DEUXIEME PARTIE
Du i2û au 30 Septembre.
Ainsi que nous l'avons dit, une véritable panique s'était répandue dans tout Paris à la suite du combat do Chàtillon. Non-seulement cette panique régnait dans la population , mais elle avait même un peu gagné le Gouvernement. On avait fait évacuer précipitamment toutes les défenses extérieures, et d'un instant à l'autre on s'attendait à voir les Prussiens surgir au pied des rem- ])arts.
Dans la soirée du 19 septembre, le général Ducrol
s'était rendu chez le Gouverneur pour causer de la situation et demander des instructions.
Persuadé que l'ennemi tenterait une attaque de vive force, le général Trochu portait son attention vers le nordouest, partie la plus faible de l'enceinte. De ce côté le ]\Iont-Valérien et les forts de Saint-Denis défendant très-imparfaitement la presqu'île de Gennevilliers , ii craignait que l'ennemi, après avoir passé la Seine vers Asnières , ne s'avançât à l'abri des maisons de Levallois-Perret et de Clichy jusqu'auprès du rempart. En 181-i,les alliés étaient entrés par Clichy ; les Allemands en 1870 pouvaient renouveler la même opération.
Afin de se mettre en garde contre cette éventualité, le général Ducrot reçoit l'ordre de prendre position, avec le 14* corps d'armée, sur la rive droite de la Seine, entre Billancourt et Saint-Denis. L'inqualifiable abandon du Mont-Valérien fait hâter encore cette mesure de sûreté.
■10 septembre. Daus la matinée du 20 septembre, les mobiles de la du aiûiu va"i"rien Somo, OU gamisou au Mont-Valérien, ayant destitué par
les mobiles de l'election la plupart de leurs officiers, abandonnent la
la Seine-
forteresse et reviennent en débandade sur Paris. Informé de ce fait odieux , le général Le Flô , ministre de la guerre, envoie deux bataillons de la Loire-Inférieure (4" et 5') pour occuper le Mont-Valérien.
Au delà du pont de Neuilly, les bataillons Nantais rencontrent les mobiles de Paris ; ces hommes, se sauvant de leur poste, fuyant l'ennemi, allaient par les chemins, sans officiers, débandés, la crosse en l'air criant la Marseillaise... Mourir pour la patrie... Quelques-uns interrompent leurs chants patriotiques, pour dire aux Nantais que les uhlans arrivent en grandes bandes, qu'ik en ont vus courant la plaine...
Sans faire trop attention aux paroles de ces malheureux, le régiment de la Lnire-lnférJeure prend cependant
quelques mesures de précaution et couvre son flanc droit avec une compagnie que dirigent le commandant de Lareinly et M. de La Rochethulon , officiers de la garde nationale... Mais aucun cavalier ennemi n'apparaît, et la colonne arrive sans encombre au Mont-Valérien.
A deux heures de l'après-midi (1), le 14^ corps d'ar- Emplacements
. occupés
mée se met en mouvement pour venir occuper les posi- par le ite corps lions suivantes : la l'"' division à Clichy-la-Garenne, la -^o septembre. gauche au chemin de fer d'x\snières , se prolongeant vers Saint-Ouen.
La 2*= divi&ion à Neuilly, la gauche au bois de Boulogne, la droite vers Villiers.
La 3* division entre Boulogne à droite et les saillants du bastion du Point-du-Jour à gauche.
Les batteries divisionnaires avec leur division.
La réserve d'artillerie du corps d'armée s'établit entre Sablonville et Champerret-Levallois.
Le régiment de gendarmerie à cheval, qui seul restait attaché au 14* corps d'armée, campe entre Sablonville et Champerret-Levallois.
Le 4' bataillon de la garde mobile d'Ille-et-Vilaine, commandant Garon, cantonne près la porte Maillot, à gauche de l'avenue de Neuilly.
Le 7* bataillon de mobiles de la Seine, commandant de Vernou-Bonneuil , s'établit à la droite de l'avenue de Neuilly.
La compagnie des francs-tireurs de l'Aisne, forte de 86 hommes, capitaine Dallé, est mise à la disposition du W corps.
