‹ La découverte des sources du Mississippi et de la Rivière Sanglante [microforme]Chapitre 9 sur 35 · LETTRE IL · texte numérisé non relu

LETTRE IL

* De l’Embouchure de l'OHIO à ST. LOUIS.

St. Louis, sur le Mississippi, 2 Avril 1823,

Daxs ma dernière, je vous ai laissé au con-

-fuent de l'Ohio et du Mississippi, où j'attendais

Mun steam-boat. Il arriva, et fit prendre à ma pro- Imenade une direction, tout-à-fait contraire à elle, qui semblait être determinée. |

4. Cette-fois-ci, Comtesse, vous admettrez, à la fin. ma profession d'ignorance sur l'avenir, sys- Mème, qui n’influe aucunement sur ma conduite, hi sur mes principes. qu’en ce qu'il m’oblige de Ménager mes resolutions,et mes projets avec plus Me circonspection et de prudence, et que des

.Mméchans se sont plu d’accuser de fatalisme.

%. Toutes meslettres de recommandation, celles “Me crédit, la compagnie à laquelle je m'étais pssocié, le steam-boat les Etats-Unis, qui devait Ame rejoindre sous peu, tout, enfin, paraïssait de- ‘Hoir me conduire à la Nouvelle-Orléans, aux bouthes du Mississippi, et j’y étais même attendu

our passer au Méxique; et bien, Comtesse, je

Monte vers ses sources.

4 Le seam-boai, qui arriva, était le Calhoun ; il Henaitici. Le Général Clark, digne frère de ce- Mui, que j'ai mentionné dans ma précédente, et le Major Tagliaferro, étaient parmi les passagers. M'appris, qu'ils étaient souvent parmi les Indiens, 1#omme étant chargés, parle Gouvernement, d’insbections relatives à ce département. Il n’en falut pas davantage pour m’induire à les obséder #'un million de questions, sur ces peuples. Ce que j'avais lu de leurs traits extraordinaires et “inguliers, avait excité, dès mon enfance. tantôt

mon étonnement, tantôt mon incrédulité; ce que

es Messieurs eurent la bonté de m'en dire, ré

mans

names,

+ EE am, qu (l

veilla et mit en action une curiosité, qu’il était dans mes projets de satisfaire, avant de quitter l'Amérique : jamais occasion plus belle ne pouvait les secouder, et rien, à mon avis, w’est plus intéressant pour un étranger. Je me décidai à les suivre. |

Mais avant de vous faire remonter cette fameuse rivière, Reine de l’Amérique Septentrionale, il est bon de savoir où nous sommes ; car les choses, comme les hommes, changent parois de nom, en changeaut de maître. L’aunée pas.

sée, à la Rochelle. on me dit, que Napoléonville n'existait plus. Je croyais qu’elle avait été engloutie par quelque tremblement deterre, Arrivé à la capitale de la Vendée.je trouvais qu’elle était encore telle, qu’elle avait été bâtie par ce. lui qui n'est plus; dont Pambition, et le des. @ potisme, auraient dû convaincre les Monarques 4 de la Terre, que ces deux vices sont aussi fupestes aux trônes, qu'aux peuples, et à qui il ne manquait, que d’être modéré. pourêtre Grand : on avait seulement rebaptisé cette ville, comme les Auabaptistes, sous le nom de Bourbon-Vendée, À Paris je m’informaïs en vain, pendant plusieurs jours, d’un Monsieur, que javais intimement connu sous le nom de Mr. L.... Mais j’avais beau le chercher: depuis le retoar du Roi, il s’appe. lait Le Comte de la G.... Et notre pauvre feu Ro-. yaume d’Îtalie,on Pa morcelé en autant de noms, 8e qu’on lui a donné de maîtres.

Nous sommes entrés, Comtesse, dans ce pays, qui fut découvert sous le règne des Mazarin et des Louvois, des Montespan et des Maintenon, et que la flatterie appela Louisiane, pour hono. 4 rer le nom de ce Roi, qui ne fut Grand, que dans les panégyriques de ses courtisans, dans les vers de ses pensionnaires; et dont les bons:mots, % qu’on a taut fait valoir, et qu’on lui a souvent / 1 prètés, ne suffisent pas pour couvrir ce qu'ila fait. de bien mauvais ; dans ce pays, dont la par-

qu'il était | de quitter lle ne pou- , n’est plus e décidai à

er cette fa- Septentriommes ; Car gent parfois ’aunée pasapoléonville vait été enterre. ÂAravais qu’elle âtie par ce- . et le des.

