‹ La découverte des sources du Mississippi et de la Rivière Sanglante [microforme]Chapitre 33 sur 35 · LETTRE X · texte numérisé non relu

LETTRE X

Du LAC des SABLES, jusqu'à ST. CHARLES, sur le MISSOURI.

St. Charles sur le Missouri, ce 24 Octobre 1823.

Toures les fois. que je reprends la plume pour vous écrire, Comtesse, je me promets d’éparger votre patience, et la mienne, en jetant seulement un coup-d’œil général sur ce que je parcours, et que je rencontre de plus remarquable; mais, me trouvant encore, dans des pays -i éloignés, en quelque sorte inconnus, où la Nature se montre sous des formes si nouvelles, et si variées, je suis entraîné par des attraits irrésistibles, et mon systême d’observer en passant, est souvent arrêté ou par l’admiration de ce qui frappe mes sens, ou par les douces émotions, qui énivrent mon âme. [l n’est pas donné à tout le monde de ressembler au stupide Ottoman, qui s’assied, avec une froide indifférence, sur les beaux monumens de l'Egypte, et de la Grèce.

Encore, que je passe rapidement sur bien des choses. j'éprouve de plus en plus combien il est difficile d’être laconique, et de vous rendre, en même temps, un compte exacte de mes promenades ; il est même presqu’impossible de ne pas se répéter, par fois, en décrivant un fleuve, qui est, peut-être, le premier du monde, dont les points principaux pourraient devenir très imporans, et dont le charme et le merveilleux épuiseraient tous les terres d’un Lexicographe, et de l'Encyclopédie. Mais retournons là, où je vous ai laissée dans ma lettre précédente, au Lac des Sables.

Ce Lac est un joli bassin d'environ dix milles de circonférence. Des collines adjacentes, quatre îles, de petits promontoires en varient très agréablement l'aspect. La rivière du même uom, qui

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en sort à l’Ouest. y entre à l'E. N..E. Au moyen d’un portage, elle communique avec la rivière Sawaunà. qui se jette dans celle de St. Louis, et celle ci dans le lac Supérieur, précisément à l'endroit, qu’on appèle le fond du Lac, à sa partie la plus occidentale, On peut faire ce passage, du Lac des Sables au Lac Supérieur, dans deux jours ; ce qui est une nonvelle preuve, que le Lac des Sables est beaucoup plus à l'Est, qu'il est marque sur les cartes géographiques. du Lac de la Sangsue. C’est par ce canal. que remontent, et descendent tous les objets, qui constituent le commerce [ndien dans ces régions, et dont Michilimakinac, comme nous avons déjà dit, est un des deux entrepôts généraux pour la Compagnie Sud-Ouest. Ce même Lac des Sables reçoit, au S. SE. la rivière de la Folle Avoine, Menomeny- Sibi, qui va loin dans l’intérieur des terres.

Ses bords sont le rendez-vous d’une tribu Sauvage, à peu près de 500 âmes. qui erre presque toujours éparpillée. ou en petites bandes. ou en familles, et s’y réunit en Automne, et au Printems pour traiter avec la compagnie. Celle-ci a son établissement près de l'endroit, où la rivière des Sables, Lamitangao-Sibi, afflue dans le Mississippi.

[Il n’y avait là, comme au Lac de la Sangsue, qu'un gardien, de la meilleure volonté du monde, bon Canadien, mais qui n'avait, que du riz sauvage, et des patates, et qui, pour me consoler de mes privations, me racontait toutes celles, qu'il avait éprouvées, et éprouvait encore, et entre autres, qu'il avait été dix ans, sans jamais gouter un morceau de pain. Cependant 1] me procura une marmite, ainsi qu’une couverture de laine, un peu de rhum, et des munitions. Ce n’est que dans cette saison, que les directeurs de chaque établissement se rendent à leur poste, et ils étaient en route, pi je n'avais pas le tems

de les attendre. Ils fournissent aux Sauvages tout ce qui leur est nécessaire pour la chasse d'hier; il reçoivent au printems leurs peaux, qu'ils accompagnent eux-mêmes à Michilimaki.

nac. où. en Eté, ils rendent leurs comptes, se préparent de nouveau, pour ce qu’il: appèlent leur hivernement, et employent tout l’Automue, en voyage. pour s’y rendre.

Dans la journée du 21 Septembre. je quittai le Canadien, et la rivière des Sables. Il y avait déjà gelé. dans la nuit du 19%. Fatigué de ramer, et voulant donner libre carrière à mon âme, et à mes yeux, je pris un autre Sanvage; mais je me trouvais de nouveau sans interprète.

Je vous tracerai. d’abord les principales di. rections du fleuve jusqu’au fort St. Anthouy. pour vous donner une idée collective de son cours juique R. et ne pas vous interrompre en chemin par ne foule d’autres détails.

Il lescend vers l'O. S.-O, jusqu’à la rivière des Pis, l'espace d'environ 15 milles. De là il tourne, et continue au S. S.O. jusqu’à la rivière de: Plumes de Corbeau, durant 90 milles; il va

ensuite directement vers le Sud, jusqu'aux pe- M

tites chûtes de la Grande Roche, la distance de 19) milles, puis il descend, au S.-E., jusqu’à la Rivière des Corneilles, 150 milles, et, enfin il en p'rcourt environ 60, à l’E.-S..E., jusqu’au Fort St. A: thony. lequel est à-peu-près à 950 milles des sources Juliennes, et à 550 du Lac des Sables.

