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commerce ; qu’au reste, nous nous exposions beaucoup de passer plus oultre a cause des courses continuelles que leurs ennemys font sur la riviere, qui ayant des fusils et estant fort agguerris, nous ne pouvions pas sans un danger evident avancer sur cette riviere qu'ils occupaient continuellement.
Pendant cot entretien, on nous apportoit continuellement à manger dans de grands platz de bois, tantost du bled entier, tantost d’un morceau de chien, toute la journée se passa en festins,
Ces peuples sont assez officieux et liberaux de ce qu’ils ont, mais ils sont miserables pour vivre, nosant aller a la chasse des bœufs sau: vages a cause de leurs ennemys, il est vray qu’ils ont le bled d’inde en abondance, qu'ils sement en toute saison, nous en visme en mesme temps qui estoit en maturité, d'autre qui ne faisoit que pousser et d’autre qui estoit en laict, de sorte qu’ils sement trois fois l’an. Ils le font cuire dans de grands potz de terre qui sont fort bien faits; ils ont aussi des assietes de terres cuitte dontz ils se servent a divers usages, Les hommes vont nuds, portent les choveux courtz, ont le nez percé d'ou
pend de la rassade aussi bien que de leurs oreilles. Les femmes sont vestues de meschantes peaux, nouent leurs cheveux en deux tresses, qu'elles jettent derriere les oreilles, et n'ont aucune rareté pour se parer. Leurs festins se font sans aucune ceremonie, ils presentent aux invitez de grands platz dontz chascun mange a discretion, et se donnent les restes les uns aux aultres. Leur langue est extremement difficile et je ne pouvois venir about d’en prononcer quelques motz, quelque effort que. je pusse faire. Leurs cabanes qui sont. faittes d’escorce, sont long 3 ei larges, ils couchent aux deux bouts :::vez de deux pieds de terre, ils y gardent leur bled dans de grands panniers faits de cannes, ou dans des gourdes grosses comme des demy bariques.
Ils ne sçavent ce que c’est que le castor, leurs richosses consistent en peaux de bœufs sauvages, ils ne voient jamais de neige chez eux et ne connoissent l’hyver que par les pluyes qui y tombent plus souvent qu'en esté ; nous n’y avons pas mangé de fruictz que des melons d'eau. S'ils sçavoient cultiver leurs terres ils en .auroient: de toutes les sortes.
Le soir, les anciens firent un conseil secret
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dans le dessein que quelqu’uns avoient de nous easser la teste pour nous piller, mais le chef rompit toutes ces menées, Nous ayant envoyé querir, pour marque de parfüitte assurance, il dansa le calumet devant nous, de la façon que jay descript cy dessus, et pour nous oster toute erainte il m'en fit present,
Nous fismes M. Jolliet et moy, un aultre conseil, pour déliberer sur 00 que nous avions a faire, si nous pousserions oultre ou si nous sous contenterions de la découverte que nous avions fäite. Après avoir attentivement consideré que nons n’estions pas loing du golphe mexique, dont le bassin estant a la haulteur de 31 degren 60 minutes (sie), et nous nous trouvant a 33 degrez 40 minutes nous ne pouvions pas en estre eloignes plus de 3 ou 3 journées, qui indubitablement la riviere Missisipi avoit sa décharge dans la floride ou golphe Mexique, non pas du eosté de l’est dans la Virginie, dont le bord de la mer est a 34 degrez que nous avons passéz sans neanmoins estre encore arrivés à la mer, non pas aussi du costé de l’onest a la Californie, parceque nous devions pour cela avoir nostre route a l’ouest ou a l’ouest sorouest et nous l'avons tousjour eu au end,
Nous considerâmes de plus que nous nous exposions a perdre le fruict de ce voyage duquel nous ne pourrions pas donner aucune connoissance, si nous allions nous jetter entre les mains des Espagnols qui sans doubte nous auroient du moins retenus captifs. En oultre nous voyions bien que nous n’estions pas en estat de resister a des sauvages alliés des Eupopeans, nombreux et expcortz a tirer du fusil qui infestoient continuellement le bas de cette riviere. Enfin nous avions pris toutes les connoissances qu'on peut souhaiter dans cette découverte. Toutes ces raisons firent conclure pour le retour, que nous declarames aux sauvages et pour lequel nous nous preparâmes apres un jour de repos.