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dont la par |

tie à l'Est du Mississippi, fut cédée, avec le Cahada. aux Anglais. par le traité de Fontaineblau, £n 1762, après cette guerre malheureuse, dans laquelle Louis XV perdit la Nouvelle France en Amérique, et ruina l’Ancienne en Europe; et Qui fut un des foyers dé cette révolution, qui ne Besse encore.et ne cessera pour longtems de l’af- MBiger. La partie occidentale, avec la Nouvelle- Prléans. fut cédée à l'Espagne, par un traité se- @ret, en 1763 ; c’est ainsi que le cabinet de Ver. “failles, voulut Findemuiser des grands sacrifices, ’elle avaït ‘faits, en co-opérant conformément Qu fameux Pacte de famille de 1761.

4 La guerre de l'Indépendance, dans laquelle les Etats-Unis triomphèrent des Anglais. et qui it avec la paix de: 1783. dépouilla’'les derniers @ faveur des premiers, de cette même partie de Louisiane, qui leur avait été cedée par les ançais. Napoléon acquit, en 1801, tout ce qui “appartenait à l'Espagne.

# Comme les grands préparatifs, qu'il avait faits, ‘our y exécuter ses grands projets, furent arrès, dans les ports de la Hollande, par la guerre, Qui succéda presqu’aussitôt à la paix d'Amiens : Mcette paix, que les Anglais n'avaient conclue, Que pour gagner du tems, et se mettre mieux en Bésure, il vendit tous les droits, qu’il y avait, aux ats-Unis, par un traité de cession, en 1803. Et, @æ cette manière. ces derniers sont devenus, ex- Ælusiment, maîtres du cours entier de cette ande rivière, et, conséquemment, de toute la Bouisiane.

C'est l'acquisition la plus importante, que les tats-Unis aient pu faire ; car une nation étranre, possedant les embouchures du Mississippi, rait pu ruiner, en les leur fermant, toutes ces ntrées occidentales et septentrionales. Le m de Louisiane n’est resté, qu'au petit Etat, nt la Nouvelle-Orléans est la capitale: le este de cette province immense a été divisé en Btats, et en Territoires.

Les Français avaient compris dans la Loui.

siane tout le pays, qui s'étend des sources aux embouchures du Mississippi, du Nord au Sud; et, de l’Est à l'Ouest, des Apalaches aux montagnes, à l'Est du Nouveau Mexique. Profitant de la bulle, célèbre par sa justice, qu’Alerandre VI, avait accordée aux Espagnols, ils s’approprièrent, par droit de découverte, les pays découverts et à découvrir, et rebaptisèrent même, comme un neophite, le Mississippi, sous le nom de rivière de St. Louis. Les Anciens auraient

| son nom aborigène aurait été inscrit dans le livre | sacré des hiérarchies célestes.

| Les Américains, set hérétiques, et rebelles à l’autorité des Papes, en ont fait au- | tant, récemment, des pays, qui s'étendent depuis | les sources de la Colombia, jusqu’à ses embou- | chures, dans la Mer Pacifique; car, tout ce qui | est utile, semble s’accorder facilement avec toutes les réligions, avec toutes les politiques. Par cette grande accession, beaucoup supé- (ll rieure en extension à ce que les Colontes À | os possédaient avant la guerre de l’Indépen- | dance, vous pouvez vous faire une idée, Com- H tesse, du vaste empire, dont les Etats-Unis, par

Re ue

tagé la souveraineté, er: différens Etats, con:centrant leur Gouvernement général dans la ville

1 . années en Amphictyons, et chaque Etat ayanten mème tems son gouvernement particulier, comme la Ligue des Achéens. Vous pouvez, également, vous faire une idée des pertes immenses, que la France y a faites, depuis 1763. Maintenant,

| | Comtesse, nous pouvons suivre notre promenade

HE moins aveuglement.

‘Ohio, de ce palais des fées, où, comme dans

placé parmi leurs dieux un si grand fleuve, et

une magie politique toute nouvelle, se sont par- * M

| neutre de Washington, où, comme les Grecs à Delphes, les Américains se réunissent toutes les

Nous partimes, le 17 mars, de l'embouchure de

8 la Louiurces aux ‘d au Sud; ux montarofitant de rxandre VI, approprièays découent même, ous le nom 1s auraient fleuve, et ans le livre

es, et rent fait aulent depuis ses emboutout ce qui nt avec touiques.

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s-Unis, par se sont par- .

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lier,comme également, nses, que la

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bouchure de *

omme dant

… l'île de Circé, on est enchanté des beautés, qui J'habitent, mais sans devenir pourceaux.

L'aspect, en nous en éloignant, en était égale- 7 ment magique ; les eaux, qu’une alluvior avait “extraordinairement grossies, en couvraient les -Wpilotis, et formaient un Océan tout autour; la pluie tombait à verse; ces incidens, aü milieu de le solitude la plus silencieuse, concouraient à nous offrir l’image d’un nouveau déluge, et d’une nouvelle arche.

+4. Birds-Island, ou l’Île aux Oiseaux, ouvre, pour ainsi dire, la marche, et, par ses traits touchans, “prépare les yeux et l'âme du spectateur aux doux fentimens, au merveilleux pathétique, dont cette fivière majestueuse les frappe, par intervalles, et ns monotonie, dans l’espace, que je l’ai parpourue jusqu'ici.

