‹ La défense de la langue francaiseChapitre 60 sur 98 · La Revue, l«r août 1910, p · texte numérisé non relu

La Revue, l«r août 1910, p

2. Les disciples de Mahomet propageaient le Coi an et prêchaient la fraternité par le fer et par le feu, comme les apôtres de l'action directe veulent aujourd'hui préparer l'avènement du bonheur universel et inculquer l'évangile marxiste et syndicaliste par la chaussette à clous et la machine à bosseler.

siècle, pour la langue universelle, et qui rappelle de si près les religions socialisantes du saint-simonisme et du fouriérisme, n'est, comme le pacifisme, qu'un des aspects du mouvement internationaliste qui se développe soudain chez les peuples à certaines époques de l'histoire : un de ces phénomènes de psychologie collective et de contagion intellectuelle et morale qui ont été mis si magistralement en lumière par le docteur Gustave Le Bon1. Les intérêts tangibles et immédiats des compatriotes ou de la nation ne comptent pas et doivent s'effacer devant l'intérêt lointain, mais supérieur, de l'humanité, conçue comme une entité ; l'individu ou le groupe naturel doit être sacrifié à l'idée. Aussi les zélateurs de la L. I.2 font-ils bon marché chacun de sa langue nationale.

Bien qu'on se soit efforcé de rendre la L. I. pratiquement réalisable, il est facile de voir combien est encore grande, chez la plupart des propagandistes, la part irréductible de l'utopie, sous quel angle spécial ils envisagent les faits, en voulant, par exemple, faire régenter par la justice des réalités soumises à d'autres facteurs. C'est au nom de la justice qu'ils repoussent toutes les combinaisons entre les langues nationales, et qu'ils entendent

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