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quet; les deux brigades, à dislance de déploiement, sont formées en colonne serrée par division ; la première brigade (19", 20% général Bocher) tient la tête.
Au centre et à droite de la route, mais un peu en arrière des têtes de colonne d'infanterie, marche la cavalerie, suivie de l'artillerie : les colonnes de deux escadrons sont espacées de façon à livrer un passage facile aux batteries.
Le brouillard est si épais qu'on ne distingue rien devant soi; vers 6 heures 1/4, nos francs-tireurs se trouvent subitement à très-peu de distance des tirailleurs prussiens; quelques coups de feu sont échangés (1).
Les colonnes d'infanterie s'arrêtent, celle de droite à hauteur de la Pointe-de-Trivaux, celle de gauche à la tête du ravin de Plessis-Picquet, où elle peut se masquer aux vues de l'ennemi.
Vers 6 heures 1/2, le brouillard se dissipe.. . quelques groupes ennemis paraissent entre Petit-Bicêtre etVillacoublay; on voit également des tirailleurs allemands évacuer la petite maison du Pavé-Blanc et se replier sur la Tuilerie, située un peu en arrière et bordant la grande route de Versailles.
Immédiatement le général en chef donne l'ordre au Le -« bataillon commandant du T bataillon de la Seine, d'envoyer une cnièvfi'iàtniiune
(Jti ravi'-lUaiic.
compagnie de mobiles vers la Tuilerie et d'en déloger l'ennemi. La l'* compagnie (capitaine De Rivoire) se porte vivement dans cette dh^ection ; mais à cent mètres de la route, notre ligne de tirailleurs est arrêtée par une vive fusillade.
Le général en chef prescrit alors au commandant de Vernou-Bonneuil d'aller lui-même entraîner ses hommes
(1) Il avait été formé une compagnie de francs-tireurs par bataillon. Ces compagnies, composées d'officiers et de soldats choisis, jouaient le rôle d'éclaireurs en avant de leurs divisions.
et enlever la position, Électrisés par leur chef, les mobiles s'élancent sur la Tuilerie, pénètrent dans la cour de ce bâtiment, et chassent les Allemands qui se replient en désordre vers le bois de Verrières. Cùmhat Pendant ce temps, les 8 pièces des deux batteries du
d'artillerie. , , . / tt-h
groupe de droite (commandant villate) sont portées en avant, au delà de la Pointe-de-Trivaux ; elles ouvrent le l'eu sur le groupe de maisons appelé Petit-Bicêtre.
Aussitôt l'ennemi répond d'une batterie placée à gauche de ce hameau. Le général en chef appelle le deuxième groupe (commandant Warnesson) et lui prescrit de se porter à la droite du premier. Ces 20 pièces font converger leurs feux sur la batterie ennemie ; bientôt, réduite au silence, elle va se reformer dans le ravin qui descend vers Bièvre. . . elle a trois pièces mises hors de service, son commandant et une dizaine d'hommes sont grièvement blessés, une douzaine de chevaux tués, plusieurs blessés (1).
L'artillerie ennemie disparue, nos batteries prennent peur objectifs les maisons de Petit-Bicêtre et les troupes d'infanterie établies aux abords du village ; cette canonnade prépare l'attaque de la division d'Hugues qui doit enlever Pelit-Bicètre, pendant que le 7* bataillon de la Seine gardera la Tuilerie.
Vers 7 heures environ, une nouvelle batterie ennemie venant de Mont-Glain prend position à gauche do Petit-Bicétre; puis une deuxième paraît (c'est la première engagée que son lieutenant, après l'avoir complétée en hommes et en chevaux, ramène au combat); entin une troisième (batterie bavaroise venant de Bièvre) entre en ligne.
(1) Voir Oprrationa du 5" co»'/)s prtisaien dans /.-» guerre contre h France, par Slinjor von lloyilckaiiipf, capitaine à l'ilal-ninjor «In r>'' rorp^. traduit par lliimhcl, ci|iitain<^ (rtHal-niojor.