Peu de temps après, le Gouverneur de Paris envoie
(1; Toute la matinée du 20 septembre avait été employée à faire des dislributiona.
au 14" corps trois bataillons de la garde mobile : 8* de la Seine, 3" du Finistère, 1" des Gôtes-du-Nord ; ces bataillons sont cantonnes à Pantin, sous le commandement du lieutenant-colonel Warnct , de l'état-major général.
Pendant que les troupes du 14® corps sont en marche, le général Ducrot parcourt les diverses positions que doivent occuper ses trois divisions.
Il examine particulièrement les bords de la Seine , depuis Boulogne jusqu'à Asnières.
Le pont suspendu de Suresnes, dominé et enfilé à courte distance par les hauteurs boisées de la rive gauche, lui paraît plus favorable aux entreprises des assiégeants qu'à celles des assiégés ; déjà couvert de matières incendiaires , ce pont est détruit.
A Asnières, au contraire, le général ordonne impérieusement de conserver le pont du chemin de fer , il prescrit la construction de divers travaux défensifs afin d'avoir de ce côté une tète de pont sur la rive gauche de la Seine (1).
(l) Les travaux de défense d'Asnières furent exécutés par la Compagnie du chemin de fer de l'Ouest :
La nécessité de faire sauter le pont du chemin de fer pouvant se produire instantanément, on avait établi dans l'intorvolle des cinq poutres creuses métalliques qui composent le pont, des caissons en ciiarpenle, contenant des barils de poudre avec amorces munies de fils conducteurs réunis à un appareil électrique.
Comme ce pont ne devait être détruit qu'à la dernière extrémité, on avait pris les mesures nécessaires pour gêner la circulation des chevaux et des piétons : les planchers en bois entre les longrines des rails avaient été enlevés; au-dessus des poutres en fer, larges d'un mètre, des fils da fer avaient été placés de manière ù former une sorte de treillage; la poutre du milieu fut seule laissée libre pour donner passage aux patrouilles.
Sur la rive droite, à gaucho et à droite de la culée, on éleva doux batteries en terre dont le canon battait le chemin de halugo et '.a rive opposée. De l'autre côté, le pont était protégé par un fossé de G métros do largeur, défendu en avant par dos barricades do rails et do traverses formant double capouniore. A l'extrémité dos quais de la garo d'Asnioroi, i
X\'ll
Voulant maintenir à tout prix ses communications avec le Mont-Valérien, le général Ducrot désigne le 19" de marche pour occuper l'importante position du riond-Point de Courbevoie, qui, nœud des grandes routes de Pontoise et de Cherbourg, commande notre débouché par le pont de Neuilly.
Le cours de la Seine entre le Point-du-Jour et le Bas- une batterie
-,, , .T 1101 • flottante
Meudon nous étant mdispensable atin de couvrir nos s'ctabiit en aval
du pont
avant-postes de Boulogne et de Billancourt, ordre est de Billancourt, donné à une batterie flottante de se poster en aval du pont de Billancourt; la chute de ce pont ayant rendu la navigation impraticable, on emploie la mine pour s'ouvrir un passage et dès le 20 septembre nos canonnières viennent chaque soir s'embosser à la même place.
Le 21 septembre, à 6 heures du matin, le 19" régiment 21 septembre. de marche occupe le Rond-Point de Courbevoie ; le 1"' ba- du rond-%înt de taillon s'établit au Rond-Point et dans les maisons crénelées qui l'avoisinent ; le 2" bataillon prés de la caserne de Courbevoie ; des sentinelles et petits postes occupent la levée du chemin de fer entre les routes de Pontoise et de Colombes ainsi que les premières maisons ayant vue sur le chemin d'Asnières; le 3" bataillon est en réserve, sur la rive droite delà Seine, à droite et à gauche du pont de Neuilly et dans les maisons les mieux situées pour voir l'avenue qui conduit au Rond-Point.
les débouchés des deux petits pont? en maçonnerie établis au-dessus de la route départementale n° 7 étaient fermùs par des barricades de rails et de traverses reliées au moyen d'un retranchement en terre. A droite et à gauche, couraient en retour, des barricades en rails ; le tout présentant un développement de quatre à cinq cents mètres : ces barricades en rails et traverses avaient été construites d'une manière aussi ingénieuse que rapide : hautes de l'"50, elles consistaient en douze rails superposés de G mètres de longueur, maintenus les uns au-dessus des autres par quatre traverses enfoncées verticalement et réunies par des boulons ; à 1"'30 du sol, on avait relevé, au moyen de coins, Jes trois rails supérieurs do manière à ménager ua espace formant meurtrière longitudinale.
