MARQUETTE
Nous avions grande satisfaction à nous occuper de notre concitoyen Jolliet, hydrographe du roi de France, que le gouverneur Frontenac avait chargé d'aller à la découverte du Mississipi ; mais nos émotions ne sont pas moins vives lorsque nous venons nous placer devant le pieux Jésuite qui l’accompagna dans ses courses lointaines, et que nous voulions nous rappeler ce qui se rattache à lui. Voici ce que l’histoire a recueilli sur ce vénérable enfant de Loyola, et le peu qu’elle nous fournit sur son compte nous montre un modèle accompli d’obéissance et d’abnégation. Tout ce qui se dit à son sujet ne peut qu'édifier le lecteur.
Le R, P. Charlevoix nous apprend (Histoire du Canada, liv. IIT,) que Jacques Marquette naquit, en 1637, à Laon. C’est une petite ville perchée au sommet d’une montagne isolée de
la Picardie (département de l'Aisne), mais
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qui occupe une assez large place dans l’histoire de France, au onzième ct au douzième siècles, Elle w’a de remarquable que sa cathédrale.
Elle fut la patrie de Lothaire II, roi de France, et de saint Rémi, évêque de Reims. La famille Marquette est une des plus anciennes de la ville. Plusieurs chefs de cette famille se sont, distingués daris le métier des armes, mais celui dont nous nous occupons chercha des occupations plus pacifiques dans la pratique des conseils évangéliques ét des œuvres de miséricorde;
Studieux, réfléchi et sérieux, le jeune Mar:
quette quitta de bonne heure le toit paternel pour chereher Dieu dans là solitude. Dès 1654, à l’âge de dix-neuf ans, il demanda entrée au noviciat de la Compagnie de Jésus, afin de s’y former aux vertus ct aux obligations de la vie religieuse, Il ne négligea aucun moyen de se rendre digne de sa belle vocation, puisque Charlevoix dit qu'il 4 été un des plus illustres missionnaires de la Nouvelle-France, quoiqu'il soit mort fort jeune encore,
Quelques années après son entrée au noviciat, il quitta les douceurs de la vie solitaire pour se vouer à l'œuvre si pénible de la con-
version des idolâtres qui peuplaiont les immensés forêts de l'Amérique; et, ses supéricurs s'étant assurés de la constance de sa vocation et de la solidité des belles vertus qui brillaient dans cè sujet, consentirent à son départ pour les missions si ardues et si périlleuses du Nouveau-Monde. Le noble enfant de la Picardie, en soupirant après les solitudes de notre continent, obéissait aux plus généreuses aspirations et se proposait d’imiter en tout le dévouement et l'immense charité de saint François- Xavier, un des plus beaux. modèles de la perfection évangélique.
Le Révérend Père Marquette arriva en cette colonie, au mois de septembre 1669, accompagné de M. Gilles Perrot, prètre de la maison de Saint-Sulpice de Paris, qui voulait s'associer aux travaux et aux mérites de ses généreux confrères de la maison de Montréal.
M. Noiseux nous dit qu’il arriva à Québec, le 12 juillet, 1663, mais le Journal des Supeérieurs des Jésuites dit: “ Le 26 septembre 1666, le R. P. Jacques Marquette arriva dans le septième vaisseau. ”
Dès le 10 octobre, vingt jours seulement après son arrivée à Québec, le courageux