Presque toutes nos autres batteries (deux exceptées, faute de place), traversant les intervalles de la cavalerie, s'établissent à la gauche des précédentes jusqu'à la grande route de Versailles ; nous avons ainsi une ligne de plus de 50 bouches à feu, allant de cette route au delà de la Pointe-de-Trivaux, qui couvre de projectiles tout le terrain entre Petit-Bicêtre et Villacoublay.
Pendant ce temps, le 19" régiment, de la division Le ^" bataïuon
. du 19e s'avance
d'Hugues, s'est porté en avant; mais un peu au delà de la sur Peut-Bicétre. Tuilerie, son 1" bataillon s'arrête devant la violente fusillade partant de toute la lisière du bois de Verrières. Voyant cette hésitation, le général en chef fait battre la charge, et prescrit à nouveau de marcher contre Pelit- Bicétre. Après avoir assuré ces dispositions au centre et à gauche, il se porte vers la colonne de droite et ordonne au général de Caussade de faire enlever la Garenne de Villacoublay par un bataillon.
Le 1" bataillon du 17" régiment formant tête de co- Lepi-iwiaiiiun
. , ,. 1 ' 1 • du n'de iiiar(jlie
lonne, se porte immédiatement en avant et se déploie s-avanco contre
.,„•=! garenne
pour aborder la Garenne ; il engage bientôt le feu avec do viiiacoubiay. les tirailleurs ennemis postés à la lisière du bois et poursuit sa marche.
A ce moment même des cris affreux se font entendre sur la droite; ce sont les zouaves, qui, non loin de la ferme de Trivaux, ont été effrayés par quelques obus tombés à proximité et s'enfuient en poussant de véritables hurlements (1).
Le général Ducrot arrive au galop, se jette au mi- Débandade
des zuuavea
(1) C'élail précisément l'instant où les zouaves, dont la marche avait élé retardée, étaient occupés à recevoir leur complément de cartouches.
La plupart de ces hommes étaient, à l'exception de quelques échappés do Sedan, dus engagés volontaires à qui l'on venait do donner le panlalun et la chachia crurancc.
lieu dos fuyards, les interpelle, les menace; les officiers de son état-major courent après ces hommes entassés comme un troupeau de moutons.,.. On leur barre la route, on les ramène, on les reforme et le général les lance dans la direction de la ferme de Dame-Rose ; mais ces malheureux ont à peine fait une centaine de pas, qu'cà la vue de nouveaux obus, dont un blesse cinq d'entre eux, ils s'enfuient à toutes jambes à travers bois ; affolés, perdus, ils descendent à toute vitesse les pentes qui conduisent à la Seine; la plupart rentrent à Paris, où, dés huit heures du matin, ils jettent la terreur en criant partout qu'on les a trahis. Un certain nombre de ces zouaves, trois cents environ, anciens soldats pour la plupart, sont ralliés par leurs officiers vers la grille de Meudon et, grâce à l'énergie du commandant Lévy, ils s'établissent dans la redoute en construction (1). Un autre groupe rassemblé par le capitaine Jacquot et quelques autres officiers prend position dans le bois de Clamart entre ce village et Fleury.
Opérations Pendant que ce triste incident se produit du côté des
de la d vision
decaussadc. zouaves,la divisiou de Gaussade gagne du terrain entre Villacoublay et Dame-Rose.
Le 18^ de marche, se déployant à droite du IT, va appuyer sa droite au bois de Meudon; le 16* reste en réserve derrière la ferme de Trivaux.
(1) Le commandant Lévy fut aidé dans sa résistance au châloau de Meudon par quelques oflicicrs de zouaves, ainsi que par M. Henri de l'Espée, officier auxiliaire du génie ; ingénieur distingue, M. de l'Espéo avait offert ses services au Gouvernement, qui le chargea de construire la redoute de laCapsulcric. Commencé le 15 août, cet ouvrage était presque achevé, quand, le 10 septembre, M. de l'Espée reçut du Gouverneur l'ordre de l'abandonner. Il ramena tout son matériel intact et vint à Meudon, prêter au commandant du génie Lévy le concours de son énergie.
