C — ACTION DES VENINS SUR LES LEUCOCYTES ET SUR LES AUTRES ELEMENTS
Martin (!), en faisant agir le venin de Peseudechis porphyriacus, a constaté: 1.0 une augmentation du nombre de leucocytes, qui peut être précédée d’une phase de diminution: 2.0 — l'inhibition de l’activité vitale des leucocytes que l’on met en contact avec une solution de venin suffisamment concentrée.
Flexner et Noguchi (*) ont étudié l’action des venins sur les globules blancs du sang. Pour obtenir ces derniers, ils ont employé la méthode des injections intra-pleurales de 2. magatherium, morts par la chaleur. Le liquide riche en leucocytes a été placé dans des pipettes capillaires et, environ 24 heures après, mis en contact avec des solutions de venin dont le titre variait de 10°/, à 0,002 ‘/,, à la température de 37° Les expérimentateurs ont vérifié que la susceptibilité des globules était variable avec l'espèce. C’est ainsi qu'ils ont trouvé que les grands leucocytes avec de grosses granulations étaient plus sensibles et que les lymphocytes étaient les plus résistants. Ils ont constaté, en outre, que l'action du venin s’exerçait dans l’ordre suivant: immobilisation, agglutination et dissolution. Ils ont établi que le venin de Crotale était beaucoup plus actif sur les leucocytes que le venin de Cobra. De même ils ont constaté que les venins contenaient des principes agglutinants et dissolvants pour les globules blancs. Ils ont vu toutefois que les principes agglutinants étaient les mêmes, tandis que la substance dissolvante pour les leucocytes différait de la subsstance dissolvante pour les hématies. Ils ont vérifié, en outre, qu'il était nécessaire que le mélange contint un complément pour que la leucolyse fût observée.
Non seulement les éléments morphologiques du sang peu-
() Martin — On physiological effets of the venom of the Australian Black snake (Peseudechis porphyriacus). Read before the Royal Society of N. S. Walles,
July 3, 1895, pag. 133.
(2) S. Flexner and Noguchi — Snake Venom in Relation to Hemolysis and Toxicity. The Journal of Exp. Med. Vol. VI, n. 3.
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vent être attaqués et dissous par les différents venins, mais encore toutes les cellules de l'organisme sont susceptibles de subir l’action dissolvante.
Cette action cytolytique ou protéolytique peut être constatée 2n vivo, principalement avec certains venins (Lachesis), qui la possèdent au plus haut degré, Elle peut aussi être étudiée 27 vztro, soit sur des éléments figurés, soit sur de la gélatine, de la caséine, de l’albumine du sérum, etc. C'est justement par cette action que l’on peut expliquer certains symptômes et certaines lésions si fréquemment observés dans l’empoisonnement du type bothropique, comme nous l’avons montré antérieurement. L'action cytolytique sur l’endothélium des vaisseaux nous fait comprendre les hémorragies si constantes dans ces empoisonnements, de même que les mutilations assez fréquentes sont expliquées en partie par l’action protéolytique sur les tissus. |
L'action protéolytique a été étudiée par divers expérimentateurs, parmi lesquels nous devons mentionner Delenzenne, Flexner et Noguchi, Lacerda, Calmette et Noc.
Delenzenne a vérifié qu’elle est analogue à un kinase qui ne dissout pas toute seule l’ovo-albumine coagulée par la chaleur, mais active beaucoup le pouvoir digestif du suc pancréatique inactif. Le Dr. Jean Baptiste de Lacerda a trouvé que le venin était un suc digestif, qui se rapproche beaucoup du suc pancréatique.
Lannoy a démontré qu'en faisant agir les venins, à la température de 37°, 40°, ou 43°, sur les substances albuminoïdes, la molécule albuminoide se désagrège de telle façon qu'elle est soluble quand on lui ajoute de l’acide formique. Il a démontré aussi que la désagrégation est favorisée par une faible alcalinité du milieu (neutre au phénol-naphtaline) occasionnant des albumoses, qui donnent la réaction du biurete et sont précipités par l'acide azotique.
Dans le laboratoire de Calmette, Noc a étudié la protéolyse des venins sur la gélatine. Il a préparé une solution de gélatine à 20 °/, et tymolysée à 2°/. Il a pris quelques tubes et dans chacun il a ajouté 1 centimètre cube de la sclution de gélatine en mélageant avec celle-ci encore liquide, o,°*1 de la solution de
venin. Il a porté dans l’étuve à 37° les tubes qui, d'heure en heure, ont été retirés et plongés dans de l’eau à 15°, afin de vé-
rifier le temps nécessaire pour la liquéfaction de la gélatine dan chaque tube.
Par cette méthode il a constaté que tous les venins étaient plus ou moins protéolytiques, mais que ceux des Lachesis se montraient beaucoup plus actifs que tous les autres, Il a vérifié encore que les venins chauffés à 70°, perdaient l’action protéolytique et qu'il y avait un parallélisme entre l'action coagulante et l'action protéolytique.
En employant la même technique que Noc, nous avons étudié, en collaboration avec M. Bruno Rangel Pestana, (') l’action protéolytique de quelques venins d'espèces brésiliennes, et nous sommes arrivés à les classer dans l’ordre suivant, suivant leur activité :