OPÉRATIONS DE LA TREMIÈRE DIVISION DU 13' COUPS
(DIVISION d'KxEa)
(Uu 1<^'' au 21 ucloLre).
Le général d'Exea était chargé de défendre tout U
front compris entre Maisons-Alfort et Rosny. Il avait sous ses ordres sa division (l'" du 13'' corps), le groupe des mobiles du lieutenant-colonel Reille, ainsi qu'un certain nombre de bataillons de mobiles envoyés successivement de Paris pour se former au service des avant-postes.
Au commencement d'octobre, les troupes étaient en- camonnemenu
•If- p • occupés^
core sous la tente, mais le froid se faisant sentir, on les par la division cantonna dans les villacres situés aux abords des posi- dans lo couraa
^ ^ d octobre.
lions occupées.
La 1" brigade (Mattat), spécialement chargée de défendre l'intervalle entre la Seine et Gréteil, eut ses deux régiments cantonnés, le 5^ dans les baraques du camp de Saint-Maur, sur le plateau de Vincennes, le 6'' à Gharenton et Saint-Maurice ; un bataillon de mobiles à Maisons-Alfort.
La 2° brigade (Daudel), établie à Fontenay-sous-Bois et Nogent ainsi que dans une partie des baraques du camp de Saint-Maur, fournissait un bataillon de garde à Saint-Maur. Joinville-le-Pont était occupé par un bataillon de mobiles du Loiret ; les deux autres bataillons de ce département campaient derrière la Faisanderie.
Le plateau de Tilmont était défendu par le groupe de mobiles du lieutenant-colonel Pieille (régiment du Tarn, et 2° bataillon de la Drôme).
Ces mobiles, chargés de garder l'intervalle entre le fort de Rosny et la redoute de Fontenay, étaient cantonnés à Montreuil et Bagnolet.
En dehors du service d'avant-postes, des travaux de services fournis
, , , p . . , . par la
tranchée, toutes ces troupes lournissaient des reconnais- division d'Exea. sances journalières au delà do leurs positions ; elles continuaient et complétaient leur instruction par des marches, des exercices, des tirs à la cible.
Des dctacliomenls du 5" ou du G" do marche allaient alternativement chaque nuit reconnaître les abords de Maisons-Allbrt, concurremment avec les mobiles cantonnés dans ce village. Il s'avançaient jusqu'à la ferme de Notre-Dame-des-Mcches, jusqu'à Créleil; parfois mémo ils pénétraient dans ce dernier village, que l'ennemi n'occupait pas constamment.
16 octobre. Qq \'illac:e de Créteil renfermait de grandes quantités
Fourrage au sec '-' -u i
ii> viure de ^^ paille et de foin ; le 16 octobre au matin, une pacréteii. trouille ayant constaté l'absence de l'ennemi, le général d'Exea résolut de faire entrer dans nos lignes cet approvisionnement. Un certain nombre de voitures du train escortées par quelques compagnies de la brigade Mattat, s'avancèrent jusqu'au village, enlevèrent rapidement tout le fourrage et rentrèrent sans avoir été sérieusement inquiétées. Commencée vers midi, terminée à cinq heures du soir, cette opération , lestement conduite, ne nous coûta qu'un sergent blessé.
organisation La prcsqu'ilo de Saiut-Maur était sous les ordres du
du service clans ,/-, i ^ p t -i ^^^ ^ n^ ^
la presqu'île commaudaut de Gonchv , chei de bataillon du 7^ de
de Saint-Maur. "
marche.
En dehors de son bataillon cantonné à Saint-Maur, M. de Conchy avait à sa disposition un bataillon du Loiret établi à Joinville, et la compagnie des carabiniers parisiens postée à Port-Créteil ; cette compagnie était spécialement chargée d'empêcher l'ennemi de tenter un passage de la Marne aux abords de l'ancien pont do Créteil, où les gués sont nombreux, La garnison de Saint-Maur poussait ses avant-postes jusqu'à l'extrémité du petit parc où était la redoute dite de Saint-Maur; ces avant-postes se reliaient à ceux de Port-Créteil, de manière à fermer complètement l'isthme.
Chaque nuit des patrouilles faisaient, de deux heures en deux heures, le tour de la presqu'île et fouillaient
les bords de la Marne ; dans le jour, des postes .étaient installés sur des petites éminences, dans des maisons, d'où l'on découvrait au loin. Ces reconnaissances, ces postes d'observation furent dévolus à la compagnie des francs-tireurs du bataillon (20^), du 7® de marche; le lieutenant Zaccone qui la commandait, accomplit cette mission difficile avec autant de zèle que d'intelligence.
Les carabiniers parisiens chargés de garder la partie de la Marne depuis Port-Créteil jusqu'à la Varenne-Saint- Maur et d'empêcher l'ennemi de tenter un passage aux abords de l'ancien pont de Gréteil où les îles boisées, les gués nombreux pouvaient rendre l'opération facile, montrèrent un dévoûment non moins actif que les francstireurs de la ligne du 7*" de marche.
Bien que les Allemands n'aient pas essayé de s'emparer de cette position s' avançant comme un bastion dans leur ligne d'investissement, ils la surveillèrent constamment et avec la plus grande attention.
