COMBAT DE LA MALMAISON
(21 octobre 1870.)
L'action du 21 octobre, dite de la Malmaison, a eu un but tout particulier^ tout spécial.
A cette époque était décidée la grande opération du passage de la Seine à Bezons, pour nous porter sur les hauteurs de Gormeil et de Sannois ; de là gagner par la patte d'oie d'Herblay et Pontoise, la vallée de la Seine, Rouen et le Havre. . .
Tout avait été préparé en vue de cette entreprise qui, nous ne craignons pas de le dire, nous inspirait la plus grande confiance, nous donnait les plus vives espérances.
Une série de rédoutes construites de Gennevilliers jusqu'à Rueil (Colombes, Charlebourg, la Folie...) devaient, en jetant une masse de fer et de feu, broyer les faibles obstacles établis sur la rive droite du fleuve.
Douille but du
conibal
de la Malmaison
L'esprit toujours tendu vers ce projet (trois personnes seules en connaissaient le secret : le Gouverneur, son chef d'état-major et le général Ducrot), nous l'entourions de tous nos soins, nous y donnions une scrupuleuse et vigilante attention.
Or, vers le milieu d'octobre, nous avions remarqué, non sans inquiétude, que l'ennemi avait une certaine tendance à gagner sur notre gauche du côté de Rueil. Cheminant par des travaux successifs et toujours à l'abri des feux du Mont-Valérien , il s'était successivement établi dans le vieux château de la Malmaison, dans le château neuf, dans le parc de Bois-Préau ; enfin il tenait les premières maisons de Rueil, et chaque jour ses patrouilles s'aventuraient plus avant dans ce village.
S'il poussait au delà, s'il parvenait à se glisser dans le pli de terrain qui s'étend de la Maison-Brûlée au Moulin-des-Gibets, portion entièrement défilée des vues du Mont-Valérien, non-seulement il s'approchait d'une manière inquiétante de notre grande forteresse, mais, en possession de Rueil et de Nanterre, il débouchait en son temps, quand et comme il voulait, dans la presqu'île de Gennevilliers.
Notre passage de la Seine à Bezons était donc des plus compromis , puisque les colonnes ennemies pouvaient faire irruption sur notre flanc gauche, nous prendre à revers même, avant que nous eussions seulement commencé à effectuer le passage du fleuve.
Il devenait urgent de le refouler de ce côté, de le chasser définitivement de Rueil, ainsi que de la Malmaison, si cela était possible ; dans tous les cas, il fallait préparer les moyens de construire, en toute sécurité, une redoute vers le Mouhn-des-Gibets, qui, enfilant toute la vallée jusqu'au delà de la Malmaison, tiendrait en respect Ghatou et Garrières-Saint-Denis.
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