EMPLACEMENT DES TROUPES
La 1" division est campée au Champ-de-Mars, la 2* division et la 3" sont réparties dans les divers quartiers de la ville de Paris et de la banlieue par les soins de la l'" division militaire .
Les troupes font l'exercice deux fois par jour et concourent au service de la place.
13 septembre 1870. — La 1" division du 14® corps d'armée est partie à huit heures et demie du matin de son campement du Champ-de-Mars, pour aller s'établir en avant des forts détachés dans les positions suivantes :
La ligne est partagée en quatre groupes composés chacun d'un régiment de marche ; au premier sont jointes deux compagnies de chassem's à pied, une batterie de mitrailleuses et deux escadrons de gendarmerie à cheval. Au troisième, une batterie de canons rayés et deux escadrons de gendarmerie.
Le 1*' groupe occupe un petit plateau situé entre le village du Val, près Meudon et le fort d'issy, la droite au viaduc de Meudon et à cheval sur le chemin de fer.
Le 2e groupe, composé seulement d'un régiment, est en avant du fort de Vanves, la droite à la route de Glamart, la gauche vers Châtillon.
Le 3® a sa droite à la route de Châtillon, sa gauche en avant du fort de Montrouge.
Le 4* a sa droite au sommet des pentes qui dominent la Bièvre en avant du fort de Bicêtre et a sa gaucho à la route d'Italie à 200 mètres en arrière de Villejuif.
Les deux escadrons de gendarmerie de la droite campés ; les escadrons du conlre établis à Châtillon et à Bagneux, ceux de la gauche à Villejuif.
Le quartier général à Châtillon.
La 2° division est venue camper au Champ-de-Mars ù l'emplacement de la 1" division.
44 septembre. — La l'« division resserre sa position et vient se placer, la droite aux Moulineaux, la gauche à la route de Châtillon en avant des forts d'Issy et de Vanves, ses avant-postes dans les bois de Meudon et de Glamart.
La 3* division quitte vers 4 heures les casernes qu'elle occupait dans Paris et vient occuper la position comprise entre la rivière de Bièvre en face d'Arcueil-Cachan et la Seine à Vitrysur-Seine en avant des forts de Bicêtre et d'Ivry, le régiment de gendarmerie à Villejuif.
15 septembre. — La 2« division part à 8 heures du matin du Ghamp-de-Mars pour venir occuper la position entre Chàtillon et la rivière de Bièvre en avant du fort de Montrouge.
Le grand quartier général quitte l'Ecole militaire à quatre heures, pour s'étalilir à Montrouge, route d'Oi'léans, N° 199.
16 septembre. — Le 14« corps occupe les positions suivantes :
l'"'^ division en avant des forts d'Issy et de "Vanves, son extrême droite aux Moulineaux appuyée à la Seine, la gauche à la route de Chàtillon appuyée à une grande usine entourée de murs, ses avant-postes dans les bois de Meudon et de Glamart vers la redoute de Chàtillon.
Le quartier général à Vanves, rue des Vinaigriers, N° 15, la gauche à la rivière de Bièvre.
2e division, en avant du fort de Montrouge, du fort de Vanves.
Quartier général en avant et à l'Est .
3" division, en avant des forts de Bicêtre et d'Ivry, la droite appuyée à la Bièvre, la gauche à la Seine à Vitry-sur-Seine, ses avant-postes en avant des redoutes des Hautes-Bruyèi^es et du Moulin-Saquet.
Quartier général à Villejuif.
La brigade de cavalerie en arrière des forts d'Issy et de Vanves, 2 régiments de marche à l'entrée de Vanves, 2 autres sur les glacis du fort de Vanves.
Quartier général à la maison de santé de Vanves.
Le l'égiment de gendarmerie à cheval à Villejuif.
Le général Ducrot prend le commandement supérieur des 13« et 14« corps.
'i80 DEFENSE DE PAIilS.
17 septembre. — A 5 heures du matin, au point du jour et après avoir craint une attaque sur la gauche du corps d'armée , les trois divisions et la cavalerie se mettent en mouvement, d'après les ordres du Gouveineur de Paris, pour aller occuper les positions suivantes :
La l""" division s'établit en colonnes sur la droite du chemin (le Chàtillon à Moutrouge, de façon à se trouver massée entre Chàtillon à gauche et Clamart à droite.
La ^2" division se masse de chaque côté de la redoute de Chàtillon en soutien de l'artillerie, en se défilant des vues de l'ennemi ; elle laisse libre la route qui traverse Chàtillon. Elle envoie un bataillon occuper le village de Fontenay-aux-Roses, qui est mis en état de défense autant que possible.
Les batteries de 4 sont placées l'une à gauche de la redoute de Chàtillon, l'autre à l'ancien télégraphe pour battre la vallée jusqu'à Sceaux ; la batterie de mitrailleuses avec l'infanterie.
Le quartier général à Chàtillon, près de la redoute.
La 3« division envoie ses deux batteries de 4 sur la hauteur en avant de Bagneux, l'infanterie s'établit obliquement à la route d'Orléans, la gauche vers le fort de Montrouge, la droite au village de Bagneux, ayant avec elle sa batterie de mitrailleuses.
Le quartier général est à Bagneux.
Les diverses batteries se couvrent par des retranchements rapides.
Les deux premiers régiments de la brigade de cavalerie se placent sur le chemin qui va de Vanves à Clamart.
Le régiment de gendarmerie à cheval s'établit en arrière de Montrouge (du fort). La cavalerie envoie des reconnaissances pour éclairer le terrain.
Le quartier général du 14® corps d'armée se porte à Chàtillon, où se portent également le général commandant le 14" corps et le général commandant l'armée de la Défense nationale.
18 septembre. ~ Le 14" corps d'armée modifie un peu ses positions à 5 heures du malin.
La 1" division se porte sur le plateau, le long du bois de Clamart, sa droite vers la ferme de Trivaux, sa gaucho appuyée à la maison rouge placée en avant et à gauche de la redoute; elle détache le 15'' ivgiment de marche à la ferme de Plessis-Piquot tjui est crénelée et barricadée et mise eu très-bon état de défense; le moulin de Plessis-Piquet est occupe par les chasseurs à pied de
la division. Les francs-tireurs du 16'' de marche à la ferme de Trivaux.
