‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 2)Chapitre 8 sur 93 · T5:'c;?:r^^?:;'^TS5;^Ki?ss · texte numérisé non relu

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voie un autre officier d'ordonnance dans la direction d'Issy .

Cet officier cherche en vain îa division de Caussade à Glamart, à Issy, à la Californie ; il n'en voit aucune trace.

Le général Renault a non moins vainement tenté d'avoir des nouvelles de sa première division ; il n'y a plus à en douter, le général de Caussade est rentré dans Paris.

Notre aile droite n'était donc plus en ligne ; de ce côté, nous n'avions plus d'autre appui que quelques centaines de zouaves maintenus par le commandant Lévy et le capitaine Jacquot vers Meudon et Fleury, encore le général en chef l'ignorait-il.

Quant à la division d'Hugues, qui devait occuper Fontenay-aux-Roses et le haut de Chàtillon , très-impressionnée par la canonnade très-vive dirigée sur ces deux villages, elle s'était en partie repliée dans la direction du fort de Montrouge. Mais, sous l'énergique impulsion du brave et digne général d'Hugues, qui se mit à la tète de ses jeunes troupes , elle fut promptement reformée entre Chàtillon et Fontenay-aux-Roses.

Malheureusement notre extrême gauche se trouva complètement dégarnie par suite d'un regrettable malentendu.

Avant que le général Ducrot n'eut dicté les ordres ordre de retraite

indûment

relatifs aux mouvements que chacun pourrait avoir à donné a la

'■ "■ division

exécuter ultérieurement, mouvements qui ne devaient '^^ Maussion. commencer que sur un nouvel ordre formel et précis, le général Appert, chef d'état-major général, ayant cru devoir faire rétrograder la division de Maussion, du village de Bagneux vers le fort de Montrouge, avait envoyé le capitaine Fayet porter des instructions dans ce sens au général de Maussion. Puis, lorsque l'ordre relatant la décision du général Ducrot fut dicte et transcrit, le général chef d'état-major négligea de rappeler

Abandon

le capitaine Fayet, de manière à annuler la communication de l'ordre antérieur dont il était porteur.

Au reçu des instructions verbales de cet officier, le L';énéral de Maussion ne put cacher son étonnement et son désappointement ; il hésita à obéir, il se demanda s'il ne devait pas attendre un ordre écrit. Mais, après avoir entendu les observations de ses officiers, disant qu'un ordre verbal porté par un officier d'état-major connu, équivaut, d'après le règlement, à un ordre écrit, le général de Maussion se décida, bien qu'à regret, à aban- ^'^ ('i df"^ donner Bagneux et les hauteurs de Bourg-Ia-Reine. Bourg-ia-Keine. Lgg batteries divisionnaires du commandant de Miribel, établies à l'éperon de Bagneux, reçurent l'ordre de se retirer en même temps et quittèrent ainsi une admirable position où elles auraient pu rendre de si grands services pendant le reste de la journée.

Notre extrême gauche se trouvait par ce fait complètement découverte.

Dès que le général Ducrot fut informé du mouvement en arrière de cette division, il prescrivit au général d'Hugues de faire réoccuper Fontenay-aux-Roses pour empêcher un mouvement tournant de ce côté.

Immédiatement, le 3^ bataillon du 21* de marche se dirige vers ce village; le 2" bataillon du même régiment reste sur les pentes du Télégraphe, face aux coteaux de Sceaux, et le 1" bataillon borde le plateau depuis le Télégraphe jusqu'à la redoute. Il était une heure environ. r.'^i-tancc Pendant ce temps, le lieutenant-colonel Bonnet, com-

.1 mandant le 15* de marche, se conformant aux ordres cki

gênerai en chef, continuait à se maintenir dans Plessis- Picquet.

Ce régiment (1), envoyé la veille sur cette position, atin

(1 Le 15o do iiinrolio îivail clû ronforcé U'uno compagnie de oha^jours

de couvrir le flanc gauche de la reconnaissance exécutée sur le plateau de Ghàtillon, s'était fortifié dans le village et dans le moulin Plessis . Ce dernier point avait été occupé par les chasseurs à pied et une section du 15* de marche.