En mars 1871, M. de l'Espée, préfet à Saint-Etienne, fut assassiné, victime de son devoir et de son dévouement à la cause de l'ordre.
Combat de Chàiillon (ic) i^r^ 1870)
Fosilion.y du 74 ''""' Corps J"ra nçais \
s CL 7. '^ dii matin, Fns liions des pnussie ns )
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iI)ameTlose
' r •? dé Verrn^rèsX
Mais ces régiments de nouvelle formation sont vivement impressionnés par la fuite des zouaves et par la retraite du 1"' bataillon du 17^ de marche qui, après s'être avancé jusqu'à la lisière du bois de la Garenne, s'est replié précipitamment devant les renforts ennemis.
Déjà troublés, les soldats de la division de Caussade deviennent plus hésitants lorsqu'ils voient l'ennemi chercher à déborder leur droite. En effet, les tirailleurs du régiment des grenadiers du Roi et du bataillon des chasseurs n° 5 s'avançant en une multitude d'essaims, occupent bientôt tout le terrain découvert qui s'étend de Dame -Rose au bois de la Garenne; deux batteries établies à l'angle de ce bois soutiennent le mouvement tournant. Quelques hommes , bien embusqués dans des fossés , font cependant subir à ces batteries des pertes sensibles...; l'une d'elles même voit tomber tous ses officiers (1), mais le tir des pièces n'en est ni moins vif, ni moins bien dirigé..., et leurs obus portent la terreur dans les rangs de nos jeunes troupes.... L'infanterie ennemie profite de ce désordre pour pousser en avant , elle arrive jusqu'au bois de Dame-Rose, nos tirailleurs reculent , se jettent sur la ligne de bataille qui faiblit, se rompt sur différents points..., la confusion est extrême ... Le général en chef accourt au milieu de cette troupe effarée. . . ; il la contient, la reforme, l'encourage et parvient à rétablir un peu d'ordre...; mais, dès lors, toute action offensive devient impossible ; le général Ducrot, voyant l'ennemi gagner du terrain et menacer de tourner notre droite, se décide à la retraite.
Il envoie l'ordre aux généraux d'Hugues et de
(1) Voir Opcrations du d" corps prussien, par Stieler von Heydekampf. capilaiiic à l'élal-majoi' du 5*= corps (page 163).
32 DEFENSK DE PARIS.
Gaussade de rallier les emplacements quilles le matin. Combat dartii- Pendant (jue ces événements se passaient à la droite, sur lo piute.m. rai'lillcrie continuait au centre une lutte vigoureuse; à la gauche la lullo était également très-vive.
Toutes nos batteries, formant un vaste arc de cercle depuis la ferme dite Pointe-de-Trivaux jusqu'à la grande route de Versailles , éteignent un instant le feu de l'artillerie prussienne, mais elles ont bientôl à combattre 'de nouvelles batteries établies depuis Petit-Bicétre jusqu'à Yillacoublay, et de nombreux tirailleurs ennemis qui leur font éprouver des pertes sérieuses.
Les deux batteries à cheval du commandant Villato, installées les premières , sont les plus maltraitées ; en peu de temps la batterie Bocquenet est réduite à sept servants pour les quatre pièces, le capitaine a ses deux chevaux tués; le capitaine Bécler, de la deuxième batterie, a également un cheval tué : l'entrain de nos braves artilleurs n'en est pas ralenti et la lutte se poursuit avec acharnement.
La cavalerie , restée en position pour soutenir noire artillerie, continue à tenir ferme sous les batteries des Prussiens.