Les zouaves placés au château de Meudon envoient 1,000 hommes à l'extrême droite de la l""" division, dans les bois.
La 2^ division se porte toute sur la gauche de la redoute de Châtillon, entre cette redoute et l'ancien télégraphe. La cavalerie à la droite de la redoute.
Ou établit des épaulements pour placer des batteries de façon à battre la vallée, vers Sceaux. Des reconnaissances poussées au loin, vers les bois de Verrières, signalent la présence d'un parti ennemi assez nombreux, dont les éclaireurs se montrent partout et échangent quelques coups de fusil avec nos avant-postes.
Dans la nuit du 18 au 19 quelques coups de feu sont encore échangés de divers côtés, surtout à la ferme et au moulin de Plessis-Piquel.
19 septembre. — A cinq heures du matin, les deux premières 'divisions, la cavaleiùe et l'artillerie, se mettent en mouvement pour une grande reconnaissance.
La veille, la division de Maud'huy, du 13^ corps d'armée, était venue remplacer la 3" division (de Maussion) à Villejuif et aux l'edoutes du Moulin-Saquet et des Hautes-Bruyères.
La 2» division (d'Hugues) mai^he dans le même ordre, à gauche et à droite de la route de Châtillon à Yillacoublay.
Le 15* régiment de marche reste dans ses positions de Plessis- Piquet pour pouvoir couvrir le flanc gauche. Le bataillon de la 2*= division qui occupait Fontenay-aux-Roses est remplacé par un bataillon de la 3'' division.
La cavalerie foi'me le centre de la reconnaissance; elle marche par escadron en six colonnes de deux escadrons chaque. Chacune de ces colonnes est suivie de deux batteries marchant par demibatterie.
La 3® division (de Maussion) envoie un régiment à la redoute . de Châtillon, savoir: un bataillon à droite de la redoute, un dans la redoute et le troisième vers le télégraphe.
La 1™ division (de Gaussade) marche 500 mètres en avant do la cavalerie et de la 2» division; douze pièces de 12 envoyées de Paris sont placées pour protéger la retraite en cas de besoin et défendre la position, savoir : huit pièces dans l'ouvrage et quatre pièces vers le télégraphe, dans les petits épaulements effectués le 18.
Vers six heures et demie, nos tirailleurs se trouvent en présence de ceux de l'ennemi, et la fusillade commence.
Les Prussiens occupent les maisons du Pctit-Bieêtre. Sur l'ordre du général on chef, les deux batteries ù cheval de la réserve se portent rapidement en avant do notre droite et ouvrent le feu sur le Petit-Bicôtre. Aussitôt l'ennemi fait avancer ses batleries, et ses obus arrivent à la limite du bois au milieu des zouaves, qui éprouvent quelques pertes. Le lO" de marche de la division d'Hugues, précédé par ses francs-tireurs, se porte rapidement au Pavé- Blanc pour occuper les maisons qui y sont situées; toutes nos balteines se portent sur notre front pour répondre à l'artillerie prussienne, et la canonnade augmente d'intensité et les obus pleuvent de tous côtés. Malheureusement notre droite, un peu démoralisée par les obus ennemis, et voyant les tirailleurs du 7« bataillon de mobiles de la Seine et ses propres tirailleurs obligés de céder, commence à reculer, malgré des efforts des officiers et du général en chef lui-même.
Les Prussiens voient ce mouvement et augmentent leurs efforts. A ce moment, prenant en considération la jeunesse de ses troupes, le général en chef ordonne la retraite, qui s'effectue en bon oi'dre, protégée par la cavalerie, qui s'est montrée très-ferme, et par l'artillerie, dont le mouvement s'effectue par échelons avec beaucoup de calme et de précision.
A hauteur des bivouacs, les divisions s'arrêtent, prennent leurs sacs et reçoivent l'ordre de reprendre leurs positions de la veille en arrière, à gauche et à droite de la route de Vanves à Ghàtillon. La cavalei'ie poursuit sa route pour rentrer dans Paris.
Le général en chef place deux batteries de 12 et deux battex'ies de 4 dans les épaulements près du télégi'aphe, deux batteries dans les épaulements de droite de la redoute, conservant toujours le bataillon dans le cimetière, dont le mur a été crénelé. Il se poi'te de sa personne dans la redoute, armée de huit pièces de 12 et de trois mitrailleuses, et occupée par un bataillon de la 3^ division et le 4*= bataillon de la garde mobile d'IUe-et-Vilaine.
L'ennemi fait avancer successivement vers notre gauche quatre batteries qui ouvrent un feu très-violent sur notre position, mais nos pièces répondent avec avantage. Le 15<' de marche, sous les ordres du lieuteuant-colonel Bonnet, et qui occupait Plessis-Piquet, effectue sa retraite en très-bon ordre, après une défense énergique et avoir ainsi protégé le flanc gauche du corps d'armée dans sa retraite.
Vers une heui*e, le feu de l'artillerie ennemie était éteint, et ne reprend que vers 2 heures pour appuyer le mouvement do fortes colonnes d'infanterie qui se portent sur l'ouvrage. Notre feu reconuiience alors avec vigueur, et nos pièces de 12 et nos mitrail-
leuses, tirant à 1,000 ou 1,200 mètres, font beaucoup de mal à l'ennemi.
Cependant, informé que les conduites d'eau étaient coupées et que les divisions d'infanterie s'étaient, par suite d'une erreur, portées trop en arrière pour pouvoir soutenir les défenseurs de la redoute de Châtillon (la 1'"'' était rentrée dans Paris et les deux autres se trouvaient près des forts de Montrouge et de Vanves), le général songe à la retraite, et il fait d'abord filer les caissons vides et autres voitures inutiles, suivies bientôt des batteries et des troupes de défense et des mitrailleuses; ne pouvant, faute d'avant-trains, sauver les huit pièces de 12, il les fait enclouer et sort le dernier de la redoute avec la 4'' compagnie du 4" bataillon de la garde mobile d'Ille-et-Vilaine. Cette retraite s'effectue en bon ordre, protégée par la 2" division d'infanterie, dirigée par les généraux Renault et d'Hugues, et toutes les troupes viennent se reformer entre les foris de Vanves et de Montrouge.
