dans la place que l'on fait prendre à r<», puisque si nous le plaçons de l'autrecôtédeTf, comme ceci, /', et que nous permettions à ces deux lettres de se rejoindre ainsi ê, nous aurens un a, comme le lecteur peut s'en convaincre en tournant le livre sens dessus dessous, juste comme les enfans font souvent avant de connaître leurs lettres. Par conséquent, les deux caractères («et a) sont composés des mêmes élémens, un o et un i'; et quoique l'art mis en œuvre pour dissimuler le secret de leur formation — sans parler de quelque accident qui a pu survenir — ne paraisse pas très profond, cependant, de longs siècles sont là pour prouver qu'il était suffisant pour se jouer de toute pénétration.
J'ai maintenant à expliquer la seconde lettre de l'al^ phabety et à tâcher de tirer quelque enseignement de la signification qu'elle renferme*
B»îta (Bêla) y lorsqu'on l'analyse, devient, t*, ^9 ea; tby sans aucun doute, est ici pour be (être) ; »ï* est le pronom bien connu, ou le verbe être ou aller (car il est tous les trois en même temps) dont j'ai déjà parlé en m'occupant d'autres pronoms; et ea appartient aussi à cette même classe. Comme tout pronom implique Yeœiêtence aussi bien que les verbes être et aller y il s'ensuit que les trois mots be^ *3t, ea, signifient eùcistencej existence ^ existence é Ceci parait tout d'abord impossible^ parce qu'un tel langage sem* ble n'avoir pas de sens; cependant, si nous analysons les trois mots^Y is y ou (c'est vous), ou e# m Mal (c'est cela), nous reconnaîtrons qu'ils signifient également existence y existence^ existence. Alors ^ si nous comprenons c'est cela^ et que nous ne comprenions pas be it ea, ceci vient de ce qu'un ou plusieurs de ces derniers mots ne s'emploient plus aujourd'hui comme anciennement.
J'ai déjà remarqué que it était employé autrefois comme nous employons is maintenant : alors profit tons-en et mettons is à la place de it dans les trois mots be it ea, et nous aurons be is ea (ce est ce), ce qui signifie de la manière la plus évidente que le mot be est le même que eaf c'est-à-dire que la chose nommée be est aussi nommée ea; en d'autres termes^ que ea signifie également V^xiêtence.. Ainsi b4 et m étant
^1 apposition l'un à l'autre^ et té ne difTérànt psis dé l'un ou de l'autre^ il s'ensuit^ ces trotë mots ne faisant qu'un^ qu'ensembje ils signifient ^êisHnce. Aihsi, si nous pouvions renfermer dans un seul lés trois mots ii ta you^ ou itiê ihat^ Un tel mot composé Vou^ drait également dire êOt^eHce, I^no^ be it eà, ott BuTot^ eM un autre mot pour fùmiêtéMU, Et de même que lés trois mots dont il est composé sont aussi trois noms pour cette seule cbosO) il s'ensuit que chacun d'eux est nonniéulement égal aux dèui autres pris séparément 9 mais même aux <ieUx autres réunis. Ainsi ie^ dans be U im^ est non^^eulemént égal au met it ou au mot ea considéré isolément, mais il est encore égala tous les deux réunis. Demôme^si un hommeavait ces trois noms di(férens ^ Je&ny Jacques et Thofnne, nous pourrions dire que Jean est égal à Jacques ou à Thomas, aussi bien qu'à Jacques et Thomas. Ators> comme B (pour be)^ dans Btrr«, signifie Véirë ou VoûHstencê^ il s'ensuit^ puisqu'il est égal pour le sens à HTK (^r sa) f que ce dernier mot doit aussi signifier Vétref et comme ^r<t est le nom d'une des lettres de l'alpha-» bet grecy cette opération nous en apprend le sens. Ce que nous découvrons encore à l'égard de BtrrM et de HxtR^ est que non*seulemebt leurs noms> mais encore les caractères qui les représentent sont égaux.
