SEMAINES
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Mars 23
Mars 17
(1) Sur le recensement de 1872.
(2) Sur le recensement de 1881, en tenant compte de l'augmentation probable de la population depuis le dernier recensement.
Le conseil médical est d'opinion que le choléra n'a pas été épidémique pendant la semaine terminant mardi le 17 mars 1885.
Semaine se terminant le 26 décembre 1885, 48 décès : La moyenne des cinq années précédentes n'était que de 31 ;
Et cependant on déclare que le choléra n'est pas épidémique.
Semaine se terminant le 4 décembre 1886 Mortalité 107 par le choléra. Moyenne 56.
Et l'on déclare encore que le choléra n'est pas épidémique.
Semaine se terminant le 27 novembre :
Mortalité 117 par le choléra. Moyenne 49. Et l'on déclare encore que le choléra n'est pas à l'état épidémique.
Quelle confiance est-il possible d'accorder à des patentes délivrées d'après un pareil système ?
J'ajouterai que les navires anglais, à leur venue de l'Inde comme à leur retour, soumis cependant au Native Passengers Ship Act, offrent les pires conditions de tous les navires à pèlerins :
Mauvaise tenue du navire, quelquefois manque des conditions ordinaires de navigabilité.
Tous les médecins sanitaires ottomans qui reçoivent des pèlerins soit à Camaran, soit à Djeddah, sont d'accord sur ce point, soit dans leur témoignage écrit, soit dans leurs déclarations verbales. Tous signalent l'encombrement poussé à la dernière limite, le manque d'eau, le mauvais traitement des pèlerins par les capitaines et l'équipage. Toujours vingt, trente, cinquante et cent pèlerins à bord de plus que le chiffre certifié sur la patente par l'autorité anglaise du port de départ d'où cependant arrivent directement les navires.
En 1885, le Cohimbian, devenu célèbre pour avoir importé le choléra au Hedjaz en 1881 et probablement en 1883, faillit se remplir d'eau. Il avait plus de passagers qu'il ne jauge de tonnes, de 1200 à 1300, sans compter l'équipage.
En 1886 un autre navire anglais a failli couler dans les mêmes parages par suite de voies d'eau ; il n a dû Proust. — Choiera. 21
son salut qu'a l'énergie des pèlerins javanais qui ont sauvé leur vie en pompant jour et nuit.
Les capitaines laissent souffrir de soif les pèlerins auxquels ils refusent l'eau de boisson deux jours avant leur arrivée à Camaran sous prétexte que là il leur sera donné de l'eau à discrétion.
Enfin ne sont-ce pas des navires anglais qui ont importé le choléra dans la mer Rouge et en Egypte?
En 1881 le Columbian à Aden d'abord, puis à la Mecque ;
En 1882 YHesperia à Camaran d'abord, puis à la Mecque;
En 18831e lïmour, en Egypte;
En 1890 le Deccan à Camaran, puis à la Mecque.
Mais, dira-t-on, le projet édicté un système de précautions et d'avertissements pour empêcher les navires anglais de s'arrêter dans la Méditerranée lorsque les gouvernements n'accepteront pas le libre passage du canal.
Or le gouvernement français s'est toujours opposé au passage du canal en quarantaine et cependant un navire anglais le Fulford, dont le capitaine s'était engagé à aller directement en Angleterre, est venu débarquer à Pauillac.
Avec ce système il y aura toujours à redouter des fraudes et il suffit d'une fraude pour introduire le choléra dans la Méditerranée et en Europe. C'est pourquoi nous ne pouvons accepter ce système.
Nous devons fermer absolument le canal de Suez, quelle que soit leur nationalité, à tous les navires ayant le choléra à bord, ou dont les derniers cas remontent à une époque trop rapprochée.
Le projet ne semble se préoccuper que d'un seul but : la protection de l'Egypte.
Sans doute nous voulons protéger l'Egypte pour ellemême, mais nous voulons la protéger aussi pour défendre la Méditerranée et l'Europe.
Ainsi donc sur ce point, il nous est absolument impossible de faire aucune concession mais, comme d'un autre côté nous avons un grand intérêt à réorganiser le Conseil d'Alexandrie, à le rendre plus international, comme nous avons également un grand intérêt à avoir des communications libres avec nos possessions de l'Extrême-Orient, que nos rapatriés, revenant du Tonkin sont mieux dans nos ports qu'à Djebel-Tor, j'estime qu'il y a lieu de chercher un terrain de conciliation, tenant compte des divers intérêts en cause, sans toucher cependant au principe fondamental de notre politique saniaire, c'est-à-dire intercepter la communication directe entre les pays de l'Extrême-Orient et les ports de la Méditerranée.