D'après les ordres du Gouverneur de Paris, le 14^ corps d'armée et la division de Maud'huy, du 13" corps d'armée, rentrent le soir à Paris, pour camper : le 14« corps, au Champ-de-Mars et aux environs, et la division de Maud'huy, au rond-point d'Italie.
Dans cette affaire les Prussiens ont dû perdre beaucoup de monde, tandis que nos pertes ont été minimes : 84 tués, 401 blessés, 255 disparus.
20 septembre. — A 2 heures de l'après-midi, le 14« corps d'armée se met en mouvement et vient occuper les positions suivantes :
La l'^ division à Clichy-la-Garenne, la gauche au chemin de fer et se prolongeant vers Saint-Ouen ;
La 2« division à Neuilly, la gauche au bois de Boulogne, la droite vers Villiers;
. La 3" division entre Boulogne à droite et le saillant du bastion du Point-du-Jour à gauche.
Les batteries d'artillerie marchent avec leurs divisions.
Les réserves d'artillerie vont s'établir entre Sablonville et Champerret-Lcvallois.
Le régiment de gendarmerie à cheval , qui seul reste attaché au 14" corps d'armée, est campé aussi entre Sablonville et Champerret-Levallois.
Le 4* bataillon de la garde mobile d'Ille-et-Vilaine est cantonné près la porte Maillot, à gauche de l'avenue de Neuilly.
Le 1" balaillon de la mobile de la Seine vient s'établir à la droite de l'avenue de Neuilly.
La compagnie des francs-tireurs de l'Aisne, forte de 36 hommes, commandée par le capitaine Dallé, est mise à la disposition du d4" corps.
Le Gouverneur de Paris envoie au 14" corps les bataillons de la garde mobile suivants : 8® de la Seine, 3" du Finistère, !•''' dos Côtes-du-Nord, qui sont cantonnés à Pantin, sous le commandement du commandant Warnet, de l'état-major général.
21 septembre. — .\ 6 heures du matin, le 19^ régiment démarche va prendre position au rond-point de Courbevoie; ses bataillons sont répartis de la manière suivante :
Un bataillon au rond-point môme et dans les maisons crénelées qui l'avoisinent.
Un bataillon près de la caserne de Courbevoie ; des tirailleurs occupent la levée du chemin de fer entre la route de Pontoise et la route de Colombes et les premières maisons qui ont vue sur le chemin d'Asnièrcs.
Le 3* bataillon est placé en réserve sur la rive droite de la Seine, à droite et à gauche du pont de Neuilly, et dans les maisons les mieux situées pour voir l'avenue qui conduit au rond-point de Courbevoie. Un peloton de gendarmes est mis à la disposition du commandant de ce régiment pour fournir des vedettes. Les troupes reçoivent l'ordre d'être toujours prêtes à prendi'e les armes au premier ordre.
L'artillerie doit toujours être prête à atteler deux sections de 4 et une section de miti'ailleuses.
Les 3 divisions d'infanterie commencent à ci'éneler des maisons: et à organiser leui's bariùcades défensives, suivant les ordres du général en chef.
22 septembre. — On travaille aux barricades et autres défenses, et les divers corps prennent leur position de combat de manière à connaître parfaitement les différents points à défendre et les ligues de retraite, barricades successives.
Les batteries divisionnaires reconnaissent les emplacements qu'elles doivent occuper cl l'on conimence les différentes batteries dont l'emplacement est lixu pur le gênerai en chef, et qui bout si-
tuées de la manière suivante : deux batteries placées l'une à droite et l'autre à gauche du chemin de fer, une batterie sous le pont de Neuilly, une batterie au pont de Suresnes, deux batteries au parc de Rothschild, près du bois de Boulogne, et une grosse batterie au rond-point de Gourbevoie. Un régiment de la 2« division, le 19^, reste au rond-point de Gourbevoie et est renforcé par un 4^ bataillon ; un bataillon est placé au pont de Neuilly. Les francs-tireurs de l'Aisne sont placés aux abords du pont de Suresnes.
Les bataillons de mobiles suivants ont été placés, savoir:
Le 7^ bataillon de la Seine à la droite de l'avenue de Neuilly, se reliant par sa droite à la division d'Hugues.
Le 4* bataillon d'Ille-et-Vilaine, à la gauche de l'avenue; le 6» bataillon de la Seine dans le parc Saint-James et dans le bois de Boulogne jusqu'à la Gascade ; le 1*"' d'Ille-et-Yilaine, se reliant à la division de Maussion , par sa gauche. Ges bataillons reçoivent l'ordre de faire le plus promptement possible des travaux de défense qui seront perfectionnés tous les jours. — A 7 heures du soir, un bataillon escorte 14 voitures allant chercher des armes et des munitions au IMont-Valéiùen.
Le 1*''^ bataillon des mobiles de l'Aisne, mis au 14* corps, est placé près la porte des Sablons.
24 septembre. — Une compagnie d'infanterie est placée dans l'île de Puteaux pour protéger la batterie du pont et pour garder Pile ; on y commence des ouvi'ages défensifs.
On établit une batterie flottante à la pointe de l'île de Puteaux, et l'on retire la section d'artillerie qui se trouvait au pont de Suresnes.
La batterie du rond-point de Mortemart au bois de Boulogne, est armée de 2 pièces de 30 de la marine, et la batterie du chemin de fer à Gourbevoie de 3 pièces du même calibre, desservies par l'artillerie de marine.
On améliore et on perfectionne tous les travaux de défense, barricades, créneaux, etc.
25 septembre. — Sous la surveillance des officiers du génie, on complète les travaux de défense. — Les divisions fournissent des travailleurs à ce sujet comme d'habitude.