Courbevoie.
Un peloton de gendarmes mis à la disposition du commandant du 19* fournit des vedettes.
Ces troupes sont prèles à prendre les armes au premier ordre.
L'artillerie est toujours en mesure d'atteler deux sections de 4 et une section de mitrailleuses. Reconnaissance Daus la joumée du 21 Septembre, devant se rendre
des ^
éclaireurs Fran- au Mout-Valérien, le ffénéral Ducrot envoie l'escadron
cnetti ^
'^^GeVnevSs^'' Franchctti, nouvellement incorporé au 14'" corps (1), battre vers^nucii. ^^ prosqu'île de Gennevilliers et reconnaître les bords de la Seine depuis Bezons jusqu'au delà de Rueil.
Pendant qu'un peloton d'éclaireurs se disperse en fourrageurs dans la presqu'île entre Colombes et Nanterre, un autre peloton, poussant vers Rueil, le Bois- Préau , revient par la maison Crochard ; ces éclaireurs apprennent que le matin même une patrouille prussienne est venue dans le village de Rueil, mais que l'ennemi ne dépasse pas la Malmaison : les sentinelles allemandes ne sont en vue qu'auprès de la Jonchère (2). Pour le moment il n'y avait donc rien à redouter de ce côté et les trois divisions du 14* corps continuent à s'établir sur leurs emplacements; elles creusent des fossés, élèvent des barricades, crénèlent les murs et organisent partout la défense.
Organisation La zono do terrain que le 14* corps était charcré de
de la défense ^ i. \.y
Billancourt couvrir, s'étendait depuis Billancourt jusqu'à VilleneuvesamtMjûtn. la-Garcnue. Le cours de la Seine entre ces deux points
(1) Voir aux pièces justificatives, n" XXV.
(2) Voir aux pièces justificatives, n" XXVI, le rapport du commandanl Franchctti.
Du Mont-Valéricn le général Ducrot avait pu suivre la reconnaissance de ses éclaireurs; à leur retour, il félicita le commandant Franchclti sur la manière dont ses hommes avaient accompli leur mission ; il lui prescrivit d'envoyer chaque matin un peloton nu quartier général pour exécuter une reconnaissance sur les points qui lui seraient désignés.
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Font de Sèv.
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formait notre vraie ligne de défense , avec une tète de pont à Courbevoie et une autre à Asnières. La vaste plaine de Gennevilliers, qui s'étend au delà, n'était pas occupée par l'ennemi ; mais comme il pouvait librement exécuter un passage du côté de Bezons, Argentcuil, etc.. chaque jour toute la plaine était parcourue par des reconnaissances et des patrouilles.
Dès le 21 septembre on commença de nombreux travaux surtout le terrain situé en deçà du fleuve. Les habitations qui existent entre l'avenue de Neuilly et celle de Saint-Ouen rendaient la défense facile. Du côté du bois de Boulogne il fallut multiplier davantage les obstacles : linfanterie creusa plusieurs lignes de tranchées traversant le bois dans toute son étendue ; l'artillerie construisit de nombreuses batteries qui balayaient les avenues et les clairières ; elle en établit également sur les points les plus favorables pour surveiller le passage de la Seine et contrebattre les ouvrages de l'ennemi sur les hauteurs de Saint-Cloud, Montretout, Sèvres...
Les batteries qui devaient défendre toute la zone se subdivisaient en neuf groupes :
i" Groupe. — 3 batteries battant le cours de la Seine Batteries
J- exécutées par le
et le pont de Saint-Cloud : **' ^'^^ps.
La première, à 4 embrasures, à l'intersection du boulevard de Boulogne et du quai; les deux autres dans le parc Bothschild.
Plus tard on y ajouta 3 batteries de mortiers tirant sur le parc de Saint-Cloud :
La première , de 2 mortiers, sur le quai en aval du pont de Saint-Cloud; la deuxième, de 4 mortiers, sur les bords de la Seine, en amont du ponl; la troisième, de 2 mortiers , dans la première rue parallèle au quai , près de l'usine à gaz , en aval du pont de Sèvres.