A 600 métrés environ en arrière, se trouvent le grand parc Hachette et un vaste enclos, dont les murs forment un front qui couvre le village ; une rue descendant dans Plessis-Picquet sépare le parc et l'enclos.

Le 'P"" bataillon (commandant Angamarre) fut placé déployé dans l'enclos, occupant la partie du front regardant Petit-Bicétre, ainsi que celle qui fait face au moulin. L'intervalle entre le clos et le parc fut fermé par une forte barricade.

Le 2^ bataillon (commandant Lourdes-Laplace) occupait la face Sud du grand parc, jusqu'à l'angle au-dessus d'Aulnay.

Le 3^ bataillon (commandant Gravis) formait réserve et gardait la porte et les brèches du parc.

Chaque bataillon s'était retranché, avait pratiqué des créneaux dans les murs et établi des appuis pour avoir un second étage de feux à la crête ; les rues tournées vers Petit-Bicétre étaient barricadées.

Toutes ces dispositions s'achevèrent dans la soirée du 18.

Le lendemain, dès 6 heures du matin, des tirailleurs allemands se présentent pour tâter les défenses de ce côté; après une fusillade de quelques inslants, ils se retirent.

A 8 heures l'ennemi renouvelle sa tentative avec des forces plus nombreuses; ses tirailleurs sont soutenus par

à pied (capitaine Batlisti), et d'une autre tcctiun do chasseurs (lieutenant iuuH/.).

quelques pièces d'artillerie qui rendent intenable le moulin Plessis , et notre avant-posle retraite vers les retranchements de Plcssis-Picquet.

Pendant toute la matinée le combat se continue, mais sans grands efforts de part et d'autre, l'ennemi placé à la lisière du bois de Verrières et sur les bords du plateau, échange seulement quelques coups de feu avec les défenseurs du village.

Vers 1 heure, les Allemands sortent des taillis en grand nombre et s'avancent à découvert sur le plateau. Écrasés par la mousqueterie qui part de tous les murs du parc et de l'enclos, il5 sont obligés de se replier précipitamment en abandonnant leurs morts et leurs blessés. Mais peu de temps après apparaît sur la lisière

du bois une batterie qui ouvre son feu sur Plessis •

L'ennemi veut trouer et renverser les murs avant de tenter un nouvel assaut.

La situation du lieutenant-colonel Bonnet était critique ; nos troupes avaient évacué la plus grande partie du plateau ; cet officier pouvait être enveloppé avec son réaiment.

Il envoya donc un officier à cheval, M. Tarigo, demander les instructions du général Ducrot, qui lui prescrivit de se retirer immédiatement par la route de Fontenay-aux-Roses.

Sur l'ordre du colonel, chaque bataillon abandonna la position en diminuant successivement son feu. Protégée par les chasseurs à pied et les ïrancs- tireurs, qui maintinrent constamment à distance les tirailleurs ennemis, cette retraite s'opéra dans un ordre parfait.

Il était près de 3 heures quand le régiment arriva à hauteur de Cliàtillon, derrière la redoute.

Toute celte opération, très-bien conduite, fait honneur au 15" de marche et à son digne chef, le lieule-

Châlillon.

nant-colonel Bonnet; grâce à l'énergique résistance de ce régiment, notre gauche, malgré le départ de la division de Maussion., resta couverte pendant une grande partie de la journée, et toutes les tentatives de l'ennemi pour nous tourner de ce côté furent sans résultat.

Le 15^ de marche et les chasseurs à pied eurent, dans cette affaire, 3 officiers et 38 hommes hors de combat.

Vers 1 heure la lutte recommence sur le plateau; combat tr.s-vif l'ennemi redouble d'efforts, il fait entrer en ligne de sur lô plateau de nouvelles batteries face à la redoute; son infanterie, si prudente jusqu'alors , s'avance dans la plaine à gauche de la route de Versailles; de nombreux tirailleurs sortent également des bois de droite , et poussent jusqu'à 1 kilomètre de nous. Mais nos mitrailleuses et un feu roulant de mousqueterie ont facilement raison de cette tentative. Reconnaissant son impuissance, l'infanterie se défile et semble renoncer à tout mouvement offensif; bientôt même l'artillerie ennemie cesse son feu ; pour la seconde fois elle est réduite au silence (1).