26 septembre. — Deux compagnies de la division d'Hugues sont
envoyées au barrage de Suresiies, alin d'organiser défensivement les maisons situées en avant et de défendre le barrage contre toute attaque.
Le commandant Warnet, commandant les bataillons de mobilos placés à Pantin, envoie deux déta(;hements de 300 hommes de ces bataillons, l'un à l'usine Dcutch, dite fej'mc de Rouvray, ouvrage avancé devant l'estacade du canal de Saint-Denis, l'autre à l'usine Gauthier, vis-à-vis de l'estacade du canal de l'Ourcq.
27 septembre. — Un escadron do gendarmerie part vers une heure en reconnaissance, sous la direction d'un officier d'ordonnance du général en chef. (Rien de nouveau.)
Vers la même heure, reconnaissance par les éclaireurs Franchetli. (Rien de nouveau.)
Le 3* bataillon de l'Aube et le 5* du Loiret , mis à la disposition du 14*= corps, sont placés à Billancourt.
28 septembre. — A 5 heures et demie une division de gendarmerie part sous la conduite du capitaine Faverot, officier d'ordonnance du général en chef, pour faire une reconnaissance. (Rien de nouveau.)
29 septembre. — Une partie des troupes du 14* corps d'armée fait un mouvement en avant de ses positions et vient à 1 heures du soir occuper les emplacements suivants, savoir :
Les chasseurs à pied et les volontaires de la l""* division sur le prolongement de l'avenue de Neuilly au delà du pont; la tête de colonne à hauteur du rond-point de Gourbevoie, à gauche de la route, laissant la chaussée libre, sous le commandement du commandant Cajard.
Les chasseurs à pied et les volontaires de la 2" division qui sont à la disposition du commandant Cholleton, du 19® de marche, en arrière de ceux de la 1'''^ division. Les chasseurs à pied et les volontaires de la 3« division de l'autre côté de la chaussée sous les ordres du commandant Neltner.
! Le IS» de marche, sous les ordres du lieutenant-colonel Bonnet, Anv l'avenue de Neuilly, entre les barricades qui coupent cette avenue sur le côté droit. Le "iS" de niarcho (deux bataillons), sous les ordres du lieutenant-colonel de Podio, en face du 15*.
A partir de la deuxième barricade, deux compagnies de 60 hommes des francs-tireurs de Paris. — Les éclaireurs de la garde nationale de la Seine, 150 hommes. — Deux compagnies de 60 hommes du 34« bataillon de la garde nationale de la Seine. — Deux compagnies de 60 hommes du 6« bataillon de la garde mobile de la Seine. — Deux compagnies de 60 hommes du 7® bataillon de la garde mobiie de la Seine. — Deux compagnies de 60 hommes du l""" bataillon de la garde mobile de la Seine. — Deux compagnies de 60 hommes du l"'" bataillon de la garde mobile de l'Aisne. — Deux compagnies de 60 hommes du 4* bataillon de la garde mobile d'ille-et- Vilaine. — Toutes ces troupes sous le commandement du général Martenot.
Trois batteries de 4, trois batteries de mitrailleuses, deux batteries de 12, plus une batterie de *4 de quatre pièces, et une batterie de 4 à six pièces montées, en colonne sur la chaussée, à partir du rond-point de Courbevoie et descendant jusqu'au pont de Neuilly. Quatre escadrons de gendarmerie en arrière de l'infanterie.
30 septembre. — A 2 heures du matin les chasseurs à pied et les volontaires de la 2» division, ainsi que la section du génie, se mettent en route sous les ordres du commandant Cholleton, du 19'' de marche. Ils se dirigent par Nanterre vers le château de Bois-Préau, où ils sont rejoints vers 4 heures par un détachement de sapeurs et de gardes mobiles du Mont - Valérien. A 3 heures et demie, les troupes qui ont fait mouvement le 30 à 7 heures du soir, et celles qui occupent le rond-point (sauf l'artillerie de cette position), se mettent en marche dans l'ordre suivant :
1" Le peloton des tirailleurs des Ternes;
2° Les chasseurs à pied et les volontaires de la 1''® division ;
3o L'artillerie, les batteries de 4, les mitrailleuses, les batteries de 12;
4° Le 15^ de marche;
5° Les chasseurs à pied et les volontaires de la 3* division ;
6° Un bataillon du 19* de marche ;
7° Deux bataillons du 23* de marche;
8° Les gardes nationaux sédentaires et les mobiles;
9° Les quatre escadrons du régiment de gendarmerie à cheval; ces troupes laissent leurs sacs et leurs effets de campement.
Les troupes de la 3* division sont sous les ordres du général Paturel, et celles de la l""* sous ceux du général de la Gharrière.
A 5 heures les troupes, après avoir contourné le Mont- Valérien, débouchant sur le plateau qui domine Nanterre et Rueil, viennent
prendre position, savoir : les tirailleurs des Ternes, les chasseurs à pied et les volontaires de la division en tirailleurs sur les pentes qui descendent vers Rueil et le château de Bois-Prôau, l'artillerie en avant du moulin situé vers la droite, avec 2 batteries aux environs de la Maison-Brûlée placée à gauche. La brigade de la Gharlière en arrière de l'artillerie, la droite vers le moulin.
Pendant ce mouvement, les troupes sous le commandement du commandant ChoUeton se portent sur le château de la Malmaison, afin de pétarder les portes et les murs du parc, y pénétrer et enlever le poste prussien qui l'occupe ; mais le jour trop avancé ne leur permet pas d'accomplir leur mission, leur arrivée ayant été signalée.
Pi'évenu de ce contre-temps, le général en chef arrête le mouvement en avant de la brigade Patui'el, qui se portait vers la gauche, et fait donner l'ordre au général Martenot et à la cavalerie de rester dans le chemin creux qui passe sous le fort du Mont-Valérien. Enfin, vers 8 heures, l'opération n'ayant pas abouti, le général fait rentrer les troupes dans leurs campements, le régiment de gendarmerie formant l'arrière-garde pour protéger le mouvement.