<2tl'i DEFENSE DE PARIS.
2" Groupe. — 8 batteries battant les débouchés do Boulogne :
La première, de 4 pièces , à la porte de l'Hippodrome ; la deuxième, de 3 pièces, à la porte de Boulogne; la troisième, de 3 pièces, avenue Mortemart, à 300 mètres en arriére de la précédente; la quatrième, dé 2 pièces, porte des Princes; la cinquième, de 3 pièces, dans le bois , battant l'avenue des Polonais et Longchamp ; la sixième, de 4 pièces, dans le bois, cà 300 mètres de la précédente avenue des Polonais, tirant sur Longchamp ; le septième, blindée, entre les ponts de Saint-Cloud et de Sèvres; la huitième, également blindée, à 100 mètres en amont de ce dernier pont ; ces deux dernières batteries devaient battre Saint-Cloud, Sèvres, la Seine et Brimborion.
Ces deux premiers c;roupes étaient sous la direction du commandant de Miribel, commandant l'artillerie divisionnaire de la 3" division.
3^ Groupe. — 3 batteries établies au rond-point de Mortemart, tirant sur l'avenue de Mortemart, Brimborion et Montretout :
La première, de 2 pièces de marine de 0™ 19, sous les ordres du sous-lieutenant d'artillerie de marine Piouault ; les deux autres, chacune de 2 pièces de 1, sous les ordres du capitaine Bajau, de la réserve du 14" corps.
4° Groupe. — 3 batteries battant le champ de courses :
La première, de 1 pièce de 4, à la Cascade ; la deuxième, do 3 pièces de 4, près de la Cascade ; la troisième, de 2 pièces de 4, à la tour Ilaussmann.
Ces trois batteries, sous les ordres du capitaine Froment, de la réserve du 14" corps.
5° Groupe. — 3 batteries battant la Seine, le barrage et le pont de Suresnes :
La première, de 6 pièces, en amont du pont ; la deuxième, de 2 pièces, en aval du pont ; la troisième, de 7 pièces, dans l'île de Puteaux.
Ces batteries commencées, furent ensuite abandonnées et jugées inutiles en raison de la position du Mont-Valérien, rendant impossible une surprise sur ce point.
6" Groupe. — 2 batteries au pont de Neuilly : La première, sur l'avenue, tirant sur le pont, l'avenue et le Rond-Point de Gourbevoie, sous les ordres du lieutenant Solet; la deuxième, de 2 pièces de 12, sous le pont, battant la Seine et sa rive gauche jusqu'au pont de Suresnes, sous les ordres du capitaine Déthorey, de la réserve du 14° corps.
7" Groupe. — 6 batteries au Rond-Point de Courbevoie :
La première, de 2 pièces, battant Suresnes ; la deuxième, de 2 pièces, enfilant la route du Mont-Valérien ; la troisième, de 1 pièce, tirant vers la Carrière-aux- Loups ; la quatrième, de 2 pièces, balayant la route de Bezons ; la cinquième, de 1 pièce, pouvant battre les alentours de la caserne de Gourbevoie (ces quatre dernières batteries servies par la batterie Dassonville, de la 2" division) ; la sixième, de 3 pièces de marine, sur le remblai du chemin de fer, en avant du Rond-Point, voyant Bezons, Houilles et Garrière-Saint-Denis.
8" Groupe. — 5 batteries sur la rive droite de la Seine :
2 à gauche du chemin de fer d'Asnières ; 2 à droite du chemin de fer, entre les deux ponts ; 1 en aval du pont de Glichy.
Ces cinq batteries, qui battaient les bords du fleuve, ne tardèrent pas à être abandonnées par suite de l'occupation d'Asnières (1).
9" Groupe. — 3 batteries battant les bords de la Seine et Gennevilliers :
La première, de G pièces, sur le remblai du chemin de fer d'Asnières (capitaine Perrault, de la 1"' division) ; la deuxième, de 6 pièces, à droite de la première, sur le plateau à hauteur de la gare Levallois-Perret (capitaine Deschamps, de la 1'^ division) ; la troisième, de 6 pièces, à droite de Glichy, battant la plaine autour de Gennevilliers (capitaine Jenny, de la 1"* division du 14^ corps).