Toute la rive gauche de la Marne, depuis Champigny jusqu'à Gréteil, était garnie de postes prussiens ; on en voyait dans la maison crénelée à Champigny, au pont de Champigny, au moulin de Champigny, dans l'île d'Amour sous Chennevières, sur la pente de Chennevières, au pont de la Varenne-Saint-Hilaire, sur la pente d'Ormesson, au moulin de Bonneuil, au moulin d'Amontsous-Créteil ; enfin, sur les bords de la rivière même, une foule de sentinelles, embusquées derrière des arbres, cachées dans des trous, observaient sans cesse les routes, les chemins, les sentiers : les moindres mouvements, les moindres indices pouvant annoncer quelques préparatifs de marche ou d'action étaient signalés immédiatement. — Entouré, gardé à vue, le commandant de Conchy déploya dans ce service d'observation défensive la plus grande habileté, la plus vive énergie.
Depuis le commencement d'octobre, l'ennemi avait évacué, dans la presqu'île do Ghampigny, la Ibnne de Poulangis; ses postes les plus avancés étaient le Tremblay et la maison de la Fourche do Cliampig-ny ; la nuit seulement ses patrouilles venaient jusqu'à la Marne.
Nos postes de Nogent, de Saint-Maur, garnis d'artillerie et croisant leurs feux sur toute cette presqu'île, empêchaient les Allemands de s'y établir en force, mais toute cette grande plaine de Poulangis, abondante en légumes, en ressources de toute nature, n'en était pas moins perdue pour nous.
lUabiissemcnt Le géut^ral d'Exea résolut d'y prendre pied, et fit do chJva'iets coustruire un pont de chevalets en amont du pont de
en amont . i t • -n t > • • - - •
cUipuiudopieiro pierre de Joinville. L opération, exécutée par la comparu JoinviUc. -^ 1 . r r
gnie du génie delà l'indivision (capitaine Granade), fut terminée en une nuit.
Le passage établi, on construisit, sur la rive gauche de la Marne, une petite tête de pont, forme redan, capable de contenir une centaine d'hommes. Par ce débouché, nos reconnaissances purent s'avancer jusqu'à une certaine distance delà rivière; dès lors, les patrouilles ennemies cessèrent de venir dans la ferme de Poulangis et à Villa-Palissy ; bientôt même une de nos compagnies d'infanterie s'installa dans ce petit hameau, et, dès le miois d'octobre, nos corvées de légumes poussèrent jusqu'aux abords de Poulangis; cependant les Allemands conservèrent toujours, comme poste avancé, la maison de la Fourche de Champigny, d'où ils commandaient les deux grandes routes de Bry, de Ghampigny et observaient le débouché du pont.
Au delà de Nogent, nos avant-postes furent poussés jusqu'à la ligne du chemin de fer de Mulhouse, et nos reconnaissances sillonnèrent journellement les rues du Perreux. Dès les premiers jours d'octobre, les patrouilles
hnv.Becavei, Paris, p v.
ennemies cessèrent leurs incursions dans ce village, et au carrefour de Plaisance ; elles ne s'aventurèrent même plus sur la rive droite de la Marne entre Nogent et le pont de Bry. C'est de ce côté que commencèrent les exploits du brave sergent Hoff :
Le 24 septembre, le sergent Hoff, du 2" bataillon du 7" de marche, compagnie des francs-tireurs, tue de sa main la sentinelle prussienne du pont de Bry;
Le 5 octobre, embusqué avec une quinzaine d'hommes, il laisse arriver presque à bout portant une troupe d'infanterie et de cavalerie... fusiliers et cavaliers, surpris par un feu à brûle pourpoint, s'enfuient laissant leurs morts et leurs blessés;
Le 13 octobre, monté avec 4 hommes sur le toit d'une maison voisine de la Marne, il tue ou blesse plusieurs cavaliers ennemis.
Laissé libre de ses mouvements, chaque nuit le sergent Hoff, accompagné de quelques soldats, était dehors... Toujours posté dans des endroits différents, il ne cessa de tenter des coups de main hardis qui le rendirent bientôt célèbre dans les rangs mêmes de l'armée allemande.
Bien que d'un effectif assez restreint, les mobiles du neconnaissances
. exécutées
lieutenant-colonel Reille poussaient chaque jour des par les mobiles reconnaissances aux abords du plateau de Tilmont où lieuten'-coion
■•• r.eiUe.
ils étaient établis; quelquefois même, exécutant des reconnaissances offensives, ils s'avançaient jusqu'à Neuillysous-Bois, Neuilly-sur-Marne et le plateau d'Avron.
Le 4 octobre, l'une de ces reconnaissances rencontre un détachement saxon au delà du rond-point de Plaisance, près du bois de la Raffinerie ; le peloton de spahis formant tète de colonne charge aussitôt : rompu, dispersé, l'ennemi se retire précipitamment sur Neuilly-sur-ALarne.
Le 12 octobre, les mobiles font une reconnaissance sur le plateau d'Avron, afin de s'assurer si les Prus-
siens n'y ont pas clabli do batterie. Pendant que deux compagnies du 1" bataillon du Tarn, éclairées par les spahis, occupent le village de Ncuilly-sous-Bois, le commandant de Foucaud, à la télé de trois autres compagnies, soutenues par un peloton de chasseurs à cheval, fouille tout le plateau et échange quelques coups de feu avec les petits postes ennemis, qui se replient rapidement. Entièrement maîtres du plateau, nous pouvons constater que les Allemands n'ont fait aucun travail de batterie.
Le 18 octobre, une nouvelle reconnaissance, dirigée par le lieutenant-colonel Reille, est poussée sur toute la ligne de Villemonble à Neuilly-sur-Marne.