1er octobre. — A 5 heures et demie, reconnaissance par deux pelotons de gendarmerie sous les ordres du capitaine Faverot, officier d'ordonnance du général en chef.
Le général américain Burnside, avec un colonel de la même nation, passe à nos avant-postes pour entrer dans Paris, venant du quartier-général du roi de Prusse.
A 1 heure, corvée de légumes en avant de Nanterre.
2 octobre. — Les reconnaissances ne signalent rien de nouveau.
Deux compagnies des francs-tireurs de Paris vont occuper l'île de Puteaux. — Corvée de légumes à midi.
3 octobre. — Une division du régiment de gendarmerie va, à 5 heures et demie du matin, faire une reconnaissance sous les ordres de M. le capitaine de Louvencourt, officier d'ordonnance du général en chef. (Rien à signaler.)
4 octobre. — Vers 2 heures du matin, les francs-tireurs de Paris, sous les ordres du commandant Thierrard, passent les avantpostes pour se diriger sur Nanterre et Rueil. A 5 heures le régiment de gendarmerie à cheval et deux bataillons de mobiles sous les ordres du général Martenot, se portent vers le môme lieu. Une torpille a sauté à la porte de Sablonville. Deux morts et huit blessés, — La reconnaissance n'a pas rencontré l'ennemi. La corvée des pommes de terre a eu lieu à midi.
5 octobre. — A 5 heures et demie, une division de gendarmerie sous le commandement du capitaine Berthier, officier d'ordonnance du général en chef, fait une reconnaissance. (Rien à signaler.)
A 9 heures, l'artilleine de la 3" division, la batterie flottante du pont de Suresnes, la batterie de marine du Pin-Mortemart, les batteries flottantes de l'ile Séguin, entament un feu très-vif sur Sèvres et Saint-Cloud, afin de détruire les ouvrages signalés comme construits par les Prussiens. Le Mont-Valérien se joint à eux. Le feu dure jusque vers 2 heures.
6 octobre. — A 5 heures et demie une division de gendarmerie, sous le commandement de M. de Montbrison, officier d'ordonnance du général en chef, fait une reconnaissance en avant do Courbevoie vers Bezons. (Rien à signaler.) La corvée des pommes de terre a eu lieu à une heure du côté d'Asniéres.
Reconnaissance en avant de Nanterre vers Rueil. Cette reconnaissance se composait du régiment de gendarmerie et de deux escadrons de dragons, plus quatre pièces de 4 de la batterie de Courbevoie et deux mitrailleuses. Elle n'a pas rencontré l'ennemi.
7 octobre. — A une heure, les troupes désignées ci-dessou3 prennent part à une reconnaissance, savoir : 200 hommes des francs-tireurs de Paris, commandant Thierrard ; 200 hommes du 1" bataillon de mobiles de la Seine ; 200 hommes du 4« bataillon d'Ille-et-Vilaine; 200 hommes du bataillon de l'Aisne, sous les ordres du général Martenot, prennent la route du Mont-Valérieu et se dirigent vers le moulin qui domine Rueil et Nanterre.
Une batterie de 12 de la réserve, une batterie de 4 et une bat-
tcrie de mitrailleuses de la 2* division, les francs-tireurs volontaires de la l™ et de la 2» division suivent l'artillerie.
Quatre escadrons de cavalerie (deux de gendarmes et deux do dragons), sous le commandement du colonel Bonaparte et la Laiterie à cheval, sortent par la route de Bezons, lournent à gaui'lio après avoir passé le chemin de fer, se dirigent sur Nanterrc cl viennent se placer entre Rueil et Nantex're, pour observer Chatou et Croissy; un escadron est détaché dans la direction de Charlebourg.
Les francs-tireurs volontaires de la ligne et de la mobile du Mont-Valérien, appuyés par quatre compagnies de mobiles, quittent le fort vers une heure, se dirigent vers le château de Richelieu, prennent le chemin creux qui se dirige vers Boispréau et se portent vers l'ouest du parc de la Malmaison.
Les volontaires de la première et de la deuxième division, précédés par les francs-tireurs de Paris, se portent vers l'est du même parc.
A 2 heures 1/2, le Mont-Valérien ouvre son feu sur Bougival, la Jonchère et les hauteurs de Buzenval; au même instant les pétards appliqués à la Malmaison font explosion et les détachements chargés d'explorer le parc s'y précipitent, mais ne trouvent pasl'ennemi, qui s'estretiré dans uneautreposition, et qui lance quelques obus dans la plaine, vers notre cavalerie, mais sans l'atteindre.
Nos batteries et le Mont-Valérien continuent leur feu; mais bientôt, voyant que les Prussiens ne ripostent pas et sont invisibles, le général en chef ordonne de rentrer dans les cantonnements.
8 octobre. — Rien à signaler.
La corvée des pommes de tei^'e a lieu à 10 heures.
9 octobre. — Les deux compagnies de chasseurs de la 2» division placées au pont de Suresnes, sont relevées par deux compagnies de la même division.
A 1 heures et demie, un peloton de gendarmerie et un peloton de dragons partent en reconnaissance vers Bezons et vers Houilles. Le tir a été bon et les mitrailleuses font quelques décharges sur des voitures chargées de troupes, mais la distance était trop grande. Le Mont-Valérien a aussi envoyé quelques obus sur Houilles.
A 10 heures et demie, le général en chef fait cesser lo fou et les troupes renti-ent dans leurs campements.
A 1 heures on place des postes aux portos Dauphino, Maillot, des Ternes, Sablonville et d'Asnières pour garder les fougasses.
La corvée des légumes a eu lieu ù 2 heures.
10 octobre. — Une brigade de nouvelle formation, sous le commandement du général Berthaut, est mise à la disposition du général commandant en chef les 13* et 14» corps.
Elle est composée ainsi qu'il suit :
Un régiment de zouaves de marche;
Le 36» régiment de marche ;
Deux bataillons de la garde mobile du Morbihan.
La corvée des pommes de terre a lieu à 1 heure.