Au centre le combat se poursuivait donc avec avantage, lorsque le général en chef vint lui-même donner au général Boissonnet , commandant l'artillerie du 14° corps, l'ordre de se retirer par échelons. Lo 19' de marche A la gaucho , lo 19° régiment est aux prises. Pendant pet!i-Bicêue. que les 2° et 3' bataillons restent en réserve à hauteur du Pavé-Blanc , le l""" bataillon ( commandant Collio), dépasse la Tuilerie, qu'occupaient toujours les mobiles et continue sa marche avec les francs -tireurs delà division, en appuyant à gauche pour laisser libre la grande route enlilèe par notre artillerie. Arrivé près des bouquets de bois qui précèdent la route de Malabry, lo
commandant Collio déploie en tirailleurs ses deux premières compagnies (capitaines Parseval et Durand) ; de nombreux groupes ennemis paraissant à quatre ou cinq cents mètres, sur toute la lisière du bois et sur la route n° 186 , le commandant Collio suspend le mouvement en avant et demande du renfort au commandant INIontels, chef d'état-major de la 2Mivision, venu pour se rendre compte de la situation.
Bientôt les 2' et 3^ bataillons du 19' rejoignent le 1"; alors l'ennemi fait avancer ses batteries, quelques volées de mitraille jettent promptement le désordre au milieu de nos tirailleurs, particulièrement dans le 3* bataillon. Cependant, grâce aux efforts énergiques des officiers, la majeure partie des deux premiers bataillons revient en avant ; quelques compagnies même, obliquant à gauche, cherchent à déborder la droite prussienne. La 3* compagnie du l^'" bataillon (capitaine Barret), la plus engagée, arrive à 300 mètres de Petit-Bicétre, à 100 mètres au plus des tirailleurs ennemis; elle fait des pertes nombreuses ; mais, maintenue par l'énergie de son chef, elle soutient la lutte, lutte bien inégale, car elle a affaire à plusieurs compagnies prussiennes du régiment n° 47. Le commandant Collio la faisait renforcer lorsqu'on vint le prévenir qu'il était tourné par sa gauche ; obligé de battre en retraite précipitamment , il ne put venir en aide à la compagnie Barret, qui fut faite tout entière prisonnière, après avoir eu presque tous ses hommes blessés.
Les autres compagnies qui ont prononcé un mouvement sur la gauche, s'arrêtent devant la fusillade terrible qui part des bois ; cependant un certain nombre d'hommes parviennent à franchir la route de Malabry et pénètrent dans les taillis ; là ils luttent vigoureusement avec les fusiliers du régiment prussien n" 47 , mais l'arrivée d'un bataillon de chasseurs bavarois les force
34 DEFENSE DE l'A 1118.
à faire demi-Lour; exposés à découvert au feu violent parlant de toute la lisière, j)resque tous sont tués ou blessés.
L'ennemi se sentant en force, sort du bois et poursuit notre gauche; notre l*"" bataillon suit le mouvement de retraite.
Le commandant Gollio, déjà blessé au commencement de l'action, dirigeait encore ses troupes, lorsqu'une deuxième balle vint le mettre hors de combat ; quelques hommes seulement se trouvaient alors auprès de lui, le reste du régiment était déjà loin; il était 7 heures et demie environ.
A ce moment parvenait l'ordre du général en chef prescrivant à la division d'Hugues de reprendre sa position de la veille près Ghàtillon.
Cette lutte d'une heure avait coûté au 19^ de marche 11 officiers et 241 hommes tués ou blessés.
Le lieutenant-colonel de Colasseau , commandant le régiment, avait été frappé à mort; nous avions également à déplorer la perte du brave Fauveau, capitaine adjudant-major du i" bataillon, tué sur la ligne même des tirailleurs, au milieu de la compagnie Barret. Dispositions de Lc vaillaut général Renault , qui , resté près du Pavé- Blanc pendant tout l'engagement- d'artillerie , avait contribué par son calme à maintenir la cavalerie, fait protéger la retraite du 19" par des tirailleurs, et de sa personne il marche en arrière de la division d'Hugues jusqu'à la redoute de Ghàtillon.
