DE ALMEIDA SANTOS FILHO
N. 43 — Je vous envoie en même temps que ma lettre un connaissement pour une caisse contenant deux serpents à sonnettes dont le plus grand m'a laissé un souvenir inoubliable. Je l'avais pris le ler.
du mois et je le gardais dans une caisse quelconque. Je m'occupai le lendemain de le transférer dans la cage appropriée afin de ie remettre à l’Institut comme je le fais aujourd’hui; mais un mouvement malheureux fut cause que l'irritable serpent put attraper le pouce de ma main droite d’un bond rapide auquel il s'était déjà préparé. Je portai immédiatement mon doigt à la bouche et le comprimai fortement. Ensuite après avoir pris un tube de sérum que j'avais chez moi j'essayai de me faire une injection avec l’aide de personnes qui étaient venues à mon secours. Mais je fis cette opération avec une certaine difficulté faute de seringue spéciale. Je n'en avais qu'une pouvant injecter 1 c.c. Néanmoins cette quantité de sérum fut providentielle, car étant à trois lieues de Rio Claro, ce me fut que deux heures après avoir été attaqué que j'arrivai dans cette localité en ressentant quelques symptômes bien accentués d’empoisonnement. J'étais attendu par les Drs. Joäo Coriolano, Edmundo Carvalho et Joaquim Monteiro et le traitement fut convenablement continué de façon que les suites de cet accident ophidique ne purent prendre de plus grandes proportions. (Lettre du 6 Février 1908).