La découverte du Mississipi [microforme]
técilé par L'Auteur à l'Université-Laval de Québec, le 17 Juin 1873, à l'occasion du Deux-Centième Anniversaire de lu
découverte du Mississipi par Louis JOLIETTE.
Le grand fleuve dormait couché dans la savane, Dans les lointains brumeux passaient en caravane De farouches troupeaux d’élans et de bisons.
Drapé dans les rayons de l'aube matinale, Le désert déployait sa splendeur virginale
Sur d'insondables horizons!
Juin brillait. Sur les eaux, dans l'herbe des pelouses, Sur les sommets, au fond des profondeurs jalouses, L’Eté fécond chantait ses sauvages amours.
Du Sud à l’Aquilon, du Couchant à Aurore, Toute l’immensité semblait garder encore
La majesté des premiers jours.
Travail mystérieux ! Les rochers aux fronts chauves,
Les pampas, les bavous, les bois, les antres fauves,
Tout semblai! tressaillir sous un souffle effréné ;
On sentait palpiter les solitudes mornes,
Comme au jour où vibra dans l’espace sans Lornes L’hymne du monde neuveau-né.
L'Inconnu trônait là dans sa grandeur première.
Splendide, et tacheté d’ombres et de lumière,
Comme un reptile immense au soleil engourdi,
Le vieux Meschacébé, vierge encor de servage,
Dépliait ses auneaux de rivage en rivage, Jusques aux golfes du Midi.
icharpe de Titan sur le globe enroulée,
Le colosse épanchait sa nappe immaculée
Des régions de l'Ourse aux plages d'Orion,
Baïignant la steppe aride et les bosquets d'orange,
Et mariant ainsi, dans un hymen étrange, L'Equateur au Septentrion.