22 septembre. Au Roud-Point de Courbovoie, on achève des barricades avec coupures aux débouchés de la route de Pontoise et de la route de Cherbourg ; l'avenue intermédiaire conduisant au chemin de fer est complètement fermée.
Toutes les batteries projetées aux abords du Rond- Point sont commencées.
La station de Courbevoie qui est sur le remblai même du chemin de fer est mise en état de défense ; la voûte au-dessous est barricadée.
Toutes les maisons, tous les murs de parcs, de jardins, ayant vue sur Bècon et Asnières, sont crénelés, afui d'em-
(1) Dans la dernière partie du siôgc, lo pont de Nouilly devenant insuffisant pour nos mouvements do troupes, on fit une circulation de voitures au pont du chemin de fer d'Asnières : sur les deux voies centrales de l'cntrc-voic du milieu on plaça un tablier en madriers de G mètres de largeur; cette circulation, qui ménageait les deux voies extérieures, n'empGchait pas les trains d'aller jusqu'à Suresncs, sur la ligne de Versoillea et jusqu'à Colombes et Nanterro, sur la ligne do Suint-Germain : ces trains ont été utilisés dans les dernières affaires de janvier, du côté de Rueil pour les machines blindées et les équipages de bateaux, du côté de Suresncs pour ramener les blessés do Monlretouf»
pêcher l'ennemi de tourner de ce côté nos positions de Courbe voie.
Le 19^ régiment de marche chargé de défendre le village deCourbevoie et le Rond-Point, est renforcé par un quatrième bataillon.
Un autre bataillon est placé au pont de Neuilly.
Les francs-tireurs de l'Aisne occupent les abords du pont de Suresne>.
Toutes les troupes sont exercées à prendre leurs positions de combat, à connaître les différents points à défendre, les lignes de retraite, barricades successives, etc.
Les batteries divisionnaires connaissent les emplacements à occuper en cas d'alerte.
Ce môme jour, quatre bataillons de mobiles, faisant partie du iA" corps, prennent position :
Le 7' bataillon de la Seine, à la droite de l'avenue de Neuilly, se reliant par sa droite à la division de Caussade ;
Le A" bataillon d'Ille-et-Vilaine à la gauche de l'avenue ;
Le & bataillon de la Seine dans le parc Saint-James et dans le bois de Boulogne jusqu'à la cascade ; le If bataillon d'Ille-et-Vilaine , de la cascade à Boulogne, se reliant par sa gauche à la division de Maussion.
Ces bataillons commencent immédiatement des travaux de défense qui sont perfectionnés chaque jour.
Dans cette journée du 22 septembre le Gouverneur, prévenu que le plateau de Villejuif est faiblement occupé par l'ennemi, donne l'ordre au général Vinoy d'envoyer la division de Maud'huy prendre position au delà du fort de Bicétre et d'occuper le plateau.
Le 1" bataillon des mobiles de l'Aisne, mis à la dis- 23 septembre, position du 14" corps, est placé près de la porte des Sablons.
l'as
2i septembre.
Sfi septembre.
L'escadron des éclaireurs Franchelti et un escadro'.i de gendarmerie font une reconnaissance dans la presqu'île de Gennevilliers ; nulle part l'ennemi n'est rencontré, nos éclaireurs échangent seulement quelques coups de feu avec les postes prussiens établis de l'autre côté de la Seine, à Bezons et à Argenteuil
La batterie flottante n° 4 descend à Silresnes pour battre un des versants de Saint-Cloud que le Mont- Valérien voit imparlai tcment. et pour protéger le barrage mobile de Suresncs (1).
Pendant ce tcnq)s, les canonnières lo Sabre et A? Claymore remorquent à Suresnes un équipage de pont. Ce mouvement s'exécute de jour en passant sous le feu de l'ennemi.
Le retour a lieu de nuit.
Un commence des ouvrages défensifs dans l'île de Puteaux ; un petit pont est établi au nord de l'ile, près de Neuilly, pour la communication avec la rive droite. Une batterie flottante est installée à la pointe sud de cette île.
La batterie construite au rond-point de Mortemart est armée de 2 pièces de 19 de la marine, servies par l'arlillcrie de marine (sous-lieutenant Piouault).
Sur tout le Iront, les travaux de défense sont continués et perfectionnés.
11 en est de même pendant la journée du 25 septembre.
