On assignera à chaque père de famille, à chaque jeune
couple qui se mariera, et à chaque homme fait, qui désirera avoir un établissement à lui, 100 arpens de terre en toute propriété et pour toujours pour lui et ses descendans, sans exiger aucun prix d’achat, ni aucuns frais quelco:.ques, contre le payement annuel et régulier de l1 cense suivante, aussi modérée que raisonable et peu onéreuse au Colon, qui sera payée en nature comme suit :
Pour la première année on ne paye rien.
Pour la seconde année on payera 20 boisseaux anglais de froment.
Pour la trosième année 30 dits.
Pour la quatrième années 40 dits,
Pour la cinquième année et les suivantes 50 dits, ce qui fait un demi hoisseau par arpent, qui, vu la grande fertilité du terrain, est certainement bien mod ré, et ne peut nullement surcharger le Colon, d’autant plus, que ceci est et sera la seule redevance et imposition qu’il aura à payer'au propriétaire du territoire ; d’aille rs, il pourra s’en délivrer et s’en racheter quand il lui plaira, en payant 500 boisseaux de froment en un seul payement, moyennant quoi 4} sera pour toujours libéré de cette redevance, et possédera ses-terres libres de tous droits quelconques. .
Si un Colon apportait quelque bien avec lui, et désirât d’a-
chetrr des Comte de S de 100, ni | assignera e héritiers, p:
ques, etil} où ils l’aime chat argent pour promp argent comp yeront entr sur la partie Le nomti jusqu’à 500 femmes non les marier :
établis à la C Il sera dre nom du Corn quoi chaque ce qu’il aur:
double de ce le Colon rest qui signeront primé sur pa] Le départ :
chacun qui se ser au plutôt} soit par lettre
Berne ie 24
cheter des terres, au lieu de les prendre à redevance, le Comte de Selkirk lui vendra un lot qui ne pourra être moins de 100, ni plus de 500 arpens, à 72 baches l’arpent, et lui assignera et transmettra en pleine propriété, pour lui et ses héritiers, pour toujours, libre de toutes redevances que:conques, et il pourra choisir son lot, ainsi que tous les autres, là où ils l’aimeront le mieux. Si on paye toute la somme d’achat argent comptant avant le départ, on déduira 20 pour cent pour prompt payement ; sinon, on payera un tiers de lasomme argent comptant avant le départ ; l:s deux autres tiers se payeront en trois termes égaux, moyennant intérêt à 5 pour cent, sur la partie non payée, en trois ans de tems.
Le nombre des Colons pour l’année prochaine peut aller jusqu’à 500 personnes, parmi lesquelles o1 désire 50 jeunes
s femmes non mariées, bien constituées, fortes et robustes, pour
4 les marier avec un pareil nombre de jeunes Suisses déjà
8 établis à la Colonie. FÈ Il sera dressé un Contrat formel entre le Capitaine May au
S nom du Comte Selkirk et chaque Colon, qui contiendra ce à
ir quoi chaque partie s’engage et promet, afin que chacun sache
À ce qu’il aura à faire et à attendre. Chaque partie aura un
fi double de ce Contrat, qui sera signé par ledit Capitaine May et
es le Colon respectif en présence de deux témoins selon la loi,
qui signeront aussi .comme tels, et ce Contrat sera écrit ou imprimé sur papier timbré.
Le départ aura lieu à la fin d'Avril de l’année prochaine ; chacun qui se décidera à prendre ce parti, est prié de s’adresser au plutôt possible audit Capitaine May, d’Uzistorf, à Berne, soit par lettres franches-de-port ou personnellement.
Berne ie 24 Mai 1820.
R. MAY, d'Uzisrorr,
Capitaine au Service britannique, et Agent pPlénipotentiaire du Comte de Selkirk.
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LETTRE VIIT
De la Colonie SELKIRK, ou de la Baie d’HUD- SON, aux Sources du MISSISSIPPI, et de lu
Des Sources Juliennes du Mississippi, et de la Rivière Sanglante, 31 Août 1824.