Notre artillerie du Télégraphe, vu sa position dominante , luttait également avec avantage contre les batteries bavaroises dont le nombre allait toujours croissant; néanmoins, nos mitrailleuses obligèrent successivement toutes ces batteries à prendre des positions plus en arrière, et vers 2 heures, toute l'artillerie ennemie s'éloigna jusqu'à la portée extrême de ses pièces.

Nous n'avions donc, pour le moment, rien à redouter sur noire front; mais complètement découverts à droite par la défection de la première division, nous pouvions

(1) L'auteur de l'ouvrage : Opéralions du 5^ corps prussien, dit que «. l'artillerie allemande cessa le feu parce qu'elle no pouvait lutter avec (/<\'î piliccs de place bien abritées. » Il n'y avait pas de pièces de place, mais seulement dans la redoute, huit pièces de 12 de campagne et des mitrailleuses..

craindre que l'ennemi, cheminant sous bois par Meudon, Fleury et Glamart, ne vint occuper Chtàlillon et couper nos communications avec Paris.

Vers midi le général Ducrot avait envoyé une dépêche au Gouverneur, lui faisant part de la situation et de ses inquiétudes (1).

A midi 40 minutes, le général Schmitz, chef d'étatmajor du Gouverneur, répondait :

« Gouverneur est parti vous rejoindre; je pense « comme vous que l'ennemi sera bientôt sur les hauteurs « de Meudon, et je vous conjure de vous inspirer de « votre propre valeur pour ne pas vous laisser cerner « et nous priver de votre concours qui peut nous être « encore si utile: je fais appel à tous vos sentiments de « prudence. »

Il est facile de voir que l'abandon des hauteurs de la rive gauche était chose décidée, arrêtée, non-seulement dans l'esprit du Gouverneur, mais encore dans celui de son entourage.

Il suftit pour cela de rapprocher la dépêche du général Schmitz de la lettre du Gouverneur datée du 18 au soir, dans laquelle il était dit :

« Ou nous nous entêterons à garder la position que

(1) Déjà, vers 10 heures, le général Ducrot envoyait le commandant Bibefeco rendre compte au Gouverneur de ce qui se passait.

Le commandant Bibesco, aide de camp du général Trochu, avait reçu la mission de suivre les opérations de la journée; il avait, pendant tout le combat, accompajïné le général en chef; il était revenu avec lui dans la redoute de Châtillon, et c'est après avoir pris toutes ses dispositions de défense que le général Ducrot l'avait dépêché auprès du Gouverneur, pour lui dépeindre la situation.

Le Ministre do la guerre, préoccupé de ce (pii se passait sur le plateau, avait envoyé auprès du général Ducol l'un de ses ofllcicrs d'ordonnance, ^I. Du Lau, lieutenant de mobiles; cet ofUcier était arrive à la redoute de (.'.hâtillon vers 11 heures; il avait accompagné le général en chef jusqu'il l'éperoii du Télégraphe, et il avait pu constater que partout nos artilleurs faisaient bonne contenance cl iullalenl vlLToureu^emcnt.

« VOUS tenez , alors je devrais penser à assurer votre « droite et j'aurais l'obligation de faire passer le reste « du 13'' corps à Meudon et Montretout; nous aurions « alors près de 60,000 hommes en ligne de Bagneux à ( Montretout, et tous nos œufs seraient dans le même « panier. . . »

Au lieu de ces mesures énergiques que commandaient les circonstances et qu'il importait de prendre, si l'on voulait réellement disputer à l'ennemi les hauteurs de Châtillon, Meudon, etc., le chef d'état-major dans sa dépèche disait : « Je vous conjure de ne pas vous laisser « cerner; je fais appel à tous vos sentiments de prudence.»

