‹ La défense de l'Europe contre la pesteChapitre 2 sur 69 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ces leçons sont la suite de mes publications sur Fhygiène publique et internationale, commencées en 1869 au retour de ma mission en Russie et en Perse, mission qui avait pour objet de prévenir l'importation du choléra en Europe.

En 1874, j'ai fait paraître un Essai sur P hygiène internationale. En 1892, à mon retour d'Egypte et de Venise, j'ai publié la Défense de r Europe contre le choléra^ et l'année dernière après la Conférence de Paris VOrientatio7i nouvelle de la politique sanitaire. On retrouvera dans ces leçons les principes de politique sanitaire libérale inaugurés dans ces travaux antérieurs.

L'Europe, un instant troublée en 1879, lorsqu'elle apprit que la peste venait d'éclater sur les bords du Volga près d'Astrakan, fut vite rassurée par la rapidité avec laquelle le général Loris Mélikoff éteignit ce foyer où ne périrent pas 400 victimes.

La peste de Canton de 1894 passa presque inaperçue. Il ne s'agissait il est vrai que de Chinois. Elle causa cependant la mort de 100 000 personnes.

YI INTRODUCTION.

L'émotion fut au contraire profonde lorsque la nouvelle nous parvint de l'apparition de la peste à Bombay. Il faut presque se féliciter de ce que les deux décès de peste qui se produisirent à Londres aux mois de septembre et d'octobre 1896 sur deux marins, venant de Bombay, n'aient pas été divulgués dès le début. La panique déjà si grande en eût été encore considérablement augmentée, et je me demande si l'affolement n'eût pas été tel qu'on n'eût pas proposé de rompre toute communication avec l'Angleterre.

Aussi l'opinion éprouva une sorte de soulagement lorsque, dans le but d'arrêter des mesures communes contre l'invasion et la diffusion de la peste, une Conférence sanitaire internationale fut convoquée à Venise pour le 16 février 1897. '

Cette Conférence est restée fidèle en ce qui concerne la peste à la formule que nous avions posée à la première Conférence de Venise sur le choléra : le traitement applicable aux navires doit être réglé par leur état sanitaire à l'arrivée et non par l'état du port de provenance qui donne seulement des indications, indications précieuses sans doute mais qui ne sont que des indications. C'est là le principe nouveau sur lequel repose la prophylaxie internationale moderne.

Bien que la Conférence ait innové en ce qui concerne le golfe Persique,le résultat que la dernière organisation assure est, au point de vue pratique, le même que celui qui avait été obtenu à la Conférence de Paris. Le golfe Persique reste placé sous la

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