Par suite de l'arrivée de la brigade Berthaut les changements suivants ont lieu dans le cantonnement des troupes :
Les zouaves sont placés dans la caserne de Gourbevoie et occupent la ligne de retranchements depuis la Seine jusqu'à la ligne du chemin de fer.
Le 36<^ de marche occupe le rond-point de Gourbevoie et les maisons à l'entour.
Un bataillon de la garde mobile du Morbihan dans Puteaux.
Un demi-bataillon dans l'usine située sur la route du Mont- Valérien au rond-point de Suresnes, l'autre demi-bataillon dans l'usine située au-dessous du barrage de Suresnes et auprès de ce barrage.
Le 19* de marche est placé dans les bâtiments de l'hospice de la Vieillesse et aux alentours, le n° 1 du 22* de marche et les deux compagnies du 20* rejoignent leurs corps.
11 octobre. — Le 2* régiment de dragons de marche passe sous le commandement du général Berthaut, commandant toutes les troupes placées sur la rive gauche de la Seine.
Le 2* bataillon des francs-tireurs de Paris (commandant Thierrard)«va prendre position à l'usine du rond-point des Bergères et le demi-bataillon de la garde mobile du Morbihan se retire vers Puteaux.
A 1 heures un peloton de francs-tireurs de la 1"^* division, un peloton de la 2* division, un peloton de dragons et quarante gendarmes sous le commandement du capitaine Faverot, officier d'ordonnance du général en chef, partent en reconnaissance en avant d'Asnières, pour protéger l'examen par le génie des ouvrages à construire près du pont d'Asnières. Deux compagnies de zouaves sont jointes à ces troupes.
A 9 heures, la division de Gaussade, tout entière, quitte son campement pour se mettre à la disposition du général Vinoy; elle est suivie par les trois batteries de réserve du commandant Pachon.
La 2" division appuie à droite sa première hripradc pour ocouper les principales positions abandonnées par la première; quatre pièces d'artillerie de 4 dans la batterie à droite du chemin de fer, deux pièces de 4 à gauche de la voie.
A 2 heures, le Mont-Valérien tire une vingtaine de coups de canon sur la cour d'honneur du château de Saint-Cloud.
12 octobre. — A 8 heures du matin, un peloton de dragons et un peloton de gendarmes partent en reconnaissance sous les ordres du capitaine Rerthier, officier d'ordonnance du général en chef.
A 1 heure, les troupes suivantes quittent leurs cantonnements et se portent, savoir :
Quatre compagnies des gardes mobiles du Mont-Valéricn, les francs-tireurs volontaires du capitaine L'iopis, auxquels sont joints les tirailleurs de la Seine, du capitaine Dumas, se dirigent vers la Malmaison par le sud du IMont-Valérien, la Briqueterie, le château de Richelieu, Bois-Préau.
Les zouaves, deux bataillons de la garde mobile du Morbihan, deux escadrons de dragons, une batterie de 4, une de mitrailleuses et une de 12 se dirigent vers le même point par Nanteri*e et Rueil, dans la plaine (général Berthaut).
Les francs-tireurs de la 2^ division (capitaine Faure-Biguet) et un bataillon du 19e ^q marche, sous les ordres du lieutenant-colonel Cholleton avec deux batteries de 12 et une de 4, vers la maison brûlée au-dessous du Mont-Valérien.
A 2 heures, la batterie de 4 du général Berthaut donne le signal et toutes les batteries et le Mont-Valérien canonnent vivement les massifs boisés compris entre la Malmaison, l'île de Croissy et la Jonchère. Après cette canonnade, les tirailleurs des 3« et 4* bataillons du Morbihan et les zouaves dépassent la Malmaison et s'arrêtent devant un fort retranchement armé de canons que l'ennemi a établi à la jonction de la route de la Jonchère et du chemin de fer américain. Ils se jettent dans le saut de loup de la Malmaison pour éviter la mitraille qui pleut sur eux, et ne se retirent que sur l'ordre du général Berthaut. dans le plus grand ordre, sous le feu des obus et de la mitraille.
Les autres colonnes n'ont pas été engagées. Nous n'avons éprouvé aucune perle et nous avons reconnu l'emplacement d'une batterie ennemie.
A 5 heures, toutes les troupes étaient rentrées dans les cantonnements.
13 octobre. — Al heures, un peloton de cavalerie avec un orticier d'élat-major et uu capitaine d'artillerie, fait une reconnaissance pour rechercher les points les plus favorables pour placer des batteries lors de la reconnaissance offensive qui doit suivre.
A dix heures, cette reconnaissance, commandée par le général Bcrthaut, et composée de quatre bataillons d'infanterie, d'une batterie de 4 et d'une section de i^2, se rnet en mouvement; elle se porte sur les bords de la Seine, entre Bezons et le pont des Anglais et canonne les maisons signalées comme postes des Prussiens. La batterie de Courbevoie lance une quinzaine d'obus sur Houilles et Bezons ; les Prussiens répondent faiblement, et à midi, la reconnaissance rentre à Courbevoie.
La corvée des légumes part à 1 heure.
Quatre bataillons de la garde mobile de Seine-et-Marne, mis à la disposition du général en chef, ari-ivent à 3 heures et campent, deux dans l'avenue de Neuilly et deux sur le boulevard Maillot.
14 octobre. — A 10 heures du malin, les quatre bataillons de Seine-et-Marne se mettent en route et vont occuper la rive gauche de la Seine, en avant d'Asnières, se reliant à Courbevoie.
La section de la batterie de 12 du rond-point de Courbevoie, reçoit les deux autres de manière que la batterie soit complète.
15 octobre. — A 10 heures, le général Berthaut avec quatre pièces de 4 et quatre pièces de 12, un bataillon de zouaves, deux bataillons de mobiles et quatre escadrons de dragons, se porte vers Ai'genteuil et canonne vigoureusement les maisons du voisinage et surtout la fabrique qui se trouve un peu au sud. Les Prussiens répondent par quelques coups de canon, mais bientôt le feu cesse et la reconnaissance, dont le tira été très-bon, rentre dans ses cantonnements.
La corvée des légumes part à 1 heui'e.