Maintenant) si cela est vrai^ il doit en résulter que toute lettre qui est égale à Bi9ttit, doit aussi être égale à Hra, et réciproquement; puisque deux choses étant égales entre elles, on ne peut en trouver une troi-
sième égale à l'une d'elles, sans qu'elle ne le soit de même à toutes deux. Alors, prenons une lettre qu'on emploie fréquemment pour B, et voyons si cette lettre serait aussi égale à H. Haheo (j'ai, / have)^ comme nous le savons , n'est pas autre chose que eo hab, qui signifie littéralement 1 hâve (je ai). Il n'y a donc aucune différence entre le b de hab et le v de hâve. Liber aussi, est le même mot que livre (le i6 et le t^ se substituant encore), et wife^ le mot anglais, le même que weib en allemand ( Vf et le v s'employant aussi indifféremment). Alors, si le v est égal à i ou à Bnra, il s'ensuit qu'il doit aussi être égal à Rra, et qu'il doit signifier existence.
Lorsque j'analyse le mot latin vita (vie), je trouve que ita n'est rien de plus qu'un deces mots nommés pronoms ou articles, que l'on mit d'abord devant v ou vi (i) (ita v)y et qui ensuite fut rejeté après. En conséquence, V, dans l'origine, signifiait t?t>, et iia von v-ita (la vie) dont on fit vita, qui veut dire la vie, ou V it ea, vie est ce, vie cela est , ou c'est la vie. Nous devons nous rappeler que le petit mot ihe , aussi bien que les deux mots it is, doivent anciennement avoir été employés pour signifier toute l'existence j ou la divinité y et le mot vita^ vie ou life , a maintenant le même sens étendu.
Mais que devons-nous conclure de ce que nous venons de voir avant cette dernière observation sur les
(i) Cette lettre en aDgltis se prononce comme in.
mots the et it is, ou^ ce qui est la même chose, sur it ea, ita ou *3Ta? que devons-nous conclure de l'examen que nous venons de faire de Bnxa, Hra et vita? Ceci : que ces trois mots n'en font réellement qu'un ; que, par conséquent, les trois lettres B, H et Y sont une seule et même lettre, et que chacune de ces trois lettres était dans le principe un signe ou un mot pour indiquer la vie^ Vétre ou {'existence.
Alors, le nom de la lettre grecque Hra, pourrait être encore écrit v ta, ce qui donne vita^ lorsqu'on prononce le V comme il doit l'être en anglais; et en mettant devant le t Vi qui devait le précéder , ainsi que nous le voyons en analysant ce mot, nous avons r-t/a, c'est-à-dire vita.
De même, lorsque nous enlevons le B de Bura, et que nous le remplaçons par un V, nous avons V»3toc, qui est précisément le même que vita^ car, comme 1'^' est long dans ce dernier mot, c'est-à-dire qu'il est, pour le son, double de sa longueur ordinaire, si nous ajoutons un second i à l'f de vita, nous aurons viita. Et qu'est-ce que l'H? Rien de plus qu'un double I (II), qui peut être contracté pour la forme en un seul 1 en faisant ce seul I long, quant au son, ce qui, nous le savons par la prosodie, est lui donner le double de la valeur qu'il a lorsqu'il est court. Mais> quoique II ressemble beaucoup à un H, on peut rémarquer qu'il ne se rapproche pas autant de «i, l'autre forme de Hra; mais comme il est établi que ce caractère fij est le représentant de h, de même que a est le
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repréteûtant de a, il ne peut y avoir aucun inconvénient à ce qu'il ne ressemble pas autant que H à un double I (II). Nous verrons cependant un peu plus loin que tt est égalj pour la forme > à n, qui est composé de I et I.
En conséquence ,
Bartu
ViiTa
sont rata.
Ck)mme le v n'est pas autre que Vu^ et Vu pas autre que ii » on peut facilement concevoir pourquoi ott prend ces deux lettres Tune pour l'autre ^ puisque toutes deux elles sont composées de deux uns (i)« Mais comme il peut paraître étrange que le B âoit égal kH ùMVj jetons un regard sur l'alphabet grec , et voyons s'il ne contient pas quelque autre lettre qttô sa définition indique comme étant la même que B^ afin d'apprendre» si cela est possible» comment B a été formé) et d'expliquer ainsi la difficulté qui nous oc* cupe*
La sixième lettre de l'alphabet grec est nommée Zêta (Z^Toe), et ce mot> lorsqu'on l'analyse» donne is etaf car nous avons déjà vu que le Z est égal à iê. Alors» comme cela veut dire que iê est équivalent à etu en si«> gnification» il en résulte que » puisque ^ta est égal à fi» H» u et Y, le mot is doit leur être égal aussi , c'eêt« à^ire qu'il doit être composé de deux UHs^ ou de deux caractères d'une valeur semblable^ Mais Ve de iè m parait pas ici> plus que partout ailleurs » signifier un
par lui-même. Ceci ne fait donc que compliquer encore la difficulté au lieu de l'aplanir^ puisqu^il nous faut expliquer maintenant, non-seulement comment il se fait que le caractère B est égal à H , w et V , mais encore comment il se fait qu'il est aussi égal kis.