, Celles des Deux Sœurs ( Two Sisters, ) de la nt du Chien, ( Dog Tooth,) la suivent de près, us des formes différentes, et vous conduisent insensiblement à l'Île Auglaise, (English. Island,) ‘Qui rappèle le premier endroit, où les Anglais ‘rent un petit établissement, sur cette rivière, fn 1765, pour en attester la prise de possession, hais qui fut presqu’aussitôt détruit par les Sauages, qui ne pouvaient oublier les Français, Sont ils aimaient et aiment encore les manières; et détestaient, comme ils les détestgnt encore Sans le fond, tous les conquérans qui leur suc- Mpèdèrent. | 4: Le cap La Croix, à 40 milles environ du con- . fluent, s'élève sur le bord occidental pour offrir Po promontoire pittoresque ; et à peu de disfauce, du même côté, le Cap Girardeau présente ë aspect non moins intéressant. Ces deux en-

@roits, ont été ainsi nommés par les premiers Français, qui les virent en 1674. Ils avaient été Wenvoyés par Mr. de Frontenac, Gouverneur du anada, qui avait sr des Sauvages, qu'une rande Rivière coulait du côté du Nord, et qui n'allait

ni vers l'endroit, où ls Grand Esprit se lève, ni vers it celui où il se couche. La petite ville. qui vient de ” naître au Cap Girardeaw, est tout à fait fille des Etats-Unis. Elle prospère, et sa population a augmenté de plus du double, depuis peud’amiées, C'est un des effets salutaires de la tolérance des épinions politiques et religieuses: 1 y a -beauéoup d'étrangers, et l'Europe va lui ‘en fourir éncore davantage ; car le despotisme et l'escla. vage, semblent y conspirer de plus en plus,

Vous savez. Comtesse, que je ne suis pas Fa.

mi des républiques, dont les conséquences: im. médiates sont, souvent, le: Sansculottisme et les factions, les plus grands fléaux de la société, et de la prospérité des peuples. : Des deux despo. tismes, le Républicain et le Monarchique, ce dernier est le moins dangereux ; caribest:plus facile de dompter les passions d’un seul, que celles de plusieurs à la fois. Les réactious du despotisme Républicain,se montrent plus atroces ét plus eruelles, en géniérah, parcequ’elles sont les effets et les causes d'uir plus grand nombre : 8 de passions et d'intérêts particuliers. Dans les . 86 ji} Républiques, la Tyrannie ne cesse presque ja I mais avec Îles tyrans, et leurs coryphées sont presque toujours plus méchans, que les pius mé: chans des Rois. L'histoire en offre des preuves convaincantes, et celle des trente T'yrans de la (il Grèce, des Triumvirs de Rome, des Cordeliers, des Jacobins, des Girondins, des Marseillais dé la France, autorise à croire qu'ils se sureëdent UE ävec moins d'interruption. De plus, en Turcuie, 1] et à Marräci le peuple, connaissant sous quel | despotisme il est destiné à vivre, réussit parfois | à se mettre en -mésuré, pour en éviter, sinon en

l | tout, du. moins en partie, la eruauté et Poppres Al sion ; tandis que les Grecs. les Rornains, et les

| Français, en croyant être libres, s'endormnient all gur leurs dangers, et sut lés moyens de se pré nl munir coutre les Lysandre et les Calibius, eon-

lève, ns vers pui vient de ait fille des opulation a sud’amiécs, lérance des H y a -beau- ‘en fournir e et l'escla- 1 plus.

suis pas Pajuencés: imtisme et les na société, et eux desporchique, ce ir ibest: plus n seul, que réactious du plus atroces u’elles sont

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iHbiue, eon-

si 33

lire les Sylla et les Marius, les Marc-Antoine et les Octave, contre les Petion, les Brissot, les Danton, et les Robespierre. Mais si je déteste J'anarchie des Républiques, je voudrais, pour- Haut, que les Rois fussent plus vertueux, plus Justes, et plus raisonnables, qu'ils se rappelasent, que leurs sujets sont des hommes, faits “comme eux, à l’image du Créateur commun, et Le voulussent bien se convaincre, que plus vi-

Bent oculi quum oculus. J'étais à Rome, lorsque

“Motre célèbre Abbé Mai découvrit, sur des pa- Miusestes de l'Antiquité, les fragmens, De Republju de Cicéron. Ce quigae tomba sous les yeux d'abord, de ce sublime ouvrage, fut sa maxime :