Au nord du plateau d'Avron, et formant la gauche, marche le bataillon de la Drôme (commandant Balète), avec trois compagnies de la Gôte-d'Or (commandant Diipuy) en réserve. Celte colonne s'avance dans Villemonble sans apercevoir l'ennemi; au delà de ce village, à Launay, la compagnie d'avant-garde (capitaine de Blottefières), rencontre un poste prussien qui, tout en se repliant, commence la fusillade ; nos hommes répondent, mais de part et d'autre on ne s'engage pas à fond.
Au centre, le commandant Faure, avec un bataillon du Tarn éclairé par un peloton de spahis, marche sur le plateau d'Avron et les pentes sud. Le poste ennemi qui était à l'extrémité du plaleau, se relire à la hâte sans résister.
A droite, un autre bataillon du Tarn (commandant de Faramond), explore la vallée de lalMarne; il s'avance jusqu'aux premières maisons de Neuilly-sur-Marne sans rien rencontrer.
Cette reconnaissance, qui nous permet de constater la position des postes prussiens sur un front assez étendu, ne nous coûte que quelques blessés.
Le 21 octobre, pendant que le général Ducrot exécute son opération sur Rueil et la Malmaison, le général d'Exea , d'après l'ordre du Gouverneur, fait des démonstrations en avant de tout son front. Les troupes se metten-t en marche à deux heures de l'après-midi.
A droite, le général Mattat, avec deux bataillons du 6^ de marche et un escadron de dragons, doit menacer Créteil et le carrefour Pompadour; au centre, le colonel Galland, du 5Me marche, avec deux bataillons de son régiment et un bataillon du 7", s'avancera vers le Plant et Champigny; à gauche, le général Daudel, avec tout le 8^ de marche, a l'ordre d'exécuter une reconnaissance sur les bords de la Marne, au delà du rond-point de Plaisance.
Le général Mattat pénètre dans Créteil'; ses éclaireurs échangent des coups de feu avec les grand'gardes de Mesly et du Montmesly. Sur la route de Gex, une fusillade très-vive s'engage avec le poste de la maison du garde et les troupes établies derrière les remblais du chemin de fer. Cette action, qui ne dure qu'un instant, nous coûte un officier : le sous-lieutenant de dragons Philoche, tué d'une balle au front.
Le feu ayant cessé, l'ennemi ne sortant pas de ses positions, nos bataillons rentrent à cinq heures dans leurs cantonnements.
A gauche, le 8^ de marche, venant de Fontenay-sous- Bois, suit la route de Strasbourg. Le rond-point de Plaisance dépassé, il se déploie en bataille, face à Neuilly- 50us-Bois, en avant du chemin de fer de INIulhouse ; ses lieux bataillons sont en première ligne, le 3" en réserve. Le 8' de marche s'avance dans cet ordre, précédé par ses francs-tireurs, qui fouillent tout le village de Neuillysous-Bois et poussent jusqu'à peu do distance de Neuillysur-Marne ; là seulement l'ennemi est aperçu : il ne sort pas de ses positions , et à la tombée de la nuit , ce
21 oclobrc.
Démonstrations
exécutées
par la division
d'Exea.
Démonstration vers Créteil.
Démonstration
vers
le rond-point da
Plaisance.
358 di.-:fense de paris.
régiment rciilro dans ses canlonnomcnLs de Fonlenay. Au contre, dans la presqu'île de Gliampigny, ralTaire est plus sérieuse.
Démonstration Le colonel Galland a sous ses ordres trois bataillons
versChanipigny.
d'inianlerie (deux du 5" de marche et un du 7" de marche), }»lus une cinquantaine de volontaires de la garde nationale et une section de carabiniers parisiens : les canons de Nogent, de la Faisanderie, de Gravelle et de Saint-Maur doivent le soutenir.
Après avoir passé la Marne sur le petit pont de chevalets, nos troupes se portent rapidement en avant ; le poste prussien de la Fourche de Champigny, celui du Tremblay, se replient devant nos francs-tireurs de la ligne, qui continuent leur marche d'un côté vers le Plant, de l'autre vers Champigny. De nouveaux groupes ennemis s'étant présentés sur la lisière des bois du Plant et l'Huillier, une fusillade très-vive s'engage ; nos bataillons, déployés en tirailleurs sur deux lignes, couvrent toute la presqu'ile depuis le Tremblay jusqu'à la Marne, en face du parc de Saint-Maur. La première ligne s'avançant par bonds successifs, gagne du terrain... un certain nombre de soldats, entraînés par le lieutenant de Pontevès-Sabran, officier d'ordonnance du général d'Exea, arrivent jusqu'aux premières maisons de Champigny : mais de tous les murs crénelés part un feu roulant qui les arrête, nos tirailleurs se replient un peu précipitamment ; le lieutenant de Sabran, à cheval au milieu d'eux, parvient cependant à les arrêter, à les contenir et les reforme ta peu de distance du village.
Au centre, entre les deux routes de Bry et de Champigny, la lutte est aussi des plus vives ; de nombreux arbres, des constructions, des bouquets de bois, des haies, des taillis facilitent et favorisent l'action de nos tirailleurs.