Je vous écris au milieu des déserts, sous la voute du Ciel, à l’ombre d'un grand érable. qui me protège des rayons brulaus du Soleil; d'une solitude, dont le silence n’est interrompu. que par des oiseaux inconnus, et des bêtes Sauvages; mais,où mon cœur et mon âme éprouvent les plus douces sensations, où. quasi nouveau Colosse de Rhodes, je touche de mes pieds deux des points les plus intéressans du globe ; lieux fameux, objet de tant de recherches, et où nul mortel, avant moi, n'avait porté ses pas. Ce moment, après celui, qui m’apprit à apprécier ce trésor d’amitié, que j’ai perdu, est, et sera à jamais le moment le plus beau de ma vie.
La position de Pembenar m’indiquait, comme du doigt, que vers le S.-E. je trouverais, peutêtre, ce qui avait été jusqu'alors le but principal de mes promenades, dans ces régions Sauvages, et lointaines ; je me décidai bientôt à suivre cette direction. Mais il y avait de grandes difficultés à vaincre. Personne de ce pays là ne connaissait ni le chemin. ni la Rivière Rouge, au-dessus de l'endroit, où la Rivière Voleuse s’y jette. Tout le monde me représentait les dangers. auxquels j'allais m’exposer, parmi des Sauvages. qui passent pour être très féroces, et qui ne sont pas encore les amis des Américains. Je trouvai cependant deux Cypowais. qui. ayant perdu deux de leurs compagnons à la Rivière Cayenne, alluient
précisétr rens et Yanctons Brulé s5’a Voleuse.
vivres, e procurer servir en geai tou:
quiétude desquell.
âme, qui Mois, qui mou che tileetàc Pays inuco rivières pi fidèle Buf Courses et conserver, eût été nn sie de JM:
encore, de | pu le met doute rent que ce be:
s'il était nouveau Caligula.
Je dois que le fils cette circd et sincères sort. Il nait, par la thony. Il Que dira mo Je me sépa logie à Phi modestie a
précisément au Lac Rouge, pour exciter, ses parens et leur Nation, à le venger des Sioux, les Yanctons, qui l'avaient tué et écartelé. Un Bois Brulé s’offrit de me conduire jusqu’à la Rivière Voleuse, avec sa charette, pour transporter les vivres, et mon bagage; ilse chargea aussi de me procurer une mouture, ponr ma route, et de me servir en même tems d’interprête. Je les engageai tous résolument. J’étouffai les nouvelles inquiétudes. qu’on voulait me donner, et au moyen desquelles on cherchait en vain à intimider mon âme, qui est au-dessus de la crainte; et le 9 du mois, qui fuit. je laissai Pembenar, le Major et mou cheval. Je vendis ce dernier comme inutile et à charge dans une promenade à travers de pays inconnus, de forêts épaisses, de lacs. et de rivières profondes. Je le quittai malgré moi, ce fidèle Buffaloe, l'intrépide compagnon de tant de courses et de chasses. J’aurais désiré pouvoir le conserver, et le transporter avec moi enltalie. Il eût été un objet de grands souvenirs, et la jalousie de Milord, que j'aurais juni par là, s’il existe encore, de m'avoir cassé une cuisse. Si j’eusse
| pu le mettre dans mon portefeuille, il eût sans
doute rentré avee moi. Je vous assure, Comtesse, que ce beau cheval serait un second Bncéphâle, sil était monté par un autre Alexandre, et un nouveau Sénateur, s’il appartenait à un autre Caligula.
Je dois rappeler avec reconnaissance, l’amitié, que le fils du Colonel Snelling me témoigna dans cette circonstance, par Îles appréhensions vives et sincères, qui troublaient son cœur sur mon sort. El quittait aussi le Major, et s’en retournait, par la voie du Lac Travers, au Fort St. Anthony. Il me laissa en pleuraut, et en s’écriant : Que dira mon père ! Ce ne fut pas sans regrêt, que je me séparai du Docteur Say. professeur de Zoologie à Philadelphie, homme, qui joint une noble modestie au vrai iii à le distingue.
