‹ La défense contre l'ophidismeChapitre 29 sur 107 · GB · texte numérisé non relu

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nin est celui qui a l’action locale la plus intense et qui est le plus protéolytique sur les tissus.

Le sérum anti-bothropique est très actif contre l’empoisonnement déterminé par cette espèce.

On peut aussi employer avee un très bon résultat le sérum aniti-ophidique. |

LACHESIS JARARACUCU — Lacerda.

Noms vulgaires: Jararacuçu, surucucu tapis (Etat de Rio)

urutü doré, etc.

Le Dr. Lacerda fut le premier à reconnaître qu'il s’agit d’une espèce qu'on ne devrait pas confondre avec le jararaca (L. lanceolatus), pensant, toutefois, qu'on peut l'identifier avec le Borthrops atrox de Wagler. Malgré cette manière de voir, il propose de conserver le nom vulgaire de jararacuçü pour désigner cette espèce. Voici la desdription qu’on rencontre dans ses leçons sur les venins des serpents du Brésil:

«A mon avis, le jararacuçu et le «Bothrops atrox» de Wagler constituent une espèce différente de jararaca.

«Dans l'opinion du prince Max, de Neuwied, le 7araracussi est le Botthrops jararaca même, arrivé à un plus grand développement. Du reste, le nom iudigène araracussi est formé du substantif jararaca uni par synalèphe à l'adjectif ass# ou ss, grand.

«Induits par certaines analogies morphologiques, les indigènes appliquaient ce nom composé à l'espèce d’ophidien que nous allons décrire; ce nom s’est conservé dans l’usage commun, et s'emploie indistinctement soit pour désigner cette espèce, soit pour une variété de jararaca qui atteint certaines dimensions.

«A mon point de vue, le jararacussü est le Pofhrops atrox de Wagler et constitue une espèce différente du jararaca. Toutefois, comme l'espèce décrite par cet erpétologiste est originaire de Cayenne et de Surinam, il m'a paru bon de conserver le nom pour l'espèce appartenant au Brésil».

L'individu dont la description suit, peut être pris pour type de cette espèce brésilienne.

Il a I mètre 50 de long et 22 centimètres dans sa partie la plus grosse. La tête est parfaitement triangulaire et l'angle du sommet est très prononcé. La partie supérieure de la tête est

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plate et un tant soit peu déprimée dans la région frontale, Du rostre au commencement de la région cervicale, il y a 6 centimètres. Le museau est tronqué, la plaques sus-orbitaires sont saillantes et forment comme un toit aux orbites. Celles-ci sont oblongues, les fossettes lacrymales sont très ouvertes. Les écailles sont lancéolées, carénées et imbriquées.

Pour ce qui est de la coloration, la partie supérieure de la tête est noire, avec deux lignes jaunes de chaque côté; ces lignes partent des plaques sus-orbitaires et se continuent jusqu'aux lJimites de la région cervicale. La partie dorsale du corps est également noire, avec des lignes obliques jaunes. Toutefois, la partie inférieure est jaune et pointillée de taches noires. Les écailles qui recouvrent la partie inférieure de la tête ont plutôt la forme de plaques que celle d’écailles. Elles sont grandes, irrégulières de forme, lisses et coriaces.

La bouche est profondément fendue; la mâchoire supérieure est armée de deux longues dents canaliculées, recourbées et isolées. La longueur de ces dents est de plus de 2 centimètres. La mâchoire inférieure est garnie de deux faisceaux de dents courbes, solidement insérées, droites et très aigües. La queue est conique, unguiculée et a 12 centimètres de long.

La couleur foncée et sombre de ce thanatophidien lui donne un aspect menaçant qui suffit pour effrayer. Son venin n'est pas moins redoutable, ni d’une léthalité moindre que celle du venin du Lachesis. Il cherche de préférence les lieux incultes, retirés et sombres des forêts, On le rencontre quelquefois au bord des ruisseaux, caché et lové dans l'herbe.

