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sieurs causes peuvent avoir donné lieu à l'origine de ce prétendu pouvoir de fascination des serpents. Il est vrai que la plupart des animaux paraissent ignorer le danger qui les menace, lorsqu'ils se trouvent en société d’ennemis aussi cruels que les serpents; on les voit souvent marcher sur le corps de ces reptiles, les piquer à la tête, les ronger, ou se coucher familièrement à leur côté. Mais aussi, ne saurait-on nier qu'un animal, surpris à l’improviste, attaqué par un adversaire aussi redoutable, voyant son attitude menaçante, ces mouvements exécutés avec tant de promptitude, ne soit saisi d'une certaine frayeur qui le prive pour le premier moment de ses facultés et le rend incapable d'éviter le coup fatal, exécuté à l'instant même où il se voyait assailli. M. Barthon-Smithe, dans un mémoire, composé expressément pour réfuter tout ce que l’on a avancé sur la faculté de fascination des serpents à son-
nettes, rapporte plusieurs faits qui prouvent que les oiseaux ne se
montrent effrayés que lorsque les serpents s'approchent de leurs nids, pour s'emparer de leur progéniture; c'est alors que l’on voit les parents effrayés voler autour de leur ennemi, en poussant des cris plaintifs, absolument comme font nos fauvettes, quand quelqu'un s'arrête devant leur nid. Il se peut également que les animaux qu'on prétend avoir vu sauter autour du serpent et enfin tomber dans sa gueule, aient déjà été atteints par la dent meurtrière, ce qui coïncide parfaitement avec la manière dont les serpents venimeux proprement dits s'emparent de leur proie.
Plusieurs serpents d'arbre saisissent leur proie, en entortillant leur queue déliée autour du cou de leur victime. Dampier a été plusieurs fois témoin de ce spectacle: voyant un oiseau, battant des ailes et faisant entendre des cris, sans qu'il s’envolat, ce voyageur ne s’aperçut que le pauvre animal était étreint dans les replis d'un serpent, que lorsqu'il voulût le prendre avec la main. Russel, présentant un jour une poule à un Dipsas, cet oiseau don-
na en peu de temps les signes de la mort. Ne concevant pas comment la morsure d'un serpent non venimeux et de si petite taille avait pu produire de pareils effets, il examina soigneusement la poule et trouva que c'était les étreintes de la queue du serpent autour du cou de la poule, qui l’eussent fait périr, s’il n’avait pas eu le soin de la dégager. Plusieurs oiseaux de petite taille ont la coutume de poursuivre les oiseaux de proie et d’autres
ennemis de leur race, ou de voler autour du lieu où l’objet de leur haine se tient caché. On a lieu de croire que ce phénomène, connu en Europe de tout le monde, ait aussi lieu dans les contrées exotiques et peut etre soit aussi un de ceux qui ont enccre le plus contribué à l'invention des contes que l’on débite sur le pouvoir de fascination des serpents.
Le professeur Sauvage (1), après avoir cité un passige où les notables herpétologistes Duméril et Bibron répètent ce que la tradition populaire a créé 4 ce sujet, ajoute lui-même:
“Nous ne savons pas si la fascination existe chez les serpents en liberté. Ce que nous pouvons assurer, c'est que nous ne l'avons jamais vue chez les nombreux serpents que nous avons été à même d'observer à la ménagerie des reptiles du Muséum de Paris. Un lapin que l’on met dans la cage d’un Boa ou d'un Python n’éprouve aucune frayeur et ne semble nullement se douter du triste sort qui l'attend. Il y a mieux, si le serpent n'a pas faim, il évite généralement la proie que lui est offerte et va s'enrouler dans quelque coin. On voit très souvent alors le lapin grimper sur le reptile et de ce poste élevé explorer les environs et faire sa toilette.
Nous avons vu une fois un chevreau mis en présence d'un Python molure de très forte taille. Chaque fois que le reptile s’approchait par trop du chevreau et le tâtait à l'aide de sa langue, celui-ci donnait un coup de tête, et le serpent s’empressait de se retirer, pour revenir bientôt après. Au bout d’un certain temps de ce manège, le Python alla se réfugier sous sa couverture, de telle sorte que la victoire resta en réalité au chevreau à qui il fut fait grâce de la vie à cause de sa courageuse conduite.
