‹ La déesseChapitre 30 sur 52 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

NADJA, GÉRONVAL, en graud costume de bal,

suivi d'un valet de pied.

géronval, à la cantonnade.

Que la voiture attende sous le vestibule. (Au

valet.) Prévenez ces dames... que c'est moi, M. de

Géronval, qui viens les prendre ci les conduire moi-même au bal... (Se retournant et apercevant Nadja qui s'est assise rêveuse et lui tournant le dos.) Eh mais ! n'est-ce pas là cette jeune fille que madame la duchesse veut, par mon crédit, faire jeter dans un couvent... c'est absurde! il y a d'autres moyens plus faciles et plus doux de l'enlever à son fils... et je m'en charge pour rendre service à la famille... j'en ai subjugué de plus sauvages et comme l'on dit : « Jamais surintendant ■ n'a trouvé de cruelles! » (Voijant Nadja qui porte son mouchoir à ses yeux.) Attaquons! j'arrive, je crois, dans un accès demélancolie... vous pleurez, ma belle enfant.

nadja, tressaillant.

Ah! mon Dieu !.... quelle est cette nouvelle figure?..

GÉRONVAL.

Ma physionomie l'a frappée.

NADJA.

Mon Dieu ! qu'ils sont donc laids dans ce paysci, lui surtout... avec ces habits si grotesques... géronval, galamment.

Ce n'est pas moi... ma belle enfant, qui vous ferais pleurer...

nadja.

Oh! non, monsieur!., au contraire'... mais je ne peux pas en ce moment. J'ai trop de chagrin pour cela!

GÉRONVAL.

Des chagrins... cela se trouve à merveille.

Air : Puisque nous sommes au bal.

Écoutez, la belle des belles, Le ciel m'a donné pour emploi De consoler les demoiselles!

C'est mon état !

NADJA.

A vous?

GÉRONVAL.

A moi !

NADJA..

Est-ce bien vrai?

GÉRONVAL-

Sur ma parole ! Surtout les belles aux doux yeux!...

Voyons? veux-tu qu'on te console ?

NADJA.

Je ne demande pas mieux !

GÉRONVAL.

Dites-moi alors qu'est-co qui vous chagrine?

NADJA.

C'est de ne pas avoir des petites médailles... en or.

GÉRONVAL.

Vous voulez dire des louis d'or '

NADJA.

C'est possible ! je n'y tiens pas !

géronval, à part.

Il paraît, au contraire, qu'elle y tient... et la jeune Indienne est d'une franchise... (Haut.) De sorte que vous en voudriez ?

nadja, naïvement.

Beaucoup !.. où en donne-t-on ?

géronval, à part.

Voilà qui est singulier !.. {Haut.) Mais moi d'abord, j'en ai! moi, Géronval le millionnaire, dont vous avez entendu parler.

nadja.

Non.

GÉRONVAL.

J'en ai trop ! et c'est ce qu'il faut pour être heureux!

C'est justement ce qu'on m'a dit. Alors... {Tendant la main.) Donnez-m'en...

GÉRONVAL.

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