SKCTION X.
Retour du Pere et des François.—Bapteme d'un enfant moribond.
APRES un mois de navigation en descendant sur Missisipi depuis le 42e degré jusqu'au 34e et plus, et apres avoir publié l'Evan-
gile, autant que j'ay pü, aux nations que j'ay rencontrées, nous partons le 17e Juillet du village des Akensea pour retourner sur nos pas. Nous remontons donc a Missisipi qui nous donne bien de la peine a refouler ses courans, il est vray que nous le quittons vers les 38e degré pour entrer dans une aultre riviere qui nous abbrege de beaucoup le chemin et nous conduit avec peu de peine dans le lac Ilinois.
No:3 n'avons rien veu de semblable a cette riviere ou nous entrons pour la bonté des terres, des prairies, des bois, des bœufs, des cerfs, des chevreux, des chatz sauvages, des outardes, des cygnes, des canards, des perroquetz et mesme des castors, il y a quantité de petitz lacs et de petites rivieres. Celle sur laquelle nous navigeons cst large, profonde, paisible pendant 65 licües le printemps et une partie de l’esté, on ne fait de transport que pendant une demy lieüe. Nous y trouvames une bourgade d'Ilinois nommé Kaskaskia composée de 74 cabanes, ils nous y ont tres bien receus et m'ont obligé de leur promettre que je retournerois pour les instruire: Un des chefs de cette nation avec sa jeunesse nous est
venu conduire jusqu’au lac des Ilinois, d’ou enfin nous nous sommes rendus dans la bayoe des Puantz sur la fin de septembre, d'ou nous estions partis vers le commencement de juin.
Quand tout ce voyage n’auroit causé que le salut d'une ame, j'estimerois toutes mes peines bien récompensées, et c’est ce que j'ay sujet de présumer, car lorsque je retournois nous passames par les Ilinois de PeBarea, je fus trois jours a publier la foy dans toutes leurs cabanes, apres quoy éomme nous nous embarquions, on m'apporte au bord de l’eau un enfant moribond que je baptisay un peu avant qu’il mourut par une providence admirable pour le salut de cette ame innocente.
MON REVEREND PERE— PAX Xi:
AYANT ceté contraint de demeurer a St.
François tont l’esté a cause de quelque incommodité. En ayant esté guery dez le mois de septembre, j'y attendois l’arrivée de nos gens au retour de la bas pour sçavoir ce quo ie ferois pour mon hyvernement ; lesquels
m'apporterent les ordres pour mon voyage a la mission de la Conception des Ilinois. Ayant satisfait aux sentiments de V.R. pour les copies de mon journal touchant la Riviere de Missisipi je partis avec Picrre Porteret et Jacque-—-, le 25 oct., 1674, sur les midi le vent nous contraignit de coucher a la sortie de la riviere ou les P8te8atamis s’assembloient, les anciens n'ayant pas voulu qu'on allast du costez des Ilinois, de peur que la jeunesse amassant des robbes avec les marchandises qu’ils ont apportez de la bas, et chassant au castor ne voulut descendre le printemps qu'ils croient avoir suiet de craindre les Nod8essi,
26 oct. Passant au village nous n'y trou:
vasme plus que deux cabanes qui partoient pour aller hyverner a la Gasparde, nous apprimes que 5 canots de P&te8atamis ot 4 d’Ilinois estoient partis pour aller aux Kaskaskia,
27. Nous fusmes arrestez le matin par la pluye, nous eusmes beau temps et calme l'apresdisnée que nous rencontrasmes dans:
l'ance a l'esturgeon les sauuages qui mar.
choient devant nous.
28. On arrive au portage, un canot qui avoit pris le devant est cause (que) qu'on ne
tue point de gibier; nous commençons notra portage et allons coucher de l'autre bord, ou
Je mauvais temps nous fist bien de la peine.
Pierre n'arrive qu'à une heure de nuit s’esgarant par d’un sentier ou il n’avoit jamais esté, apres la pluye et le tonnerre, il tombe de la neige.
29. Ayant ésté contraint de changer de cabannage, on continue de porter les paquets, le portage a pres d’une lieue est assez incommode en plusieurs endroits, les Ilinois s'estant assemblés le soif dans notre cabanne demandont qu’on ne les qritte pas, comme nous pouvions avoir besvin d’eux et qu’ils connois. sent mieux le lac que nous, on leur promet.