Néanmoins le aénéral Ducrot ne Deut se résoudre à Le générai

'*-' ^ Ducrot

abandonner entièrement ces hauteurs, clefs de Versailles prend ses disp et de Paris. Plutôt que de laisser à l'ennemi la redoute ^""tTfendrr' de Châtillon, il songe à s'y enfermer avec quelques cen- ^^chSimi.'''^ taines d'iiommes et à tenir jusqu'à la dernière extrémité.

Mandant le sous-intendant, il lui ordonne de prendre ses dispositions pour approvisionner l'ouvrage : déjà on s'apprêtait à transporter 50 à 60,000 rations réunies dans les premières maisons de Châtillon, quand le général se préoccupa de la question de l'eau.

Sur le terrain environnant, on ne trouvait ni ruisseau, ni source; dans la redoute, il n'y avait pas une goutte d'eau. Plusieurs hommes s'étaient déjà plaints de la soif. . . elle commençait à se faire sentir pour tous.

Afin de parer à ce grand inconvénient qui, se prolongeant, pouvait devenir un péril, le général envoie son chef du génie, le colonel Coi-bin, pour reconnaître si, dans le haut de Châtillon, il n'y aurait pas des fontaines, des puits, des réservoirs, quelques moyens, enfin, de faire boire les hommes et les chevaux. Au bout d'une heure, le colonel revint en disant qu'il n'existait rien absolument ; que, par suite d'un accident dont il ignorait

la cause (1) , les conduites d'eau ne fonclionnaient plu?, que lous les réservoirs étaient à sec, et qu'il ne voyait aucun moyen d'approvisionner la redoute.

Ceci constituait une situation fort grave. Il est bien évident que si l'ennemi parvenait , en tournant notre droite, à occuper le village de Cliàtillon et à nous bloquer dans la redoute, nous ne pourrions nous y maintenir plus de vingt-quatre ou quarante-huit heures.

Gomme se présentait celte difficulté, le général commandant l'artillerie rendait compte au général en chef que les munitions pour les pièces de 12 étaient à pou près épuisées. Depuis plusieurs heures on en avait demandé, mais on n'avait reçu aucun avis de leur envoi. Malgré tout, le général Ducrot résolut d'attendre encore, car le Gouverneur, annoncé par la dépêche de midi 40 minutes, pouvait arriver d'un moment à l'autre.

Rien ne pressait, du reste : toutes les tentatives faites par l'infanterie ennemie jusqu'à 7 à 800 mètres de la redoute avaient été repoussées par l'artillerie et la mousqueterie.

Notre position était excellente. . . Le cimetière, placé à 200 mètres environ de la redoute, servait de véritable ouvrage de contre-approche. La compagnie du capitaine Bontemps, qui l'occupait, fusillait de la face gauche les Bavarois quand ils tentaient de prendre pied sur le plateau au-dessus de. Plessis-Picquet, et de la lace perpendiculaire à la route, cette même compagnie tenait le.s Prussiens en respect dans la direction de Villacoublay

(1) Le village de Châtillon est alimenté par la pompe ù fou do Choi&y. le-Roi. Le 18 septembre, l'ennemi arrivant, M. le Directeur do la Compagnie générale des eaux avait donné l'ordre au personnel de l'usine do Clioisy de se retirer, après avoir démonté une pièce do la machine, alin qu'ello ne pût être utilisée par l'ennemi. (Voir aux pièces jusliflcalivos, n' IX.)

Le combat avait presque cessé : il n'y avait plus qu'une canonnade à grande distance, et une fusillade partant d'une haie située à 1,000 mètres delà redoute, lorsqu'un incident vint jeter le trouble dans la défense. Au moment où les Bavarois cherchaient à se maintenir sur le plateau, le général Paturel ordonna à doux compagnies du 1" bataillon du 21^ établi un peu en retour vers la droite, entre la redoute et la batterie du Télégraphe, d'ouvrir le feu contre leurs têtes de colonne. Le feu se propagea instinctivement dans le reste du bataillon ; quelques balles sifflèrent aux oreilles des défenseurs de l'ouvrage; cette fusillade, venant presque d'arrière, les impressionna vivement.

Le général en chef donna immédiatement l'ordre de cesser le feu... les mitrailleuses, seules, continuèrent à tirer.