&Opiimam puto esse rempublicam, quæ ex tribus ordi-

Gnibus constituta est, Regal, Équestri et Populari.” Waime d'autant plus.cette forme de gouverne- Bent, qu'elle forme, avec celui des peuples, le Monheur des souverains, la science de leurs de- Hoirs, et le repos de leur âme, qui influe beau- Roup sur celui des peuples. Un Roi, guidé par ges trois oracles, precqu'iufaillibles, parcequ'ils lervent l’un à l’autre de balance et de contre- Moids, à, comme dit Fénélon, le pouvoir absolu 8e faire le bien, et les mains liées, 8’il voulait faire Moual. Les lois lui confient les peuples, comme £ plus précieux de tous les dépôts, à condition qu'il sera le père de ses sujets. Et le Bramine bspiré lui parle ainsi : « Favori du Ciel, toi, à qui les fils des hommes, tes égaux, ont corfié le souverain pouvoir ; toi, qu'ils ont chargé du soin de les conduire, regarde moins l'éclat du Mraug. que l'importance du dépôt. La pourpre

hest ton habillement, un trône, ton siège : la Mcouronne de majesté pare ton front; le sceptre Sde puissance orne ta main; mais tu ne brilles Ssous cet appareil, qu'autant qu'il sert au bien Aide l'Etat” Un Prince, (disait quelqu’un, dont } ne puis me rappèler le nom.) un Prince, qui pire au despotisme, aspire à mourir d'ennui.

Dans tous les royaumes du monde cherchez. vous l’homme le plus misérable du pays? AL … lez directement au Souverain, surtout s’il est ab- . solu. C'est bien la peine de faire tant de mé. coutens, de malheureux, pour vivre entouré de la méfiance, de la crainte,etde la haine de ses sujets! ‘€ Sentimens également dangereux au bonheur de l'Etat, et à la sureté du trône. ù Ma lettre devient un sermon, Comtesse, et, ce ui est plus singulier, dans une promenade ; mais e désir du bien public, et de quelque tranquillité particulière, parle aussi dombninent ang les forêts et les sfeam-bogts, que dans les grandes villes et les parlemens. | .

La ville de Ste. Geneviève, qui est à 60 milles L: de la dernière, également sur la rive occiden. 4 tale, environ un mille dans les terres, offre les mêmes phénomènes d’aisance, et de population, et ajoute aux mêmes réflexions, et aux mêmes conjectures.

La politique de Carstlereagh, ou de l’Angle. 4 terre, en dounant le triumvirat à l’Europe, à fixé " je crois, dans l’histoire, une des plus grande: #4 fautes du Cabinet de St. James ; car elle a frappé (4 d’un coup mortel la confiance et l'influence, dont: + elle jouissait encore, en quelque sorte, surk 4 L Continent Européen, et ouvert aux Etats-Unis 4 r. ses grands émules, uné source presqu'intaris 4 sable de richesses et d'industrie. di Entre le Cap Girardeau, et Ste. Geneviève, o1 144 trouve l’affluent de la rivière Kaskaskia, qui des lo cend de l'Est, et donne son nom à un village,i x cinq milles de son embouchure, qui a été un de: & p

di GA

remiers établissemens des Français, dans k 198 vallée du Mississippi: presqu'aussitôt après, qu "44 les Anglais en devinrent les maîtres, en 1763,1 commença à tomber de sa prospérité. La popi ‘Æ@in Jatiou haïssant, cette nouvelle puissance, l’aban donna, et fut grossir les établissemens Espagnol aur la rive opposée. .

cherchez.

pays? Als’il est abtant de mé:

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4 Le fort Chartres, que les Français bâtirent à “grands frais, sur le bord oriental, et que les Amé- “ricains ont abandonné, comme inutile, n’est main- “tenant, qu’un modèle pour un tableau de ruines

. Hronantiques.

Des groupesd'îles, parsemées Ça et là, offraient ouventl’aspectde bouquetscharmans; ellessem- #laient sortir d’un foyer ardent, le soleil réfléchis- ‘Pantses rayons dans l’eau, qui couvrait la surface.

‘ A 145 milles de l’Ohio, un beau lointain, paré ‘le toutes les nuances de l'optique, vous rapbroche, comme par enchantement, pendant cinq Milles, du village d'Herculanum, et celui-ei vous

| Fe à son tour un paysage des plus variés.

S'il avait aussi un Vésuve, qui lui servit de coudonne, il serait aussi intéressant, et plus pittoésque, que celui, dont Portici et Résina count les ruines vénérables. Des tours formées r le roc, qui le ceint irrégz!ièrement, en ajou- Mant aux charmes de sa situation, ménagent aux Er une surprise intéressante par l'usage, 4 pe elles sont destinées.

