II AVANT-PROPOS
Celte tâche était d'autant plus difficile, que les archives de l'état-major général de la 2" armée et de notre état-major particulier avaient été soustraites ou détruites au moment de l'insurrection du 18 mars (1).
Pour les reconstituer, nous avons dû recourir au zùle, à la bonne volonté de tous ceux qui, ayant été sous notre commandement, possédaient quelques documents officiels ou intéressants.
Grâce à la persévérance, à l'esprit d'ordre de notre aide de camp, M. le capitaine Louis, et de M. le capitaine Gillon, notre officier d'ordonnance, tous ces documents ont pu être classés, reliés entre eux, et servir de base à un véritable historique de toutes les troupes, régulières ou irrégulières, qui ont combattu sous les murs de Paris.
(1) Une partie des archives de l'état-major se trouvait à Auteuil, dans le logement du général Appert, chef d'état-major général. — Pendant le siège de la Commune, un obus vint frapper le meuble dans lequel elles étaient renfermées et les réduisit en poussière. . ..
Quant aux documents de l'état-major particulier, notamment lo registre de correspondance du siège, que le général Diicrot avait conservé, il se trouvait dans une malle qui fut saisie le 19 mars 1871 par des gardes nationaux.... Avertis do l'arrivéo du général, ces hommes l'attendaient à la gare de Lyon pour s'emparer do sa personne... Prévenu par son aide do camp, le général descendit à Melun ; mais à Paris, la malle fut piiso par les gens de la Commune. (Voir aux pièces justilicativos A.)
AVANT-PROPOS. m
Nous basant exclusivement sur les rapports des généraux, des chefs de corps , rapports faits , pour ainsi dire, sur le terrain même du combat, nous avons cherché à rendre une éclatante justice à ces braves officiers, à ces héroïques soldats auxquels certainement, un jour, la France et surtout Paris rendront un juste tribut de reconnaissance.
Qu'il nous soit permis de signaler en première ligne le vaillant général Renault, avec qui nos relations ont été de tous les instants, du 18 septembre au 30 novembre, jour où il est tombé sur le champ de bataihe de YiUiers.
Cet illustre vétéran, doyen de nos divisionnaires, loin de se montrer froissé d'être sous nos ordres , n'a cessé de nous témoigner une confiance , une déférence dont nous avons conservé au profond de notre âme un cher et précieux souvenir.
Nous en dirons autant des généraux Frébault, Tripier, d'Exea ; bien que nos anciens par l'âge, le grade, les services, bien que nos supérieurs à plus d'un titre, tous nous ont secondé avec un zèle, un dévouement qui ne se sont pas démentis au milieu des plus difficiles, des plus cruelles épreuves...
Nous le disons hautement, si nous avons pu jusqu'au bout supporter le lourd fardeau sous lequel