‹ La découverte des sources du Mississippi et de la Rivière Sanglante [microforme]Chapitre 8 sur 35 · RE D · texte numérisé non relu

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ses Sauvages, se battait comme un lion. Enfin il prit prudemment la fuite avec les vaincus, qui purent se sauver, et laissa le champ de bataille couvert de ses bons croyans, ainsi que d’armes et de bagages, de manufacture Anglaise.

Avant l'attaque, il avait assuré à ses héros, par inspiration, ( je pense,) du Manitou de Westminster, que ceux, qui, par aventure, périraient dans le combat, étaient attendus à diner chez le Grand Esprit; car, en pareilles circonstances, il est aussi un paradis pour toute sorte de monde.

Le Sauvage du Nouveau Mexique, par ignorance, l’accorde à son cheval, lorsqu'il sert bien à ses crimes et le tire du danger; mais c’est pour servir l’Intérêt et la Politique, que nous prostituons d’une voix impie ce lieu sacré, en le promettant également aux scélérats, et aux élus du Seigneur.

Venons au dénoument de la pièce. Les Américains, quoique presque toujours vainqueurs, avaient néanmoins beaucoup souffert dans ces guerres, aussi cruelles, que difficiles ; et ce fut alors, que leurs Frères Consanguins, les forcèrent, par des prohibitions maritimes tyranniques, à soutenir cette nouvelle lutte, qui ne finit, qu’en 1814, au traité de Gand. Ce fut alors aussi, que profittant également de la faible situation, à laquelle les Sauvages avaient été réduits, par les mêmes moyens, ils firent semblant de vouloir les abandonner à la vengeance des Américains, qu'ils leur faisaient envisager comme terrible ; et, par cette ruse, ils les attirèrent facilement à leur parti. Ils furent ainsi tous enrollés, sous les étendards Britanniques, avec le nom pompeux d’Alliés de S. M. Georges III. Técumseh, reçut le brevet de Général, à son service.et fut décoré, avec d’autres chefs, d’une médaille, où ce grand Roi figurait en héros d’un côté, et de l’autre, leur tendait la main en signe d’amitié, et de fraternité.

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peu trop longs, pour une lettre sur l'Ohio, sont

des préliminaires nécessaires, pour vous prépa-

rer à une plus grande surprise, en apprenant la

prospérité actuelle de ces contrées, quoique si . nouvellement acquises à la civilisation, quoique … si cruellement affligées dès leur berceau.

Le Kentucky, qui est l’Eden des Etats-Unis, nage déjà dans l’abondance du nécessaire, échange beaucoup de superflu, et est peuplé d’environ 600,000 âmes.

L'Etat de l'Ohio en compte d’avantage, quoique d’une date plus récente encore, n’ayant été agrégé à l’Union, qu’en 1803. La rapidité, avec

: laquelle sa population a augmenté, dispense de tout autre argument sur ses moyens heureux "d'existence, attendu que, dans l’année 179, son “territoire n’était habité, que par 3000 âmes, et u’il n’en avait pas plus de 43,000 au dénombre- + ment de 1800. C’est un prodige uniqne, un vrai * phénomène dans l’histoire des colonisations, et ‘ dans celle des nations les plus florissantes. Ja- | mais pays, dans son aurore, n’a marché d’un pas aussi gigantesque : et ses progrès seront toujours ‘de plus en plus étonnants ; car il est habité par run peuple, qui s’est consacré plus, que tous les autres, à l’agriculture. Je répète ce que je vous jai déjà dit dans mes lettres sur l'Angleterre, que l'industrie territoriale reste, et pour le moins telle donne toujours à manger; tandisque l’industrie commerciale subit ses phases, comme la lune ; décline ou change de demeure, et laisse «souvent dans la misère le peuple, qu’elle a réunie en trop grande quantité, et formé à de nouveaux besoins, par le luxe et les vices, que naturellement elle traîne à sa suite, partout où elle passe. Un cultivateur trouve une richesse dans

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une nombreuse famille, tandisque le manufactu- | rier n’y contemple souvent, que son désespoir.

4 L'Etat de l'Indiana, dont le nom seul indique \ une nouvelle création, n’a été admis à la fédé.

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ration, qu’en 1810, et il est déjà riche de plus de 159,000 âmes. Vous avez vu, que ses villes et ses villages, méritent déjà un raug dans l’histoire de la civilisation.

Celui de l'Illinois, n’a été inscrit dans le livre de cette Grande Famille, qu’en 1818, et il compte aussi plus de 60,000 habitans. 11 y règne une industrie, une agriculture flatteuses. Sa capitale, qui s’appèle Vandalia, annonce, qu’elle vient de sortir d’un sein barbare.