à Du haut de ces tours, qui saillent du roctaillé pic, on jette du plomb fondu, qui reffroidit en #oulant dans l’air, s’arrondit, et tombe en pluie de perles, c’est à dire, formé en dragée. Les #ous grands ou petits du crible en fer, par où il Passe, lorsqu'on l'y verse bouillant, forment les divers calibres, qu'on désire en avoir. Une mine de ce métal a donné naissance à ce village, qui Augmente tous les jours en étendue, et en prosrité. | MA peu de distance d’Herculanum, le sfeam-boat farrêta à une petite chaumière, bâtie de troncs Parbres, placés horizontalement Pun sur l’autre, bt dont les interstices étaient bouchés avec un Néiment de terre, entremêlé de paille. Elle se com- Er d’un seul rez-de-chaussée, et son toit était Ë

morceaux de bois fendus au coin.

4 l'en vis sortir une Vame, très bien mise, sui-

vie d’une négresse, portant un enfant, enveloppe d'un linge très fin ; elle vint s’embarquer. Je crus rêver les contes du Noyer de Beuevento, lorsqu'on me dit, que cette hutte était sou habitation.

Je débarquai d’un saut, et la demande d’un verre d’eau de source, me fournit l’occasion de m'y glisser par la seule porte, qu’il y eût, etqui … me fit faire une profonde révérence. L'intérieur et l'extérieur offraient un contraste aussi frappant, que celui d’une dame et d’une chaumière, C'était la maison d’un petit fermier, (son mari) qui avait à sa charge sa mère, deux sœurs, et était père de deux enfans. |

Ce luxe m'étonna, et, me rappelant, celui que ! j'avais vu aïlleurs, et dont je vous ai parlé dans ma lettre de Washington, il me fit aussi refléchir, que la décadence de ce peuple pourrait être aussi soudaine, que son élevation. |

A 155 milles de l'Ohio, on trouve la rivière Marimak, qui descend de l'Ouest, et qui con:

duit à des mines de plomb, dont ses bords sont enrichis, jusqu’à une étendue considérable, dans les terres. ee

De jolies maisons de campagne. qui du haut de # riants coteaux, dominent la rivière ; des terres défrichées,quientrecoupent des bois et desforêts 1 la vue lointaine d’un assemblage considérable MN d’édifices, nous annoncèrent, dans la matinée du 21, que nous approchions de la principale ville de la haute Louisiane, et nous y arrivâmes à huit heures du matin. Elle est à 170 milles environ de l'embouchure de l'Ohio.

Des habitations, dont les toits saillent, à’ la chinoise, pour couvrir des galéries, qui les en: toutent à chaque étage, et qui se présentent assez R bien, quoique dans une architecture bizarre, in 8 diquent, Lo St. Louis était aussi quelque chose Æ sous les Espagnols; mais de nouvelles rues, un nouveau msvabé, de grands entrepôts, des mant: *

t, enveloppe ir actives, des jardins rians, et tous de arquer. Je Æate récente, annoncent, qu'il s’est beaucoup Beuevento, @ugmenté, depuis qu’il appartient à un Gouverait sou habi- mfement, où les lois ne distinguent que le mérite ; lun gouvernement, qui ne demande que ce qui t nécessaire aux besoins réels, et bien recons de l'Etat, et dont l’administration exécutive ést surveillée par un Séuat, par un Congrès,et par 4 jalousie d’un peuple soupçonneux, et méfiant, % Il est vrai que dans les Etats-Unis, et plus enre dans les provinces éloignées de la ‘capitale, a aussi beaucoup d’abus ; surtout dans l’ad- Ministration de la justice; dans le nombre et la @hicane désolante des avocats ; dans des lois, nt, celui que @h le négociant trouve une égide rassurante ai parlé dans @éntre sa fraude, trop souvent impudente. Il ussi refléchir, ##8t vrai que l'individu. en général, n’est pas toupourrait être SBurs l’image des principes libéraux, qui sont la base fondamentale du gouvernement; mais on.

Me saurait révoquer eu doute, que leur Constitu- Mon générale ne soit l'ouvrage de la sagesse et’ æ la générosité, où le peuple contemple, avec @surance, le palladium de sa liberté individuelle, @e ses propriétés, et de ses prérogatives de ci- Wyen ; où l'étranger lui-même trouve, avec un aile sûr, une nouvelle patrie, l'exercice de sa set desforêts ÆMigion, de ses talens, de son industrie, et une considérable Méritable Indépendance.

a matinée du Un petit apperçu historique pourra mieux conincipale ville ÆMincre, que la mobilité et la soif de l'or, seules ivâmes à huit MPécédèrent, dans ces pays, cette constance et illes environ tte philosophie, qui sont parvéaues à la fin d'en faire des établissemens florissans.

saillent, à! ls WLe Père Marquette fut le premier, qui fut ens, qui les en. Mbyé par le Gouverneur du Canada, en 1673, sentent assez Bour explorer le Mississippi. Du lac Michigan il e bigarre, in tra dans la baie Verte,(Green- Bay) à l'Ouest, reelque chose MHonta la Rivière Foxes, qui, par un portage,com- Iles rues, un unique avec l'Owiscousin, qu'il parcourut jusqu'à son confluentavec le Mississippi, ct il descen-

-mande d’un ’occasion de « yeût, etqui :

L'intérieur e aussi frap- > chaumière, r, (son mari, ux sœurs, et

ee

ve la rivière

et qui con:

es bords sont dérable, dans

ui du haut de : des terres

dit ce fleuve, jusqu’à l'embouchure du Missouri, Mais n'ayant point trouvé €e qu'il cherchait, des miues d’or et d’argent, et n’ayant ni le tems, ni les moyens de songer alors à la conversion des Sauvages, il abandonna sa mission, et retourna à Québec, aussi inutile aux vues de ces aventuriers, que lorsqu'il en était parti.