Mais les renforts ennemis ne cessent d'arriver par le
DÉFENSE DE PARIS. 3ô9
Plant, le Four-à-Chaux, Champigny; les nombreux projectiles envoyés sur ces différents points par le fort de Nogent et la batterie établie à ce village produisent, comme toutes les canonnades à grande distance, peu (j'effet. — Le général d'Exea, voyant l'ennemi toujours gagner en avant, fait amener deux sections de mitrailleuses à la redoute de Saint-Maur et une section à Nogent (i). De ces deux positions, qui enfdent la plaine de Poulangis, nos artilleurs prennent do flanc et d'écharpe les colonnes prussiennes ; tirant à 1,800 et 2,000 mètres, les mitrailleuses produisent un effet foudroyant, et en quelques minutes tous les groupes ennemis qui serraient de près les nôtres sont renversés ou dispersés.
Ainsi protégés, nous nous replions par échelons lentement et avec calme. . . A 5 heures nos bataillons des 5' et 7' régiments repassent la Marne.
Cette petite opération, où nos jeunes soldats s'étaient fort bien montrés, nous avait coûté 3 officiers, un docteur blessés, 3 hommes tués, 6 disparus, 23 blessés, parmi lesquels 5 gardes nationaux.
TROISIEiVLE PARTIE
Du le"" au 21 octobre.
Pendant que le 13° corps cherchait à contenir l'ennemi sur le front sud et sud-est, le 14° corps, établi sur le front ouest, gagnait chaque jour du terrain.
(1) La iDallcrio de mitrailleuses élnit attelée et prûtc à marcher, dans la cour de la ferme, derrière la Faisanderie.
3G0 DEFENSE DE PAllIS.
Nos trois divisions étaient échelonnées sur la rive droite de la Seine depuis Saint-Ouen jusqu'à Billancourt; en avant du fleuve, nous avions les tètes des ponts de Ncuilly et d'Asnièrcs, nous occupions Gourbevoie, le ]\ond-Point, Puteaux, reliés avec le Mont-Valérien ; et nos avant-postes allaient jusqu'à Suresnes et Nanterre . . .
Les derniers jours du mois de septembre furent employés à organiser la défense sur toutes nos positions depuis Saint-Ouen jusqu'au Point-du-Jour. . . Mais au commencement d'octobre, quand il fut bien établi que les Prussiens ne songeaient qu'à nous investir, il fallut penser exclusivement à rendre nos troupes capables de combattre en rase campagne sans trop de désavantage.
Tous les régiments du 14" corps, constitués d'éléments très-divers, de cadres incomplets, imparfaits, avaient à peine quelques notions du métier. . . Le mois d'octobre en partie fut consacré à les instruire : exercices, tirs à la cible, travaux de sape, marches, reconnaissances, petites opérations de guerre, employèrent tous les instants des officiers et des soldats. . . « Il était intéressant, dit « un officier allemand du V® corps , d'observer les « exercices et les petites guerres que l'ennemi faisait « exécuter à ses jeunes troupes pour les former. . . Cela « se pratiquait en grand et en petit, souvent même dans « la ligne des avant-postes. .. »
Chaque jour nos reconnaissances de cavalerie parcouraient les abords de nos positions, et poussaient assez loin dans la plaine de Gennevilliers. Les corvées de pommes de terre, toujours protégées par des compagnies d'infanterie, étaient l'occasion de reconnaissances, de découvertes; souvent ces fractions s'avançaient au delà du Mont-Valérien, dans la plaine de Nanterre, jusqu'au bord de la Seine.
Pendant que nous consolidions nos positions, que nous instruisions nos hommes, l'ennemi continuait avec actir vite ses travaux qui, chaque jour, prenaient un développement plus considérable.
Comme il semblait se forlifier d'une manière particulière dans le parc de Saint-Cloud, le Gouverneur fit donner l'ordre de canonner tout le terrain entre Montretout et Bas-Meudon.
Le 5 Gclobre, la canonnade fut surtout très-vive; le feu était soutenu par le Mont-Valéricn, la batterie flottante du pont de Suresnes, la batterie de marine, les batteries de 12 du Rond-Point de Mortemart, les batteries flottantes de l'ile Seguin, les bastions du 6*" secteur, les batteries du parc Rothschild. De plus, deux batteries de 12 de la réserve du 14^ corps vinrent 'prendre diverses positions dans le bois de Boulogne, sur les bords de la Seine, et combinèrent leurs feux avec ceux des batteries fixes.
L'ennemi essuya cette violente canonnade sans y répondre, mais il dut momentanément abandonner tous ses travaux.
Le G octobre, le général en chef conduit dans la presqu'île de Gennevilliers une forte reconnaissance de cavalerie, accompagnée d'artillerie (4 pièces de 4 et 2 mitrailleuses). L'ennemi est signalé en aval de Bezons, aux abords du pont du chemin de fer de Rouen; deux canons et deux mitrailleuses sont immédiatement rais en batterie à 1,400 mètres, à hauteur du chemin de Ter de Saint-Germain ; après une douzaine de coups tirés, les groupes allemands disparaissent et le général fait cesser le feu.
Le lendemain, le général Ducrot fait une reconnaissance offensive vers la Malmaison , afin de savoir si le parc est solidement occupé.
Canounudo
de Saint- cl oud.
(5 octobre.;
Ueconnaissanco
vers UezonSi
(0 octobre.)
cconnaissance
vers
la Mal maison.
(7 octobre.)
3G2 DEFENSI-: \)K PAIUS.
La colonne, composée criiit'aiilcrie, crarLillcrie et de cavalerie, se met en marche à une heure de l'aprcsniidi, dans l'ordre suivant :
200 hommes des francs-tireurs de Paris, commandant Thierrard,
200 hommes du 7" j^ataillon de mobiles de la Seine,
200 hommes du A" bataillon d'Ille-et-Vilaine,
200 hommes du bataillon de l'Aisne.