C'est ce système qu'il s'agit maintenant de préciser. Relativement aux mesures à prendre on doit distinguer cinq catégories de navires.
1° Les navires de guerre.
2° Les navires transports pour les troupes rapatriées des colonies lointaines, navires appartenant à l'Etat ou affrétés temporairement, mais sur lesquels sont embarqués des médecins de la marine militaire.
3° Les paquebots postaux en service régulier, subventionnés par les divers États. Ces trois catégories de
navires donneront une sécurité presque complète quand ils auront à bord un médecin compétent et indépendant, c'est-à-dire un médecin soumis à l'agrément révocable du gouvernement du pays auquel appartient le navire et quand ces navires seront munis d'étuves à désinfection par la vapeur sous pression.
Il y a toutefois des précautions spéciales à prescrire au point de départ et pendant la traversée pour les navires ramenant des troupes de l'Extrême-Orient.
4° La quatrième catégorie, la plus nombreuse, transporte peu de passagers, et par exception.
Ces navires sont généralement montés par des équipages réduits. Ils constituent le véritable navire de commerce, transportant à peu près exclusivement des marchandises.
Ce n'est qu'exceptionnellement qu'un médecin est embarqué abord. Il est évident que, pour cette catégorie de bateaux, les déclarations sanitaires ont besoin d'être contrôlées de très près.
5° Enfin les vapeurs ramenant les pèlerins de la Mecque se trouvent dans des conditions spéciales qui nécessitent des précautions plus complètes.
Si l'on se pose cette question : Peut-on permettre sans danger pour l'Europe le passage en quarantaine, en tout temps et en toute circonstance, des navires de provenance de l'Extrême-Orient qui est toujours suspect? la réponse ne peut être que négative.
Tous les navires sur lesquels existent ou se sont produits des cas de choléra ou de peste peu de jours avant leur arrivée à Suez, doivent être isolés et désinfectés avant de passer le canal. Ces navires ne peuvent pénétrer dans la Méditerranée, même en traversant le canal en quarantaine.
La sauvegarde de l'Europe en dépend ; car de Port-Saïd, en un, deux, trois, et quatre jours, suivant sa destination, tous les ports de la Méditerranée peuvent être abordés par le navire contaminé.
Il n'y aurait d'exception que pour les ports anglais : encore n'y a-t-il aujourd'hui que dix à douze jours à peine de traversée pour les paquebots postaux de Port- Saïd à Liverpool.
Toutefois, si un laps de temps de sept à huit jours s'est écoulé depuis le dernier cas observé, si le navire possède une étuve à désinfection ; si la désinfection a été pratiquée sous la direction et la surveillance d'un médecin compétent et indépendant, il serait possible d'autoriser le passage en état de quarantaine, comme on l'accorde aux navires provenant d'un port infecté, mais sur lesquels aucun cas ne s'est produit et dont l'état sanitaire est excellent.
Mais, en accordant cette faveur, il est nécessaire d'obtenir les garanties suivantes :
Le passage en quarantaine ne doit être accepté, avec les restrictions que je viens d'indiquer, que dans le cas où le Conseil d'Alexandrie serait réorganisé et pourvu d'un budget autonome et suffisant. La réorganisation du Conseil se ferait d'après les principes que j'ai exposés ailleurs.
Le passage en quarantaine ne sera autorisé qu'après une visite médicale, et par une décision spéciale de l'autorité sanitaire de Suez ou du Conseil pour chaque cas particulier.
Et afin que le bâtiment passant en quarantaine prenne effectivement le cours indiqué, et ne puisse avant d'arriver au port de destination toucher d'autres ports, la sortie et le port de destination de ce bâtiment seront signalés
de Suez par voie télégraphique à chacun des ports intéressés.
Le télégramme sera expédié par l'autorité sanitaire maritime de l'Egypte à l'autorité désignée par chaque puissance ; l'expédition du télégramme sera aux frais du bâtiment.
Des dispositions pénales seront édictés contre les bâtiments qui, abandonnant le cours indiqué par le capitaine, aborderaient indûment un des ports du territoire de cette puissance.