De la Salle, plus altéré peut-être de g'zire, que de richesses, entreprit lui-même, quelge tems après, de mieux parcourir ces pays.

sert. et vint aboutir à l’extrémité méridionale du lac Michigan; il descendit l'Illinois; mais voyant que rien ne répondait à ses espérances, il s’arrêta à la moitié de son cours, là, où cette rivière forme un lac ; y bâtit un petit fort, dont lenom, Crèvecæur, répondait peut-être au résultat de son expédition, et revint bientôt au Canada, plus mortifié, que content.

Le Chevalier Tonti, à qui De la Salle avait laissé le commandement de cet établissement, éphémère, fatigué, peut-être, d’endurer ce que

Hannepin, qu’il avait envoyé vers les sources du présence, ses Néophites de Québec, n’apportant

poir de gagner des âmes Indiennes à ia religion Catholique, et au Paradis.

Dans une autre expédition, les Français don:

nèrent d’abord le nom de Pain-Court, à cet en droit. où est maintenant St. Louis, et celui de Vide- Poches, à un petit village, qui existe encore

qui comme celui de Crève-Cœur, ne paraissent pas bien flatteurs; aussi leurs établissemens

milieu du dernier siècle.

La prise de possession par les Espagnols. que les Colons ne voulaient pas reconnaître, ne vou

passa les lacs Ontorio et Erié, traversa un dé. .

le fort rappelait, le suivit de près ; et le Père: Mississippi, ne tarda pas à venir consoler, 4e sa

au Gouverneur, qui voulait des trésors, que l'es.

sous le même nom, à cinq milles d'ici; noms,

étaient-ils presqu’entièrement tombés, vers le.

|} Missouri.

rchait, des le tems, ni ersion des t retourna es aventu-

de g'2ire, me, quelces pays

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et celui de l'ici; noms,

paraissent ablissemens

és, vers le.

pagnols. que tre, ne vou

soler, 4e sa :

rs, que l'es :

riste encore :

“ 39 ‘ant que les Français, débuta par la perfidie et

le sang ; tellement que le nom d'O’Reilly, ne

sort de leur bouche, qu’avec l’épithète de Cruel, et ce pays ne fut ensuite régi. que par la licence a plus effrénée, et le pouvoir le plus arbitraire. n'est donc que depu's que ces peuples ont ui d’une Constitution basée sur le respect des Groits des peuples, et sur des principes d’harmohie générale, qu’ils ont commencé à prospérer ; æt des apparences flatteuses semblent leur an- Bancer un surcroit de bonheur.

#% Eu voyant tant de bienfaits découler d’un gouvernement libéral, on est aussi étonné, que la Nature répugne, de voir qu’on s’obstine en- Core à cimenter son pouvoir de principes arbi- Maires. Là tout invite, tout est encouragement ft activité ; ici tout éloigne, tout languit dans Favilissement et l’inertie. Là les peuples s’atfachent à leur pays. et voyent des êtres heureux Sans les fruits de leurs affections conjugales; ici Ms fuyent, ils craignent, et s’abstiennent de four- “Bir des sujets à l'esclavage ; là chacun vit en “Bureté, et content de son sort; ici les Rois sont es premiers à trembler avec les flatteurs, les #Bourtisans, et les ministres, qui les trompent ; ur vie est environnée d’agitations et de dangers ; leur âme est tourmentée sans cesse par le Hemord, punition terrible, que la Nature et le Piel infligent, et que nul pouvoir humain ne peut Arrêter: Et l’opprobre et l’exécration publique tendent impatiemment leur mort, pour flétrir, us librement, leur mémoire! Tandisque le ince, qui accorde lui-même, de bonne foi, une Gonstitution à ses sujets, et qui la met d'accord ec la raison et la justice, est le premier à en tr, et par les bénédictions, qui lui viennent e son peuple, et par l'aspect consolant des Pienfaits, qu'elle répand sur eux, et par la tranquillité qui accompagne ses jours, et par l'espoir e l'Histoire et la Renommée transmettront son

uouw à l’immortalité: espoir si touchant et si flat. teur, que Platon y basa son système des récom. … penses futures.