D'après l'ordre du général en chef, les 1" et 2' divisions doivent réoccuper les positions tenues pendant la journée du 17 :
La division (.rilugucs en arrière du Télégraphe et dans la direction de Fontenay-aux-Roses ; ia division de Gaussadc dans le village de Clainart. Ges deux geneiaux
retiaile.
XTl.
Fmp BecaueL. Pins p v
DÉFEN^ DE PARIS. 35
protégeront ainsi la droite et la gauche de la redoute de Ghàtillon, qui va devenir l'objectif de l'ennemi.
Pour soutenir dans ce mouvement rétrograde nos jeunes troupes quelque peu ébranlées, le capitaine de Néverlée porte l'ordre aux bataillons établis à Plessis- Picquet de s'y maintenir le plus longtemps possible ; ils ne doivent se replier en passant j)ar le ravin du Télégraphe que lorsque toutes les troupes engagées sur le plateau les auront dépassés.
Pendant que la. division d'Hugues et le 7" bataillon do mobiles delà Seine suivent, pour se retirer, la grande plaine entre la route de Ghàtillon et les pentes de Plessis-Picquet, la division de Gaussade effectue son mouvement par les bois de Clamart , plusieurs bataillons cheminant sur la lisière du bois.
Au centre l'artillerie, contenant l'ennemi, protège les Retraite de rar-
' ' r » tillerie
deux divisions d'infanterie. Elle exécute sa retraite en i'*'' '* <iroHe. échelons par la droite, les batteries restées en avant continuant le feu. L'artillerie prend ainsi quatre positions successives ; le mouvement se fait au pas, avec tout le calme possible , sans perte de matériel ; les batteries sont soutenues par les escadrons s'arrétant en même temps qu'elles pour faire face à l'ennemi ; nos cavaliers font, en général, bonne contenance malgré la pluie d'obus qui tombe autour d'eux; un certain trouble se produit un instant dans le régiment de gendarmerie, mais il est promptement réprimé.
Gette opération, dirigée par le généra": en chef, se fait avec assez d'ordre pour en imposer à l'infanterie allemande , qui ne se laisse voir qu'à la lisière des bois.
Un seul instant l'ennemi* se montre audacieux : nos batteries de droite, arrêtées par le large fossé courant de la ferme de Trivaux à la route de Plessis-Picquet, sont obligées de passer, les unes après les autres, sur
80 DKFENSE DE l'AHlS.
un seul endroil comble par les débris d'un petit pont. Ce véritable passage de défilé gène, arrête le mouvement de relrailc... une certaine confusion se produit.., L'infanterie prussienne prolile de cet instant critique, elle sort des taillis et semble menacer nos pièces. . . mais, le général en chef la fait charger, et elle retourne précrpitamment sous bois, l'osition de Qos mouvemonts alternatifs de retraite durèrent prés
l'ennemi
vcis 10 heures. cVuno heuro et dcmie ; l'artillerie ennemie seule nous in([uiéta sérieusement, mais en se tenant toujours à trèsgrande portée. Au début de la retraite, notre artillerie avait eu à lutter contre sept batteries ennemies (T^ division montée de la If division et 3 batteries bavaroises) placées entre Petit-Bicétre et la Garenne.
Au moment où nos troupes arrivaient vers Ghàtillon, les batteries allemandes avaient été renforcées par trois autres, et avant 10 heures, une ligne de 10 batteries allait du Pavé-Blanc jusqu'au bois de Trivaux.
Presque tout le 5'' corps prussien se trouvait alors sur le plateau derrière Villacoublay et du côté do Bièvre, Petit-Bicétre et Trivaux. Le régiment de grenadiers du Roi, le bataillon de chasseurs n" o et le 2" bataillon du régiment n" 47, arrivés ci travers bois, étaient parvenus jusqu'au bas de l'avenue de Meudon, près du parc de Ghalais, où ils tirent' prisonniers quelques zouaves débandés.