Cette espèce est très commune dans la province de Rio de Janeiro. Elle est dans quelques localités de cette province, désignée par le nom de swrucuci tapête (tapis).

À M. G. A. Boulenger, spécialiste distingué du British Museum, nous avons envoyé des individus de cette espèce. Ce savant, après les avoir examinés, nous a communiqué qu'il n'avait pas rencontré d'éléments suffisants pour l'admission d’une espèce à part du L. lanceolatus, pensant qu'il s'agissait seulement d’une variété de cette espèce.

Malgré la haute autorité de M. Boulenger, nous pensons qu'il s’agit d’une espèce distincte qui ne doit être confondue ni

avec le L. lanceolatus, selon l'opinion de cet erpétologiste, ni avec le Bothrops atrox de Wagler, comme l’a affirmé le Dr. Lacerda. Outre l'aspect général de l'animal, la coloration différente et le développement auquel il peut atteindre, nous pouvons mentionner un caractère anatomique par lequel on peut distinguer le Lachesis Jararacuçü des espèces voisines. Nous voulons parler des plaques sous ventrales qui chez le L. jararacuçü sont constamment en plus petit nombre que chez les espèces voisines. Chez des individus de IM 50 à IM ,80 nous avons compté de 170 à 176 écailles sous ventrales, tandis que chez le Lachesis lanceolatus et chez le Lachesis atrox, le nombre des sous-ventrales varie entre 105, et, 202:

Le Lachesis jararacuçü peut atteindre jusqu'à 2M. ,20 de longueur, tandis que le L. lanceolatus et le L. atrox n'atteignent jamais cette dimension.

La conformation de la tête est beaucoup plus triangulaire chez le L. jararacuçü que chez les autres espèces. De plus on n'observe pas de différence appréciable entre la tête du mâle et celle de la femelle, tandis que dans les autres espèces, principalement chez le Lachesis lanceolatus, la tête de la femelle est plus grande, plus aplatie et plus triangulaire que celle du male.

Un autre caractère différentiel, dont les naturalistes ne tiennent pas actuellement compte, c’est l'étude comparative du verin des différentes espèces. Cependant on pourrait tirer parti des caractères différentiels que présentent les divers venins, pour l’établissement de certaines diagnoses difficiles, comme il arrive avec certaines espèces appartenant à ce groupe. Le venin du Jararacuçü se distingue facilement par quelques-unes des ses propriétés, du venin du L. lanceolatus, et du L. atrox. Cela veut dire que, par l'étude du venin, on peut arriver à séparer des espèces voisines et faciles à confondre par les moyens communs employés en classification.

Comme nous devons nous occuper, dans une autre partie de ce travail, de l’étude comparative des venins des principales espèces brésiliennes, nous nous limiterons ici à indiquer à grands traits les symptômes les plus importants de l’'empoisonnement déterminé par cette espèce. Pour obtenir ce résultat, nous ne trouvons pas d'observation meilleure que celle que nous avons recueil-

li dans cet Institut même, au commencement de 1908, au sujet de l'accident dont fut victime, à l’occasion de l’extration du venin, M. Bruno Rangel Pestana, assistant de cet établissement. Ce fut un cas d’une extrême gravité où les phénomènes, aussi bien objectifs que subjectifs furent soigneusement enregistrés.

Voici le cas:

M. Bruno s'occupait de l'extration du venin des serpents.

Il était aidé par un des employés du laboratoire, qui ayant saisi la tête du serpent entre le pouce et l'index de la main droite et le reste du corps avec la main gauche, présentait l’ophidien à l'opérateur. Celui ci prenait, au moyen d’une pince tenue de la main droite, lé maxillaire supérieur et lui introduisait avec la main gauche, dans l’intérieur de la bouche, sous les dents du venin, une plaque de verre, où devait s'écouler le venin. Au moment où M. Bruno allait fixer le maxillaire supérieur au moyen de la pince, le jararacuçü, par un mouvement brusque, sans toutefois parvenir a se dégager complètement de la main de l'employé qui le maintenait, désarma l'opérateur et lui enfonça profondément dans la pulpe digitale, à la phalangette de l'index de la main droite, une des dents inoculatrices. Cette dent s’implanta si fortement qu'il fut nécessaire de dilacérer les tissus pour la retirer. Aussitôt après l'accident, le patient sentit de fortes douleurs au point de la piqûre, douleurs qui s’étendirent dans le sens ascendant à travers tout le bras. En même temps que les douleurs, une trépida tion tendineuse et fibrillaire de tous les muscles du membre blessé commença par le tendon fléchisseur de l'index mordu et de là s’étendit progressivement aux autres tendons et groupes charnus de l’avant-bras et du bras. Près de demi-heure aprés, se produisit une sensation de froid dans tout le tégument externe, précédée de phénomène d’excitation générale. Quelques minutes plutard il y eut des nausées, malaise général, paralysie dans la déglutition, somnolence, perturbation de la vue, hémorragie par la blessure et par le nez. À ce moment les perturbations ressenties furent si fortes que le patient se vit obligé à se coucher sur une des tables du laboratoire. Malheureusement il se trouvait seul avec l'employé, car en ce moment le directeur et l’autre assistant étaient absents.

Par bonheur M. Bruno n'avait pas perdu le calme depuis

que s'était produit l'accident. C'est ainsi qu'il prit des mesures pour qu’on lui fit quelques minutes après une injection de 40 c. c. de sérum anti-ophidique n° 26, dosant 0,7 par rapport au venin bothropique et O, 18 par rapport au venin crotalique. Près de une heure et demie après cette application, il.y eut atténuation progressive des phénomènes subjectifs, principalement de la sensation de froid des téguments et des perturbations visuelles, au point que le patient crut qu’il aurait la force d'entreprendre le voyage de Butantan à Säo Paulo, près de huit kilomètres de voiture.

Les phénomènes locaux devinrent appréciables pendant la première heure après l'accident et suivirent une marche progressive et ascendante de telle sorte que quatre heures après l'accident l'enflure était au nivrau de l'épaule, où elle s'arrêta quelque temps.

En arrivant à la ville, comme il ressentait avec la fatigue du voyage uue recrudescence des symptômes toxiques, déjà signalés, le patient reçut à nouveau du sérum anti-ophidique à la dose de 40 c. c. Il dormit bien pendant la nuit, ayant à peine de grand matin un sommeil agité accompagné de loquacité. Le lendemain, dans la matinée, l’état général était bon avec une température de 38°; l'urine en petite quantité et très rougeûtre, l'état Jocal le même. Nouvelle injection de 20 c. c. de sérum antiophidique.

Les phénomènes locaux s’'atténuèrent à partir du troisième jour, d’une façon progressive et lente, pour disparaitre complètement le huitième. La tempèrature se maintint à 38°, tant que durèrent les phénomènes locaux. Au point d’inoculation il y eut destruction des tissus avec une légère rétraction du tendon fléchisseur du doigt.

Comme nous l'avons vu, le venin du jararacuçü ne s'affilie pas entièrement ni au type bothropique, ni au type crotalique, participant, par quelques-unes de ses propriétés, de ces deux types de venin. Ni le sérum anti-crotalique, ni le sérum anti-bothropique ne sont suffisamment actifs contre ce venin. Dans les accidents déterminés par le jararacuçü on devra toujours préférer le sérum anti-ophidique.

Les accidents déterminés par'cette espèce sont en général très dangereux, non seulement à cause de l’activité du venin, mais

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aussi à cause de la quantité que le serpent peut inoculer. Le jararacuçü a une glande très active et de grande càpacité, produisant, en moyenne, un centimètre de venin liquide à chaque extraction.

Il est très abondant dans certaines région, tandis que on ne le rencontre nullement dans d’autres.

L'Institut a reçu des individus des localités suivantes: Lorena, Pirajü, Tremembé, Porto Martins, Araquä, Cruzeiro, Conchas, Mandury, Cerqueira Cesar, Ilha Grarde, Ourinhos, Pinheiro, Salto Grande, Santa Cruz do Rio Pardo, Santos, Iguape.