80. Les femmes Ilinoises achevent le matin notre portage ; on est arresté par le vont, il n’y a point de bestes.
81. On part par un assez beau temps et l’on vient coucher a une petite riviere. Le chemin de l’ance a l'esturgeon par terre est tres difficile, nous n'en marchions pas loing l'automne passée, lorsque nous entrasmes düns le bois.
Nov. 1: Ayunt dit la Ste. Messe on vient coucher dans une riviere, d'ou l’on va aux
P8te8atamis par un beau chemin. Chachag8essi8 Ilinois fort considere parmy sa nation, a raison en partie qu’il se mesle des affaires de la traitte, arrive la nuit avec un chevreux sur son dos, dont il nous fait part.
- 2. La Ste. Messe dite, nous marchons toute la iournée par un fort beau temps, on tue deux chats qui n’ont quasi que de la graisse,
3. Comme j’estois par terre marchant sur le beau sable tout le bord de l’eau estoit d’herbes semblables a celle qu’on pesche aus retz St. Ignace, mais ne pouvant passor une riviere, nos gens y entrent pour m'embarquer, mais on n’en put sorter a cause de la lame, tous les autres canots passe a la reserve d’un sul qui vient avec nous.
4. On est arresté. Ily a apparence qu'il y a quelque isle au large le gibier y passant lesoir,
5. Nous eusmes assez de peine de sortir de la riviere sur le midy’on trouva les sauvages dans une riviere, ou ie pris occasion d’instruire les Ilinois, a raison d’un festin que Na8asking8e venoit de faire a une peau de loup.
6. On fist une belle iournée, les sauvages estant a la chasse découvrirent quelques pistes d'hommes, ce qui oblige d’arrester le lendemain,
9. On mit a terre sur les 2 heures a cause d’un beau cabannage, ou l’on fust arresté 5 iours, a cause de la grande agitation du lac sans aucun vent, ensuitte par la neige, qui fust le lendemain fondue par le soleil et un vent du large.
15. Apres avoir fait assez de chemin on cabanne dans un bel endroit ou l’on est arresté 3 jours, Pierre raccommode le fusil d’un sauvage, neige tombe la nuit et fonde le iour.
20. On couche aux ecors assez mal cabannez, les sauvages demeurent derriere durant qu’on est arrosté du vent 2 iours et demy.
Pierre allant dans le bois trouve la prairie a 20 lieues du portage, il passe aussi sur un beau canal comme en voute, haut de Ia hauteur d’un homme, ou il y avoit un pied d’eau.
23. Estant embarque sur le midy nous eusmes assez de peine de gagner une riviere, le froid commença par l’est et plus d'un pied de noige couvrit la terre qui est tousiours depuis demeuré, on fuest arresté la 3 iours du. rant lesquels Pierre tua un chevreux, 3 outardes, et 3 cocqs d'inde, qui estoient fort bons, les autres passerent iusques aux prairies, un
sauvage ayant descouvert quelques cabannes :
nous vint trouver, Jacques y alla le lendemain avec luy, 2 chasseurs me vinrent aussi voir, c'estoicnt des Mask8tens au nombre de 8 ou 9 cabannes, lesquelles s’estoient sepures les uns des autres pour pouvoir vivre, avec des fatigues presque impossibles a des françois ils marchent tout l'hyver, dans des chemins tres difficiles, les terres estant pleines de ruisseaux, de petits lacs et de marests, ils sont tres mal cabannez, et mangent ou ieusnent selon les lieux ou ils se rencontrent; estant arrestes par le vent nous remarquasmes qu'il y avoit de grandes battures au large ou la lame brie soient continuellement ; ce fust la que ie sentis quelques atteintes d’un flux de ventre,
27. Nous eusmes assez de peine de sortir de la riviere et ayant fait environ 8 lieues nous trouvasmes les sauvages qui avoient tuez des bœufs et 3 Ilinois qui estoient venus du village, nous fusmes arrestez ia d’un vent de terre, des lames prodigieuses qui venoient du large, et du froid.
Decembre 1. On devance les sauvages pour pouvoir dire la Ste Messe,
8. Ayant dit la Ste. Messe, estant embarqué . nous fusmos contraint de gagner uno pointe
pour pouvoir mettre a terre a cause des bourguignons,.