Mais ce fait, apparemment sans importance, fit une

mauvaise impression sur nos jeunes soldats Il leur

ôta une partie du calme et de la résolution qu'ils avaient montrés jusque-là. Sur le champ de bataille, il ne faut souvent qu'un léger incident , pour enlever la confiance aux troupes...

Enfin, vers 3 heures 1/4, ne voyant pas arriver le Le généra Gouverneur, et ne pouvant conserver aucune illusion sur Jonnne rordre

. , p • , . . 1 T^ de la retraite.

1 envoi de rentorts, le gênerai Ducrot se décide à abandonner la position.

Ordre est envoyé aux batteries du Télégraphe, ainsi ({u'aux batteries dominant Glamart, de se retirer vers Montrouge.

Toutes les troupes établies derrière la redoute et sur les pentes de Ghàtillon devront suivre la même direction.

Vers i heures, l'évacuation de la redoute s'effectue avec le plus grand calme.

Conformément aux ordres regus, les seconds caissons

et tous les impedimenta commencent le mouvement ; les voies, un peu débarrassées de ce matériel, les troupes à droite et à gauche de l'ouvrage battent en retraite par échelons ; elles doivent se reformer en bataille entre les forts d'Issy, de Vanves et de Alontrouge.

Resté dans la redoute avec le 2* bataillon du 26* de marche, la 4" compagnie du 4^ bataillon des mobiles d'Ille-et-Vilaine et quelques sapeurs du génie, le général Ducrot fait exécuter, pendant tout le temps que durent ces diverses opérations, un feu très-vif de mousqueteric et d'artillerie.

Pas un canon ne serait tombé aux mains de l'ennemi sans une déplorable erreur de quelques conducteurs d'artillerie : les avant-trains des pièces de 12 qui étaient dans la redoute avaient été placés dans le haut du village de Ghàtillon, faute de place dans l'ouvrage ; les hommes qui les conduisaient, voyant défiler, vers quatre heures, les seconds caissons et le gros matériel d'artillerie, crurent devoir suivre le mouvement. Quand, au dernier instant, on voulut faire avancer les avant-trains, on ne les trouva plus ; ils étaient retournés à leur ancien campement entre le fort de Vanves et le fort de Montrouge. Les faire revenir sur leurs pas, gravir le plateau au milieu des troupes en mouvement, eût été sinon tout à fait impossible , du moins fort long. Il fallait se hâter , de crainte d'être enlevé, car les troupes qui devaient protéger les flancs delà redoute étaient déjà loin. Dans l'ouvrage, il ne restait plus qu'une poignée d'hommes cherchant, il est vrai, par un feu très-vif, à dissimuler leur petit nombre ; mais il ne fallait pas espérer tromper longtemps l'ennemi, qui, d'un moment à l'autre, pouvait arriver en force et prendre d'un seul coup de lilet les derniers défenseurs.

Les mitrailleuses sont enlevées par les avant- trains

restés derrière la redoute avec les chevaux de timon, grâce à la prévoyance du capitaine de Grandchamp ; quant aux canons de 12, privés de tout moyen d'attelage, le général les fait enclouer par le capitaine du génie de Saint-Vincent, et surveille pièce par pièce cette opération.

Eniin, ordre est donné au S'' bataillon du 26* et à la compagnie des mobiles de quitter la redoute; le général en chef sort le dernier. Pas un coup de canon, pas un coup de fusil n'est tiré sur cette petite arrière-garde qui, vers cinq heures, se trouve à hauteur du fort de Vanves.

Le général Ducrot, après avoir établi ses dernières troupes, entra dans ce fort ; il voulait donner un coup d'œil à l'armement et juger de la situation.

(Jl'est dans le fort de Vanves qu'il reçut, des mains du népêche

, . . -i , I /-i du Gouveincur

commandant, un télégramme du Gouverneur : au commandau

° ^ du fort

4 heures 40 miaules.

« Gouverneur do Paris au Commandant fort de Vanvos.

« Avez-vous des nouvelles de la personne du général Ducrot?»