L'expédition semblait devoir descendre jus. bat: qu’au Lac Winnipic. remonter la rivière du même ob nom; celle des Bois, (of the Woods.) traverser l le lac de ce nom. remonter la rivière de la Pluie; nul et du lac de ce nom, descendre au Lac Supé.- ie rieur; traverser ensuite les lacs Huron, St. Clair He
et Erié. jusqu’au canal de Buffaloe, et rentrer par celui ci, et la voie de New-York, à Philadelphie. Je laisse ces Messieurs aux soins de la
Providence, pour revenir à mou sujet, et repren- etil dre na route. done Les deux premiers jours de marche, après no- ls # tre séparation. je w’éprouvai, que quelques diff. sa cultés, en passant par des endroits de loups. où qi mes guides sauvages avaient à improviser le che- DE min pour aller plus vite préparer leur vengeance, lür j Leur housole naturelle était aussi exacte que be $ celle de Gioja d’Amalphi. Je vus ai déjà dit ul avec quelle facilité ils improviseut le chemin et ras de jour et de nuit, quand même les astres, leurs infailli guides, se cachent à leurs yeux. Le Le troisième jour, des obstacles insurmonta. Æ , ; * bles nous forcèrent de laisser la charette, et de ss La charger les deux chevaux de tout mon petit train *A abs de bagage, et je me trouvai SE Aro sé obli. À rai gé de me servir du cheval de St. François. J %
et des mais to de fro | L'ou régions que to née pas bâteau ge se dé emports reusem ils € heureu a proi
L’interprète me disait, qu’il fallait suivre aveuglemeni cette sorte de gens ; car, à la moindre contradiction, ils nous auraient plantés là; j’eus donc toutes sortes de ménagemens pour eux.
Nous nous arrêtians quand ils le voulaient, nous fumions, quand ils le voulaient, quoique je ne fû. me que par formalité : ils maugeaient quand ils voulaient de tout ce que j'avais; et, de plus, je les régalais souvent de coqs de bruyère, que je tuais eu quantité sur le chemin. Le Sauvage, n'ayant ni poudre ni plomb à jetter, et ne tirant que trè rarement au vol, n'est pas fort expert dans cette manière de chasser; mes compagnous éjaient douce 1: ès étonnés de l'adresse, avec laquelle j'a
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ès no0s difips. où ; cheeance, le que éjà dit min et , leurs
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battais le gibier, presque à tous coups ; et, de mon côté, je cherchais à justifier de mon mieux, le nom, qu’ils m’avaient donné. pour leur inspirer une opinion impo-ante sur mon compte. J'aurais voulu comme les premiers Espagnols, passer pour un être surnaturel, afin de les pénétrer de respect et de soumission ; mais la malice la plus rafinée à pris maintenant la place de cette espèce de simplicité. qui les distinguait autrelois, et ils sont devenus plus féroces et plus barbares, à mesure qu'ils se sont apperçus, que les Blancs les regardent comme une classe intérieure; qu'ils s’approprient leurs terres. sous prétextes de les défendre, et qu'ils rendent esclaves de leur avarice, en faisant semblant de les favoriser de leur commerce. Îls m’'appelrient le Grand Guerrier. je leur en fis demander l'explication, ils répondirent qu'ils avaient rêvé que je l’étais ; et leurs rêves sont toujours pour eux des oracles infaillibles. Me voilà donc Æitcy Okiman.
Le quatrième jour, je tuai un ourson blanc, et un des sauvages en tua aussi un autre; il parait que la mère avait déjà eu le mine sort, car nous la cherchâmes en vain, Avec un peu de pain j'aurais été aux nôces, car des coqs de bruyère et des oursons sont des morceaux très friands ; mais tout Pembenar ne pôût me fournir ai un grain de froment, ni une once de farine.
L'ours blanc est la seule bête féroce de ces régions, qui soit dangereuse. Îl vous attaque pee que toujours, #t toujours s’il est affamé. L’année passée un de ces animaux s’élança dans un bâteau de Bois Brûlés, au moment que l’équipage se délassait près du rivage ; il en saisit et en emporta un, en le trainant entre ses jambes ; heureusement des Sauvages chassaient tout près de là ; ils accoururent aux cris, que poussait ce malheureux, et tuèrent l’ours lorsqu'il tenait encore sa proie. Ce malheureux ne fut que blessé;
RS Puf
c’est lui-même qui m’en a fait le récit, et m’en a vendu la peau.
L’ours noir, au contraire, est extrêmement ti. mide, et fuit toujours. Après le Buffaloe, c’est l'animal le plus utile aux Sauvages. Sa peau. sa chair, sa graisse, ses nerfs. ses ongles et ses dents ; tout leur sert à quelqu’usage.