Ces 800 hommes, sous les ordres du général Martenot, prennent la roatc du JMont-Valérien et se dirigent vers le Moulin-des-Gibets, qui domine Rueilet Nanterre. Avec ceUe colonne marchent une batterie de 12 de la réserve, une batterie de 4 et une batterie de mitrailleuses de la 2" division du 14* corps ; les francs-tireurs volontaires de la 1''° et de la 2* division suivent l'artillerie.
Quatre escadrons de cavalerie (deux de gendarmes et deux de dragons), sous le commandement du colonel Bonaparte, ainsi que la batterie à cheval, sortent par la route de Bezons, tournent à gauche après avoir passé le chemin de fer, se dirigent sur Nanterre et prennent position entre ce village et Rueil. Le colonel Bonaparte observe Chatou et Croissy; un de ses escadrons est détache dans la direction de Charlebourg.
. Les francs -tireurs volontaires de la ligne et de la mobile du ]\Iont-Valérien (capitaines L'iopis et de La Rochethulon), appuyés par quatre compagnies de mobiles, sortent du fort vers une heure ; prenant le chemin creux qui descend vers Bois-Préau, ils se portent vers l'ouest du parc de la Malmaison.
Les volontaires de la 1" et de la 2* division, précédés par les francs-tireurs de Paris, se dirigent vers l'est du même parc.
A 2 heures et demie, le ]\Iont-Valérien ouvre son feu sur Bougival, la Jonchère et les hauteurs de Buzenval;
cependant, nos petites colonnes de francs-tireurs de la •ligne, de la mobile, de Paris, abordent à droite et ta gauche les murs du Parc de la Malmaison ; les pétards éventrcnt les murailles et les tirailleurs se précipitent.... le poste venait d'être abandonné ; retiré dans une position en arrière, l'ennemi se contente d'envoyer seulement quelques obus sur les escadrons du colonel Bonaparte.
Le Mont-Valérien et nos batteries installées au Moulin-des-Gibets continuent leur feu; mais les Prussiens ne répondant pas et demeurant toujours invisibles, le général en chef ordonne de rentrer dans les cantonnements.
Sentant la faiblesse des points que nous venions d'attaquer, l'ennemi n'avait pas voulu les défendre. A notre approche, le poste de la Malmaison, sur l'ordre du colonel commandant la ligne des avant-postes prussiens, avait évacué le parc (1).
Tous les avant-postes avaient également pris leurs dispositions de combat, et la 10' division, à laquelle ils appartenaient, s'était concentrée en arriére de la Celle- Saint-Cloud. Là, nous eussions rencontré une résistance considérable ; le général en chef n'avait ni l'intention, ni les moyens de la briser ; par ces petites entreprises incessantes, il ne poursuivait qu'un but : relever le moral et exciter l'émulation de ses jeunes soldats.
Le 9 octobre, une reconnaissance de francs-tireurs de neconnaissance laligne, sous la conduite du commandant Cholleton, vient o octobre. occuper la redoute du Petit-Nanterre et échange quelques coups de feu avec les postes prussiens de Bezons...
La batterie de Gourbevoie, des mitrailleuses placées au chemin de fer de Saint-Germain tirent sur Bezons
(1) Cette ligne des avant-postes suivait la lisière du bois Bérenger, les hauteurs de la Jonchère jusqu'à l'extrémité de Bougival (partie Est) et la Seine.
864 UKFKNSE DK PAllIS.
et Houilles, pour soulonir nos francs-tireurs ; une colonne de cavalerie prussienne apparaît ; quelques coups de mitraille suffisent à la faire fuir rapidement vers Houilles. Aucune troupe ne s'étant plus montrée, à 10 heures et demie le général en chef ordonne de cesser le feu, et les troupes rentrent dans leurs campements, io octobre. Le 10 octobro, une brioade de nouvelle formation,
La ' o T
nrigade nerthaiu gous les ordros du général Berthaut, est mise à la disest mise ''-'
\'^ .'^i'^''l',^i!i"'^ position du général commandant en chef les 13* et
un lé"- coips. ■i ■^-'
14" corps. Elle se compose :
D'un régiment de zouaves de marche,
Du Su" régiment de marche,
De deux bataillons de la garde mobile du Morbihan (3*et r).
Par suite de l'arrivée de cette brigade, les changements suivants ont lieu dans le cantonnement des troupes :
Les zouaves sont placés dans la caserne de Courbevoie, et occupent la ligne de retranchement depuis la Seine jusqu'à la ligne du chemin de fer de Versailles.
Le 36" de marche est établi au Rond-Point de Courbevoie; continuant les travaux déjà commencés, il garde cette position, ainsi que la batterie de marine établie sur le remblai du chemin de fer de Versailles; un bataillon de la garde mobile du Morbihan occupe le village de Puteaux; un demi-bataillon du Morbihan est installé dans l'usine située sur la route du Mont-Valérien, au Rond-Point de Suresnes; l'autre demi-bataillon dans l'usine située au-dessous du barrage de Suresnes.
Le 19" de marche quitte ses positions de Courbevoie et va s'établir sur la rive droite de la Seine, du côté de Villiers.