Comme les Sioux infestent souvent les bords du Fleuve, principalement au-dessous de l’'embouchure des Plumes de Corbeau, pour faire la

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prissent. qu'il y avait dans le canot une puissance étrangère. et neutre.

La Rivière aux Saules, est la première que l'on E trouve, à l’O., au-dessous de celle des Sables. |

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C’est la rivière, que Pike a appellée de son nom: Les Sauvages l’appèlent Meaogeo-siby. Elie en est environ à 40 milles.

Si je voulais vous entretenir de tous les orages, que j'ai essuyés, je serais forcé. de vous expo-er, presque continuellement.au bruit du tonnerre. et |A aux dangers de la foudre; mais. tout en vous | | menageant autant que possible. il faut. que je qi vous fasse contempler celui, qui se fit sentir la le 29. parcequ'il fut réellement remarquable. |

Nous fûmes obligés de mettre à terre. non pour chercher un abri: il n’y en avait nulle part dans À, un pareil deluge ; mais parceque les gouites de L| pluie, d'un volume prodigieux. eurent en un modi. M meut rempli le canot. La rivière en était fraph| pée si vigoureusement, qu'elle ressemblait, dans

Jour de É toute la largeur de son lit, à une fontaine jaillismin S sante.

N Les coups de la foudre se succedaient sans indes M tervalle; mais. dans ce pays. le fluide électrique, à il M quoique excessivement abondant, se décharge ère PA par tant d’endroits simultanément. que les ob-

Lva M jets. sur lesquels il tombe, en sont frappés avec pe- M moins de force, qu’en [talie. Notre canot en fut

N seulement égratigné, et l'écorce de plusieurs à la 21 arbres enlevée,

| Cette pluie d’orage fut si ahondante. et je crois ort MM si générale, que le lendemain le fleuve avait illes M monté de huit pieds. Les Sauvages eux-mêmes

j ne se rappèlent pas d'exemple d’une crue si M soudaine. Îl nou: fallut arrêter toute la journée borde Li du 23. car tout était trempé, et mon Roi sauvage em- M malade. La nuit je fis la chasse au chevreuil,

la M avec l'antre Sauvage, d’une manière nouvelle, ll

>en M Le chasseur couvre toute sa poitrine d’une 4] om. M écorce de chène, et sur une tablette, qui y est Ain? ince M attachée. brûle un flambeau de bois de sapin. Le A

M chevreuil ébloui s'arrête, et le chasseur le tire. l'on M Mais nous ne fûmes pas heureux.

bles. A (00 milles environ du Lac des Sables on

rencontre la seconde île, qui pare le Mississippi ; les Sauvages l’'appellent Jauuk, où Grand Île. Entre celle ci, et la Rivière de la Folle Avoine, ou Monomeny-Siby ; la Frappèe, où Sossabegoma- Siby; la Rivière Aux Vases, où Piskociskougo- Siby ; celle du Cèdre Rouge, ou Kumoskoaka-Siby, qui vient d’un second Lac de ce nom, se jettent dans le fleuve du côté de l'Est; et du côté de l'Ouest. la Rivière des petits Saules, ou Sissimonageo-Siby.

À laRivière des Pins, Singuoako-Siby. qui entre aussi sur la droite. le chef fut inquiet de ne point y trouver son fils. et deux de ses braves, à qui il avait donné rendez-vous à cet endroit. où ils de. vaieut arriver par un chemin de portage, pour descendre tous ensemble au Fort St. Antouy ; mais moi j’en fus bien aise. J'avais trois bêtes fé:oces de moins à craindre. Ces trois Sauvages s'étaient sigualés par leur férocité lors de cette scène affreuse, dont je vous ai dépeint les horreurs dans ma précedente.

Jusqu'à la Rivière aux Pins. le cours du Fleuve est assez uni, si l’on excepte trois petits rapides placés au-dessus de cette rivière, et qui se succèdent à de petit: intervalles ; son lit est toujours très profond. Ses bords ont un sombre, un lugubre continuels. où les pins, les cèdres, et

les cyprès dominent partout. Après. la scène change. Une île charmante reçoit les eaux de la Rivière aux Pins, et les divise en deux branches. Le Fleuve devient plus riant, et plus majestueux ; le paysage plus varié par des collines, des prairie, des forêts et des bosquets.

A six milles de la dite rivière, cinq îles forment comme une couronne à une sixième, qui «'élève et brille au milieu. Il n’y manquerait qu’un temple, pour offrir l’image d’une autre Cythère; et comme elle n’avait pas de nom, je lui donnai celui de Cythère,

Dans la soirée du 26, nous fûmes rejoints par

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une petite bande de Sauvages du Lac des Sables. Ils desiraient aussi descendre avec moi pour voir leur père, Mr. Tagli:jerro ; ils étaient quinze dans cinq canots. À leur arrivée j'étais occupé à manger ma portion de riz sauvage. Je continuai. sans même lever les yeux sur eux; je pe dis pasnn mot. Je fis comprendre à mon chef. que je voulais être seul à mon feu. et à ma marmite. Après mon souper, je les fis appeller, Je fis distribuer un peu de tabac, et je furuai avec eux la pipe de formalité. Le lendemain, je leur donuai un verre de rhum, à chacun, et toujours sans leur parler, ni leur faire un geste. C’est la manière, Comtesse, de prévenir leur insolence. et de s’attirer ieur respect. [ls se comportèrent comme des anges pendant tout le voyage. A peine se permettaient-ils de rire quelquefois, lorsqu'ils me voysient me laver le visage; et c’est peut-être parceque je ne pouvais m'en empéchrr souvent moi meme, quand je les voyais se laver le leur avec du charbon, ou avec le noir de la marmitte, ou avec de la terre rouge, jaune, ou blanche. Cette toilette les occupe devant le miroir, beaucoup plus de tems, que nos coquettes ne s’y arrêtent pour la leur. La pluie la dérangeait souvent, et il était plaisant de voir comme elle marbrait leurs visages.

