‹ La déesseChapitre 48 sur 52 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Les précédents, CHARLES, rentrant par le fond.

Charles, voyant Géronval aux genoux de Nadja. C'est encore moi !... pardon !.. désolé de déranger une réconciliation! ce n'est pas ma

faute!... la maison est cernée ! c'est moi que l'on poursuit!., toujours ce maudit duel, (A Nadja.) et en conscience, Mademoiselle me doit un asile! (A Géronval qui le regarde d'un air étonné.) Oui mon cher, je me suis battu pour elle... une ingrate qui me rappelle... vous savez... la petite Nadja sa sœur... qui était encore plus coquette... si c'est possible ! il parait que c'est de famille!.. nadja.

Qu'est-ce que cela signifie! ma sœur?..

charles, riant.

Eh parbleu !.. une ingénue qui s'est fait enlever par d'Esterville mon ami intime !

géronval, à part avec embarras.

0 ciel.

CHARLES

Qui est partie avec lui sur son vaisseau !

nadja, tremblante d'émotion.

Qui a dit cela!

CHARLES

Géronval, lui-même, et ma mère...

nadja, de même.

Vous ! Monsieur !

GÉRONVAL.

Moi ! grand Dieu !

nadja, le pressant.

Enfin ! l'avez-vous dit ?

GÉttONVAL.

Involontairement Entendons-nous! C'est

moi ! et pourtant ce n'est pas moi ! C'est madame la duchesse qui , pour sauver son fils, avait inventé ceticruse... maternelle !

Charles, poussant un cri.

Ah !...

ENSEMBLE

Air : C'en est trop! mon honneur (de Philippe).

CHARLES

0 regret! ô douleur!

Je la croyais coupable!

(Menaçant Géronval.) Ah ! craignez la fureur Qui déborde en mon cœur!...

Le désespoir m'accable!

0 trop fatale erreur !

Ma mère, impitoyable, Aura fait mon malheur !

NADJA.

Je comprends son erreur!

(A Charles, montrant Géronval.) Grâce pour le coupable; Vous voyez sa frayeur ; Calmez votre fureur !

(A part.) Le regret qui l'accable Vient consoler mon cœur.

Je le crois moins coupable En voyant sa douleur !

GÉRONVAL.

Je ne suis pas l'auteur D'une ruse semblable !

(A Nadja, montrant Charles.) Mais calmez sa fureur, Car je tremble de peur !

Si le fait est blâmable , Et si , par cette erreur, Sa mère fut coupable, C'était pour son bonheur !

(Charles est tombé, accablé, assis près de la table à gauche , et cache sa tête entre ses mains.)

CHARLES, à gauche, comme absorbé dans sa douleur; NADJA, GÉRONVAL, MARDOCHE, entrant par le fond.

nadja, l'apercevant et courant à lui.

Silence. Mon père ! (Lui montrant Charles.) Il est là !

mardoche, à voix basse.

Qu'importe ? Voici ses dettes payées et voici sa grâce !

nadja, prenant les papiers.

C'est bien !

mardoche, de même.

Nous sommes quittes !.. Qu'il s'éloigne !.. Car j'ai ta promesse de m'obéir !

nadja, vivement.

Je la tiendrai ! Quelques minutes seulement ! (Montrant laporteà droite.) Là... ainsi que Géronval... écoutez? et après... ce que vous déciderez...

MARDOCHE

Tu y souscriras !

nadja.

Joyoks le jure!

géronval, à demi-voix, et entraînant Mardoche dans le cabinet à droite.

Dès qu'elle vous le promet ! venez ï (Ils disparaissent tous deux.)

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