4, Nous partismes hèureusément pour venir a la riviere du portage qui estoit gelee d’un demy pied, où il y avoit plus de neige que partout ailleurs, comme aussi plus de pistes de bestes et de cocqs d'Inde. La navigation du lac est assez belle d’un portage a l’autre, n’y ayant aucune traverse a faire et pouvant mettre a terre partout, moyennant qu'on ne soit point opiniastre a vouloir marcher dans les lames et de grand vont. Les terres qui le bordent ne valent rien excepté quand on est aux prairies, on trouve 8 ou 10 rivieres assez belles, la chasse du chevroux est tres belle a mesure qu’on s'esloigne des P8teSatamis.
12. Comme on commençoit hier a traisner pour approcher du portage les Ilinois ayant quittez les P&teBatamis arriverent avec bien de la peine, Nous ne pusmes dire la Ste. Messe le iour de la Conception a cause du mauvais temps et du froid, durant notre seiour a l’entrée de la riviere, Picrre et Jacques tuerent 3 bœufs et 4 chevreux dont un courut assez loing ayant le cœur coupe en 2, on se contente de tuer 3 ou 4 coqs d'inde de plusieurs qui
venaient autour de notre cabane, parcequ'ils mouroient quasi de faim ; Jacques apporta une perdrix qu'il avoit tuez, semblable en tout a celles de France, sxcepte qu'elle avoit comme deux aislerons de 3 ou 4aisles longues d'un doigt proche de la teste, dont elles couvrent les 2 costez du col ou il n'y a point de plume
14. Est::.: c:bannez proche le portage a 2 lieues daus la riviere nous resolusmes d'hyverner la, est:nt &ans l’impossibilite de passer outre, estant trop einbarrasse, et mon incommodite ne me permettant pas de beaucoup fatiguer. Plusieurs Ilinois passerent hier pour aller porter leur pelleterie a Na8asking8e, ausquels on donne un bœuf et un chevreux que Jacque avoit tué le iour auparavant ; ie ne pense pas avoir veu de sauvage plus affamés de petun françois qu'eux, il vinrent jetter a nos pieds des castors pour en avoir quelque bout, mais nous leur rendismes en leur en donnant quelque pipe, parceque nous n'avions pas encore conclu si nous passerions outre.
15. Chachag8essi8 et les autres Ilinois nous quitterent pour aller trouver leur gens, et leur donner les marchandises qu'ils avoient
apportez pour avoir leur robbes en quoy ils se gouvernent comme des traitteurs et ne donnent guere plus que les François ; je les instruisis avant leur depart, remettant au printemps de tenir conseil quand je serois au village ; ils nous traitterent 3 belles robbes de bœuf pour une coudee de pétun, lesquelles, nous ont beaucoup servi cet hyver, estant ainsi desbarassez, nous dismes la Messe de la Conception ; depuis le 14 mon incommodite se tourna en flux de sang.
30. Jacque arriva du village des Ilinois qui n’estoit qu'a six lieues d’icy ou ils avoient faim le froid et la neige les empeschant de chasser, quelques uns ayant adverti la Toupine et le chirurgien que nous estions icy et ne pouvant quitter leur cabane avoient tellement donnez la peur aux sauvages croyant que nous aurions faim demeurant icy que Jacque eust bien de la peine d'empescher 15 jeunes gons de venir pour emporter toute nostre affaire,
Janvier 16, 16756. Aussitot que les 2 françois sceurent que mon mal mempeschoit daller chez eux le chirurgien vint icy avec un sauvage pour nous apporter Ges bluots et du bled; ils ne sont que 18 lieues d’icy dans un beau
lieu de chasse, pour les bœufs et les chevreux et les cocqs d'inde qui y sont excellents, ils avoient aussi amassez des vivres en nous attendant; etavoient fait entendre aux sauvages que leur cabanne estoit a 1n Robbe noire, et on peut dire qu'ils ont fait etdit tout ce qu’on peut attendre d'eux : le chirurgien ayant icy seiourne pour faire ses devotions: j’envoiay Jacque avec luy pour dire aux Illinois qui estoient proche de Ia, que mon incommodite m'’empeschoit de les aller voir et que iautois mosme de la peine 7 aller le Lt si elle continuoit,