16 octobre. — Les trois bataillons de la garde mobile, stationnés à Pantin, cessent, à dater de ce jour, de faire partie du 14» corps.
Trois nouveaux bataillons de mobiles, le 2" d'Illc-et- Vilaine,
494 DEFENSE DE TAHIS.
le 4" des Gôtes-du-Nord, et le 6« de la Somme, sont mis à la disposition du li" corps.
A midi, le général Berthaut fait une reconnaissance vers Argenteuil avec quatre bataillons, le régiment de dragons et deux escadrons de gendarmerie, son artillerie, plus une batterie de 12 et une de 4. Il canonne le pont d'Argcnteuil, et les Prussiens abandonnent leurs travaux.
17 octobre. — A 9 heures, les trois bataillons de la garde mobile, annoncés, arrivent à Neuilly; le 2*d'Ille-et-Vilaine estdonné au général Martenot , les deux autres sont mis à la disposition du général Berthaut.
Le Mont-Valérien , la canonnière de Suresnes, la batterie Mortemart, et une batterie de 12 de la 3^ division tirent une cinquantaine de coups de canon sur le parc Pozzo et sur le tunnel du chemin de fer, vers midi.
18 octobre. — Une colonne de trois bataillons, sous les ordres du générai Berthaut, le régiment de dragons, la batterie de 12 et la batterie de 4, se porte à 1 heure vers Argenteuil ; elle est suivie par une batterie de 12 de la réserve, et deux escadrons de gendarmerie restent en réserve.
Toute l'artillerie se porte aux environs de l'ouvrage du moulin et, soutenue par la battei-ie de Courbevoie, elle met le feu à la fabrique signalée comme l'atelier des Prussiens et force les quelques petits postes prussiens à se replier. L'ennemi a répondu par une quinzaine de coups de canon qui ne nous font aucun mal.
19 octobre. — A midi, corvée des légumes.
A 1 heure, la 1"*" division (de Caussade) vient reprendre .ses cantonnements en revenant de Bicètre, où elle avait été mise à la disposition du général Vinoy. La 2» division reprend également ses positions.
Une compagnie de 60 pontonniers s'établit aux environs du pont de Glichy et établit deux passerelles pour réunir les arches qui existent au pont d'Asnières.
20 octobre. — A '7 heures du matin , un peloton de 40 gendar-
mes part en reconnaissance sous le commandement du capitaine Faverot, officier d'ordonnance du général en chef.
A 11 heures , corvée des légumes.
A 3 heures, reconnaissance vers Rueil. Deux pièces de 12 de siège, placées au chemin qui descend du Mont-Valérien à Rueil, canonnent Chatou et le pont sur la Seine; elles sont couvertes par deux compagnies de francs-tireurs de Paris et 600 mobiles, une batterie de 12 et une batterie de mitrailleuses en réserve sous le Mont-Valérien.
Trois pièces de siège de 24 sont conduites au Mont-Valérien.
Le 21 octobre. — A 8 heures, un peloton de 40 gendarmes emportant un repas d'avoine, part pour une reconnaissance du côté de Rueil.
A midi, les troupes ci-après désignées font un mouvement en avant de Rueil et la Malmaison, savoir :
1er groupe, général Rerthaut, deux bataillons des mobiles de Seine-et-Marne de 500 hommes chacun, deux bataillons de zouaves de 600 hommes chacun, un bataillon du 36® de marche de 500 hommes, un bataillon des mobiles du Morbihan de 500 hommes, trois compagnies du 2® bataillon des francs-tireurs de Paris, 200 hommes. Total 3,400 hommes, 20 bouches à feu, un escadron de gendarmerie, 10 éclaireurs Franchetti.
2® groupe, général Noël, francs-tireurs volontaires du capitaine L'iopis, 150 hommes ; quatre compagnies de mobiles du Mont- Valérien, 400 hommes ; deux compagnies de chasseurs à pied de la l""® division, 150 hommes ; deux compagnies de chasseurs à pied de la 2* division, 150 hommes ; deux compagnies de chasseurs à pied de la 3^ division, 150 hommes ; francs-tireurs des Ternes, 50 hommes ; francs-tireurs volontaires de la 3" division, 300 hommes. Total 1,350 hommes, 10 bouches à feu, 10 éclaireurs Franchetti.
3® groupe, colonel Cholleton, francs-tireurs volontaires de la l"^® division, 300 hommes ; francs-tireurs volontaires de la 2® division, 300 hommes ; deux bataillons du 19® de marche de 500 hommes chacun. Total 1,600 hommes, 18 bouches à feu, 20 éclaireurs Franchetti.
4« groupe, réserve de gauche, général Martenot, deux bataillons d'IUe-et-Vilaine à 500 hommes chaque, deux bataillons de la Seine à 500 hommes chaque, un bataillon de l'Aisne à 600 hommes. Total 2,600 hommes et 18 bouches à feu.
6« groupe, réserve du centre, général Paturel, quatre bataillons
496 DÉFENSE UE FAHIS.
de la -2" brigade de la 2° division ù 500 hommes chacun. Total 2,000 hommes, 28 pièces d'artillerie, deux escadrons de gendarmerie.
La brigade Herlhaut se porle entre le chemin de fer de Saint- Germain et la partie supérieure de Rueil. Son artillerie aux environs de la station, ses tirailleurs à Bois-Préau et près de la Malmaison.
La brigade Noël sort du Mont-Valérien par le sud et prend le chemin qui va de la Briqueterie au château de Richelieu; son artillcM-ic sur le versant qui descend du château de Buzenval, ses tirailleurs vers la Malmaison.
Les troupes du colonel Cholleton se portent aux environs de l'ancien moulin et se dirigent bientôt vers Buzenval.
La brigade Martcnot prend position entre la Briqueterie et le chemin de Saint-Gloud, ses tirailleurs vers Monti^etout.
La brigade Paturel vient se placer en arrière du moulin de Nanterre, entre ce village et le Mont-Yalérien.
Le général en chef fait porter toute son artillerie en avant sur le plateau, de façon à écraser la Malmaison et la Jonchère.