De plus, une division bavaroise occupait le terrain entre Petit-Bicétre et le moulin Plessis-Picquel; le reste du 2" corps bavarois arrivait à Sceaux.
Le général Aiusi qu'il a été dit plus haut, le général en chef
Duc roi prend ses . * ' •c
disi.osiiions ;,vait reuoucé à toute offensive, mais il olail bien décide
puur détendre '
de'chaulîon. '' continuer la lutte et à disputer pied a pied in redoute de Ghàtillon ainsi que les j)ositions voisines.
xm.
Coiiil)at de Chàtillon
J)e/ènse de la Kedoide et de ses abords dans l' après muii .
J? / f fiestant des batteries
ft« • i' 1'°^ Jiociptenct iBeelev
^ ,' \ *• Batterie Fi'onn' ni
-'TelepT-aphe
du,. 26^
En somme, ses pertes éLaient peu considérables, si Ton excepte les 2 à 3,000 fuyards de Dame-Roiee.
Dans la division d'Hugues, un seul régiment, le 19* de marche, avait sérieusement souffert.
La division de Gaussade, un peu ébranlée, se reformait et allait reprendre courage à la vue des ouvrages de Gliàtillon.
Le 15" régiment de marche résistait vigoureusement à Plessis-Picquet.
La cavalerie ne pouvait plus être utilisée sur le ter- cavalerie. rain où nous allions avoir à combattre ; elle pouvait même devenir gênante ; le général en chef ordonna donc au général de Bernis de la faire rentrer dans Paris.
Deux escadrons seulement restèrent en position près Je la redoute, jusqu'au moment où l'infanterie fut établie derrière les défenses du plateau.
Arrivé vers 10 heures à la redoute de Ghàtillon, le général Ducrot prescrivit toutes les dispositions nécessaires pour assurer la résistance.
Huit pièces étaient dans l'ouvrage ; on y ajouta trois Artillerie mitrailleuses, sous les ordres du capitaine de Grandchamp. Les deux batteries du groupe Gavalier, 17" du 14" régiment (capitaine Bajau), et 17" du 15" régiment (capitaine Froment), furent immédiatement placées derrière les épaulements de droite pour surveiller les débouchés des bois de Meudon et Glamart. A ces batteries vinrent se joindre les quelques pièces qu'on put réorganiser dans les deux batteries à cheval, 13" du 18" régiment (capitaine Bocquenet) et 13" du 19" régiment (capitaine Bécler), si éprouvées pendant le combat sur le plateau.
La batterie do 4 Lapâque (17* du 19") fut établie derrière un petit énaulement grossièrement ébauché sur le
m DÉFENSE DE PARIS.
glacis, en avant de l'angle d'épaule de droite de la redoute.
Ces 24 pièces étant suffisantes pour assurer la sécurité de ce côté, le général Boissonnet porta tout le reste de son artillerie vers la gauche sur l'éperon du Télégraphe, véritable clef de la position. ; De Là, on dominait admirablement toute la vallée de Sceaux et l'on pouvait battre avantageusement les versants et les plis de terrain, à la faveur desquels l'ennemi s'avançait pour tourner notre gauche, entre Sceaux et Fontenay-aux-Roses.
Les petits épaulements commencés, la veille, sur le bord de cet éperon, avaient été consolidés autant que possible et même quelques plates-formes volantes y avaient été préparées. Bien que ces petits ouvrages n'eussent pas une forte consistance, leur insuffisance était grandement compensée par la position dominante qui contraignait l'ennemi à un tir défavorable de bas en haut.
Voici quelle fut, de la gauche à la droite, la disposition de nos batteries sur l'éperon du Télégraphe :
2 batteries à balles (Ladvocat et Perrault), sous la surveillance momentanée du commandant Viguier (moins 2 pièces dégradées), soit 10 pièces
1 batterie de 12 (de Ghalain) . ^
1 — 4 (Dassonvillo) . > soit . . 18 — *
1 — 12 (Déthorey). .)
surveillées momentanément par le commandant Warnesson ;
1 balterie de 12 C P'^''"' seulement,
/T V < les 2 autres dans
(Lesage) i
^ la redoute . . , . 4 —
Total 32 pièceji
Toutes ces batteries furent placées sous la direction du lieutenant -colonel Villiers, commandant la réserve d'artillerie du 14" corps d'armée.