Ce mémo jour, 10 octobre, le capitaine de La Rochethulon, commandant la compagnie des éclaireurs du 28* mobiles (Loire-Inférieure), fait une reconnaissance
vers Buzenval: laissant le gros de sa troupe sur la route de Saiiit-Gloud, il s'avance avec quatre hommes jusqu'au mur près du château, et constate que le poste prussien est peu considérable.
Le 11 octobre, le 2^ régiment de dragons de marche u octobre, passe sous les ordres du général Berthaut, commandant toutes les troupes placées sur la rive gauche de la Seine.
Le 2* bataillon des francs-tireurs de Paris (commandant Thierrard) va prendre position à l'usine du Rond- Point des Bergères.
A 7 heures, un peloton de francs-tireurs de la 1''* division, un peloton de francs-tireurs de la 2" division, un peloton de dragons, quarante gendarmes et deux compagnies de zouaves, sous le commandement du capitaine Faverot, poussent une reconnaissance vers Golombes et Gennevilliers, pendant que le génie, protégé par ce rideau de troupes, examine les positions à fortifier autour du pont d'Asnières.
A 9 heures, la division de Gaussade quitte son campe- La division
■^ '■de Caussado est
ment pour aller se mettre à la disposition du général "lomentanément Vinoy, sur le front sud de Paris; elle est suivie par les "" la disposition trois batteries de réserve du commandant Pachon. générai vmoy.
La 2" division fait appuyer à droite sa première brigade afin d'occuper les principales positions abandonnées par la l""* division.
Quatre pièces de 4 sont placées dans la batterie à droite du chemin de fer; deux pièces de 4 à gauche de la voie.
A 2 heures, le Mont-Valérien envoie une vingtaine de coups de canon sur la cour d'honneur du château de Saint-Cloud.
La batterie Mortemart et les batteries de 12 établies à la porto de Boulogne et à la porte de l'Hippodrome
S66 DEFENSE DE l'AlUS.
tirent également chacune une douzaine de coups sur le château et ses abords.
12 octobre. Le 12 oclobro, à 8 heures du matin, le capitaine
noconnaissanco . ■■,,■, i ■ - i ^ ,-
vers Boufc'ivai. IJcrthior, oihcier d ordonnance du gênerai en clici, part à la découverte vers Piueil avec un peloton de dragons et un peloton de gendarmes.
A une heure, une reconnaissance offensive a lieu dans la même direction.
Les troupes sont divisées en trois colonnes :
Quatre compagnies de gardes mobiles du Mont-Valérien, les francs-tireurs du capitaine L'iopis, les tirailleurs de la Seine du capitaine Dumas, formant la première colonne, se dirigent vers la Malmaison par le sud du Mont-Valérien, la Briqueterie, le château de Richelieu et Bois-Préau;
Les zouaves, deux bataillons de la garde mobile du Morbihan, deux escadrons de dragons, une batterie de 4, une de 12, une batterie de mitrailleuses formant la deuxième colonne, marchent vers le même point par Nanterre et Rueil ; le général Berthaut commande ces deux colonnes.
Les francs-tireurs de la 2^ division, capitaine Faure- Biguet, un bataillon du 19* de marche, deux batteries de 12 et une de 4, se portent vers la Maison-Brûlée, audessous du Mont-Valérien; le lieutenant-colonel Cholleton commande cette troisième colonne.
A 2 heures, la batterie de 4 du général Berthaut donne le signal; aussitôt toutes les batteries ainsi que le Llont-Valérien couvrent de projectiles tous les massifs boisés compris entre la Malmaison, l'ile de Croissy et la Jonchère.
Une batterie établie derrière le pont de Chatou, sur la rive droite de la Seine, répond à notre feu. La canonnade avant cessé, les zouaves, les tirailleurs des
3* et 4^ bataillons du Morbihan se jettent en avant, dépassent la Malmaison.,. ; mais ils sont arrêtés par un retranchement établi à la jonction de la route de la Jonchère et du chemin de fer américain ; cet ouvrage, armé de canons, les couvre de mitraille, et les force à se mettre à l'abri dans le saut de loup de la Malmaison. On voulait reconnaître l'emplacement de cette batterie : le but était atteint, le général Berthaut donne l'ordre de la retraite. Les autres colonnes, sans avoir été engagées, suivent le mouvement; à 5 heures, toutes les troupes rentrent dans leurs cantonnements.
Le 13 octobre, à 7 heures, un officier d'état-major i3 octobre.
. Reconnaissance
et un capitame d artillerie vont reconnaître dans la di- vers Bezons. rection de Bezons les points les plus favorables à l'emplacement de batteries pour une reconnaissance offensive qui doit avoir lieu dans la journée.
A 10 heures, cette reconnaissance, composée de 4 bataillons d'infanterie, d'une batterie de 4, d'une section de 12, se met en mouvement sous les ordres du général Berthaut ; elle se porte sur les bords de la Seine, entre Bezons et le pont des Anglais; notre artillerie prend position dans la redoute de la Folie ; soutenue par les pièces de marine de Courbevoie, elle dirige son feu sur les maisons de Bezons, qui servent de poste à l'ennemi ; nos obus ont bientôt délogé les Allemands ; tout le pâté de maisons situé en avant et à gauche du pont devient la proie des flammes.
La section de 12 (Lesage) se porte ensuite dans l'angle formé par les chemins de fer de Saint-Germain et de Rouen. La maison du pont des Anglais, la ferme de la Folie sont vivement canonnées ; dès les premiers coups, l'incendie éclate et les murs s'écroulent.