La Rivière des plumes de Corbeau, est un grand débouché de plusieurs Lacs, qui de l'Ouest déchargent leurs eaux dans le Mississippi. C’est une superbe Rivière, qui, au confluent, est aussi large. je crois. que le Fleuve lui-même. Sa source principale est le Lac de l'Ours Blanc, où l'American Gazetteer. de Mr. Morse, a placé les sources du Mississippi. Deux îles charmantes la partagent en troi: branches à son embouchures, ce qui la rend majestueuse, et pittoresque,

La Rivière Woebcosiby, qui descend de l'Est à 20 milles de cette dernière, est remarquable pour les Sauvages, car elle fut la demeure d’un

Cypoways, qui passait pour un prophète, et elle a hérité de son nom.

A six milles au-dessous, le Fleuve forme un petit Lac. Quelle délice !.…. Comtese, la Nature y a semé douze îles, que Lenôtre n'aurait su mieux distribuer, elle a répandu sur ses bords des scènes délicieuses. qui manquent au tableau, que Catulle nous a laissé de sou charmant séjour du Lac de Garda. J'ai appelé ces îles les Iles des Sirènes.

Après la Rivière la Biche. Moskosibi, qui afflue aussi de l’Ouest, à 15,ou 16 milles. on desceid toujours de rapide en rapide jusqu'à celui de la Grande Roche, Kekebicaugé, qui est une petite chûte. lei l’on fait communément un portage, mais nous Vévitâmes en passant par un petit chenal à l'Est, derrière une île. Ceite chûte e:t formée par un petit détroit. Le Fleuve resserré entre deux roches, forme un gouffre, d’où il s'élence en mugissant.

La soirée du 28, nous campâmes à environ 20 milles de cette chûte, à un endroit. où le Fleuve environnant, comme une naumachie, une île superbe d’une forme exactement ronde. rappelle la forme des temples, que les Anciens consacraient au Soleil, et les Druides à leurs Dieux. La forêt touffue et vénérable, qui embrasse ce bassin, ré-

pond à cette image. Je l’ai donc appellée l'Ile .

du Soleil.

Entre cet endroit. et la Grande Roche. le Fleuve reçoit les Rivières, Wabiziosiby. ou aux Cygnes, la seconde de ce nom, et Aunizotygoga, ou les Deux Rivières, qui descendent de l'Ouest,

À peu de distance au-dessous, on trouve, aussi à l'Ouest, l’embouchure de la Rivirre Zakatagana-Siby, du nom d'une certaine espèce de bois, qui est le seul amadou. dont tous les Sauvages se servent. Il est difficile de trouver une meilleure mèche. [1 fait aussi partie de ma petite collection de Curiosités Indienues. Le con-

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guio-Sil vière. a meutin rais doi peu de lus pas quelque y apart ratent s vues, qi ce Grar Un hoù d'une v sances beaucot grand: f parmi d dition es aux Sau éprouve il est le | sions da nécessai Puisque part de Les a:

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fluent avec celle de la Queue des Pins, Bekozino- Seby. suit de près du côté de l'Est.

fi commencent de grandes prairies, qui s’éteudent à l’Est. et à l'Ouest. mais qui sont entrecoupées par des bois, et des bosquets. En hiver où y trouve souvent des Buffaloes.

Entre la Rivière Bikabikaosiby, ou au Galet, qui descend de l'Est. et celle des Renards, Oraguio-Siby. à Ouest, on trouve une autre belle Kivière. aussi du côté de l'Ouest ; elle est absolumeut inconnue, même aux Sauvages. Je lui aurais donné un nom, mais, comme elle n’est, qu’à peu de journées du Fort St. Antony, je ne voulus pas toucher à un droit, qui appartient en quelque sorte aux officiers de cette garnison. Il y a parmi eux des hommes de mérite, qui pourraient servir utilement le gouvernement dans les vues. qu'il semble avoir d'explorer et connaître ce Grand Fleuve, etces régions intéressantes. Un homme doué d’une saine philosophie, et d'une vraie philantropie, avec quelques connaissances en géographie, et en astronomie, ferait beaucoup plus. qu’une Expédition entreprise à grand: frais, dans un pays hérissé de difficultés. et parmi des peupies soupçonneux; car. plus l’Ex pédition est no.:nbreuse, plus elle inspire d’alarmes aux Sauvages, plus elle court de dangers. et éprouve de besoins. qui souvent l’arrêtent là. où il est le plus essentiel de continuer, où des excursions dans l’intérieur des terres seraient les plus nécessaires pour remplir le but de leur mission. Puisque j'ai entamé ce sujet, je dois vous faire part de toutes les réflexions, qu’il m'a inspirées.