Deux compagnies de la division d'Hugues, envoyées comme poste avancé à Suresnes, organisent détensivement les maisons en avant du barrage.
(1) La (Icslruclion de ce barrage eût amené, par suite tics basses caiix, l'innavitîabilité de la Seine pour la flollillc.
Vispos-itions de défende cui^r abords de Courbe ouic. el de Siiresnejle aj Septembre iSjo-
Imp.Ber.rfuel, ^ACiS c v.
Pour nous relier plus complètement avec le Mont- Valérien, les francs-tireurs des Ternes occupent le rondpoint des Bergères; installés dans une grande usine située près de ce rond-point, ces francs-tireurs fournissent un poste avancé au carrefour de la Boule-Royale, près Nanterre.
Le S" bataillon de mobiles de l'Aube et le 5® du Loiret, mis à la disposition du 14" corps, sont placés à Billancouri.
Les canonnières détachent journellement quelques hommes en embuscade dans l'île de Billancourt j pour surveiller le petit bras de la rivière.
Toutes les vingt-quatre heures des reconnaissances sont faites en avant de nos positions, soit par l'escadron de gendarmes, soit par les éclaireurs Franchetti. L'ennemi continue à ne pas se montrer dans la presqu'île ; ses patrouilles viennent dans le village de Rueii, aux environs du Mont-Valérien ; mais les postes se tiennent à grande distance.
Devant cette circonspection de l'ennemi, nos jeunes soldats commençaient à reprendre confiance ; peu à peu nos avant-postes étaient augmentés, portés plus loin; en même temps nos défenses s'organisaient, se complétaient ; les communications avec le Mont-Valérien se trouvaient assurées ; presque toutes nos batteries étaient achevées ; et dès lors nous pûmes nous considérer comme entièrement à l'abri d'une attaque de vive force.
Dans la journée du 29, le commandant Franchetti ayant poussé une reconnaissance dans le village de Piueil, apprit de M. Pigny, régisseur de Bois-Préau, jque l'ennemi se gardait faiblement à la Malmaison. Le général Ducrot résolut de profiter de l'occasion pour donner un peu de moral à ses jeunes troupes ; il pen-
•21 septembre.
29 septembre.
sait qu'il lui serait facile, en faisant agir des forces assez importantes, d'enlever ce poste mal défendu. uisposiiions Pour le lendemain 80 septembre, il ordonne qu'une
pour l'atïaiie du i. i -ii • i i i
30 septembre, colonne lorte d un bataillon envn^on, sous les ordres du commandant GlioUeton, du 19® de marche, attaquera la Malmaison; cette colonne devra être soutenue par un certain nombre de détachements formant la valeur d'une division.
En vue de cette opération, le 29 septembre, une partie des troupes du 14" corps fait un mouvement en avant et vient à 7 heures du soir occuper les emplacements suivants :
Les chasseurs à pied et les volontaires de la l""* division sur le prolongement de l'avenue de Neuilly, au delà du pont ; la tète de colonne à hauteur du Rond- Point de Gourbevoie , à gauche de la route , laissant la chaussée libre , sous les ordres du commandant Gajard ;
Les chasseurs à pied et les volontaires de la 2* division à la disposition du commancfant Gholleton, en arrière de ceux de la l""® division;
Les chasseurs à pied et les volontaires de la S" division, de l'autre côté de la chaussée, sous les ordres du commandant Neltner;
Le 15* de marche, sous le commandement du lieutenant-colonel Bonnet , sur l'avenue de Neuilly, entre les barricades qui coupent cette avenue, sur le côté droit;
Le 25® de marche (2 bataillons), lieutenant-colonel Du. puy de Podio, en face du 15" ;
A partir de la deuxième barricade, 2 compagnies de 60 hommes des francs-tireurs de Paris ;
Les éclaireurs de la garde nationale de la Seine, 150 hommes;
2 compagnies de GO hommes du 31* ])ataillou de la garde nationale do la Seine ;
2il
2 compagnies de 60 hommes du 6" bataillon de la garde mobile de la Seine ;
2 compagnies de 60 hommes du 7" bataillon de la garde mobile de la Seine ;
2 compagnies de 60 hommes du 1" bataillon de la garde mobile de la Seine;
2 compagnies de 60 hommes du 1" bataillon de la garde mobile de l'Aisne ;
2 compagnies de 60 hommes du 4" bataillon de la garde mobile d'IUe-et-Vilaine ;
Toutes ces troupes sous le commandement du général Martenot;
Trois batteries de 4, trois batteries de mitrailleuses, deux batteries de 12 , plus une batterie de 4 de 4 pièces et une batterie de 4 ta 6 pièces montée, en colonne sur la chaussée, à partir du Rond-Point de Courbevoie et descendant jusqu'au pont de Neuilly, sous les ordres du lieutenant-colonel Villiers.