Le Roi de Bavière, Comtesse, et le Grand Duc de Baden Bade, se promènent tous les jours dans les rues, les marchés, les places, et les pro. … menades publiques, sans autre garde. que celle du témoignage de leur conscience, et de l’amow de leurs sujets. Je les y ai rencontré plusieur fois moi-même ; ils y sont adorés, comme les re. présentans de la Paternité Céleste. C’est de cette manière, avec de tels principes, sous les, auspices de l’admiration publique,.et d'accord avec le Ciel, et avec la Terre, qu’il vaut la peine €4 d’être Roi. R

Toutes ces vastes régions occidentales ont ét beaucoup négligées dans l’histoire de l’Amé rique; et celle-ci a déjà besoin d’être renouvel lée, car clle a déjà vieilli; ce pays change ; chaque instant de scène. et offre souvent de nou veaux matériaux. D'ailleurs, un Europeen n vient pas faire, deux fois, de si loin, une pareilk @ revue, et le dernier, qui y vient, en sait toujour plus que les autres. C’est pourquoi; Comtesse 4 je déroge un peu à’ mon système de raconter «3 passant, et j'arrête’ un peu plus votre atter @k tion, et ma plume.

St. Louis était le chef-lieu et la residence di Gouverneur de toutes ces régions, qui constitt 8m aient le Territoire du Missouri. à

Depuis qu’une partie de ce territoire a été en gé en Etat, il n’est, que le. siège d’une court à justice de district, ou d’arondissement. Ce got 9 vernement a aussi la sagesse de fixer les cap! @ tales des Etats, là, où les peuples sont plus loi @M des ressources du commerce, et le petit villag 4 de St. Charles est déjà devenu une. petite vill @k

uoique l'Etat du Missouri n’ait été reçu membr | du grand Corps Fédératif, que depuis 1821. % St. Louis a étendu prodigieusement son con #

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berce. Les marchandises, qu'il fournit aux dif- Brens traiteurs des Indiens de l'Ouest, et du ford, en échange de leurs peaux, qui tombent Presque toutes dans ses magasins; les provi- Mons, qu'il fournit à toutes les garnisons, et aux Mablissemens de spéculation dans toute l’étende de ce vaste pays, lui ménagent des affaires Rs avautageuses, ainsi que l'emploi eonstant fs toutes le: classes de ses habitans; et le mou- Mnent, qui en résulte, répand au loin ses bien- Mts; car il tire de New-York, de Philadelphie, @de Baltimore. par la voie des Apalaches et de 4 Ÿ hio, tous les articles, qui viennent de l’Europe, des Indes orientales, et fait venir de la Noufélle Orléans tout ce que l'Amérique meridionale Mtoffre de nécessaire.

Miles Sauvages. excités par les Ennemis du Mre humain, lui ont fait beaucoup de mal, à @iérentes reprises ; mais maintenant, peuplée M plus de 7000 âmes. et défendue de loin par Msieurs forts, bâtis sur les principales rivières, M9 traversent leurs tribus, il a beaucoup moins Péraindre de leurs Tomuhawks. (* ) #Bt. Louis a aussi ses antiquités relatives. On More, que PAmérique ait été connue des Anms. Je crois que l’Atlantide de Platon n’est Mun rêve, ou qu’une fable allégorique ; et ceux Men ont fait parler Aristote, Diodore, Theo- Mmpe., Sénèque, &e., n’ont, peut-être, pas réflé- M qu'avec des vaisseaux. tels que ceux des niciens, des Grecs, et des Romains, il était Mbossible de traverser des mers si lointaines, et mMifiiciles ; et principalement sans la direction Mila boussole, qui ne fut connue, qu’au commen- Piment du 14ème. siècle.

Mn ignore également, par où, et comment ce Dontinent, (oucette île,) a été peuplée; et toutes Bconjectnres contradictoires, que différens au-

tx

1WKe) Espèce de hache dont ils se servent pour massacrer leurs ennemis.

Ne

teurs ont apportées sur cette question, ne font qu’en rendre plus douteuse l’origine. Mais il est certain que Christophe Colombo, Cortes. Pisarre, Verazaui, (*) qui fut le premier à conduire les Français en Amérique, et Cabot, ou Gaboto, ( 1 ) qui découvrit la Virginie et la Caroline, pour l’Angleterre, il est certain, dis-je, que tous y trouvèrent des traces d’une ancienne civilisation ; et c’est à ces tems censés civilisés, que je me crois fondé à attribuer, les élévations, les buttes, ou tertres, ouvrages de l’industrie et de l’art, qui ont arrêté mon attention, et excité ma surprise, dans les environs de St. Louis, et ailleurs.

