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La découverte du Mississipi [microforme]

L'histoire nous apprend que Ferdinand De Soto, espagnol, est le premier enropéen qui soit entré dans le golfe du Mexique ; Christophe Colomb n’en avait jamais exploré d’autre partie que la rive méridionale. De Soto naquit à Xérès de Bajadoz, selon les uns, et à Villa-Nuova de Bercarota, dans l’Estramadure, selon les autres. Il sortait d’une famille respectable, mais peu fortunée. Dès 1541, il avait touché aux rives du grand fleuve, à un endroit voisin du lieu où est maintenant la ville d'Helena, dans l’Arkansas. (Voy : JARED Sparks, American Biogr., vol. IX.)

Comme il n'avait pour patrimoine que son sabre et son bouclier, il chercha fortune, selon la coutume du temps, dans les aventures que tentaient les européens dans le Nouveau- Monde, surtout après que les Espagnols eurent fait la conquête du Mexique et du Pérou. De Soto servit d’abord sous Davila, gouverneur de Darien ; mais c’est sous la direction de Pizarre qu’il acquit des richesses immenses; et, à son retour en Espagne, il voulut se distinguer par un luxe sans pareil et par une somptuosité exagcrée. C’est alors qu'il épousa la fille de Davila, et que l’empereur le nomma gouverneur de Cuba, marquis des terres qu'il pourrait découvrir, et algualzil majeur de ces divers territoires, à perpétuité.

Ayant appris par De Vacca, l’un des infortunés qui avaient échappé à la malheureuse expéditior. de Pamphile de Narvaez (1), que la Floride était le plus riche pays du monde, il réunit une troupe de gentilshommes espagnols et portugais, et mit à la voile avec eux.

(1) Ce Narvaez avait entrepris de faire des établisse. ments sur la rive Septeutrionale du golfe, mais la détresse extrême qu’ileut à souffrir, la maladie, les fléaux du Ciel et l’opposition es hommes empêchèrent l'exécution de ses desseins,

En partant de Saint-Lucar, au mois d'avril 1538, il avait neuf vaisseaux. Le 30 mai, il jetait l’ancre dans la Baïe du Saint-Esprit, sur la côte occidentale de la Floride. (MoNETTE : Disc. of the Valley of the Mississipi, vol. I, 146.)

De Soto avait obtenu de Charles V une charte, datée de Valladolid, 20 avril 1537, qui le qualifie de brillant capitaine espagnol, qui a fait des efforts constants et extraordinaires pour conquérir et pour civiliser la Floride.

Il était parti avec six cents hommes, dit Hubbard, et avec neuf cents, dit Belknap (page 65), pour la conquête de la Floride. Comme il était bien déterminé à se maintenir à ce poste, il y Géploya sa tente et fortifia son camp; mais sa conduite cruelle envers les indigènes fit manquer ses desseins. Il traversa lo pays en tous sens, sans toutefois tenter d'y asseoir aucun établissement fixe, de sorte qu’il est impossible de preciser les endroits qu’il a visités, soit du côté du Nord, soit vers l'Ouest,

Après bien des courses et des aventures, il comprit que les populations effrayées de la conduite des Espagnols, ne leur voulaient donner aucune confiance ni assistance quelconque, et que, d’ailleurs, le pays n'ofirait

pas d’or à la rapacité des siens dont le nombre diminuait considérablement par suite des misères qu'ils avaient endurées. (BELKNAP, tome IL.)

De Soto mourut sur les rives du Mississipi, mais à l'embouchure d’une branché dé ce fleuve, appelée Rivière Rouge, le 21 mai, 1542. Son lieutenant et son concitoyen, Louis de Moscoso, ou Moscorso, selon d’autres, continua à errer sur la rive occidentale du Mississipi, tout l’été suivant, et construisit enfin quelques bateaux pour se transporter, lui et le reste de la pauvre troupe qui avaient suïvécu à l’infortuné De Soto, à Cuba, où il prit terre au mois de septembre, 1543.

Les historiens qui se sont occupés de cetto expédition présument que De Soto avait parcouru, sur les rives orientales du Mississipi, les contrées que nous appelons aujourd’hui la Floride, la Gvorgie et la Caroline du Sud.

Hubbard, dar: ses annotations sur Belknap, nous dit que la Relation des aventures de De Soto a été écrite par un gentilhomme portugais, de la viile d'Elvas, qui l’accompagnait dans son expédition. Son récit a été traduit en

Après l'échec subi par De Soto et sés as80ciés, les Espagnols abandonnèrent leurs projets de chercher de l'or et des aventuürés sur le Mississipi. Quoiqu'il en soit, on avait constaté que le grand fleuve 8e partageait en deux branches, larges et considérables, et que son cours avait plus de trois cents lioues.—(Monnetts Valley of the Mississipi.)

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