‹ La défense contre l'ophidismeChapitre 69 sur 107 · PREPARATION DES SERUMS ANTI-VENIMEUX · texte numérisé non relu

PREPARATION DES SERUMS ANTI-VENIMEUX

Le venin recueilli par la méthode décrite antérieurement après avoir été soumis à l’action centrifuge ou filtré par du papier Berzelius, est desséché dans l’étuve à la température de 37° ou soumis à l’action de la glycérine dans la proportion de 50°/,. Le venin conservé sec est habituelleraent employé dans des expériences et celui qui a été traité par la glycérine est utilisé dans l’immunisation des animaux pour la production du sérum anti toxique. Après l’adjonction de glycérine le venin est placé dans de petits verres et exposé à la température de l'étuve pendant un grand nombre de jours, ce qui détermine l'évaporation lente de la partie aqueuse du venin. On obtient ainsi la partie solide du venin en dissolution dans la glycérine. Celle-ci, dans cet état de concentration, agit sur les germes qui se rencontrent normale-

ment dans la bouche et dans la salive des serpents et détermine la stérilisation du venin, sans altérer ses propriétés toxiques. Après cette maturation dans la glycérine, pendant un délai plus ou moins long, on procède à l'homogénéisation des venins, en les mélangeant de manière à les faire entrer dans le mélange en parties proportionnelles, suivant la fréquence des espèces venimeuses productrices et suivant les sérums que l'on veut obtenir. On prépare ainsi un mélange où entrent, outre tous les venins des Lachesis de la région, celui de serpent à sonnettes-Crotalus terrificus. C'est ce mélange toxique, homogénéisé, que nous appelons venin ophidique et c'est avec lui que nous immunisons les animaux destinés à la production du sérum anti-ophidique. Au mélange des venins de nos principaux Lachesis, nous avons donné le nom de venin bothropique et nous nous en sommes servi pour obtenir le sérum anti-bothropique. Le venin glycériné de Crotalus terrificus nous sert pour la production du sérum anti-toxique correspondant, qui a reçu le nom de sérum anticrotalique. De même, avec le mélange des venins des Elaps nous avons obtenu le sérum antiélapiné.

Nous employons pour l’immunisation le cheval ou le mulet. Tous les animaux ne se prêtent pas à la production des sérums anti-toxiques. Il y a des animaux, malheureusement les plus fréquents, qui s'immunisent bien contre les venns, mais qui ne produisent pas de sérum suffisamment anti-toxique. La qualité essentielle pour que l'animal soit un bon producteur d’anti-toxine, cest qu'il soit très sensible à l'action du venin. Il semble même que la capacité productrice d’antitoxine soit en raison directe de la sensibilité de l’animal au venin.

On commence l’immunisation de l'animal par l'injection souscutanée d'une très petite dose de venin, habituellement $/100 de milligramme de venin dissous dans du sérum artificiel. Avec cette dose si petite il n’y a pas d’altération dans l’état physiologique de l'animal. Peu à peu on augmente les doses et l’on fait des injections, de 4 en 4, ou de 5 en 5 jours, selon la tolérance et les variations de poids de l'animal.

Lorsque la réaction est très forte ou que l'animal diminue progressivement de poids, on le laisse reposer jusqu’ à ce qu il revienne dans les conditions normales, pour répéter alors la der-

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nière dose injectée. Le processus d’immunisation dure habituelement un an. Quand l'animal a déjà reçu des doses très fortes de venin, 9 jours après la dernière injection, on lui tire de la veine jugulaire, au moyen d’une seringue, une très petite quantité de sang avec lequel on prépare une petite quantité de sérum pour faire l'essai. Si le sérum est jugé suffisamment actif, l’animal est saigné et on recueille six litres de sang dans de grands vases stérilisés. Ce sang se coagule et, au bout de quelques heures, le sérum qui est séparé du coagalum est recueilli dans de grands flacons stérilisés, où il reste en repos pendant quelques jours. De cette manière il peut se déposer des globules et de petits morceaux de coagulum fibrineux qui auraient put être entraînés en transvasant.

Dans le but de presser l’immunisation de l'animal, nous avons modifié le procédé décrit plus haut. C'est ainsi que nous commençons ‘’immunisation par une dose de venin égale à cent à deux cents fois la dose ordinaire; mais, nous avons soin au préalable de protéger quelques heures d'avance, l'animal avec une injection endoveineuse de sérum anti-toxique. Dans la seconde injection, nous réduisons la dose à la moité de celle du début; dans la 3m, à un quart; dans la quatrième, à un huitième, et ainsi de suite jusqu'à ce que l’on arrive, dans cette échelle descendante, à la dose d'environ un milligramme. Après cette première phase, nous reprenons avec précaution l'échelle ascendante, en augmentant peu à peu les doses à injecter en interrompant le processus aussitôt que l’on constate une diminution dans le poids de l'animal, Avec cette variante nous sommes parvenu à réduire de moitié le temps nécessaire pour obtenir le sérum.

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