Les Anciens honoraient, plus que nous n’avons coutume de le faire, leurs Dieux, et les mânes de leurs héros, et de leurs parens ; Persepolis et Palmyre en Asie, Memphis et Thebes en Afrique, Rome et Athènes en Europe, offrent encore dans leurs ruines, des monumens magnifiques et vénérables qui l’attestent, visiblement, et l’histoire concourt à nousen con 1\cre. Les élévations de St. Louis donnent, je pense, les mêmes témoignages en faveur des peuples Aborigènes d’Amériqne; et précisément les unes sont ou parallélogrames, comme le Parthenon d'Athènes. et les asiliques de Pæœstum; ou circulaires, comme les anciens temples du Soleil; les autres se présentent en forme de pyramides, d’urnes sépulchrales, ou de sarcophages, comme celles des Egyptiens, des Grecs, et des Romains. Une d'elles mérite principalement d’être remar-

uée ; elle est de figure oblongue, de la circonérence, à sa base, d'environ 300 pieds, de la hauteur de 60, ayant, sur son sommet, un plateau également oblong, large de 5, et long.de 45. Un étage, de forme triangulaire, qui s'élève de 7-à 8 pieds, embrasse toute sa base orientale. C’est 2

gi ) Florentin, 1) Vénitien.

1e font Mais :l es. Pià conot, ou la Cadis-je, Cienne vilisés, jations, strie et | excité ouis, et

n'avons mânes sepolis bes en ‘ent enmagnilement, »e. Les se, les >s Abos unes thenon ou cir- Soleil ; amides, omme pmains. remarircona haulateau 5. Un e 7 à 8

C'est 7

l'image de l'autel, que les Perses consacraient à leur Mitra; et le grand autel des Jeux Olympiques, et autres en Élide, n'étaient, que des monceaux de terres.

Les Dieux des Anciens Idolâtres ne furent, robablement, que des héros bienfaisans. qui ’abord devinrent les objets de leur gratitude,

et graduellement ensuite de leur adoration ; et les simples touffes se gazon, qui couvraient, dans les tems primitifs, leurs restes, devinrent conséquemment des autels ; et tels ont été, peut-être, ces monumens Indiens.

C’est du haut de ce grand sanctuaire Sauvage, que l’œil perce dans des lointains charmans, dans les terres, et sur la rivière.

Comme la population de St. Louis est une assemblage de peuples de plusieurs nations, la s0ciété y est moins froide, que dans les villes toutà-fait américaines. Avant hier au soir, je me trouvais à un bal très brillant, et les dames qui l’embellissaient, étaient jolies, et fort bien mises; leur compagnie me fit oublier, que je me trouvais à l’anti-chambre des Sauvages. |

Quand j'en vis arriver hier matin dans leurs canots, je demeurai d’autant plus surpris de la figure vraiment grotesque de ces créatures, que, étant un peu Pyrronnien de ma nature, j’avais toujours douté de ce que j'en avais lu.

Néanmoins, Comtesse, quand j'aurai pu les voir de près, et les examiner un peu dans les ressorts de leur âme, et dans les différens commerces: de leur vie, j'espère en savoir plus que les livres; car il arrive souvent aux écrivains, ce

ui arriva à un peintre à Rome, que je vis peinre de son attélier une vallée du St. Bernard,

sans croquis, et sans jamais l’avoir vue.

Ici l’on pratiqueégalement, comme dansles villes de l'Est, toute sorte de religions. L'Amérique est vraiment une tour de Babel. un mosaïque.sous ce rapport là ; la confusion, qui résulte de tant

de croyances est telle, qu’on ne s'entend plus dans le nombre prodigieux de doctrines et de maximes contradictoires, dont on est obsedé, et l'on finit, ou par ne se fixer, que faiblement, à la . religion qu’on embrasse, ou par n’en avoir aucune. La religion Catholique est celle qui s’y montre édifiante, et ses prêtres exercent leur ministère d’une manière exemplaire. L’évèque, monseigneur Dubourg. est le vrai pasteur de l'Evangile, et en eu exerçant la première vertu, la charité, il en augmente la vénération dans ceux, qui le professent dans sa pureté, et lui gagne avec succès des prosélites. On a souvent répeté, et l’on répete encore, que les Ecclésias- } tiques et les Souverains conspirent ensemble ur opprimer les peuples, et que le zèle des ds 277 et des Jésuites est le mobile principal, qui doit mettre le projet en exécution. On doit croire, que ce n’est qu'une cai:mnie audacieuse, et grossière. Mais, certes, le zèle de Monseigneur Dubourg est exempt de cette tâche, dans un pays, où le Gouvernement est l’un des plus republicains, qu'on ait jamais conaus, qui ne rofesse aucune religion en particulier, et qui es tolére, et les respecte toutes en général; où la piété du prelat et de ses neophites ne peut conséquemment avoir d'autres vues, que celle du salut de l’âme. Quant à moi. j'espère, au contraire, que le Clergé, à l'exvmple de St. Jean Chrisostôme, de Massillon, et de tant d’autres ères de l'Eglise, tonnera aussi bientôt contre 8 vices des Cours, et le wespotisme des Princes. 133

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