Quatre escadrons de gendarmerie en arrière de l'infanterie.
Le 30 septembre, à 2 heures du matin, les chasseurs à pied et les volontaires de la 2' division, ainsi que la section du génie, se mettent en route sous la direction du commandant Gholleton. Cette colonne est munie d'outils et de pétards pour faire sauter les portes et les murs. Elle s'avance par Nanterre vers le château de Bois- Préau, où elle est rejointe à 4 heures par un détachement de sapeurs venu du Mont-Valérien, la compagnie de francs-tireurs du Mont-Valérien (capitaine L'iopis) et la compagnie d'éclaireurs de la Loire-Inférieure (capitaine de La Piochethulon).
A 3 heures et demie, les troupes qui ont fait mouvement le 29 à 7 heures du soir et celles qui occupent le
30 septembre.
Ueconnaissance
vers la Malmaison
242 DÉFENSE DE PAIUS.
Rond-Point (sauf l'artillerie de cette position) se mcUcnl en marche dans l'ordre suivant :
1° Le peloton des tirailleurs des Ternes ,
2° Les chasseurs à pied et les volontaires de la 1''' division ;
3° L'artillerie, les batteries de 4, les mitrailleuses, les batteries de 12;
4*" Le 15* de marche ;
5° Les chasseurs à pied et les volontaires de la 3* division ;
6° Un bataillon du 19* de marche;
7° Deux bataillons du 23° de marche ;
8° Les gardes nationaux sédentaires et les mobiles ;
9° Les quatre escadrons du régiment de gendarmerie à cheval ;
Les troupes de la 3° division, sous les ordres du général Paturel, celles de la 1" division avec le général de La Gharrière.
Le général en chef dirige en personne toutes ces forces, qui doivent servir de soutien à la colonne d'attaque.
Positions Après avoir contourné le Mont-Valérien, cette réserve
débouche sur le plateau dominant Rueil et Nanterre. Les tirailleurs des Ternes, les chasseurs à pied, les volontaires de la 1" division se déploient en tirailleurs sur les pentes qui descendent vers Rueil et le château de Bois-Préau; l'artillerie s'établit en avant du Moulindes-Gibets, avec 2 batteries près de la maison brûlée à gauche du plateau.
La brigade de La Gharrière est en arrière de l'artillerie, la droite vers le moulin.
Gopendant les troupes conduites par le commandant Ghollcton, continuent à se diriger sur le château do la Malmaison : tout à coup, au moment où elles arrivent
à 5 heures.
DEFENSE DE PARIS. 2i3
dans le chemin creux longeant le mur du parc, un coup de feu retentit; nos soldats saisis de panique, s'enfuient, jetant leurs pétards et leurs outils (1).
Prévenu de ce contre-temps, le général en chef arrête le mouvement de la brigade Paturel se portant vers la gauche et donne l'ordre au général Martenot et à la cavalerie de rester dans le chemin creux prés du Mont-Valérien : vers 8 heures, le général fait rentrer les troupes dans leurs campements.
Ce même jour 30 septembre, le général Vinoy exécutait une opération importante sur les villages de Thiais, Ghevilly, L'Hay. L'artillerie n'ayant pu agir efficacement, nos hommes marchèrent à découvert contre des murailles crénelées et garnies do défenseurs... Les pertes furent considérables, mais les soldats du 13* corps, incontes tablem.ent beaucoup plus aguerris que les jeunes troupes du 14®, avaient marché avec vigueur et entrain.