Les avantages qu’on a recueillis, jusqu'ici, de ces Expéditions, n’ont guères répondu, je crois, auxvues du gouvernement, nià l’attente du Public.

Des plantes, qui souvent ne sont inconnues qu'à l’Expédition. ef qui ajoutent à cet amas d’hiéroglyphes inintell'wibles, à cette scientifique et repoussante nomenclature, malheureusement, consacrée parun Grand

JNom, qui ne servent qu'à dessécher la mémoire, qu'à eff rer le riant tubleuu de la Nature; des insectes, des papillous, dont on n'aboude que trop; des oiseaux. qui ne servent, qu’à contenter la curiosité et le luxe; des pierres ronjecturules, dont le silireum, où le calcareum, ajouteut aux discussions oieuses des Savans. et importent fort peu au bien public ; tel a été jusqu’à présent le principal résultat de ces pompeuses entreprises.

L'étude de l’histoire naturelle est, sans doute, une étude. qui Le doit pas être négligée. sur tout en ce qu’elle peut être utile; mais elle ne saurait être le principal objet d’uu Gouvernement éclairé, et libéral. Il doit avant tout s’occuper de l’homme, et de ses vrais be-oins ; et l'homme sauvage vaut aussi la peine. qu’on s’occüpe de lui. C’est en agissant d’après ces principes. que les Chefs. qni les président. peuvent se faire un nom cheri de l'Humanité. et de ses administrés.

Qu'un officier. donc, homme de confiance, accompagné seulement de bons interprétes, et de deux bons rameurs, Canadiens, parcoure les pays sauvages; qu'il observe judicieusement leurs mœurs, leurs habitudes, leurs inclinations physiques et morales, et leurs moyens d’existence; qu'il medite, sur les lieux mêmes, ce que ce peuple pourrait devenir, dans le cas, où leurs chasses viendraient à manquer. époque, qui n’est pas bien éloignée ; quels effets peuvent en resulter pour les Nations civilisées, qui les avoisinent, en supposant, que ces chasseurs barbares viennent à émigrer, ou à périr; en supposant, qu'ils se plient a embrasser Pagriculture, et à s'adonner à l’industrie ; qu'à mesure, que ses vues s'étendent, en examinant de près toutes les circonstances locales. il vise aux moyens de faciliter. et de rendre utile une révolution de cette pature dans les mœurs de ces tribus vagahondes. Mais, qu’il commence par le temporel, car le spirituel vient après, et spontanément, Dans ce

cas, le tirer à la pre coup Il faut jouir, annond pas co cette P en pai) tarder qui les mêmes l'adore L'ou piété, d mais il sans la porte à Nous gards re nous ép qui pèse aussi (in:

ment s’o soins. ( Sauvage les sern souvent demand:

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cas, le pain est le plus puissant appât pour les attirer à l'Evangile. La charité, mise en a tion, la première vertu, qu’il commaude, vaut beaucoup mieux, qe celle, qu’on preche simplement. Il faut leur montrer comment ils peuvent vivre; et jouir, honnêtement, sur la terre, avant de leur annoncer les béatitudes du Ciel. Le premier pas conduit naturellement au second; car, dans cette Providence, qui les nourrira tous les jours en paix, sous un nouveau système de vie. ils ne tarderont pas à reconnaitre une Divinité réelle qui les secourt, et ils se porteront d’euxmêmes à la mieux connaitre, à la remercier, et à l’adorer.

L'ouvrage de Monsieur Morse, brille d’une piété, d’une philantropie vraiment exemplaires, mais il manque de cette philosophie, directrice, sans laquelle tout édifice physique, et moral porte à faux. ou sur une faible base.

Nous parlous souvent du Ciel, mais nos regards retorbent toujours sur la terre. C’est. que nous éprouvons,. à chaque anstant, des besoins, qui pèsent sur notre existence : et un homme aussi matériel, que le Sauvage, doit naturellement s'occuper encore plus, que nous,de ces besoins. Ce sujet me rappèle, Comtesse, un Chef Sauvage, qui, un jour que l'interprète lui reudait les sermons de Monsieur Morse, en repétant souvent le mot PBrble, se tourna vers lui, et lui demauda, en l'interrompant: est-ce que cela est une chose qu’on mange,

Les Missionnaires Français, dans le Canada, se couduisaient, en général, par ces principes : et aussi sont-ils ceux, qui ont fait le plus de prosélites parmi les Sauvages, et les seuls, qui sont encore en vénération dans leur mémoire.

Après la rivière aux Renards, des rapides se poussent l’un l’autre. jusqu'à l’eudroit, où ua archipel les arrête. Le fleuve offre iri l'image. en petit, de cette mer, qui fut un théâtre si glorieux mm

aux anciens peuples de la Grèce, dans leurs luttes devant Salanine, et Arthémise, contre les Darius. et les Xerxès ; et qui l’est encore aux Grecs modernes contre le despotisne et la tyrannie du cruel Ottoman.

Il est étonnant comme ce fleuve réunit tous les traits du Grand, du Beau, du Touchant et du Merveilleux. [Il embrasse ici, dans une enceinte spacieuse et riante, quinze îles, qui rivalisent de beiuté entr’elles. La Nature semble se complaire au milieu d’elles, comme Michel-Ange devant son Jugement Universel, dans la Chapelle Sixtine, lorsqu'il s’écria, en contemplant son ouvrage: * [l'est beau…....quoique terrible.”