Pendant tout le cours de cette opération, les Prussiens
3G8 DEFENSE DE PAIUS.
ne répondent que Irès-faiblement , et, à midi, la reconnaissance rentre à Courbevoie.
Dans la nuit du 12 au 13 octobre, le capitaine de La Rochcthulon s'embusque avec sa compagnie d'éclaireurs dans une rue de Kueil (avenue de Bois-Préau), pour surprendre une patrouille ennemie, qu'il sait devoir passer.
Vers quatre heures et demie du matin, paraît un groupe de Prussiens; le capitaine de La Rochethulon le laisse approcher à quelques pas, et donne le signal du feu en tirant deux coups de carabine sur le sous-officier (Ugo de Breslau) qui marche en tète. Ce sous-officier est tué, ainsi qu'un de ses hommes; sept autres soldats sont blessés, et le reste de la patrouille se disperse. Arrivée Quatre bataillons de la garde mobile de Seine-et-
garde' mobile*^ Mamo, mis à la dispositiou du général en chef, arrivent seine-et Marne, à trois licures , et Campent, deux dans l'avenue de Neuilly, et deux sur le boulevard Maillot.
Pendant cette journée du 13 octobre, Rueil est vigoureusement canonné ; ce village nous servant d'abri dans nos opérations de ce côté, les Allemands voulaient le brûler entièrement ; mais les maisons, solidement construites, résistent en partie à l'incendie, les murs restent debout ; l'ennemi, voyant qu'il ne peut ruiner complètement ce village, renonce à son entreprise, et se contente de renforcer tous les obstacles en avant de ses positions.
Dans cette même journée, un obus du INIont-Valèrien met le feu au château de Saint-Cloud (1).
Depuis plusieurs jours cette forteresse ne cessait de canonner tous les points qui lui semblaient des postes prussiens ou des observatoires. La lanterne de Dèmos-
(1) Ce léger incendie fut promptement éteint. C'est pendant l'armisticG qui précéda la paix, alors que les hostilités avaient partout cessé, que le Palois a été entièrement brùIé avec les villages do Saint-Cloud, Montretout, Garches, etc
thène étant un de nos points de mire, l'ennemi la fait sauter dans la nuit du 12 au 13.
Le 14 octobre, le régiment de mobiles de Seine-et- Le^ régiment' de Marne (38^), composé de quatre bataillons, se porte sur se^ne^ef-liarae la rive gauche de la Seine, ayant comme centre de po- ^"^^"danT '°
, Ml 1) * • » -1 1 •. 1 p 1 -1 ^^ presqu'île de
sition le village d Asnieres ; il doit détendre tout le ter- Gennevuiiers. rain entre Courbe voie et Villeneuve-la-Garenne.
Le 1" bataillon établi sur ce dernier point garde le pont et la redoute en avant ; le 2^ bataillon occupe les maisons situées entre la gauche de Villeneuve et les premières maisons d'Asnières, poussant ses avant-postes vers Gennevilliers ; le 3^ bataillon, installé dans le village d'Asnières, défend les maisons et jardins en avant de son front ; le 4" bataillon, dont une compagnie occupe le château de Bécon, tient toute la hgne comprise entre le chemin de fer d'Asnières et les premières maisons de Courbevoie ; ses avant-postes sont sur la ligne d'Asnières à Courbevoie, se reliant à gauche à ceux des zouaves.
Une batterie complète de 12 prend position au Rond- Point de Courbevoie, à la place des deux pièces de 12 qui s'y trouvaient.
La batterie de marine, voisine du Rond-Point, tire sur le pont d'Argenteuil, que l'ennemi essaie de rétablir.
Deux compagnies de mobiles du Mont-Valérien font une reconnaissance vers la redoute de Montretout ; elles pénètrent dans l'ouvrage, après avoir chassé le poste qui l'occupait; mais les renforts ennemis arrivant, elles sont .obligées de se replier.
Dans la nuit du 14 au 15 octobre, un lieutenant prussien venu en reconnaissance dans le village de Rueil, tombe sur une embuscade où il est tué.
Le 15 octobre, à dix heures du matin, le général is octobre.
'"-' r»econiiaissanc3
Berthaut, avec quatre pièces de 4, quatre pièces de 12, ^^ enteuu I. 24
un bataillon de zouaves, deux bataillons de mobiles, quatre escadrons de dragons, se porte vers Argenteuil ; il canonne vigoureusement les maisons aux alentours, principalement la fabrique qui se trouve un peu au sud du village. Les Prussiens répondent par quelques coups de canon ; le feu cesse bientôt de part et d'autre et la reconnaissance rentre dans ses cantonnements.
Dans la soirée, une fraction de la compagnie des éclaireurs volontaires des zouaves (organisée à la date' du 11 octobre), se met en marche vers Colombes pour reconnaître les abords de l'île Marante.
16 octobre. Le 16 octobre, à la suite de demandes réitérées du frénéral en chef, les trois bataillons de G:arde mobile statiennes à Pantin, trop éloignés du 14* corps, cessent d'en faire partie.
Trois autres bataillons de mobiles : le 2' d'Ille-et-Vilaine, le 4® desGôtes-du-Nord et le 6* de la Somme, sont mis à la disposition du 14* corps.