On le voit , l'isolement du général Ducrot sur le plateau de Châtillon avait été si complet, qu'on ignorait même ce qu'il était devenu. On craignait qu'il n'eût été tué ou enlevé dans la bagarre; en un mot, personne dans Paris ne savait au juste ce qui se passait sur le lieu du combat, parce que depuis onze heures du matin personne n'y était venu voir.

Le Gouverneur s'était mis en route; mais à la porte de Paris il avait rencontré la division de Caussade qui rentrait tranquillement, disant qu'on ne se battait plus, que toutes les troupes revenaient. Le général Trochu s'était alors borné à faire l'inspection des remparts pour y préparer la défense.

b\ DEFENSE DE PARIS.

Le général Ducrot télégraphia immédialemcnt au Gnnvcrneur j)Our rendre compte de la situation, et demander des instructions.

Ordre ayant été donné de faire entrer le 14* corps dans Paris, ce mouvement fut exécuté vers huit heures du soir.

Résumé Tel est le combat de Chàtillon, qui, à vrai dire, ne

de la journée. '

fut qu'une longue et vigoureuse canonnade, pendant laquelle nos batteries improvisées luttèrent énergiqucment et avec un certain avantage contre les batteries allemandes supérieures par le nombre, par le personne aguerri, par les engins perfectionnés.

De notre côté, nous eûmes 76 bouches à feu engagées, 68 sur le plateau, 8 dans la redoute; elles lirèren 11,000 coups de 1 heures du malin à 4 heures du soir.

Les Allemands comptaient 60 pièces .sur le plateau, de la ferme de Tri vaux au ravin de Plessis-Picquet, 30 entre Bourg-la-Reine et Sceaux.

Comme dans la plupart des canonnades, les pertes furent peu considérables de part et d'autre, mais sauf l'incident des zouaves qui se produisit au début de l'action, nos jeunes soldats tirent généralement bonne contenance sous une pluie de projectiles.

Quelques fractions sérieusement engagées, notamment le 15% le 19* d'infanterie et le 7* bataillon des mobiles de la Seine, firent preuve d'une solidité vraiment remarquable et tout à fait inattendue de la part de jeunes gens qui, la plupart, n'avaient jamais tiré un coup de fusil.

La journée du 19 septembre nous coûta : 4 officiers tués, 18 blessés, 1 disparu ; 95 hommes tués, 541 blessés et fol disparus. Total, 730 officiers ou soldats hors de combat.

Les Prussiens avaient eu de leur côté : 6 officiers tués, 15 blessés; 83 hommes tués et 302 blessés.

Total, 405 officiers ou soldats hors de combat.

Les ambulances divisionnaires du 14" corps étaient bien incomplètes; cependant elles suffirent pour assurer !e service du champ de bataille.

Les blessés furent transportés jusqu'à la fortification ; service

des ambulances

jà, à chacune des portes du Sud, se trouvaient cincruante pendant

^ '■la journée du 19

infirmiers munis de brancards et commandés par un septembre. officier d'administration des hôpitaux. Ces infirmiers recevaient les blessés et installaient temporairement les plus grièvement atteints dans des maisons de la rue militaire disposées en ambulance.

A chaque porte il y avait un sous-intendant chargé de diriger sur telle ou telle ambulance les voitures de blessés et les brancardiers.

On espérait, de cette façon, éviter le désordre; mais on avait compté sans le zèle trop ardent de la population et des personnes qui avaient fondé des ambulances privées.

Beaucoup allèrent, avec des voitures, ramasser des blessés jusque sur le champ de bataille , et les conduisirent dans l'intérieur de Paris. Les militaires, soignés les uns dans les ambulances privées, les autres chez des particuliers, échappèrent la plupart au contrôle et à la surveillance militaire. '

Pour éviter qu'une pareille confusion ne se reproduisît à l'avenir, ordre fut donné aux postes des portes de la ville de ne laisser passer les jours de combat que les voilures-ambulances de la Presse, celles de la Société de secours et les directeurs d'ambulances pourvus de caries spéciales (1).

(1) Voir le chapitre : Service hospitalier.

DKFENSE dp: PARIS.

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