VILLES. DÉCÈS. POPULATION
Marseille 1.777 370.000
Toulon 971 70.000
Paris, 937 décès-r-40dans les quatre mois précédents soit 997 2.230.000
Arles 191 27.000
Choléra de Bretagne.
Dans le Finistère, l'importation n'a pu être précisée d'une façon évidente. Le premier cas fut observé à ConCarneau le 20 septembre 1885 ; les autres ports furent successivement envahis. L'épidémie de Bretagne fut remarquable par la localisation de l'épidémie dans certains points ; il n'y eut presque de pris que les ports.
M. le docteur Charrin et moi fûmes envoyés en mission dans le Finistère dans le but d'y éteindre l'épidémie cholérique. M. Charrin poursuivit les derniers foyers avec ténacité, et, au bout d'un mois environ, il n'y eut plus un seul cas de choléra dans le département. Je renvoie pour les détails au travail actuellement sous presse, de M. Henri Monod, qui, à ce moment, était préfet du Finistère (1).
Les espaces franchis par le choléra de France de 1884
sont de plusieurs centaines de kilomètres :
De Marseille à Tonnerre 600 kilomètres.
De Cette à Yport (2) 1-200 —
(1) Voyez également ma Communication à l'Académie de médecine sur ma mission en Bretagne (9 février 188C), et Rapport du docteur Charrin au ministre (Recueil des actes du comité, t. XVI, p. 551).
(2) Voyez mon Rapport au comité [Recueil des actes ducomité, t. XIV, p. 217).
L'Algérie fut également envahie en 1884 et il y eut une petite reprise en Algérie et en Tunisie en 1885.
Le choléra gagna Yltalie, importé par des ouvriers italiens qui, au nombre de plus de 8000, regagnèrent leur pays après l'extension du choléra à Toulon et à Marseille.
La province de Cuneo (Piémont) fut la première atteinte (27 juin). Le choléra gagne successivement les différentes parties de l'Italie, Gènes, Naples, Venise, la Sicile, etc.
En Espagne il se montra au mois d'août dans la province d'Alicante, il cessa vers le milieu d'octobre ; reparut au commencement de février dans le district de Gandia (province de Valence).
Il sévit surtout du mois de juin au mois de décembre 1885, provoquant une mortalité considérable.
On a remarqué qu'il a frappé surtout les petits districts beaucoup plus que les grandes agglomérations. La commune de Aldea de San Miguel, composée de 500 habitants, en a perdu plus de la moitié en trentesix jours.
Le choléra apparut aussi sur les rivages adriatiques de la Croatie, à la fin de 1885, et en 1886 sur plusieurs points du littoral austro-hongrois, de l'Istrie et de la Dalmatie.
La comparaison de la mortalité de la France, de l'Italie et de l'Espagne est intéressante.
En France et en Algérie il y a eu 13 000 décès sur 39 millions d'habitants, c'est-à-dire un mort sur 3000 habitants.
En Italie, 35 000 décès sur 26 800 000 habitants, c'està-dire un habitant sur 600.
En Espagne 180 000 décès sur 17 millions d'habitants c'est-à-dire un habitant sur 100.