L'infanterie était disposée de la manière suivante : mfanteri'
Dans la redoute, le 2® bataillon du 26" de marche (commandant Méda) , une compagnie des mobiles d'Illeet-Vilaine, et une cinquantaine d'hommes du 22" de marche.
Sur la droite, dans les tranchées, et servant de soutien aux batteries dominant Glamart, le 1"" bataillon du 26" de marche (commandant Neltner), et une cinquantaine d'hommes du 17® de marche, avec le capitaine Fayet. Une compagnie du 1" bataillon du 26", la compagnie du capitaine Bontemps , avait été chargée d'occuper le cimetière, bordant la route de Versailles, à 200 mètres en avant de la redoute. Sur la gauche, dans les tranchées construites sur les pentes au-dessous du Télégraphe, le 3" bataillon du 26" de marche (capitaine Coignet) ; ce bataillon devait protéger les batteries du Télégraphe contre les tentatives des tirailleurs ennemis venant de Sceaux et des pentes de Robinson ; il se reliait au 15" de marche solidement retranché dans Plessis- Picquet et dans les parcs qui dominent ce village.
La division d'Hugues, vivement impressionnée par les obus qui, venant des environs de Trivaux et des abords de Sceaux, se croisaient sur l'extrémité du plateau, s'était précipitée en désordre sur les pentes de Chàtillon et de Bagneux ; cependant le général Paturel, commandant la 2" brigade de cette division, avait, grâce à son énergie, réussi à maintenir presque tout le 21" de marche, ainsi qu'une fraction du 22^; ces deux régiments étaient placés à l'abri des projectiles , dans un pli de terrain qui va du Télégraphe à Fontenay-aux- Roses,
Plus en arrière, la division de Maussion se trouvail à Bagneux, ayant toujours un bataillon chargé de la défense de Fontenay-aux- Roses ; ses deux batteries divisionnaires (commandant de Miribel) occupaient les épaulements construits à l'éperon de Bagneux , et devaient, grâce à leur admirable position, croiser avantageusement leur feu avec celui des batteries du Télégraphe.
Sur la droite, la division de Gaussade , après avoir repris ses sacs sur le plateau, et descendu, débandée en partie, les pentes de Clamart, allait se reformer, maintenant qu'elle était à l'abri des projectiles ; elle devait occuper le village de Clamart, en se reliant à Ghàtillon, et couvrir ainsi notre droite.
Plus en arrière, en troisième ligne, venaient les forts d'Issy, de Vanves, de Montrouge, qui, en cas d'échec, empêcheraient l'ennemi de tenir sur les pentes du plateau et de nous poursuivre.
Grâce à toutes ces dispositions, le général en chef
comptait pouvoir facilement résister et se maintenir sur
lexlrémité du plateau de Ghàtillon , qu'il considérait
comme une position de premier ordre.
I.C-. hanches de Dès que la retraite eût été effectuée, le feu fut ouvert
ikciifiiiiiunet par les 8 pièces de ri de la redoute; din^e avec calme,
du Tclc'graphe ^ ^ ' o
engagini lo leu à uuo distauco d'euvirou 2,000 mètres, ce feu contribua
avec les halte-
•■'"^ Jlubiio!;""^" beaucoup à retarder la formation cl l'approche des lignes cTïes' ilaiiei-ies pi'ussicnnes sur lo plutcau ; il maintint ;i distance l'artiliiistàTir-L-i^aux lene ennemie, qui, vers midi, croyant avoir affaire à dos
Cil VI rons
de s.eaux. piècos de gros calibre, cessa de tirer.
