OBSERVATION DU DR. ROCHO GUIMARAES
Médecin à Jardinopolis.
N. 44—Le 9 Janvier 1908 je fus appelé pour assister L. C. italien, 38 ans, marié, etc, qui avait été mordu par un serpent quand il traivaillait dans les champs. À 6 heurse du soir, j'étais près de L. C., qui me conta ce qui suit. «ll était environ 3 heures quand je nettoyais un piéd de café. Je fus mordu par un serpent que je reconnus être un jararaca et que je tuai immédiatement. Je sentis une douleur très aiguë sur le pied droit, à l'endroit où j'avais été mordu, douleur qui s’étendit rapidement dans tout le membre, en même temps que la blessure avait une forte hémorrhagie. Je pris le chemin de ma maison qui est à quelques pas; je sentis un éblouissement et je fus incapable de continuer mon chemin à cause de la jambe qui me faisait très mal et qui enflait rapidement».
Il demanda du secours et fut reconduit chez lui. Je le trouvai là et en l’examinant je constatai une lésion sanglante sur le pied droit, “fort oedème de la jambe du même côté, jusqu'audessous de l'articulation du genou; conjonctives oculaires injectées et loquacité. On me présenta le serpent qui effectivement était un jararaca. Je au blessé fis alors une injection de 10 c.c. de sérum anti-bothropique; ensuite j'ordonnai 25 cent de permanganate de potasse pour laver la blessure.
Le lendemain, 10 Janvier, à 7 heures du matin, je lui fis une injection de 20 c.c. de sérum. Son état général était bon quoique l'oedème se fût étendu à la cuisse et que l'hémorragie continuât abondamment à la blessure. Sa loquacité cessa: à 4 heures de l'après-midi, son frère m'apporta de son urine; elle était franchement hématurique ;
le 11 au matin, je lui fis une injection de 25 c.c. de sérum, le soir je sus que l'oedème cédait, que les urines étaient claires et que l’hémorragie de la blessure avait complètement cessé.
À la face postérieure de la jambe et à la face interne de la cuisse droite il y avait de grandes ecchymoses, car il y avait eu là une abondante infiltration sanguinolente. Le 12 je lui fis une autre injection de 15 c.c. de sérum, son état était excellent. Enfin, le 13, L. C. vint à mon cabinet, n'ayant qu'un léger oedème de la jambe et un légère injection de la conjonctive oculaire du côté droit.
Pour la dernière fois, je lui fis une injection hypodermique de 10 c.c. de sérum. L. C. est complètement bien et travaille à la culture.
OBSERVATION DU DR. ROBERTO GOMES CALDAS. Médicin à la Capitale.
N. 45 — Augusto Antonio da Silva, brésilien, âgé, de 22 ans, marié, agriculteur à Guapira, en travaillant fut mordu à deux heures de l’aprèsmidi, le 28 Septembre 1904, par un serpent à sonnettes. Amené à l'Hôpital à 8 heures 1/2 du soir du même jour, il nous raconta que quelques moments après avoir été piqué, il se sentit mal, ayant des sueurs abondantes et froides, se plaignant de douleurs atroces dans la jambe et le pied gauche (endroit de la piqûre) qui étaient bleuis et oedématiés. Etant donné le temps écoulé depuis le moment où il avait été piqué jusqu'au secours administré, nous résolûmes de faire une injection endo-veineuse, en choisissant le sérum anti-ophidique, à cause de l'incertitude des renseignements fournis par le malade sur la qualité du sérpent qui l'avait mordu. Nous l'avons vu le jour suivant. Par la soeur chargée de l’infirmerie à laquelle il avait été confié, nous sûmes que le malade avait bien dormi la nuit. Les douleurs étaient très atténuées et diminuèrent jusqu’au 5 Octobre, où, se croyant guéri, il obtint l’exeat.
OBSERVATION DU DR. XAVIER LISBOA Médecin à Itajubä— Minas.
N. 46 — Arthur Santos, âgé de 23 ans, célibataire, blanc, brésilien, de constitution phisique robuste, fut mordu par un serpent d’es- . pèce ignorée, mais que la blessé avait bien vu. Le fait se passa le 19 courant à 11 heures du matin, à 1 kilomètre de cette ville.
Le même jour à 2 heures j'examinai le patient, qui avait été transporté en ville, et notai que la morsure se trouvait à la partie inférieure de la région malléolaire externe gauche, où j'observai une petite solution de continuité, orifice de l'entrée de la dent du serpent.
