SCÈNE II
GÉRONVAL, SIMOUN.
SIMOHN.
Voilà! voilà! Monsieur!...
GÉRONVAL.
Où étais-tu?...
SIMOUN
En bas !... avec Verte- Allure, votre cocher, qui était sur son siège... les bras croisés.
GÉRONVAL.
Et toi, que faisais-tu ?...
SIMOUN
Dame !... j'aidais Verte-Allure!...
GÉRONVAL.
Paresseux! sais-tu où nous sommes, ici?
SIMOUN
Non, Monsieur... c'est la première fois que j'y viens avec vous.
GÉRONVAL.
Et tu n'as pas causé avec les valets de la maison, comme un bon domestique doit le faire?... Tu ne les as pas interrogés sur leurs maîtresses?
Puisque je dormais...
GÉRONVAL.
Je te chasse !...
SIMOUN
Pardi ! la perte n'est pas grande!... (S' asseyant dans un fauteuil.). Je pourrai du moins me reposer.
GÉRONVAL.
Air de Catpïg/'.
A quoi nous sert donc d'être riches?
De votre or ne soyez point chiches, Payez pour être bien servis !
Payez donc pour être chéris! (bis.) Et l'on se voit trompé sans cesse, Par ses valets, par sa maîtresse.
En vérité, c'est affligeant, On n'a plus rien pour son argent.
J'aurais mieux fait, il y a dix-huit mois, de me marier... Mais mademoiselle Montauron a préféré se jeter dans un couvent... et quand pour me consoler je m'adresse à l'Opéra.., à la belle Azoline... (Se promenant avec -agitation.) Six cent mille livres en moins d'une année! !... c'est le prince étranger qui me l'enlève... c'est sûr... à moins que ce ne soit le surintendant des finances... je suis d'unejalousie!... si je pouvais obtenir par lui la ferme des gabelles... cela serait un dédommagement qu'il me doit... (Appelant.) Simoun ! (.4 part.) Cela me ferait trouver sur-lechamp les sept à huit cent mille livres dont j'ai besoin et sans lesquelles... (Appelant [avec impatience.) Simoun ! !...
simoun, dans le fauteuil.
Qu'est-ce que c'est ?...
GÉRONVAL.
Je retourne à Paris... et si elle n'est réellement pas à sa répétition , je reviens ici faire un éclat... Non, non, modérons-nous. Elle ne demanderait peut-être pas mieux que de rompre... et je dois être furieux... A l'amiable... ma voiture !... simoun, froidement et toujours assis.
Comment dites-vous ?...
GÉRONVAL.
Fais avancer ma voiture.
simoun, de même.
Ça ne me regarde plus... vous m'avez donné mon congé.
géronwl, avec colère.
Air : Nous allons nous mettre à table (Demoiselle à marier.) De nouveau, dans ma colère, Je le donne...
SIMOUN
Je reçois ; Et c'est beau , car, d'ordinaire, Vous ne donnez pas deux fois.
GÉRONVAL.
Ah! je voudrais, Dieu me damne!
Si chez moi j'étais encor, Te donner cent coups de canne, De ma canne à pomme d'or, Oui, de ma canne a pomme d'or.
ENSEMBLE
Ah ! calmez votre colère !
Chacun de nous a ses droits ; Vous donnez peu, d'ordinaire, Et moi toujours je reçois.