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graves, non seulement en raison de la puissance de l'appareil inoculateur, de la quantité du venin, mais aussi à cause de l’activité de ce dernier. Après le venin du serpent à sonnettes, c’est l’un des: plus actifs, par injections intra-musculaires, pour les animaux de laboratoire.
Les phénomènes locaux sont peu intenses, parce que la pénétration du venin se fait avec une extrême rapidité.
Nous n’avons pas eu l’occasion d'observer un accident quelconque chez les hommes ou chez les animaux. Mais, nous avons rencontré, dans l'excellent livre de Brehm (1), le récit d’un planteur hollandaise d’où il résulte que les accidents chez l'homme confirment entièrement ce que nous avons constaté par expérience chez les animaux en ce qui concerne l'activité et la rapidité d’action du venin de cette espèce. Voici le fait:
«Un planteur, nommé Moll, avait loué un {ndien Arrowacken «comme chasseur. Etant en forêt avec son chien, le chasseur en- «tendit celui-ci aboyer furieusement, signe certain de la présence «d'un serpent. L’Indien courut, le fusil à la main, à la défense de «son chien; mais, avant qu'il eût pu tirer, le serpent, un Surucucü, «s'était jeté sur lui et l'avait profondément mordu au bras, au-des- «sus du coude. L'Indien poursuivit le serpent qui l'avait blessé, «le tua, lui ouvrit le ventre et frictionna ensuite la blessure avec «la bile qui passe pour du contre-poison efficace. Cela fait, l'In- «dien tenant son trophée à la main, se dirigea vers la demeure «de son maître, encore très éloignée de l'endroit où il se trouvait. «A moitié chemin, l'Indien fut tout à coup pris d’ abattement, de «froid, se mit à trembler de tous ses membres et tomba inanimé «sur le sol. Le cnien, voyant son maître dans cet’état, accourut à «la maison et fit un tel tapage que l’on cemprit facilement qu'il «était arrivé un malheur au chasseur. Moll prit un de ses hommes «et suivit le chien qui gambadait devant lui. Une demi-heure après «on trouva l'Indien comme paralysé, mais ayant encore sa con- «naissance. On transporta le malheureux à la maison; tous les re- «mèdes restèrent sans effet, et l’Indien ne tarda pas à succomber».
Le Surucücü habite, selon le témoignage de voyageurs, les forêts vierges ou les bois épais et sombres, de préférence ceux
(1) Brehm — Les reptiles et les batraciens, pag. 502.