En même temps notre artillerie du Télégraphe enprageait l'action contre les "batteries prussiennes établies sur les hauteurs de Sceaux; elle en eut facilement raison et les força à se reculer hors de la portée de nos mitrailleuses...
Mais des renforts ne cessaient d'arriver aux Allemands : le 2* corps bavarois prononçait de plus en plus son mouvement, bientôt nous pûmes voir de nouvelles batteries s'installer sur tous les coteaux, depuis Bourgla-Reine jusque au-dessus de Plessis-Picquet. Notre position se trouvait ainsi enveloppée, sur une immense étendue, par des feux convergents.
Vu la forme du terrain, ces feux produisirent peu d'effet : au delà de nos épaulements , le plateau se terminant par des pentes très-raides, tous les coups courts y pénétraient sans ricocher, les coups longs tombaient entre le Télégraphe et la redoute , mais il n'y avait personne en cet endroit ; nos batteries eurent peu à souffrir, même quand le tir de l'ennemi fut parfaitement réglé, car les coups les plus justes, ceux qui rasaient la crête des épaulements, venant de bas en haut, allaient éclater à quelque distance en arrière.
Pendant cet engagement d'artillerie , le général en chef, pour parer à tous les incidents qui pourraient se produire, dictait à son chef d'état major, le général Appert, l'ordre suivant :
ORDRE
€ Dans le cas où nous serions obligés d'évacuer la position do Chàtillon, la retraite se ferait avec autant d'ordre que possiljle; en se couvrant par des masses de tirailleurs défendant les maisons et tous les obstacles pied à pied.
« La 1" division irait se placer en arrière du fort d'issy; la 2'', en arrière du fort de Vaiives ; la 3'', en arrière du fort dn Montrougc; les réserves d'artillerie, dans l'intervalle entre les forts de Vanves et de Moutrouge.
« Après l'évacuation complète de la redoute de Chàtillon, >.i l'on était forcé de rentrer dans Paris, la l" division rentrerait par le village d'issy et les portes qui y donnent accès ; lu 2* di-
vision 3t l'artillerie de réserve, par la porte de Chàtilloii et celle du chemin de fer; la 3" division, par la porle de Montrouge. iCe mouvement ne s'exécutera que sur un ordre précis du général en chef.)
« Au quartier général de ChAtillon, le 19 septembre ISIO.
a Par ordre :
« Le Général, chef d'étal-major général, « Signé : Appert. »
Le général Tout en étant bien décidé à se maintenir énergique-
de Caussailo i • , . • i i i /-n -n
a abandonné la ment suF ces demieres positions du plateau de Chatillon,
liosition.
le général Ducrot devait nécessairement prévoir le cas de la retraite. Il ne la croyait pas probable, mais il devait admettre cependant que nous pourrions être obligés de nous replier derrière les forts, peut-être mérne derrière les remparts; en conséquence, il était indispensable de prescrire ce que chacun aurait à faire, le cas échéant ; — toutefois le général en chef entendait bien assumer entièrement la responsabilité d'une si grave détermination et se réserver le droit absolu d'en ordonner l'exécution.
Aussi son étonnement fut grand, lorsque ayant envoyé un officier d'élat-major porter des instructions au général de Caussade, qui devait se trouver à Clamart, il lui fut rendu compte que le village était entièrement évacué.
Le général Ducrot se refuse tout d'abord à croire à un pareil fait; il lui est impossible d'admettre que la 1" division a, sans aucun ordre, abandonné son poste (i). Pensant que le général de Caussade , pour une raison quelconque, a pu être forcé de se porter en arrière, il ren-
(1) Dans renquûlo qui eut lieu plus tard, le général de Caussade dit au général Ducrot que, vers il heures, ayant vu la route couverte do fuyards, et n'entcmlant plus le canon, il avait été convaincu que tout était fini, que tout notre monde avait été délogé du plateau; cniignuut iTOtre enveloppé, il s'était décidé à rentrer dans Paris.