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EXTRACTION DU VENIN

Pour recueillir le venin, nous procédons à l’Institut de la manière suivante. Un aide saisit, au moyen d’un lacet en cuir, le reptile exactement derrière la tête. Il le retire du lacet, après l'avoir fixé entre le pouce et l'index de la main droite. Puis, maintenant avec la main gauche le corps de l'animal, avec la droite il présente la tête à l'opérateur. Celui-ci, après avoir fixé, au moyen d'une pince, le maxillaire supérieur, introduit dans l'intérieur de la bouche, sous les dents inoculatrices du venin, une plaque de verre, où s'écoule le venin aussitôt que le serpent cherche à mordre. Il lui suffit, d’ailleurs, de presser sur les glandes du venin, pour augmenter l'écoulement de ce liquide.

Le venin récemment recueilli se présente sous la forme d'un liquide dense, légèrement acide, tantôt incolore, tantôt laiteux, tantôt de couleur plus ou moins jaune. Le crotalus terrificus (serpent à sonnettes donne habituellement un venin incolore ou d'apparence laiteuse; les Zackesis donnent généralement un venin jaune.

Le venin, après avoir été recueilli, est filtré avec du papier Berzellius et séché à l'étuve à 370 pour être conservé. Le venin sec se présente sous la forme de paillettes brillantes, blanches pour celui du Crotalus terrificus et jaunes pour celui du Zachesrs.

La quantité de venin que l’on peut recueillir à un moment donné varie avec divers facteurs. Parmi ces derniers rous devons noter: la période de repos de l'animal, la taille de l'individu, son état de santé et principalement l’espèce à laquelle il appartient. Il

y a, en effet, des espèces qui en produissent plus que d’autres.

Après un grande nombre d’extractions, nous avons établi les moyennes suivantes de production, selon les espèces:

1.0 Crotalus terrificus produit 0,1 c. c. 33 milligrammes de venin sec.

2.0 Lachesis lanceolatus produit 0,2 c. c. 66 milligrammes de venin sec.

3-0 Lachesis alternatus produit 0,5 c. c. 165 milligrammes de venin sec.

4.0 Lachesis atrox produit 0,3 c. c. 99 milligrammes de venin sec.

5.0 Lachesis jararacuçü produit 1,0 c. c. 330 milligrammes de venin sec.

6.0 Lachesis neuwiedii produit O,1 c. c. 33 milligrammes de venin sec.

7.0 Lachesis itapetiningae produit 0,05 c. c. 15 milligrammes de venin sec.

8.0 Lachesis coatiära produit 0,4 c. c. 120 milligrammes de venin sec. (Il n’a été fait qu'un petit nombre d’extractions).

9.0 Elaps frontalis produisent des quantités extrêmement variables.

10,9 Elaps Corallinus selon la dimension des individus, de manière qu'il n’a pas été possible d’etablir une moyenne.

L’Elaps frontalis est ordinairement beaucoup plus développé que l'Elaps corallinus et donne une plus grand quantité de venin.

Le Lachesis mutus doit produire autant ou plus de venin que le jararacuçüu. De l'unique individu que nous ayons possédé, encore peu de jours, dans le laboratoire, nous avons extrait la première fois I centimètre cube, bien qu'il fût blessé et, par suite, en conditions défavorables.

Toutes les fonctions chez les animaux à sang froid sont plus lentes que les animaux à sang chaud, et la fonction glandulaire ne constitue pas une exception à cette loi biologique. De cette manière, quand le venin d’un serpent a été extrait, sa reproduction se fait lentement, et il faut environ 15 jours dans les saisons chaudes et un mois pendant l'hiver, pour que dans. la glande il s’accumule une quantité de venin égale à celle qui a été extrait.

= A El en ce) Z <

Lachesis

du venin d'un serpent.

alternatus

action

E xtr

Les serpents provenant des zones chaudes ont une plus grande activité glandulaire, même quelque temps après qu’on les a retirés de leur point d'origine. C'est ainsi que nous avons vérifié que les serpents à sonnettes (Crotalus terrificus) du nord du Brésil produisent une plus grande quantité de venin que ceux du sud.

Généralement, plus un serpent est grand, plus ses glandes à venin sont grandes et, par conséquent, plus grande sera la quantité de venin que pourront fournir les dites glandes. Cette règle se vérifie pour presque toutes les espèces que nous avons étudiées, en faisant, toutefois, comme :l convient, une exception pour le serpent à sonnettes. Dans cette espèce, en effet, ce ne sont pas les plus grands individus qui fournissent la plus grande quantité de venin. Ce sont ceux de taille moyenne qui produisent le plus.

Les serpents malades, principalement ceux qui souffrent de l'inflamation de la bouche ou des glandes, peuvent avoir la production de venin très diminuée ou complètement supprimée.

Les venins des différentes espèces de serpents sont des substances analogues ou très semblables, mais non parfaitement identiques. On peut les étudier au point de vue de leurs caractères physiques, etc. Dans ces différents aspects nous rencontrerons des éléments pour la diagnose différentielle et pour l'établissement de groupes selon leur relation de parenté.

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