A 1 heure et demie, l'artillerie ouvrait son feu sur toute la ligne, soutenue par le Mont-Valérien, et formant un vaste demicercle de la station de Rueil à la ferme de la Pouilleuse ; elle concentrait son feu pendant trois quarts d'heure sur Buzenval, la Malmaison, la Jonchère et Bougival. Pendant ce temps, nos tirailleurs et nos têtes de colonne s'approchaient :
Les colonnes Berthaut et Noël de la Malmaison, la colonne Cholleton de Buzenval.
Au signal convenu, l'artillerie a cessé son feu et nos troupes se sont élancées sur les objectifs assignés ; elles sont arrivées promptement au ravin qui descend de l'étang de Saint-Gucufa au chemin de fer américain en contournant la Malmaison.
La gauche du général Noël a dépassé ce ravin et a gravi les pentes qui montent à la Jonchère; mais elle s'est trouvée bientôt arrêtée par un feu violent de mousqueterie partant des bois et des maisons, où l'ennemi était resté embusqué malgré le feu de notre artillerie.
En même temps, quatre compagnies de zouaves, sous les ordres du conmiandant Jacquot, se trouvaient acculées dans l'angle que forme le parc de la Malmaison au-dessous de la Jonchère, et auraient pu être compromises, sans l'énergique intervention du bataillon de Seine-et-Marne. Ce bataillon s'est porté résolument sur les pentes qui dominent Saint-Cucufa, sa droite au parc de la Malmaison ; il a ouvert un feu très-vif sur l'ennemi qu'il a forcé de reculer, et a permis ainsi aux quatre compagnies de zouaves d'entrer dans le parc.
Dès le commencement de l'action, 4 mitrailleuses, sous les ordres du capitaine de Grandchamp, et la batterie de 4 du capitaine Nismes, le tout sous la direction du commandant de ]Miiibol, s'étaient portées avec une remarquable audace très en avant pour soutenir l'action de l'infanterie.
En même temps, les francs-tireurs de la 2^ division, commandés par le capitaine Faure-Biguet, se pi^écipitaient sur Buzenval, y entraient, et se dirigeaient sous bois vers le bord du ravin de Saint-Gucufa.
Les Prussiens débouchant des bois en grand nombre, l'ordre a été donné de se retirer; mais à ce moment, la batterie de 4 du capitaine Nismes, surprise près la porte de Longboyau par une vive fusillade, a eu presque tous ses chevaux tués ou blessés. 11 en est résulté un instant de désordre pendant lequel deux pièces sont tombées entre les mains de l'ennemi. La retraite s'est failo en bon oi'dre, et les Prussiens, craignant l'action de notre artillerie et du Mont-Valérien, et d'un autre côté, salués par quelques décharges de mitrailleuses, n'ont pas essayé de nous inquiétci*.
Pendant l'opération principale, la colonne Martenot envoyait un bataillon à la Fouilleuse, et ses tirailleurs, poussant jusqu'aux crêtes, occupèrent un instant la redoute de Montretout.
A droite, le régiment de dragons, appuyé d'une batterie à cheval, se poiiait vers la Seine, entre Argenteuil et Bczons, et. canonnait quelques postes de l'ennemi.
Toutes les troupes avaient rejoint les cantonnements à 1 heures et demie.
Mon cher général,
Vous m'avez prié de vous donner quelques détails sur la part que les tirailleurs de la Seine avaient prise au combat de la Malmaison, le 21 octobre.
Voici ce que je sais personnellement :
Le 21 octobre, à huit heures du matin, au moment où les tirailleurs se réunissaient sur la pelouse de Passy pour faire l'exercice, l'ordre leur fut brusquement donné de se rendre au Mont-Valérien. Cet ordre, venu de je ne sais quel état-major (1;,
(I) État-major général de la garde nationale, qui avait demandé au générai Ducroi l'autorisation de lui envoyer les tirailleurs pour prendre part à l'opération, et qui les fit partir dans l'état de désarroi qu'indique le scrgent-ir.ajor ïurquct.
fut aussitôt exécuté, bien que la compagnie n'eût que 62 hommes présents sur 120, bien que les deux capitaines fussent les seuls oniciers présents, Itien que notre chirugicn n'eût pas été appelé, bien que nous n'ayions pas encore mangé, bien que nous n'ayions pas la provision de cartouches réglementaire.
En arrivant à la Porte-Maillot, le déploiement de forces que nous y rencontrâmes nous fit comprendre que nous allions assister à une bataille. Nos deux capitaines nous engagè'*ent alors à nous procurer quelques vivres que nous trouvâmes diflicilement dans l'avenue de Neuilly. Nous complétâmes ces vivres tant bien que mal au rond-point de Courbevoie, pendant la halte.
C'est dans ces détestables conditions que nous sommes entrés en ligne, à onze heures, avec les francs-tireurs du Mont-Valérien, commandés par le capitaine L'iopis.
Jetés en avant de vos lignes le long du mur de gauche de la Malmaison, les tirailleurs de la Seine ont vigoureusement enlevé les vignes qui se trouvaient devant eux. Pendant deux heures ils se sont bravement, sinon intelligemment battus. Nous étions des conscrits voyant le feu pour la première fois, et nous avons pu commettre des fautes de manœuvre, mais nous n'y pouvions rien, nos cadres étant incomplets.
Vers quatre heures, je crois, vous avez fait replier mes camarades qui manquaient de cartouches, et auxquels vous ne pouviez en donner, vos caissons n'étant pas approvisionnés pour les carabines Snider dont nous étions armés.
Que s'est-il exactement passé de trois heures à la fin de la journée ? Je ne le sais, ayant reçu ma troisième blessure vers trois heures.
Tout ce que je puis vous dire, c'est que les tnailleurs de la Seine ont fait leur devoir comme de vieux soldats, et que 17 hommes de ma compagnie sur 62, ont été tués ou blessés.
Recevez, mon cher général, l'assurance de l'entier dévouement de votre collègue.
Edmond Tuuquet, Ancien sergcat-major aux tirailleurs.