Les Sauvages,eux-mêmes.s’y sont arrêtés avec quelque signe d'émotion, ou du moins, ils semblaient être sensibles à la mienne.

J'aurais eu ici une belle occasion de perpétuer aussi mon nom dans ces contrées Sauvages, en le donnant à ce lieu enchanteur, et vous serez peut-être surprise. que je me sois entièrement négligé. Les hommes, Comtesse, disposeront de mon nom, après ma mort, comme Dieu de mon âme, suivant que j'aurai bien ou mal mérité. pendant ma vie; et je laisse à mes amis. et à ceux, qui ont pu connaître mon cœur, le soin de défendre ma mémoire, si jamais des hommes inju tes, ou aveuglés par les préjugés, osaient l'attaquer. D’ailleurs un promeneur sans prétentions, comme moi. et qui écrit ces lettres sur ses genoux. etau milieu des déserts, comme César écrivait ses commentaires sur le pommeau de sa selle, et au milieu du tumulte du camp, ne dit prs s’élever à la hauteur de DT euh célèbres, et d'écrivains de profession. Ne pensez pas non plus, Comtesse, qu’en rappelant César, par un à-propos. je me croye son rival de gloire.

On trouve encore des rapides violens à sept ou huit milles de cet archipel. Les Sauvages les bravent avec une hardiesse, une dextérité sur:

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prenantes. Ils font c< qu’ils veulent de leurs canots. Je trouvais souvent de nouveaux sujets d’admiration dans notre petite flottille, de batimens de cartou, qui, éparpillés ça et là sur lc surface des flots agités. me rappelaient sans cesse, par leur forme. et leurs divers mouvemens. quelque souvenir de l'Antiquité.

Le soir du 27, nous nous arrêtâmes à un endroit, où un chevreuil, que mou chef tira du canot, était allé mourir; endroit également délicieux. où nous conduisit encore le hasard.

Partout il est des momens. où l’homme a besoin de s’abandonner entièrement à ses pensées, mais encore plus, lorsqu'il a été pendant quelque tems parmi des peuples barbares, et au milieu des forets, et de lieux déserts. Je montai «ur une petite hauteur, qui domine l: fleuve, et le pays, et j'y établis tout seul mon camp. Le matin assis sur mon lit, fait parles mains de la Nature. la tête appuyée contre un arbre. qui était mon pavillon, je voyais renaître cet astre bienfaisant, qui revient tous les jours ranimer la Terre, et les hommes de ses rayons vivifians. Oh! qu'il était beau après tant d'orage! Je vovais les vapeurs de l’aube se dissiper, en fuyant devant lui, et je contemplais daus un nouveau bassin, formé par le fleuve, un nouvel ouvrage de la Nature, aussi ravissant, que siugulier.

Une île, qui au milieu du fleuve, d’une figure pentagone. présente le modèle du plus bel ouvrage, qui soit sorti du génie et du crayon de notre célèbre Vanvitelli, le Lazaret d’Ancone. Je dis le plus bel ouvrage. car par l’art magique avec lequel il a su distribuer si admirablement et si commodément le service et sanitaire, et commercial, et par les difficultés, qu’il a vaincues pour y parvenir, je le préfère aux édifices étonpans du palais de Caserta, et du pont de Mata- Jone. Que mon lit était beau !.... Et la nuit mème

offrait sbvént à mes veilles des objets intéressans, et toujours des pensées, qui ne naissent point dans les alcoves du Luxe.et de la Molesse. da lune et les étoiles répandaient des nuances magiques sur des tablearx enchanteurs; et lors méme, que le Ciel orageux rendait ma situation génante, je sentais dans mes souffrances, quel-

ne choseiqui m'élevait au-dessus de moi-même, Colis qui croupit sous la pourpre et l’hermine, m'aurait peut-être envié.

Les Sauvages appèlent cet endroit Anikitou-

cion, où le Grand Echo. qui toutefois est beaucoup inférieur à celui du lac du Cèdre Rouge. Il est environ à 25 milles au-dessous de l'archipel. Près de là une autre rivière considérable, également sans nom. desc£nd de l'Ouest ; on trouve ensuite du même côté celle de l'Eau Claire, Æawanibio-sibi ; et on nom répond à sa limpidité. La rivière Æapitotigoya-sibr. ou la Rivière Double, qui a son embouchure à l’Est, et qui vient des milles lacs est le terme du voyage sur le Mississippi du Père Hennepin, le premier qui le remonta jusqu'à cette rivière, et qu’il nomma St. François, du jour, peut-être, qu'il la découvrit. Elle est environ à 65 milles du fort St. Anthony. Une île bouche presqu’entièremert son embouchure., C’est une rivière considérable, ainsi que celle des Corneilles, qu’on trouve à cinq milles lus bas, à l'Ouest, Les Cypowais l'appèlent Pootipeasi ou la Rivière des Sioux, car ils s’y rencontrent souvent, et elle a été plus d’une fois teint : du sang des batailles, comme la Rivière saiglante. Ici je vis un ours sur un arbre, Mon fusil et celui du Chef, mouillés comme à l'ordinaire par la pluie, ne firent pas feu, et il se sauva. Dans cette saison, où il n’y a plus de fruits, l'ours revient aux glands, et il grimpe sur les chênes pour choisir les plus tendres. J’aurais été bien aise de tuer un ours perche comme un petit oiseau. |

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Dans la nuit du 29, tout était glacé autour de nous; il faisait déjà des froids terribles, mais je croyais avoir chaud, en voyant ces corpf nus, enveloppés la nuit, comme le jour, dans une seule couverture, ou dans une peau; qui malgré leur dextérité à s’en servir. leur échappe souvent d’un côté, tandis qu'ils cherchent à s’en couvrir de l’autre ; et il ést rare même, que cette couverture soit entière. car lorsqu'ils ont besoin d’un morceau de chiffon pour nettoyer leur fusil, ils le prennent dans cette seule garde-robe,

Le matin-je tuai une Bête-Puante, que les Naturalistes appèlent, je crois, Mouffette. C’est un animal, qui mérite que je vous en dise deux mots.