Lorsque l’on donne comme nourriture à des Vipères des mulots ou des campagnols en bonne santé, il arrive trop fréquemment que ces rongeurs, loin d'être fascinés, tuent les serpents. Le fait est si connu dans les ménageries qu’on évite de donner aux serpents des rats qui ne seraient pas étourdis, car ils pourraient infliger de cuisantes blessures à leur ennemi.
Pour ce qui est des oiseaux dont les couvées sont souvent attaquées par des serpents d'arbre, ils ne sont pas le moins du
(1) BREHM — Les reptiles et les batraciens pag. 2909.
monde fascinés. Les oiseaux de faible taille ont généralement recours à la ruse pour détourner l'attention des” reptiles. Ils poussent des cris plaintifs, s’approchent du serpent comme s'ils voulaient se faire prendre, voltigent et sautillent sur le sol comme si leurs pattes et leurs ailes étaiente paralysés, se laissent tomber de la branche sur laquelle ils reposaient, puis à un moment donné, lorsque le serpent n'est plus à craindre pour la couvée, donnent un vigoureux coup d’aile et se sauvent; le courageux oiseau n'est que trop souvent victime de son dévouement, car si l'oiseau est ingénieux et téméraire, le reptile est habile.
La rapidité extrême avec laquelle le serpent se précipite sur sa proie est telle que celle-ci semble venir se précipiter d'elle méme au-devant de sa perte.
Il y a des personnes qui pensent posséder des moyens surnaturels pour prendre, en un lieu déterminé, un serpent quelcônque. Ces moyens sont tantôt des formules qui doivent être ré pétéés quand on rencontre le serpent, tantôt des actes comme celui de faire un noeud à la ceinture de la jupe ou à une jambe du pantalon, etc. Ces croyances absurdes sont rejetéés immediatement par les intelligences les moins exigeantes. Il y a, cependant, un fait dans la biologie des serpents, qui nous donne l'explication du motif pour lequel a été vulgarisée cette idée absurde. Voici comment. I! y a des serpents nocturnes, à mouvements extrêmement lents (les venimeux sont dans ce cas) qui pendant le jour dorment ou sont au repos; lorsque, par hasrd, ils sont rencontrés par l'homme, ils restent dans la même position, ils ne fuient pas, en permettant aux superstitieux de faire usage de leur syrpathte avec un résultat apparent.
Les serpents n’ont du venin que dans la glande spéciale et ne peuvent l’inoculer qu'au moyen des dents appropriées dans ce but. Ils ne blessent pas avec la langue ni avec la queue, comme on l'entend dire faussement par les gens du peuple.
Le contact des écailles des serpents, soit venimeux, soit inoffensives, avec une partie quelconque du corps de l’homme, ne produit aucun mal, pas même le ‘‘cobreiro”, nom par lequel sont désignés les érythèmes que le peuple attribue par erreur au passage ou au contact direct du corps d'un serpent.
Dans l'Inde et dans d’autres pays asiatiques il y a une caste
es va
d'individus qui prétendent exercer une véritable fascination sur les serpents. Ils donnent des spectacles, causant de l'admiration dans l'assistance par la manière habile dont ils jouent avec les espèces les plus dangereuses. De tels individus connaissent très bien les habitudes de ces animaux et c'est grâce 4 l'étude attentive de ces habitudes et à la longue pratique du métier de charmeur des serpents qu'ils arrivent très souvent à faire croire à leur pouvoir surnaturel. Quelques-uns arrachent les dents inoculatrices des serpents avant de s’exposer au danger; d’autres plus audacieux négligent de prendre cette précaution et finissent presque toujours par être mortellement piqués dans une de ces exhibitions.
Dans notre pays, apparaissent de temps en temps, de ces magiciens, soit nationaux soit étrangers. Les uns font des exhibitions en public; d’autres plus modestes, préfèrent la réputation de sorciers, grâce à quelques exhibitions dans des réunions privées. Presque toujours ces individus finissent par être victimes de leur imprudence. À Batataes, le Dr. Joäo Paulino Pinto eut l’occasion de secourir un de ces charmeurs, le 29 février 1908, lorsque il venait d‘être mordu par un serpent à sonnettes, pendant une exhi-
- bition de serpents dans un cirque.