Reconnaissance A midi, le général Berlhaut fait une reconnaissance
Argenteuil. vors Argentcuil avec quatre bataillons , le régiment de dragons, deux escadrons de gendarmerie, l'artillerie de la brigade, plus une batterie de 12 et une de 4. Il canonne les abords du pont d'Argenteuil et force les Prussiens à abandonner momentanément leurs travaux de défense. L'ennemi riposte des maisons d'Argenteuil par quelques coups de feu, puis avec une batterie établie prés du village. Les obus allemands suivent nos batteries à leur retour vers Colombes, mais sans faire aucun mal et nos pièces de marine de Courbevoie ne tardbiit pas à faire cesser le feu de l'ennemi.
il octobre. Lc 17 ociobre, les trois bataillons de garde mobile annoncés arrivent à Neuilly ; le 2* d'Ille-et-Vilainc est donné au général Martenot ; les deux autres sont mis à la disposition du général Berthaut.
DEFENSE DE PARIS. ^'il
Vers 10 heures du matin, six compagnies de zouaves (deux de chaque bataillon), sous les ordres du commandant Noéllat,vont occuper les redoutes de Colombes et de Gharlebourg.
Deux de ces compagnies sont placées au point où la route de Bezons coupe le chemin de fer de Saint-Germain ; deux autres sont établies à droite, sur la ligne du chemin de fer ; une compagnie occupe la redoute de Colombes, une autre la redoute de Charlebourg.
Dans cette journée, le caporal Lecomte, du régiment Mise à rordrc
. , , , du
de zouaves, est cite a 1 ordre et nomme servent : un caporal Lecomte,
des zouaves.
messager de l'armée, surpris par un poste prussien, avait eu sa barque coulée par la fusillade ennemie en passant de la rive droite de la Seine sur l'île Marante ; ce malheureux, ne sachant pas nager, était dans nio depuis 48 heures.
Le caporal Lecomte se jette à l'eau, met l'homme sur un tonneau trouvé près de l'île, et toujours nageant, le ramène à la rive. — A l'aller et au retour les sentinelles ennemies lui tirent plusieurs coups de feu qui ne l'atteignent pas.
Le général en chef voulant voir par lui-même tout son Reconnaissances terrain d action, ne cessait de faire des reconnaissances ; et du la octobre. le 17 il pousse au delà de ses avant-postes, du côté de Rueil.
Pendant ce temps, le Mont-Valérien,la canonnière de Suresnes, la batterie Mortemart et une batterie de 12 de la 3* division tirent sur les travaux des Prussiens dans le parc de Saint-Cloud.
Le 18 octobre, à 1 heure de l'après-midi, une colonne ta octobre.
. 1 .„ !,• r. • ' • r.econnaissance
composée de trois bataillons d mianterie. du régiment vers
^ ^ Argenteuil.
de dragons, d'une batterie de 12 et d'une batterie de 4, sous les ordres du général Berthaut, se porte vers Argenteuil ; elle est suivie par une batterie do 12 de la
réserve, deux escadrons de gendarmerie forment soutien.
Toute l'arlillerie prend position près de l'ouvrage du Moulin ; soutenue par la batterie de Courbevoie, elle met le feu à une fabrique signalée comme atelier de munilions des Prussiens, et force les petits postes établis aux alentours à se replier.
L'ennemi répond par quelques coups de canon sans résultat.
11) octobre. Le 19 octobre, à une heure, la 1"" division (de Gaus-
Do.. (lecaussade sadc) revient de Bicélre, où elle était depuis quelques
revient ' . i i i
de Bicêtrc. jours à la disposition du général Vinoy; elle s'installe dans ses cantonnements de Clichy à Saint-Ouen.
La 2* division repreiid également vers la gauche ses anciennes positions.
Une compagnie de GO pontonniers postée sur les
bords de la Seine, en avant de Chchy, établit deux
passerelles sur les arches démolies du pont d'Asnières.
20 octobre. Le 20 octobro, à 7 heures du matin, le capitaine Fave-
rieconnaissance i i frv i
du rot, avec un peloton de 40 gendarmes, part en reconnais-
capne Taverot
vers chatou sauco ; il doit examiner les abords du pont de Ghatou, les approches de la Malmaison et les hauteurs de la Jonchère.
Arrivé à la station de Rueil, le capitaine Faverot met pied à terre et s'avance seul jusqu'au bord de la Seine; de là, il constate l'existence de deux batteries de position construites sur la rive droite, de chaque côté du pont du chemin de fer de Ghatou.
Il se porte ensuite sur le plateau qui domine la Malmaison et détermine un emplacement favorable pour l'établissement d'une batterie de campagne, sur un éperon situé à la jonction de la route de Saint-Gloud avec le mur du parc de la Malmaison.
Après cette reconnaissance, exécutée en vue d'une opération pour le lendemain, le capitaine Faverot se
et la Malinaison.
DEFENSE DE PAiUS.
rend dans la journée auprès du général Trocliu pour lui soumettre le plan d'ensemble. Le Gouverneur ayant approuvé, le général Ducrot fait, à 3 heures de l'aprèsmidi, une nouvelle reconnaissance dans la direction de Rueil. Pendant ce temps, deux pièces de 12 de siège placées sur le chemin qui descend du Mont-Valérien à Rueil, canonnent Chatou et le pont sur la Seine; elles sont couvertes par deux compagnies de francs-tireurs de Paris et 600 mobiles, par une batterie de 12 et une batterie de mitrailleuses en réserve sous le Mont-Yalérien.
Le même jour trois pièces de siège de 24 sont conduites au Mont-Valérien pour prendre part à l'affaire du lendemain.
Reconnaissance
du
général Ducro
vers RueiK