En examinant de nouveau l'alphabet grec , Je vots encore une lettre dont le nom finit encore par eta; et coaime cette terminaison est précédée par un seul caractère (e)j nous devons nécessairement en conclure qu'il doit aussi signifier ttia, ou i>ie. Ce caractère est représenté dans d'autres langues par /A, de sorte que le nom entier de la lettre en question est thêta.
J'ai déjà expliqué l'H ^ et montré qu'il est la même chose que le v, qui signifie aussi t?i>, comme je Tat prouvé. En conséquence, th , lorsqu'on l'analyse, devient it-H ou */-V, et cela nous fhît Voir que th ou est égal à la ^ie^ attendu que it n'est ici qu'un article mis devant H ou V, qui est équivalent à vita. Maintenant, comme j'ai déjà montré que les trois dernières lettres de thêta (voir ce qui a été dit à Fôccaslon de Ht«) sont précisément égales à vita ou ita-v , îl s*ensuit , lorsqu^ott dit dans l'alphabet grec que th est équivalent à é#d, que rien ne peut être plus exact, puisque c'est dire > en d'autres mots, que tita est égal à vita^ ou vie à vie*
Mais j'ai encore l'air de fuir devant la question en en multipliant les difficultés; car il fhut maintenant que je montre que les lettres b, H, 2, et sont toutei;
égales. Je demande cependant à leur en adjoindre encore une, et après cela je les expliquerai toutes ea même temps.
La neuvième letlre de Talphabet est nommée Iota (l«7a), et ses formes sont I, <. Lorsqu'on analyse ce nom, il devient io-ita, ce qui veut diroio est vita, ou io est vie. Cette définition est fort correcte, puisque to^ comme nous le savons , n'est pas autre chose que le verbe aller y le verbe être, ou un pronom , classes de mots qui signifient toujours V existence. Mais nous pouvons, sans moins d'exactitude, analyser iota ainsi : i'd'ita^ c'est-à-dire i-o-is, ce qui veut dire quel'i est égal à Voj puisque tous les deux signifient un. Cependant, comme les caractères que je mets en opposition avec iota sont tous doubles , j'adopterai la première de ces deux définitions qui, je crois, sont aussi correctes l'une que l'autre.
En expliquant l'origine des noms donnés au soleil et à la lune, j'ai eu occasion de montrer, et je l'ai fait encore souvent depuis, qu'un seul signifiait un, de même qu'un I. Alors, si, au lieu deio, nous écrivions fï, nous aurions encore «V» sous une autre forme, en même temps que nous obtiendrions ainsi (i i) les deux parties d'un H, d'un w, ou d'un v. C'est donc avec vérité qu'on nous dit que io est égal à ita,' qui, nous l'avons vu, est égal à H comme à Y. Mais en ajoutant 10 aux caractères précédens, et en avançant ainsi que B, IS et 10 doivent non-seulement leur être égaux, mais aussi être égaux l'un à l'autre, la difiiculté
semble s'accroître de plus en plus. Toutetoîs, la certitude de la résoudre doit devenir plus grande par suite d'allusions aussi fréquentes à une même défini* tîon. Il n'est d'ailleurs pas facile de trouver une diffé* rence de signification entre io et isy lorsque nous les trouvons dans audto et aud*>. Il est évident qu'ils sont ici radicalement semblables, et qu'ils ne diffèrent que par la forme , afin de permettre de distinguer une personne d'une autre. Et, en anglais, quelle autre différence pouvons -nous découvrir entre isei'be^ dans des exemples tels que If he is, et 7/ he