Sur la partie blessée nous appliquâmes une forte solution de per manganate de potasse et intérieurement on administra de l'eau-de-vie, avec
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du para tudo, plante de la famille des amorantiacées très préconisées entre nous par les pseudo-médecins, contre les morsures de serpent.
On m'informa que l’on avait fait la succion de la blessure et qu’au tiers supérieur de la jambe blessée on avait fait, avec de la ficelle, une forte ligature.
Les sons et rythmes cardiaques étaient réguliers et normaux et la température était aussi normale.
Sur la partie moyenne du pied blessé on observait des phlyctènes et à partir des genoux de grandes taches ecchymotiques. Stomatorragie accompagnée de soif intense et anomalie du côté de l'appareil gastro-intestinal.
Il n’y avait pas et il n’apparut pas les jours suivants d’hématurie. Je pratiquai après la plus rigoureuse asepsie, dans ‘la partie moyenne de la région gastro-cnémienne, des injections hypodermiques de 20 c.c. de sérum anti-ophidique, découvert et préparé par le Dr. Vital Brasil.
L'opération fut parfaitement supportée par le patient. Le 20, à 7 heu-
res du matin, le malade après avoir passé une nuit agitée, avec des douleurs, dans tout le membre blessé, était calme et bien disposé. Pouls 80, température 370,5 et diminution de la stomatorragie.
On notait de l'oedème durci jusqu’au genou et la paupière droite aussi oedémateuse et ecchymosée; ce fait s'explique parce que le blessé quelques jours auparavant, avait eu dans cette partie des contusions dont il se jugeait déjà guéri.
Le 21, à 7 heures du matin, le malade nous dit avoir bien passé la journée et la nuit précédentes; la température et le pouls étaient normaux, diurèse abondante, absence de soif, retour de l'appétit, plus d'hémorragie par les muqueuses.
Le 22notre malade continua à être dans un état général excellent, ayant à peine de la parésie dans la jambe blessée, et désira se lever et se remettre à ses occupations habituelles. On put enfin le considérer rétabli et enregistrer un triomphe de nlus au compte du sérum anti-ophidique.
Nous avons eu un autre cas couronné également de succès, dont nous ne remettons nas l'observation parce qu’elle est incomplète.
COMMUNICATION DE M. GASPAR RICARDO Planteur à la Station de Campo Alegre, Ligne Paulista.
N. 47 — Une petite fille de 7 ans, fille de mon colon Manoel Lopes, fut mordue par un urut, quand elle se trouvait dans une chambre auprès de la plantation et peu de temps après elle présentait tous Îles symptômes du terrible empoisonnement. Comme malheureusement je n'avais pas de sérum dans ma plantation, j'eus recours à mon voisin Mr. Manoel Pimentel, qui obligeamment me prêta le tube de sérum qu'il possédait, c'est grâce à cela qu'il fût possible de sauver la vie de cette petite fille, qui au moment de l'application, était prèsque éva-
nouie, délirante, et avait la jambe blessée excessivement enflammée. Après deux injections avec le sérum les terribles symptômes précurseurs d’une mort certaine disparurent, ainsi que les douleurs; et 48 heures après, l'enfant était complètement rétablie. (Lettre du 7 Janvier 1908).
COMMUNICATION DE MR. JOAO TEIXEIRA DE CARVALHO. Planteur dans la commune de R. Preto.
N. 48 — Joaquim Novaes, brésilien, colon, âgé, de 50 ans, fut mordu à la face supérieure de la main en deux endroits, au pouce et près du pouls, à 6 heures du soir, et présenta de suite des symptômes d'empoisonnement: douleurs atroces, crachement de sang, cécité, paralysie, plus accentuée à la langue, impossibilité de parler, insomnie et agitation continuelle. On lui appliqua le sérum! le lendemain à 10 heures du matin, tout un tube en deux injections, à deux heures de distance, à la partie supérieure du bras. Le malade avait pris d’abord de l'eau-de-vie et des remèdes de bonne femme, mais sans résultat, le mal s'aggravant toujours. Après le traitement avec le sérum le patient fut plus tranquille; il s’endormit et fut complètement guéri. L'accident n'eut pas de conséquences.
Je suis convaincu que sans le sérum c'était un homme perdu.
(Lettre du 20 Décembre 1903.)