[l'est de la grosseur d’une petite loutre, ayant presque sa longueur, mais le museau beaucoup plus long, et pointu. et les jambes encore plus courtes. C’est ce qui l'empêche de courir assez vite pour fuir le chasseur, qui le surprend, d'autant plus facilement, que n'étant pas amphibie, l’eau ne peut lui offrir un refuge. Mais la Nature lui a donné une arme puissante pour repousser son agresseur, la puauteur insupportable d’une humeur, qu’il cache sous sa queue, comme le serpent cache son venin sous son palais, et qu'il lance sur l'ennemi qui le poursuit, avec une telle force, qu’il l’en atteint quelquefois à 60 pasde distance. Les Naturalistes prétendent, que c’est son urine, mais ils sont dans l'erreur sur ce point, comme sur bien d’autres; ce qui arrive lorsqu'on etudie la Nature du fond de son cabinet.

J'ai fait la dissection de cet animal, et j'ai trouvé cette humeur dans une vessie, tout à fait separée. J'ai failli être suffoqué par l’horrible odeur, qni s’exhalait, et qui infectait l’air pendant l’op ration. Elle saisit les sens, et le cœur. Si un habit en est atteint, toutes les essences, et les lessives du monde, ne sufliraient pas pour le

desinfecter; et ce qu’il y a de remarquable en. core, c’est que cette odeur ne s’affaiblit Jamais, avec le temps. Les Sauvages n’ont trouvé d'autres moyens d'enlever cette puanteur, qu'en enterrant, pendant quelques jours, leurs hardes, Ce qui est encore plus digne d'observation, c’est, que cette bête plus elle est en colère, ou en danger, plus elle pue ; comme les Negres. qui jamais n’exhalent si fortement la puanteur, qui leur est propre, que quand on les bat, ou on les irrite: c’est l’effervescence, ou l’ébullition, qu’. éprouve aussi l'humeur bilieuse dans un homine mélancolique, ou atrabilaire, lorsque les pas. sions, ou le chagrin, le rongent,

Après avoir passé le confluent de la Rivière Missayguani-siby, ou de l'Eau de Vie, à l'Est, et d’une autre, qui est inconnue, à l’Ouest. je me rapprochais de ce grand spectacle de la Nature, dont je vous ai parlé dans ma quatrième promenade, des Chûtes de St. Anthony. On entendait le bruit de cette masse énorme d'eau, qui se précipite avec tant de force, que les rochers, ne pouvant rési:ter à son impétuosité, cédent, et se brisent. Déjà je voyais s'élever des flots écumans ce brouillard épais. qui dérobe l'horizon à la vue. La force du courant entrai. nait déjà nos canots avec une vitesse alarmante ; et je discernais enfin, à travers les arbres, et dans un lointain agréable, le toît d'une maison,

ui indiquait un lieu habité. C'était le moulin de la garnison du Fort. Mon âme, encore re n. plie de tout ce qu'elle avait vu de grand et ie terrible, pendant l’espace de trois mois, à travers de déserts éternels, parmi des peuples barbares, et dans des régions inconnues, était agitée d'émotions, dont je pourrais, à peine, me rendre compte.

La vue de cet objet, qui m’annonçait l'ap-

roche de l’homme civilisé, me faisait éprouver es sentimens opposés. Je regrettais l’indépen-

dence méme t pire de À prè nière t gatis ya qui sci mo! ba Je pus, ment. q preté n peut êtr Ma tête gue ave( souliers d’Orign animal, personn Mes :

la maniè fusils cl Cantilène monieux De fu répandu festant, l'agitaie râmes à diter.

A l’ar cendirer velles, même, q ma peau et toute guiseme!

physionc des senti Tagliafe tueuse ;

dence de la vie sauvage. et je tréssaillais en même temps. de joie, en m’approchant de l’empire de la civilisation.

A près avoir franchi le portage, je fis ma dernière toilette sauvage ; c’est à dire je me rasai sans savon.et sans miroir, et avec des rasoirs, qui sciaient. aulieu de couper le poil. Je pris mos bain dans le fleuve. et m’habillai comme je pus, pour raparaître au fort le plus décemment. qu'il m'était possible. Mais la’ malpropreté m’environnait de tout côté. Elle a été, veut être, la plus grande de mes souffrances. Ma tête était couverte d’une écorce d’arbre, cousue avec de l'écorce. en forme de chapeau. Des souliers, une ‘veste, et des pentalons de peau d’Orignal, cousus avec des muscles du même animal, achevaient le portrait grotesque de ma personne.