‘124 Jacque retourna, avec un sac de bled et d'autres: refraichisseménts que les François luy avoient donnez pour moy : il apporta aussi les langues et dé la viande de deux bœufs qu'un sauvage et luy: avoient tuez proche d'icy ; mais toutes les beptes sc sentent de mauvais temps. : ‘|
26. 3 Ilinois nous apporterent de la A ÂAnoiens 2 sacs de bled, de la viande seche, des citrouilles et 12 castors, lo, pour me faire une natte, 20, pour me demander do la poudre; 80, pour que.nous n’cussions faim, 40, pour avoir quelque: peu de marchandises} io leur repondis
Int, que j'estois venu pour les instruire, en leur parlant de la priere, &c. 2nt, que ie ne leur donnerois point de poudre, puisque nous taschions de mettre partout la paix, et que ie ne voulois qu'ils commençassent la guerre avec les.Miamis. 3nt, que nouûs n’apprehen:
dions point la faim. 4nt, que iencouragerois les françois a leur apporter des marchandises, et qu'il falloit qu'ils satisfissent ceux qui estoient chez eux pour la rassade qu’on leur avoit pris, dez que le chirurgien fust party pour venir icy. Comme ils estoient venus de 20 lieues, pour les payer de leur peine et de ce qu'ils m'avoient apportez ie leur donnay une hache, 2 couteaux, 3 iambettes, 10 brasses de rassade et 2 mirouirs doubles, et leur disant que ja tascherois d'aller au village seulement pour quelques iours simon incommodité continuoit, ils me dirent de prendre courage de demeurer et de mourir dans leur pays et qu’on leur avoit dit que i’y resterois pour longtemps. .
Fevrier 9. Depuis que nous nous sommes addressez. à la Ste. Vierge Immaculée que nous ayons COMMeENCCZ une neufvaine par une messe a laquelle Pierre et Jacque qui font tout ce qu'ils peuvent pour me soulager, ont. com
munies pour demander a Dieu la santé, mon flux de sang m'a quitte, il ne me reete qu’une foiblesse d'estomac, ie commence a me porter beaucoup mieux et a reprendre mes forces ; une cabanne d’Ilinois qui s’estoit rangee proche de nous depuis un mois une partie ont repris le chemin des P8t et quelques unes sont encore au bord du lac ou ils attendent que la navigation soit libre, ils emportent des lettres pour nos P. P. de St. François.
20. Nous avons eu le temps de remarquer les mareez qui viennent du lac lesquels haussent et baissent plusieurs fois par iour et quoyqu’il n’y paraisse aucun abry dans le lac, on a veu les glaces aller contre le vent, ces mareez nous rendoient l’eau bonne ou mauvaise parceque celle qui vient d’en hault coule des prairies et de petits ruisseaux, les chevreux quisonten quantite vers le bord du lac sont si maigres qu'on a este contraint d’en laisser quelques uns de ce qu’on avoit tuez.
Mars 23. On tue plusieurs perdrix dont il n’y a que les mals qui ayant des aislerons au col, les fomelles n’en ayant point, ces perdrix sont assez bonnes mais non pas comme celles de France,
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30. Le vent de nord ayant empesche le degeal jusques au 25 de mars il commença par un vent de sud, dez le lendemain le gibier commença de paroistre on tua 30 tourtres que je trouveay meilleures que celles de la bas, mais plus petites, tant les vieilles que les jeunes ; le 28 les glaces se rompiront et s’arresterent au dessus de nous, le 29 les eaux crurent si fort que nous n’eusmes quo le temps de descabaner au plutot, mettre nos affaires sur des arbres et tascher de chercher a coucher sur quelque but, l’eau nous gagnant presque toute la nuit, mais ayant un peu gele et estant diminue comme nous estions aupres de nos paquets, la digue vient de se rompro et les glaces a s’escouler et parceque les eaux remontent desia nous allons nous embarquer pour continuer notre route
La Ste. Vierge Immaculee a pris un tel soin de nous durant notre hyvernement que rien ne nous a manque pour les vivres, ayant encore un grand sac de bled de reste, de la viande et de la graisse; nous avons aussi vescu fort doucement, mon mal ne m’ayant point empesche de dire la Ste. Messe tous les iours ; nous n'avons pont pu garder du caresme que les Vendredys et samedys,
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