Un établissement de désinfection et un hôpital seront construits aux Sources de Moïse.
DjebeJ-Tor en effet présente des inconvénients que l'on ne manque pas de faire valoir toutes les fois qu'il s'agit d'y repousser un navire.
Les campements organisés pour des milliers de pèlerins sont insuffisants, pour des passagers de première classe, des femmes, des enfants, des troupes rapatriées.
Le ravitaillement en vivres est souvent difficile. Enfin, à l'époque du pèlerinage, il y a danger de promiscuité et compromission.
Une dernière condition s'impose, si le passage en quarantaine est autorisé. Il faut que l'isolement soit réel. Pour cela il est indispensable de prescrire les garanties suivantes :
1° Lors de l'arraisonnement, le capitaine sera tenu de déclarer s'il a à son bord des équipes de chauffeurs indigènes, ou des serviteurs à gages quelconques, non inscrits sur le registre du bord [log. book).
2° Un officier et deux gardes sanitaires montent à bord. Ils doivent accompagner le navire jusqu'à Port-Saïd. Ils ont pour mission d'empêcher les communications et de
veiller, pendant la traversée du canal, à l'exécution des mesures prescrites.
3° Interdiction de tout débarquement de passagers à Suez, dans la longueur du canal et à Port-Saïd.
4° Interdiction de tout embarquement de marchandises ou de passagers soit à Suez, soit à Ismaïlia, soit à Port- Saïd. En effet, sur un navire contaminé, mais ne présentant pas de cas actuel de choléra, l'arrivée de passagers nouveaux, non acclimatés, peut provoquer un réveil d'épidémie.
5e Les navires transitant en quarantaine devront effectuer le parcours de Suez à Port-Saïd sans garage. En cas d'échouage ou de garage indispensable les opérations nécessaires seront exécutées par le personnel du bord, en évitant toute communication avec le personnel de la Compagnie du canal de Suez.
6° Tout stationnement des navires dans le port proprement dit de Port-Saïd sera interdit.
Les opérations de ravitaillement devront autant que possible être pratiquées avec les moyens du bord.
Les chargeurs et toute autre personne ayant monté à bord seront isolés sur le ponton quarantenaire. Leurs vêtements y subiront les désinfections réglementaires.
7° Lorsqu'il sera indispensable pour des navires transitant en quarantaine de prendre du charbon à Port- Saïd, ils devront exécuter cette opération hors du port entre les jetées.
8° Les pilotes, les électriciens, les agents de la compagnie, les gardes sanitaires seront débarqués à Port- Saïd hors du port entre les jetées et de là conduits directement au ponton de quarantaine, où leurs vêtements subiront une désinfection complète.
9° Une étuve à désinfection d'une proportion plus grande que celle dont on se sert actuellement devra être établie sur le ponton de quarantaine.
J'ajouterai que lorsque il s'agit des navires ramenant des pèlerins de la Mecque, les mesures les plus rigoureuses doivent être prescrites bien qu'il y ait eu déjà des observations et des quarantaines, à El-Wesch, à Djebel Tor et dans un autre lieu à déterminer.
En résumé, j'estime que l'on peut accepter un accord international, autorisant le transit en quarantaine pour les navires provenant de régions contaminées de l'Extrême-Orient, navires précédemment spécifiés, ayant à bord un médecin soumis à l'agrément révocable du gouvernement, possédantune étuve, et n'ayant point eu de cas de choléra ou de peste depuis sept ou huit jours, et dont les conditions sanitaires sont satisfaisantes.
Diverses conditions essentielles doivent être réalisées pour que cette autorisation puisse être accordées sans danger.
1° Le passage en quarantaine ne sera accordé pour chaque cas que par une décision spéciale.
2° L'isolement devra être réel pendant le passage du canal.
3° Un hôpital et un établissement de désinfection pourvu de tout l'outillage moderne, devront être construits immédiatement aux Sources de Moïse.
Telles sont les observations que j'ai soumises à M. le ministre de l'intérieur qui m'avait fait l'honneur de me consulter lorsque le gouvernement austro-hongrois demanda à la France de se rendre à la conférence de Venise où cette question devait être traitée.
