RITES
employée, les mélanges acquièrent toujonrs à un moment donné (période d'activité maximum) un pouvoir hémolytique très intense et d'intensité sensiblement égale pour les mélanges faibles et pour les mélanges forts. Ce maximum est d'autant plus rapidement réalisé que la quantité de venin utilisée est plus forte et que la température à laquelle sont soumis les mélanges est plus voisine de l’optimum.
Ces résultats s'observent non seulement pour les doses de venin équivalentes ou immédiatement voisines de celles qui -se sont montrées inefficaces dans les expériences du type habituel (mélange fait en présence des globules), mais aussi pour les quantités 100 fois, 200 fois ou même 500 fois inférieure à ces dernières.
Ces faits ont conduit Delenzènne à conclure: 1° — que le venin agit comme dissolvant, dans l’espèce comme une diastase capable de mettre en liberté, au prix de certains matériaux du sérum, une substance douée de propriétés hémolytiques propres; 2° — que cette action catalytique du venin est considérablement limitée par la présence des globules. La substance active formée sous l'influence du venin est soluble dans l’eau et dans l'alcool et résiste à la température d’ébullition et n’est pas neutralisée par le sérum anti-venimeux. Le venin ne contribue par aucun de ses éléments constitutifs à la formation de cette substance Quelle que soit la dose primitivement adjointe, il peut toujours être rencontré de nouveau, à la fin de la réaction, séparé des produits qui l’accompagnent et peut, s’il se trouve placé dans les premières conditions, provoquer une réaction identique à la précédente.
Delenzenne et Mile Ledebt (*) ont trouvé que le verin exerce cette action catalysatrice non seulement sur le sérum, mais aussi sur le vitellus de l'oeuf de poule, en déterminant, dans des conditions identiques, à celles qui ont été observées avec le sérum, la formation d’une substance très hémolytique. Cette substance est selon ces expérimentateurs, un dérivé des phosphatides de l'oeuf, et, en particulier, de la lécythine que l’on voit disparaître progressivement dans le cours de la réaction. Ce n’est pas une lécythide (combinaison de lécythide et de venin), puisque le venin n'’en-
() C. Dolenzenne et Mlle Ledebt. Formation de substances hémolytiques Compt. Rend. de l’Academie—I, 153. N. 1, 1911.
tre pas dans sa constitution et qu'il peut se rencontrer de nouveau avec toutes ses propriétés à la fin de la réaction. Un caractère fondamental établit la différence entre l’action du venin sur l'oeuf et son action sur le sérum de cheval. Tandis, en effet, que les mélanges de venin et de sérum, après avoir atteint leur maximum, perdent peu à peu leurs propriétés hémolytiques et devienent complètement inactifs, les mélange de venin et de vitellus au contraire, restent indéfiniment hémolytiques.
En collaboration avec M. Bruno Rangel Pestana,(') nous avons examiné, au point de vue de l’hémolyse, les principaux venins des espèces brésiliennes et nous avons obtenu les résultats
suivants :
Lachesis mutus hémolyse en 15 minutes; Lachesis jararacuçü » 220 »
Lachesis atrox » » 120 »
Crotalus terrificus » » 270 »
Lachesis neuwiedii » » 300 »
Lachesis alternatus » » 360 Lachesis lanceolatus » » 360 »
Lachesis itapetininguae » » 360 »
Elaps frontalis » » 360 »
Comme on le sait, les venins des colubridés (Najas et Bungarus) sont, en règle générale, beaucoup plus actifs, quant au pouvoir hémolytique, que les venins des vipéridés.
Cette règle, toutefois, comme nous venons de le voir, nest pas absolue. Les venins de deux de nos vipéridés (L. mutus et L. jararacuçü) sont plus hémolytiques que celui d’Elaps frontalis qui est un colubridé.
ACTION AGGLUTINANTE. — Outre l’action lytique sur les hématies, 1l a été constaté une action agglutinante par divers expérimentateurs.
Flexner et Noguchi qui l’ont étudié avec le plus grand soin, ont vérifié que l’optimum de l’agglutination, était obtenu avec le sang de mammifère et les solutions de venin à 0,5 des: Colte bules de lapin sont les plus susceptibles. Dans les globules lavés on peut observer simplement l’agglutination et dans le sang défibri-
(‘) Revista medica de S. Paulo — 1910 — pag- 61.
né on peut observer l’agglutination et l'hémolyse. Les températures ordinaires n'ont aucune influence sur l’agglutination. Le pouvoir agglutinant des venins est déterminé par la température de 75° à 80° pendant 30 minutes. ;