Mes sauvages annoncèrent leur approche de la manière accoutumée, c’est à dire, à coups de fusils chargés à balle ; avec des huées et des Cantilènes, accompagnées de leurs tambours harmonieux. .

De funestes rumeurs sur ma personne s'étaient répandues au fort, et le jeune Snelling, en manifestant, à son retour, les mêmes craintes, qui l’agitaient sur mou sort, lorsque nous nous séparâmes à Pembenar, avait contribué à les accréditer. Ces Messieurs me croyaient perdu.

A l’arrivée de la flottille, toos les officiers descendirent du fort pour demander de mes nouvelles. Ce fut le prétendu mort, ce fut moimême, qui leur repondit.en me debarrassant de ma peau. dont je m'étais us à la sauvage, et toute ma figure se prétait fort bien à ce déguisement. Je vis dans l'expression de leurs physionomies, et un mouvement de surprise, et des sentimens d'intérêt, et d’amitié. Le bon Mr. Tagliaferro m’emhrassa d’une manière affectueuse; et le Coivnel, sa respectable épouse, et

ses enfans me réçurent avec de démonstrations de la plus vive Joie. J’en fus ému, et repandis des larmes d’attendrissement, et de reconnaissance. Ce fut la première ‘ois, depuis que la destinée abreuve monexistence d’angoisses, et de douleur, que je revis une lueur de ces beaux momens, que me preparait l’Amitié, la plus rare, toutes les fois, que je retournais de mes absences, en Italie... Et pendant le peu de temps, que je demeuraï encore parmi eux, je ne trouvai rien de cette contrainte, de cette politesse froide et empruntée, que les Anéricains, en général. ont coutume d’affecter, surtout envers les étrangers, et qui. comme une rouille, ternissent leur bouté naturelle, et diminuent le prix de leur bienveillance.

Mes Sauvages arrivèrent à tems ; nous y trouvâmes des députations pre:que de toutes les bandes lointaines de Sioux, qui déployaient un spectacle nouveau, et ième très imposant, par la pompe et les divers costumes, que ces diffé.

rens députés étalaient daus l’assemblée, où ils étaient tous réunis pour représenter devant Mr, Tagliaferro leurs hommages. leurs plaintes, leurs prétentions, et leurs vœux. [ls fumèrent de nouveaux calumets de paix, et j'en fus encore témoin. Dieu sait, combien d2 fois elle aura déjà été violée au moment où je vous en parle.

C’est par ces mêmes députations, que je vérifiai la justesse de la pensée, qui m'avait frappé soudainement, lorsque mes deux Cypowais furent attaqués sur la Rivière Sanglante ; mais ils voulurent ajouter, que ce fut aussi par respect pour moi, qu'ils.avaient abandonné le champ de bataille. Je fis semblant de les croire, et je les remerciai très humblement, avec quelque présent de tabac, Ils me dirent, en outre. que je n'avais pas mal fait de me faire distinguer, en descendant du Lac des Sables, par le moyen de mon parapluie en pavillor, car autrement j'aurais eu

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à essuyer une autre grêle de coups de fusils, et de flêches. Je n’oubliai pas mon Bois Brulé auprès de Mr. l’Agent Tagliaferro; sa malheureuse famille intéressait vivement mon cœur.

Il m’objecta d’abord ses mauvaises qualités, son aversion pour les Américains, et ses liaisons avec les Anglais. Tout cela était vrai; et je n’entrepris nullement de lg justifier. Mais.un ennemi dangereux, qu’on ne: peut pas soumettre, il faut le caresser. C’est la maxime je crois des plus grands politiques. J’ajoutai que ç’avait. été aussi l'opinion de Hérennius, lorsque ses Saninites lui demandèrent ce qu’ils dévaient faire des Romains, qu’ils tenaient serrés dans la. Vallée Caudine; et qu’ils s’étaient mal trouvés de ne l'avoir pas écouté. Je me permis de lui observer en outre, que tant qu’on ne lui ferait pas gouter du pain Américain, il serait toujours tenté, dans l’occasion, de soulager encore sa misère . avec celui des Anglais. Qu’après avoir offert ses services inutilement, il deviendrait un eñnemi déclaré, car on pardonne la haine, mais jamais le mépris. Qu'il avait beaucoup d'’inflaence sur tous ces Sauvages, au milicu desquels il dominait seul; et qu’enfin il était un homme d’autant plus dangereux, qu’il réunissait beaucoup de talent à beaucoup de méchanceté. : Mr. Tagliaferro: demeura convaincu de la vérité de ces réflexions .et du sentiment qui les dictait, et me délivra ane commission, que je lui envoyai par le inoyen du Tems Couvert. Titus se plaignait avec raison d’avoir perdu là journée, lorsqu'elle s’était écoulée, sans qu’il eût pu faire: du bien à quelqu’ün, car les heures, qui nous rappèlent des bienfaits rendus à l'humanité, sont les plus douces, de la vies" .elles sont une source. intarissable de consolätions, qui ne nous abandonnent sur la terre, que pour nous conduire à d’autres plus grandes

ans le Ciel. à h 2:

Avant de quitter. pour toujours mon Roi Sau- Nn

vage, il faut, que j'ajoute encore un mot, à tout ce que je vous en ai déjà dit, afin de fixer autant que possible vos idées sur les sentimens ou l’instinct de ces peuples.