J'exposai les mêmes idées à la Conférence, dans une
contre-proposition que je fis au nom de la délégation française composée de M. Barrère, ministre plénipotentiaire, de M. le professeur Brouardel, président du comité d'hygiène, de M. le Dr Catelan, médecin sanitaire à Alexandrie et de moi. Ce qui caractérise ce contre-projet et le différencie du protocole présenté par l'Autriche et l'Angleterre, c'est que le passage en quarantaine n'est jamais accordé aux navires infectés, qu'il n'est pas uniquement accordé aux navires d'une seule nation, l'Angleterre, qu'il est entouré de garanties qui éloignent tout danger pour l'Egypte, la Méditerranée et l'Europe, enfin que l'autorisation du transit est subordonnée à l'organisation d'une surveillance sérieuse à Suez, à une visite médicale de tous les navires provenant de l'Extrême-Orient, le traitement de chaque navire étant variable, suivant qu'il est indemne, suspect ou infecté.
Yoici ces observations et propositions.
« Il est d'un grand intérêt public d'exercer, à l'entrée du canal de Suez, une surveillance sérieuse, de façon à empêcher la communication directe entre les ports de l'Inde et de l'Extrême-Orient, d'un côté, et l'Egypte et la Méditerranée, de l'autre (1).
Cette surveillance est d'autant plus nécessaire que nous ne pouvons adopter la doctrine anglo-indienne, doctrine qui donne patente nette aux navires partant d'un port de l'Inde, tant que ce port n'est pas le siège d'une grande épidémie et bien que le choléra s'y montre à l'état endémique.
J'ajouterai que, si nous voulons diminuer et même
(I) Observations présentées par M. le docteur Proust au nom de la Délégation Française sur les modifications à introduire dans l'arrangement austro-anglais au sujet du passage du canal de Suez en quarantaine.
supprimer les quarantaines dans la Méditerranée et en Europe, il est absolument indispensable d'exercer la surveillance la plus attentive sur le canal de Suez. Trois médecins et un chef de service médical possédant des connaissances épidémiologiques et bactériologiques doivent être installés à Suez. Chaque médecin de service ferait, à tour de rôle, de jour et de nuit, la visite médicale de tous les navires, quelle que soit la nature de leur patente.
Une inspection serait organisée pour vérifier la façon dont a lieu la visite médicale. Une police serait instituée, le long du canal, de façon à empêcher les communications compromettantes.
Un établissement de désinfection, un hôpital, devraient être créés aux Sources de Moïse, pour les passagers des navires ordinaires, Djebel-Tor continuant à recevoir les pèlerins, et les pèlerins seuls.
Il s'agit maintenant de préciser le traitement pouvant être accordé à chaque catégorie de navires.
Ces navires se divisent en trois classes : navires indemnes, navires suspects, navires infectés.
Navires indemnes. Les navires reconnus indemnes, après visite médicale, auront libre pratique immédiate, sans aucun retard, quelle que soit la nature de la patente. Ils ne seront pas soumis à l'observation de vingt-quatre heures, qui est prescrite actuellement contre les navires avec patente brute.
Navires suspects, c'est-à-dire navires ayant eu des cas de choléra au moment du départ ou pendant la traversée, mais aucun cas nouveau depuis sept jours. Ces navires seront traités d'une façon différente, suivant qu'ils ont ou n'ont pas à bord un médecin et une étuve.
A. Les navires ayant un médecin et une étuve remplissant les conditions voulues, seront admis à passer le
canal de Suez en quarantaine dans des conditions de précaution à déterminer.
B. Les autres navires suspects n'ayant ni le médecin ni l'étuve, seront, avant d'être admis à transiter en quarantaine, retenus aux Sources de Moïse pendant le temps nécessaire pour opérer la désinfection du linge sale, du linge de corps et autres objets susceptibles et s'assurer de l'état sanitaire du navire.
Navires infectés, c'est-à-dire ayant du cboléra à bord, ou ayant présenté des cas nouveaux de choléra depuis sept jours. Ils se divisent eux-mêmes en navires avec médecin et étuve et navires sans médecin ou sans étuve.
A. Les navires sans médecin ou sans étuve seront arrêtés aux Sources de Moïse, les malades débarqués et isolés dans un hôpilal. La désinfection sera pratiquée d'une façon complète.
Les autres passagers, débarqués et isolés par groupes aussi peu nombreux que possible, de façon à ce que l'ensemble ne soit pas solidaire d'un groupe particulier, si le choléra venait à s'y développer. Le linge sale, les objets à usage, les vêtements de l'équipage et des passagers seront désinfectés ainsi que le navire. Il est bien entendu qu'il ne s'agit pas du déchargement des marchandises, mais seulement de la partie du navire qui a été infectée.