Enfin, Comtesse, en parcourant cette rivière, on voit s’élancer partout, au milieu des forêts. et du sombre de là solitude, de jolis batimeus. des villes riantes, comme on vit sortir, du sein de POcéan, une superbe Venise, une Hollande formidable.

Un pays, dont le sol, enrichi de sucs végétaux, accumulés depuis la creâtion du monde. et aidé d’un climat, qui distribue convenablement la chaleur et le froid, promet une source intarissable des productions de Cérès, de Flore, de Pommone, et de Bacchus même, car la vigne, qui y végéte naturellement, parait inviter la main de l’homme à sa culture ; un pays, où une quantité prodigieuse de rivières augmente considérablement le prix de l’industrie, en favorisant si admirablement l’exportation et l'importation, par des communications faciles, et d’une étendne immense; un pays, qui, quoiqu’en quelque sorte, au milieu des eaux, jouit, par une exception extraordinaire, d’un climat salubre : (et sa population en est une preuve incontestable:) un tel pays, dont la cornucopia est vraiment l'emblème, comment a-t-il pu se cacher au genre humain durant plus de 58 siècles !

Mais, peut-être, la Providence, l’avait-elle reservé pour des tems de calamité publique, afin qu’il put offrir un asile, et quelques consolations, aux victimes du Despotisme et de la Tyrannie.…. Aussi est-il habité par uu nombre infini de réfugiés Européens.

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| Îlest des eas,: où l’on serait tenté de croire, que tout est prévu, tout est prédisposé par la Destinée, s’il n'y avait pas des dogines, que nous devons respecter, qui nous enseignent, que tout dépend de la volonté. de l’homme, et qu'elle est ‘Moujours l'hre, lors même qu’on la rend esclave à double chaîne; DT

‘1..Les mêmes phénomènes, que je vous ai fait re-

Marquer dans mes lettres! sur le Rhin, ont attiré mes observations sur le cours entier de l'Ohio, L'eau s'y perd également. | L’Allégany et le Monongahela, qui le forment, $ Gén crois, le Fibre, Le Kentucky, le Cumberland, le Tennessee, sont beaucoup plus considérables. Le Kenbawa, le Muskingurn, le Scioto, le Miami; le Green:River, et le Wabash, ne lui pas bien inférieurs ; plus de soixante autres fivières y versent aussi le tribut. de leurs eaux ; &t cependant il ne présente nulle part l'énorme Nolume de fluide, que tantde tributaires,etsei puis: fans, font raisonnablement supposer. Je suis d’a- Mis, que des cataractes,des abymés, engloutissené Wne grande partie de son fluide, et des tournoïie- ‘Mens d’eau;:que l'observateur attentif voit répandus dans une très grande partie de son cours, sont probablement les entrées ; et cette para- Wsation extraordinaire de sa chûte, aux cascades de Shippingport, ne serait-elle pas aussi un indice, que l’eau s’engouffre daus des meutus souferrains !

+ D’autres traits caractéristiques sont, à mon Avis, des arguments frappans, que son lit était autrefois beaucoup plus vaste.

Aux endroits, où des rochers surmontent les bords de la rivière, on voit des abrasions horiæontales, qui marchent parallèlement, et à la MHémeélévation, des deux côtés. Elles ont étéfaites t' la violence de l’eau, ou plus RUN

Par celle de la glace à la débacle. La terre dans M vallée est alluviale, tandisque celle des haa-

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teurs, qui la bordent, est diluviale. Enfin les basfonds, qui environnent Louisville sur le derrière, et des deüx côtés, annoncent visiblement, qu’ils formaient autrefois une branche de la rivière, et que conséquemment le terrain élevé, sur lequel la ville est bâtie, était une île. Je pense fermement, que la plus grande partie des eaux, qui remplissent ces grands bassins, qu’on app-e Océans. y coule invisiblement, à l’œil du mortel, et qu’elle y pénêtre à travers le sein de la terre.

Ce qui est, peut-être, la cause, encore inconnue, :

de leur salûre.

Kant, dans sa sublime Géographie Physique, déclare avoir trouvé cette salüre plus forte dans certaines mers, que dans d’autres. Cette circonstance, en Le que les eaux filtrent, ou

assent à travers des matières plus ou moins saées, fortifie mon opinion.

Nous voilà de retour, (sans en avoir bougé.) 4

à la maison de bois, où j'attends un sfeam-boat pour la Nouvelle-Orléans. On annonce, qu’il y en

a un en vue. Îl faut, qu’à son arrivée, un curieux, .

qui se promène pour son amusement, se trouve à son poste. Je vous laisse donc, Comtesse.

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