5, LACHESIS ALTERNATUS — Dumeril et Bibron.

Noms vulgaires: Urutü, cotiära ou coatiära, cruzeiro, etc.

L’urutü est un serpent relativement gros par rapport à la longueur qu'il peut atteindre. Les individus les plus gros que nous ayons vus, ne dépassaient pas m. 1,40 de longueur, en présentant une grosseur de m. 0,15 à O,20.

Il a la tête courte et effilée, couverte de petites écailles, disposées en 12 ou 13 séries entre les plaques sus-oculaires. La plaque rostrale est plus haute que large. Il possède une paire de plaques internasales; deux oculaires postérieures et deux sous-oculaires séparées des sus-labiales par deux séries de petites écailles; un trou lacrymal séparé des sus-labiales par de petites écailles; neuf sus-labiales. Ecailles dorsales en 33 à 35 séries; 180 sousventrales; 40 paires sous-caudales.

L'urutü est un serpent dont lé corps présente de très jolis dessins. C’est pour cela que les indigènes lui ont donné le nom de cotiära ou de coatiära, qui, prétend-on, veut dire peint. Sur un fond grisâtre parsemé de taches blanchâtres, on voit de chaque côté du corps des figures courbes, ayant la partie convexe tournée vers la ligne médiane, et rappelant par leur forme les branches d'un «X». Ces figures tantôt se croisent, tantôt alternent avec celles du côté opposé, formant de cette manière un dessin de très bel effet.

Sur la tête un dessin que le peuple sans grand fondement compare à une croix, mais qui a plutôt la forme d'une ancre ou d'un «V». J

Il habite les Etats du sud du Brésil et les pays sud-améri-

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cains. Il aime à vivre au bord des rivières, des ruisseaux et des. marais, où il rencontre une nourriture abondante, constituée principalement par des preäs. On ne le rencontre pas dans de nombreuses localités; mais, dans les endroits où il habite, il est presque toujours abondant, parce qu'il est toujours très prolifère.

Nous avons des individus de cette espèce provenent des localités suivantes de l'Etat de Säo Paulo: Boa Esperança, Batataes, Boituva, Guataparä, Araraquara, Jaboticabal, Bebedouro, Pirassununga, Santa Rita, Sarandy, Java, Morro Alto, Mattäo, Nova Odessa, Itapetininga, Hermillo Alves, Baguassü, Rincäo, Lençées, Ribeiräo Preto, Pirapetinguy, Limeira, Ribeiräo Bonito, Tombadouro, Ibitirama, Ibaté, Pitangueiras, Sertäcsinho, Itapira, Taquaritinga, Campo Alegre, Villa Americana, José Paulino. Martiuho Prado, Cosmopolis, Mandury, Bomfim, Alfredo Ellis, Pontal, Baräo Geraldo, Agudos, Andes, Coronel Corrèa, Emas, Franca, Leme, Loret, Mattäo, Remanso, S. Joäo da Boa Vista, Ibitinga, Ibitiuva, Itahyquara, Tatuhy, Tayuva, Sarapuhy, Fortaleza, Ilha dos Porcos.

Il est très irritable et, quand il est furieux, il s’ aplatit comme un «boipeva» et porte des attaques à tort et à travers.

Les accidents déterminés par cette espèce sont justement considérés comme très graves. Le peuple a l'habitude de dire que l’urutü estropie quand il ne tue pas. De fait, il doit en être ainsi non pas tant à cause de l’activité du venin, que par la grande quantité dont disposent habituellement les individus de cette Espèce.

L'intéressante observation d’un accident observé par cette espèce, recueillie par le distingué médecin Dr. Olympio Portugal, nous donne une idée parfaite des principaux symptômes de cet empoisonnement. Aussi nous allons la trancrire integralement :

H., âgée de 45 ans, italienne employée dans. une fazenda, de complexion régulière, fut piquée par un urutü, au niveau de la malléole interne droite, dans le courant de décembre dernier (1902).