Vous avez vu dans ma précédente, que je lui ai sauvé la vie, au péril de la mienne, et que je lai empêché de consommer l'assassinat de son plus intime ami. Hen a parlé souvent, et avec beaucoup de mondé, mais ’amais il n’en a témoigné la moindre! recohnaissance. Un chien, en pareille circonstance, n’aurait cessé pendant longtems de me marquer la sienne, par les mouvemens de sa queue. Jé lui fis quelques prêsens pour le récompenser d’avoir été mon pilote; mais je donnai à mon aütre guide ia marmite, que j'avais acheté au Lac des Sables, pour le punir, en riant, de ce qu’il avait donné la première, si à contre-tems, à son partisan. Il se tourna, sans entendre badinage, et me dit avec fierté: Tu nous as reproché souvent d’être trop vindicatifs, mais nous le sommes pour quelque chose qui en vaut la peine, tandis que vous autres Blancs, vous l’êtes pour peu de chose. Ma présence les avait garantis deux fois des embüches des Sioux, sur la Rivière San-

lante, et sur le Mississippi, près de celle des

lumes de Corbeau, où ils les guêtaient, et les avaient épargnés seulement par égard pour mon parapluie. Et bien, avant de partir, ils me dirent, w Tu nous fais faire toujours la pair avec les Sioux, pour qu’ils puissent nous assassiner avec plus de sureté.” Cependant, Comtesse, je crois toujous, que les Cypowais, en général, sont moins barbares, et moins méchans que les Sioux, et peut-êtres plus braves.

J'aurais voulu reprendre ion projet, de passer du Fort St. Anthony, à celui de Council Bluff, sur le Missouri, à travers les déserts, qui les separeni; mais, oùtre que la saison était déjà trop avancée, dans ces climats, excessivement froids, la guerre régnait alors dans ces

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Une nouvelle compagnie Americaine, sous; la dénomination de Missouri Fur Company, vient d'imaginer un nouveau système de spéculation dans les pa;s Indiens, qui est un nouvel attentat à la propriété de ces peuples, et ajoute encore aux vexations, que la cupidité des nations civilisées exerce sur eux depuis la découverte de l'Amérique. Cette compagnie a soldé un ramas d'hommes pour faire la chasse eux-mêmes dans lesendroits, oùelle estle plus abondandante, pour usurper conséquemment, et détruire les seuls moyens d'existence, qui restent à ces malh :ureux, auxquels Mr. Morse voudrait donner en échange cette Bible, qu’on profane à chaque instant à leurs yeux, Cette légion d'élite fut attaquée bn Juin dernier par les Sauvages Rikaras. El:

eut beaucoup de morts et de blessés, et, le temps de faire retraite. Le Colonel Leavensworth, commandsat le fort de Council Bluff, fut appellé à son secours. 1l remonta immédiatement la rivière avec 300 bommes, mais arrivé près du campement des Sauvages rebelles, péuétré peut-être de l'injustice de cette entreprise, au lieu de venger le sang et le nom Américain, il leur accorda la paix; et maintenant la guerre n'existe, que dans les journaux, entreilui et les agens de cette compagnie.

Je suis parti le 3 Octobre du fort St. Antony. Quoique j'aie la plus grande aversiôn pour retourner par le même chemin, néanmoins le Mississippi m'a frappé de nouveaux charmes, et je ne pouvais cesser de l’admirer encore. Quel beau Fleuve !.. quel grand Fleuve !.

Notre navigation fut très heureuse, dans un Keel-boat, ou barque pontée : et des Messieurs, qui sortent de l’Académie Militaire de Wesrpoint, du coté de New-York, et que j'ai trouvés à la Prairie du Chien, où ils avaient conduit des

contrées, et pouvait rendre dangereuse ma re-.

recrues par la voie des lacs, et de l'Owisconsins, ont été pour moi une trés bonne compagnie.

Îl8 passent avec le grade d’officier au fort du Council Bluff. Ils sont très instruits, comme tous ceux en général, qui sortent de cet établissement, qui est l'Ecole Poljtechnique des Etats- Unis. Quel dommage, comtesse, qu’ils aillent se perdre dans les pays sauvages! éloignés de la bonne société, environnés d’une espèce vicieuse et dégénérée, comme tous les Sauvages qui avoisinent les établissemens civilisés ; livrés à eux-mêmes dans un âge encore susceptible de de'toute sorte d’impressions, il est à craindre, qu’ils n’oublient bientôt les connaissances qu'ils oût acquises, et qu’à la politesse, aux principes de moral, et aux sentimens élevés, qu'ils apportent avec eux, ne ‘succède en peu de temps, l’avilissement, l’intempérance et le libertinage. Le gouvernement, à mon avis, a un grand reproche à se faire, de ne pas avoir un professeur de mathématiques à Council-Bluff, et un autre au fort St. Anthony, pour continuer d’instruire ces jeunés officiers, qu'on-y envoie. Outre, qu’on les soustrairait, par ce moyen, aux'dangers de l’oisiveté, on ferait des hommes utiles aux Sauvages, à la Patrie, au gouvernement et à lo Société; et on épargnerait bien des dépenses d' Expéditions.

De St. Louis, où je suis arrivé le 20, je me suis rendu ici, pour jouir d’un meilleur climat et de quelque repos,

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voir, qi hio jus.

décrit | des po que, m vous e rêver c commu et sèm tones d ai parlé rables, jusqu’à arrêter d'être r peindre pour in graphe:

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