Les passagers resteront cinq jours à l'établissement des Sources de Moïse. Lorsque les cas de choléra remonteront à plusieurs jours, la durée de l'isolement pourra être diminuée. Cette durée variera avec l'époque de l'apparition du dernier cas.
B. Le passage en quarantaine pourra même être accordé avant l'expiration des cinq jours par l'autorité sanitaire après la désinfection opérée, si le navire possède un médecin et une étuve présentant les conditions indiquées.
En un mot, facilités aussi grandes que possible quand le navire est reconnu sain, mesures sérieuses, mais non vexatoircs, contre tout navire infecté ou suspect de l'être.
Il faut maintenant indiquer combien de navires entrent en chacune de ces classes.
En 1886
il est passé par le canal de Suez 3100 navires;
Il est toutefois juste de ne compter que la moitié environ de ces navires ; car le total s'applique à tous les navires aussi bien à ceux qui vont de Port-Saïd vers Sue/, qu'à ceux qui viennent de la mer Rouge vers la Méditerranée. Et dans le tableau 4, nous ne nous occupons que des navires suspects ou infectés se dirigeant de Suez vers Port-Saïd.
Voyons maintenant combien il est passé de navires infectés et de navires suspects.
De 1885 à 1891 il n'est passé que deux navires infectés. Ces deux navires sont passés en 1886, c'étaient YEuphrate et le Golfe du Mexique, venant l'un de Bombay, l'autre de Calcutta. Ils avaient eu du choléra six jours, tous deux, avant l'arrivée à Suez. L'un avait eu six cas, l'autre cinq cas.
Quant au nombre des navires suspects ayant passé le canal, il est le suivant :
En 1885, il a été de 13
1890, d'un seul, précisément le Fulford.
Par conséquent, voilà cinquante navires seulement qui, en sept ans, auraient été arrêtés pendant le temps nécessaire pour la désinfection aux Sources de Moïse, et encore, sur ces cinquante navires, il en est trente qui ont passé le canal en quarantaine, de sorte que vingt seulement se seraient trouvés dans la situation de navires suspects, retenus à Suez pour y subir la désinfection.
Ainsi donc, en total, 20 navires suspects retenus à Suez et 2 navires infectés, pendant l'espace de sept ans.
Or, je le demande : Y a-t-il parité entre cette gène insignifiante pour 22 navires en sept ans, sur plus de 10 000 navires, et le danger d'importer de nouveau le choléra en Europe en supprimant toute mesure protectrice et en laissant passer librement le canal aux navires infectés?
J'ajouterai que, si l'on prenait plus de précautions dans les ports au moment du départ des navires et pendant la traversée, on aurait encore à réduire ce chiffre déjà si minime. La tendance de la science sanitaire actuelle est, en effet, de substituer aux mesures que l'on prend à l'arrivée, les mesures que l'on prend au point de départ et pendant la traversée.
Si, en effet, dans les régions contaminées, on surveillait les embarquements des passagers, si on prenait la précaution de ne laisser embarquer aucun linge sale ou infecté sans le désinfecter, si on prescrivait les mesures de désinfection pendant la traversée, le chiffre si minime dont nous avons parlé se trouverait encore diminué et presque annihilé. Nous espérons que la Conférence voudra bien nous suivre dans cette direction et modifier dans le sens que je viens d'indiquer, les propositions qui lui sont soumises. Nous avons conscience d'avoir fait toutes les concessions possibles, dans l'état actuel de la science,
pour la protection de la santé publique. Vouloir aller plus loin ne serait pas compris par l'opinion et ne serait pas justifié par la science. »
Les propositions émises dans cette note s'appuient sur les tableaux suivants qui font connaître :
1° Le nombre des navires ayant transité le canal pendant les cinq dernières années ;
2° Le relevé avec plus de détails du mouvement de la navigation par le canal en 1 890 ;
3° Le nombre des passagers qui ont transité pendant les cinq dernières années ;
4° Le tableau des navires suspects ou infectés qui ont passé le canal depuis 1881.
SURVEILLANCE MÉDICALE A SUEZ. 335 Nombre de navires ayant transité pendant les cinq dernières années.