Le Dr. Carlindo Valeriani, ancien assistant à cet Institut, a eu l'occasion de porter secours, à Pirassununga, au fameux charmeur de serpents, connu dans l'intérieur de l’Etat de S. Pauio sous le surnom de “Cabo Cobra”. Celui-ci jouait avec les serpents et se considérait comme ayant le privilège de ne pouvoir être piqué par
eux; même s'il l'était, disait-il, ne courrait aucun danger, car il était
guéri où avait le corps jérmmé. Nous connaissions déjà la réputation de ce personnage, car nous avions été plusieurs fois interrogé par des visiteurs de l’Institut, qui, en nous parlant de ses exploits, nous en demandaient une explication, lorsque un jour nous avons reçu une communication du Dr. Valeriani. Etant chez lui, disait-il, il avait été appelé par diverses personnes qui lui présentèrent “Cabo Cobra”, en disant que celui-ci avait parié qu'il serait capable de saisir et de jouer avec un serpent venimeux qui était en captivité chez le Dr. Valeriani et destiné à être envoyé à l'Institut de Butantan.
Le serpent. dont il s’agit était un Jararaca (L. Ianceolatus) de dimension moyenne, qui avait été remis par une des fazendas
de la commune au Dr. Valeriani. Ce collègue après avoir montré le danger que courait le pseudo-charmeur, avait cédé aux instanmontra ses
ces des solliciteurs, en permettant que “Cabo Cobra’ tours d'adresse. Lorsque le serpent avait été retiré de la caisse et placé sur le sol, “Cobra” lui avait adressé la parole en termes caressants, l'appelant sa belle Hélène et autres choses semblables. Lorsque il avait jugé le moment opportun, pensant avoir conquis les bonnes grâces de son ami, il l'avait saisi par le milieu du corps, en recevant alors une piqüre à la jointure du coude. II avait Jàché immédiatement l’ophidien, voulant se retirer et cherchant à nier quil eût été blessé par le serpent, comme tous en avaient été témoins. Mais sa résistance avait duré peu de temps. Quelques gouttes de sang révélatrices de la blessure, la paleur du visage, la douleur et l’état de défaillance qui s'était emparé de lui, le poussèrent à changer de résolution, en acceptant prudemment l'injection de sérum que lui offrait le Dr. Valeriani.
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D'accord avec le système moderne, on divise l'odre des ophidiens en neuf familles qui sont les:
1) Typhlopidés, 2) Glauconidés, 3) Boidés,
4) Ilysiidés,
) Uropeltidés,
) Xenopeltidés,
7) Amblycephalidés, 8) Colubridés,
9) Vipéridés
A l'exception des familles des Uropeltidés et des Xénopeltidés, toutes les autres, ont des representants dans l’Amerique de Sud et au Brésil. Dans la famille des Boidés on rencontre des espéces gigantesques come le Sucury, le Sucurijuba, ou le Sucuriù
(Eunectes murinus) et le Giboia, (Boa constrictor). Outre ces especes, l’Institut en a reçu une autre de moindres dimensions, que le peuple appelle Sucury petit, et dont le nom scientifique est Epicrates cenchris.
Pour toutes les raisons les deux dernières familles mentionnées, les Colubridés, et les Vipéridés, doivent occuper spécialment notre attention. La première raison, c'est que elles comprennent les espèces les plus frèquentes de notre pays, la deuxième, c'est que on y recontre toutes les espèces venimeuses, aussi bien du aucien continent que de l'Amérique et de l'Australie.
Les familles des Colubridés est la plus grande de toutes. On la divise en trois groupes d’accord avec la constitution de l’appareil dentaire :
A) AGLIPHE Toutes les dents lisses, sans canal ou fente. B) OPISTHOGLYPHE Dents posterieures fendues longitudinalment.
C) PROTEROGLYPHE Dents \inoculatrices antèrieures, fendues longitudinalment.
Les serpents des groupes À et B ne doivent pas être considerés comme venimeux, parce qu'ils ne peuvent pas dèterminer d'accident grave chez l’homme, Ceux du group € sont tous venimeux et comprennent les espèces les plus dangareuses de l'Asie. En Amerique les uniques serpents de ce groupe sont les coraux, qui appartiennent au genre Elaps et à la sous-famille des Elapinés.
Le tableau suivant nous montre le nombre et les noms des coraux venimeux du Brèsil et des autres pays de l’Amerique et les relations que les espèces du genre Elaps gardent avec ceux du mème groupe.
C — PROTEROGLIPHE Sous — familles
a) HIDROPHINÉS Serpents venimeux de mer. Habitat: Océan Indien, océan Pacifique
I Ogmodon | IT Glyphodon IIT Pseudelaps
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