I. — Infanterie
Marini. Lo département de la marine avait fourni, pour la
défense, 13,900 hommes: 10,600 matelots et canonniers, 3,300 soldats d'infanterie. Ces marins formèrent une division placée à Saint-Denis, sous le commandement supérieur du vice-amiral La Roncière-Le Noury. De plus, ils constituèrent les garnisons de plusieurs forts : Romainville, Noisy, Rosny, Ivry, Bicôlre et Montrouge, et fournirent des détachements au fort de Nogent et au Mont-Valérien.
Ces troupes, bien disciplinées, bien commandées, se conduisirent valeureusement en toutes circonstances. 13» et 14e corps. Los troupos do liguo se composaient spécialement des 13* et 14* corps; elles comprenaient en outre, en dehors
des dépôts et de certains éléments épars : les gendarmes, les sapeurs-pompiers, les douaniers, etc., etc.
Ces 13* et 14* corps étaient constitués, presque exclusivement, avec des régiments de marche.
Régiments d ancienne formation, — Seul, le 13* corps possédait deux régiments préexistants : le 35* et le 42* de ligne, qui venaient de Rome. Ces deux régiments se sont acquis une réputation bien méritée pendant le siège de Paris ; ils ont donné la mesure de ce que la défense aurait pu tenter, dès le début, si elle avait disposé de quelques autres régiments d'ancienne formation.
Régiments de marche. — Les régiments de marche, composant presque uniquement l'armée de Paris, ne pouvaient être comparés avec les vieux régiments, surtout au commencement; formés avec trois bataillons de dépôt appartenant à trois régiments différents , ils n'avaient ni cohésion, ni esprit de corps ; sous bien des rapports les cadres et les hommes laissaient à désirer.
Lors de la déclaration de guerre, plusieurs capitaines trop âgés, ou fatigués, avaient permuté pour rester au dépôt ; ces dépôts ayant servi à former les régiments de marche, nombre de ces capitaines en faisaient partie.... Parmi les officiers supérieurs, on voyait aussi plusieurs ex-capitaines trésoriers ou d'habillement qui, nommés à cause de leur ancienneté, n'avaient pas toujours l'habitude du maniement des hommes, ni l'activité désirable.
A la tète de ces nouveaux corps se trouvaient des lieutenants-colonels, tous nouvellement promus, ne connaissant ni la troupe, ni les officiers.
Non-seulement le commandement péchait par l'inexpérience des officiers, mais encore par l'insuffisance du nombre. Dans beaucoup de compagnies, il n'y avait qu'un lieutenant ou un sous-lieutenant .
Les cadres des sôus-ofûciers et des caporaux impro-
visés avec d'anciens soldats rappelés par la loi du 10 août, étaient d'une faiblesse extrême.
Quant aux hommes, tous recrues, réservistes ou échappés de Sedan, ils présentaient un ensemble peu satisfaisant. Les recrues n'avaient qu'une instruction de quelques jours ; les réservistes, exercés pendant 2 à 3 mois, les années précédentes, ne connaissaient pas l'usage du chasscpot. Parmi les échappés de Sedan, beaucoup, par leur langage et leur tenue, étaient plus propres à décourager les esprits qu'à les affermir.
Enfin, les trois bataillons de ces régiments, composés d'éléments si médiocres, étaient même étrangers les uns aux autres au point de vue administratif : chacun se gérait pour son compte et vivait à part.
Nous reproduisons au sujet de ces nouveaux régiments quelques lignes très-justes de M. Chaper (rapport à l'Assemblée nationale sur le siège de Paris) :
« Voilà un régiment formé, discipliné, encadré, qui « marche au combat. Tout en faisant mieux son devoir « qu'un régiment improvisé, par cela seul qu'il connaît « mieux ce devoir ; — tout en rendant plus de services « — le corps instruit perd moins de monde, car chaque « homme sait ce qu'il doit faire pour se garantir, aborder « ou tourner les obstacles ; mais cnlin, après le combat, c surlout si ce n'est pas une victoire, il revient décimé.
« Il a perdu bon nombre d'officiers et de sous-offitt ciers — souvent les meilleurs, — on remplit les vides, « et en peu de jours l'assimilation de ces nouveaux « éléments est faite. Par l'exemple des anciens, les nou- « veaux sont vite au courant de tout, et souvent, dès « le lendemain, le corps est prêt à combattre de nou- « veau. »
A Tappui de ces paroles nous citerons les deux seuls régiments d'ancienne formation existant dans Paris : le
35* perdit pendant le siège 40 officiers et 1,200 hommes, le 42*» 43 officiers et 1,400 hommes; cependant ces deux régiments montrèrent à la fin du siège la même énergie, le même dévouement que dans les premiers combats. — Pendant la lutte contre la Commune, leur ardeur, leur entrain ne furent pas un instant ralentis.