La Nature déploie en lui des traits singuliers, Il ne se nourrit, que de fruits. pendant l'été. et l’automne ; et c’est alors, que les Sauvages vont l’attendre, dans les endroits abondans en fruits, etle tuent. Quand le froid commence, il va se cacher ou dans le creux du: arbre. ou dans des trous, qu’il se creuse lui-même sous terre. Îl s’y tient immobile, comme frappé d’un profond as. soupissement, pendent tout l'hiver. Il se nourrit en se suçant les pattes, d’où semble couler la graisse, dont son corps est couvert. Les Sauva-
ges découvrent sa demeure, tantôt par le moyen des chiens, qui le flairent, tantôt par la place que son haleine découvre dans la neige, et ils le tuent
sans qu’ils fassent le moindre mouvement, ni la moindre résistance ; de sorte que ou la pique ou la lance suffit pour le tuer. Au printems, quand il sort de sa tanière, il s'occupe premièrement de délier ses facultés corporelles, qui ont demeurées suspendues, ou paralysées, pendant tout l’hiver. Îlse purge avec des simples diurétiques, que la Nature lui indique, mieux, que nos médecins, et nos botanistes. Mais comme une si longue abstinence, et cette purgation, ont naturellement affaibli son estomac, et qu’il lui est néces-
saire de suivre un régime léger, il commence par :
le laine a manière, dont il fait la pêche, est tout-à-fait
singulière. Assis sur ses pattes de derrière, aux
bords d’une rivière ou d’un lac, ils’y tient telle-
ment immobile, qu’on le prendrait pour un tronc d'arbre, et qu’il trompe l'œil perçant du Sauvage lui-même. De sa patte droite, il saisit, avec
une vi sous, € les jet ni à sa le rest le jour che n ensuite de bêt.
de là.
succes des pé:
Nou Voleus en Chy qui fuy un meu nées ; a ses per milieu « mes par dans la vrirent sailles,
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ti- *est 1]. SA
ses
lers, :, et vout uits, ra se des Il s’y d as- 1ourer la AU Vaoyen P que tuent ni la e ou quand nt de meuat l'hiques, édeai lonirelleécese par
-à-fait e, aux telletronc Sauva- , avec
une vitesse et un addresse incroyat'es les poissous, qui passent sans défiance sous ses yeux, et les jette de côté. Quand il a abondamment fourni à sa table, il se régale d’une portion, et cache le reste afin de le retrouver au besoin, pendant le jour. On dirait, qu'il sait très bien, que la pèche ne se fait que le matin, et le soir. Il passe ensuite à une nourriture plus solide, à la chair de bête, qu’il chasse, ou qu'il trouve mortes ; et de là. il retourne aux fruits. De façon qu’il est successivement piscivore, carnivore, et frugivore, à des périodes fixes de l’année.
Nous arrivâmes le cinquième jour à la Rivière Voleuse, (Wamans Watpà en Sioux, et Powisci Sibi en Chypoways.) ainsi appelée, parcequ’un Sioux, qui fuyait la vengeance, qu’il s'était attirée par un meurtre, s’y tint caché pendant plusieurs années ; ayant su se dérober toujours aux yeux de ses persécuteurs, et à ceux de ses ennemis, au milieu desquels ilse trouvait. Nous la cotoyâmes par terre jusqu’à l’endroit où elle se jette dans la Rivière Rouge, et là mes Sauvages découvrirent leur canot, qui était caché dans les broussailles,
On m'avait assuré à Pembenar, que des Bois Brûlés s'étaient rendus à ce confluent, pour y bâtir des huttes, afin d’y faire la chasse pendant l'hiver, et que quelqu'un d'eux pourrait certainement m'accompagner, et me servir d’interprête jusqu’au Lac Houte, et plus loin, si je le desirais ; mais nous n’y trouvâmes personnes, Les Chypoways les en avaient chassés, ainsi que nous l’apprîimes d’un d'eux, et ils étaient allés s'établir àenviron 100 milles plus bas. D'un autre côté, mon iuterprête de Pembenar ne pouvait absolument continuer à me suivre. Outre les chevaux et la charette, qu’il avait à reconduire, d’autres raisons puissantes l’en empéchaient. Îl fallait donc me décider ; etje me livrai seul à mes deux Sauvages.
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