L'incident se produisit à midi et, environ une heure après, la patiente était sous, mon observation.

Pâleur notable, physionomie hébétée. La blessée entre dans mon cabinet, appuyée par deux personnes, pouvant à peine se conduire. Elle sent un grand malaise, des nausées et des vertiges. Il convient de noter — heureusement pour l'observation régulière —

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qu’on ne lui a pas fait ingérer d’alcool, comme cela est fréquent ici. Le pouls est à 120, très faible; la température axillaire est de 36,2. Les pupiles sont extrêmement dilatées, presque complètement inertes à la lumière, avec amblyopie. Il y a hémorragie par les gencives et par la langue. Pendant l'examen, il se produit des vomissements avec des stries sanguinolentes, et un grand abattemeut.

Sans plus de retard, dans l’imminence de l'état de vertige, il est fait une injection de 20 c. c. de sérum anti-bothropique. Deux heures après cette intervention, est moins abattue les hémorragies externes ont cessé, tandis que se maintiennent la même température, l’état vertigineux, les perturbations visuelles et les autres symptômes alarmants que nous avons rapportés. Pour des motifs étrangers au point de vue thérapeutique, la malade n'a pas été visitée depuis deux heures de l'après-midi jusqu'à 5 heures de la matinée suivante, et une nouvelle injection n’a pas été pas donnée jusqu'en ce moment là, bien qu'on en eût eu l'intention, Dans la visite du matin on a rapporté ce qui suit — à mesure que la nuit avançait l’état de la malade s’est aggravé considérablement, sueurs abondantes presque froides, refroidissement des extrémités, abattement profond, angoisse extrême, perte totale de la vision, dysphagie compléte. Avec la température de 37°,7 pouls très faible, difficile à compter, pupilles extrêmement ouvertes, complètement inertes à la’ lumière, tel est le funeste tableau symptômatique.

La malade répond mal aux questions et ne peut d’aucune façon ingérer l’eau qu’on essaie de lui donner. Le ventre est extraordinairement sonore et douloureux à la pression. On fait une autre injection de sérum anti-bothropique à la dose de 20 c. c. Le tableau symptômatique ne tarde pas à s'améliorer, à tel point que 20 minutes après l'injection, la malade parvient, bien qu'à grand peine, à boire de l’eau. Une heure après environ, la scène change, car la malade s’est éveillée comme sïelle sortait d’un lourd rêve. À 7 heures la température est à 36°2 et le pouls à 100; la vue est meilleure bien que les réactions pupillaires soient lentes. A midi, la malade, depuis la veille indifférente à tout, se sent mieux elle-même, quoique elle accuse une extrême fatigue et une profonde faiblesse. Un purgatif huileux, administré à 7 heures, produit alors des déjections noires, dénonçant des entéroragies antérieures. Enfin pour ne pas s’attarder à des détails qui ne sont

pas indispensables pour l'expositiou des faits, nous dirons que la malade fut considérée hors de danger dans l'après-midi, tandis que les perturbations de la vue disparaissaient peu à peu.

Au bout de deux jours, la malade s’est levée avec beaucoup de peine, anémiée et profondément affaiblie, pouvant à peine se tenir debout parce qu'elle se sentait prise de vertige.

De ce que nous venons d’exposser il résulte avec une force de logique que ces lignes n’expriment peut-être pas avec l’élo quence désirable, il résulte, disons-nous, que le sèrum victorieux exerce une action miraculeuse quand il semble qu'il n'y ait presque plus de recours. Certes son emploi serait meilleur à plus forte dose dès le début; mais le succès de la seconde injection dans la gérison est si éclatant, qu'il donne encore plus de relief à sa thérapeutique».

Le sérum que l’on doit employer contre cette espèce d’empoisonnement est l’anti-bothropique ou l’anti-ophidique qui, moins actif que le premier, donne encore ainsi de bons résultats dans la pratique.

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