‹ La Découverte du Mississipi [sic] [microforme]Chapitre 15 sur 31 · RE NE NT N ES NET: TR ER GR TES NPA ER PNR ARS ÉTRARES TEAER · texte numérisé non relu

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nom qui ait été donné à ce magnifique fleuve. On sait que les indigènes l’appelaient « Mico», le roi des rivières, ou encore Meschacébé, de Mescha (grande), et sibi ou sippi (eau, rivière). D'autres nations le désignaient sous le nom de Okimo-Chitto, Le grand passage de l'eau.

Du Pratz, dans ses mémoires ( Voyages à travers l'Amérique), dit que l’origine du nom de Mississipi vient de Meack-Chasepi, Le vieux père des eaux. Les Français l’ont successivement appelé Rivière Saint-Louis, Rivière Colbert, etc., mais le mot Mississipi a enfin prévalu.

Nous nous reprocherions de ne pas reproduire ici, pour la satisfaction des lecteurs, les notes de M. l’abbé Richard à MM. les direc-

… teurs de l'Association pour la Propagation de

la Foi à Paris (Annales 1827, tôme II, p. 128, tome III, p. 337) : « J'ai découvert son tombeau, dit-il en parlant du R. P. Marquette, en 1821, à l’entrée de la rivière qui porte son nom, où il est mort à son retour du Mississippi. Je ne visitai la mission de Saint-Ignace (vuigo l'Arbre-Croche) que des yeux, le vont et les vagues étant trop forts pour nous permettre d'aborder, J'avais visité l’Arbre-Croche en.

1799. Je r'avais trouvé qu'un seul sauvage baptisé, âgé de soixante-cinq ans. Ce n'est point à la mission de Saint-Ignace ou Arbre- Croche qu'est le tombeau du Père Marquette, mais à l’entrée de la rivière qui porte son nom, quarante-cinq lieues plus au sud que l’Arbre- Croche... »

Le même écrivait à M. Le Saulnier, curé de Montréal, en 1821:

« C’est de la Rivière-au-Père-Marquette que je vous écris. Cela doit suffire pour vous rendre ma lettre intéressante. II y a ici une dizaine de familles de la nation des Ottawas ou Courtes- Oreilles. Je les ai fait demander pour m'informer d’eux où avait été enterré ce missionnaire de la Compagnie de Jésus, célèbre parce que le premier des Européens, il a remonté le Mississipi, en 1674, et l'embouchure du Missouri; mais plus célèbre encore pour avoir fondé la mission do :ichillimakinac et celle de l’Arbre-Croche, connue sous le nom de mission de Saint-Ignace, et avoir ainsi préparé à plusieurs nations indiennes la voie pour arrivor à la connaissance de l’Evangile.

« Les indiens Ottawas m'ont conduit à l’endroit où la rivière sortait, on 16765, lorsque le

Père Marquette ÿ est entré, le 8 mai, et y est mort, lo 9 mai. Elle sort au moins trois mille pieds plus haut ou jlus au sud (car le lac Michigan décharge, depuis bien des siècles, ses eaux, par le détroit de Michillimakinae, dans le lac Huron), entre deux caps qui ont plus de soixante pieds de hant, et qui paraissent avoir été séparés par l'effort combiné des ouragans et des vagues. Le lieu qu’ils m’ont désigné est à environ deux cent quarante pieds du bord actuel du lae Michigan, sur la rive au sud de l'ancien lit de la rivière qui porte le nom du Père Marquette, mais aujoud’hui réellement au nord do la présente, à deux mille huit cents pieds de la rivière actuelle ; car il est certain qu'elle changea son cours peu de semaines après, comme par respect pour les restes précieux du saint homme. C’est la remarque des voyageurs, même protestants, qui l’ont consignée dans les récits qu’ils ont publiés de leurs voyages, ét le fait est confirmé par la tradition qui a été conservée jusqu’à ce jour parmi les anciens du pays. J'y ai planté une croix... Le dimanche suivant, j'ai célébré les saints mystères sous une tente à l'embouchure actuelle de la rivière ; ét, l'après-midi, nous sommes

allé en procession, de l'autel érigé le matin pour la messe, cinquante personnes, deux à deux, anglais, canadiens, sauvages, sur une basse grève de sable bien unie, le long du lac, en chantant les litanies de la Sainte-Vierge, à la croix plantée sur le tombeau da P. Mar.

quette. Vous vous imaginez bien qu'il était aisé d’être éloquent dans ce lieu désert et sur le tombeau d'un missionnaire auquel la tradition du pays attribue des miracles... » (1)

(1) M, L'abbé Richard, Gabriel, qui fut au Détroit un admirable modèle du missionnaire et du pasteur, naquit à Saintes, dans la Saintonge, le 15 octobre, 1767. Il était, par sa mère, parent avec le grand Evêqu: de Meaux, Bossuet, Du séminaire d'Angers, où il ent:a, en 1784 et prit les ordres en 1785, il passa à Paris où il fut élevé à la prétrise en 1791 Les jours mauvais s'étant levés sur l'Eglise, M. Emery, supérieur de la maison de Saint-Sulpice, jugea à proros de l'envoyer, en 1792, aux Etats-Unis, où il débarqua au mois de décembre. L'année suivante, M. Richard fut envoyéaux Illinois et, en 1798, Mgr. Caroll lui donna le soin des missions du Michigan, En 1830, il était Vicaire-Général de Cincinnati. Il fut treute-cinq ans chargé de la mission de Mich llimakinac, faisant toutefois sa résidence au Détroit, Plusieurs conversions consolèrent la foi du pieux Sulpicien, Les Indiens, de leur côté, lui donnèrent toute confiance, M, Richard em brassait avec jolie les espérances que ces heureux succès lui permettaient de concevoir, lorsque (1812) la guerre celata entre l'Angleterre et les Etats-Unis, Il fut fuit prisonnier à Malden, et sa captivité dura jusqu’à la paix. En 1823, cet actif missionnaire fut élu représentant gu songrès des Etats-Unis, C’est jusqu'à pré-

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Ce passage explique les contradictions que l’on rencontre dans les récits des divers écrivains qui se sont occupés des courses apostoliques et surtout du lieu de la mort du célèbre Jésuite. Les uns disent : «Il fut enterré sur tes bords d’une rivière qui a longtemps porté son nom»; d’autres ajoutent : « Il fut inhumé sur les bords d’une rivière qui porte son nom. » (Spark's Life of Marquette.)

sent le seul prêtre catholique qui ait été appelé à pareil honneur. Son élection causa une gr-nde joie aux cathotiques du Michigan. En 1827, son mandat étant expiré, l'abbé ne fut pas réélu, rtiais il fut renvoyé en prison pour n'avoir pas payé une amende de Æ£300 à laquelle les tribunaux civils l'avaient condamné pour avoir osé fulminer, de la part de l’'Evêque, une excommunication contre une personnè qui avait encouru les sévérités de Eglise. Enfin, accablé de travaux et d’éniotions douloureuses, pendant que l'épidémie décimait son troupeau, M. Richard fut enlevé par le choléra, le 9 septembre 1832. Il avait employé quarante-un ans au service de Dieu, dans l’Eglise des Fitats-Unis.

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