NATIVE PASSENGER ACT
désinfection des matières, nettoyage des villes, etc. ; 3° enfin, empêcher la dissémination des pèlerins, à moins que l'absence de tout accident cholérique n'ait été absolument prouvée.
Ces réglementations diverses ne doivent être que le complément de la loi fondamentale ; il s'agit de la prudence qui doit régir le départ. Il faut ici la surveillance la plus rigoureuse : interdiction formelle de transporter aucun malade; certificat attestant que chaque pèlerin subvient à ses frais de voyage; l'encombrement sur les bateaux doit être sévèrement défendu ; enfin les compagnies seront responsables de toute atteinte portée aux règlements.
Le Nalive Passenger Act (1), promulgué par le gouvernement de l'Inde en 18o8, a formulé une partie de ces lois. Mais le Native Passenger Act n'est applicable qu'aux navires portant pavillon anglais; déplus les navires anglais partant d'un port étranger n'y sont pas assujettis. Il n'est rien dit de l'état sanitaire des individus à embarquer. Les mesures que peuvent nécessiter les conditions sanitaires du navire à son arrivée ne sont même pas mentionnées.
Fauvel, qui signale ces lacunes importantes, ajoute que le Native Passenger Act ne s'applique qu'aux conditions d'hygiène et de navigabilité des navires, et qu'il ne saurait exempter chaque navire partant de l'Inde, comme de tout autre pays, d'être muni d'une patente de santé, constatant l'état sanitaire du point de départ et le nombre des personnes embarquées, patente qui serait visée dans les ports de relâche, conformément aux règles adoptées
(I) Voir annexe B (Conférence de Constantinople}.
en Europe. Quoi qu'il en soit, le Native Passenger Act est un document qui, amélioré, rendrait de grands services.
Malheureusement nous avons acquis, par des faits nombreux, la conviction que les précautions édictées par la loi anglaise, à l'égard des navires partant de l'Inde, ne sont pas exécutées, et qu'ainsi, par exemple, le nombre des personnes embarquées est toujours supérieur à celui déclaré dans la patente. De cette façon, on a pu dissimuler les cas de mort pendant la traversée. C'est ce qui eut lieu pour les navires prétendus indemnes de choléra, venant de Bombay à Aden, et qui cependant avaient eu des décès cholériques (Columbian, Hesprria, etc). Les rapports du Dr Duca, médecin de la quarantaine de Camaran, ne laissent aucun doute à cet égard. Il résulte même des dépèches de nos consuls, que souvent les navires ne sont pas visités au départ.
Le gouvernement hollandais, cherchant à réduire le nombre toujours croissant des pèlerins qui, de ses possessions, se rendent à la Mecque, a également établi un règlement dont les effets pourront être très utiles.