Cependant s'il n'y avait pas encore à compter sur les soldats du 14® corps en rase campagne, il est certain qu'ils avaient déjà fait quelques progrès sous le rapport de la discipline et de l'instruction. Dans les postes avancés ils faisaient assez bien leur service et l'on pouvait espérer qu'ils présenteraient une certaine résistance, une certaine solidité derrière nos lignes de défense, dans le cas où l'ennemi tenterait un coup do main. Du reste, les attaquQs de ce genre semblaient de moins en moins probables.
(1) Ce coup de l'eu avait étù tiré par un des nôtres, probablement sur un tronc d'arbre pris pour une sentinelle... L'ennemi n'a cru qu'à la présence d'une faible patrouille et, le lendemain matin, M. Pigny rapportait une partie des outils et sacs à poudre abandonnés sur le terrain. Nous citons ce fait pour démontrer combien il était encore difficile , à la date du 30 septembre, d'entreprendre quelque chose de sérieux avec des troupes aussi peu solides.
214 DEFKNSK DE PARIS.
Les courriers ne passaient plus. Les tentatives pour
avoir des nouvelles de province restaient infructueuses..,
chaque jour le cercle d'airain se fermait. . . Sur tous les
points de l'horizon, nous voyions l'ennemi pousser ses
travaux... il crénelait les murs, creusait des tranchées,
élevait des batteries...; il était bien évident qu'il voulait
nous cerner, nous emprisonner, ne songeant plus, après
nous avoir isolés de la France et du monde, qu'à nous
affamer.
Entrelien Le général Ducrot se rendit alors auprès du Gouvcr-
généraiVcrot uour, et out avoc lul uu long entrelien au sujet de la
le Gouverneur, défouse de la Capitale.
Il lui fit observer que, pendant ces premiers jours, nous avions pu redouter une attaque de vive force, mais que désormais elle n'était plus à craindre. La panique du premier moment passée, nos hommes étaient devenus plus solides, le rempart se trouvait en état, notre défense extérieure suffisamment organisée.
D'un autre côté, si les Prussiens avaient dû essayer un coup de force, ils l'auraient très-certainement tenté dès leur arrivée devant Paris. Sans doute, une pareille opération eût été bien risquée, elle les eût exposés à un échec qui aurait pu avoir des conséquences désastreuses pour le moral de leurs troupes, mais alors elle n'était pas absolument impossible ; aujourd'hui, au contraire, « elle n'offre plus aucune chance de succès... ■ « Du reste, il est bien évident, à voir le soin avec lequel « ils ferment tout le cercle d'investissement, l'ardeur avec « laquelle ils travaillent à fortifier leurs lignes, qu'ils « n'ont d'autre but que de réduire Paris par la fa- « mine, etc.
« Dans une telle situation, peut-être penserez-vous, « ajouta le général Ducrot, que ma présence au dehors « serait plus utile à la cause commune que dans l'iuto-
« rieur de Paris. . . Si tel est votre avis, rien n'est plus « facile que de me faire partir en ballon ...»
Le Gouverneur répondit au général Ducrot qu'incontestablement il pourrait être très-utile en province, tant pour l'organisation que pour la direction des troupes, mais qu'il était aussi fort nécessaire à Paris...; que si le général Trochu venait à manquer il ne voyait pas en quelles mains passerait le commandement de l'armée do Paris...; qu'il demandait donc à réfléchir sur cette grosse affaire.
Il n'appartenait pas au général Ducrot de revenir sur cette question délicate; il n'en parla plus au Gouverneur.
Quelques jours après, M. Gambetta sortait de Paris avec pleins pouvoirs pour réunir les attributions de ministre de la guerre à celles de ministre de l'intérieur.
Dès lors, le général Ducrot comprit qu'il n'y avait plus à compter sur les armées du dehors pour le salut de la France et de Paris, qu'il fallait tout préparer sur place et tenter, par un effort désespéré , de rompre le cercle de fer qui allait se resserrer chaque jour autour de la capitale, jusqu'au moment où une hideuse famine la livrerait pieds et poings liés à la merci d'un adversaire sans pitié.
Il se mit donc à étudier avec un soin infini les diverses •positions occupées par l'ennemi et à rechercher les points faibles sur lesquels un effort suprême aurait quelque chance de réussir.
Avant d'entrer dans l'étude de ces positions, nous allons raconter les opérations exécutées par le 13^ corps d'armée depuis le combat de Châtillon jusqu'au 30 septembre.
2i0 DEFENSE DE PARIS.