Ces 13* et 14* corps, dont nous venons d'examiner les composiuon éléments, étaient formés chacun de trois divisions. lacetiéecon
Le 13* corps, commandé par le général Vinoy, se composait de la division d'Exea (1") : brigades Mattat (5*, 6*" de marche) et Daudel (7% S** de marche) ; la division de Maud'huy (2*^) : brigades Dumoulin (9*, 10^ de marche) et Biaise (11% 12* de marche); la division* Blanchard (3*) : brigades Susbielle (13% 14^ de marche) et Guilhem (35% 42* de ligne).
Chacune de ces divisions comprenait deux compagnies de chasseurs à pied tirées de deux dépôts différents.
L'effectif total du 13* corps était d'environ 25,000 hommes.
Le 14* corps, commandé par le général Renault, se composait de :
La division de Caussade(l") : brigades Ladreit de la Charrière (15% 16* de marche) et Lecomte (17% 18* de marche) ; la division d'Hugues (2*) : brigades Bocher (19*, 20* de marche) et Paturel (21*, 22* de marche) ; la division de Maussion (3*) : brigades Avril de l'Enclos (23% 24* de marche) et Gourty (25% 26* de marche).
A chacune de ces divisions étaient attachées deux compagnies de chasseurs à pied tirées de deux dépôts différents.
L'effectif de ce corps était ^ussi de 25,000 hommes environ.
Au 14* corps on avait joint pour le combat de Châ^ tillon le régiment de zouaves de marche.
Rékiments Les régiments de marche des 13' et 14' corps avaient
de créritîoa nou- , , ^ , , , .,, ... / i-,
veiie. été formes avec des bataillons existants et régulièrement constitués.
Mais dans Paris il y avait des dépôts, des éléments épars d'un certain nombre de corps d'infanterie; ces ressources furent utilisées et servirent à la création de plusieurs régiments nouveaux.
Le régiment de zouaves de marche, fort de 2,000 hommes environ, fut organisé avec tous les débris des trois régiments de zouaves échappés de Sedan, avec des hommes rappelés et des engagés volontaires.
Le âS"* de marche fut formé avec tous les dépôts de la • garde et deux compagnies du bataillon de chasseurs de cette garde.
Le SG** de marche, dont la formation fut décrétée le 28 septembre, se composa de compagnies de dépôt tirées de seize régiments différents :
1", 13% 17% 30% 34% ST' (1" bataillon); 2% 8% 10», 28% 35% 53« (2^ bataillon); 39% 49% 51% 58^ (3^ bataillon).
De même, l'organisation du 37" de marche, décrétée le 2 octobre , fut obtenue au moyen de la réunion des deux compagnies de dépôt des 7% 15% 18* bataillons, de chasseurs à pied, et de compagnies disséminées des 38% 66% 82% 86% 100* régiments d'infanterie.
Des mesures analogues permirent de procéder, le 20 octobre, à la formation des 38*^ et 39® régiments de marche.
Pendant longtemps toutes les diverses compagnies de ces nouveaux régiments s'administrèrent isolément ; ainsi, le 36* fournissait seize situations journalières ; le désordre, la confusion qui en résultaient étaient extrêmes, sans parler du temps énorme perdu en écritures. . . Gela dura jusqu'au 28 octobre (1).
(1) Les bureaux du ministère de la guerre étaient convaincus que la
Deux bataillons de chasseurs , créés au mois de no- création a© troi
' bataillons
vembre, portèrent les n** 21 et 22 ; le 23* fut organisé (j^e^Sj?*»'^ dans le courant de décembre.
Le 21* bataillon, formé à sept compagnies avec six compagnies de chasseurs (réparties dans les divisions du 3* corps) et une de la garde.
Le 22* bataillon comprenait également sept compagnies : les six du 14* corps et une de la garde.
En décembre, le même décret qui ordonna la création d'un nouveau bataillon : 23% porta à huit, les compagnies des 21* et 22' bataillons ; les cadres des huitièmes compagnies pris dans les corps mêmes.
On forma le 23* bataillon avec les dépôts des 7*, 15' et 18* bataillons de chasseurs, ayant déjà servi à organiser deux bataillons du 37* de marche; ils fournirent les hommes et les cadres des sous-officiers; les officiers furent pris dans les deux bataillons créés précédemment.
Ce dernier bataillon , étant presque entièrement composé de recrues parisiennes, se laissa facilement entraîner par la garde nationale à manifester sur la place de la Bastille pendant l'armistice ; près de lui se trouvait cantonné, sur le boulevard du canal, le 21* bataillon; moins mal composé , il subit sa déplorable influence et
lutte ne pouvait se prolonger.... Redoutant les embarras qu'occasionneraient, à la paix, tous ces corps de nouvelle formation , ils voulaient s'en tenir à une réunion momentanée de compagnies, qui, continuant à s'administrer isolément, nu titre de leurs corps, pourraient être rendues à leur destination première aussitôt que l'on ne serait plus en face do Tennemi.
Les généraux, au contraire, portant tout le poids de la défense et uniquement dominés par l'idée de la rendre aussi énergique que possible, insistèrent auprès du Gouverneur de Paris pour obtenir l'organisation complète et déflnitive de ces nouveaux régiments; il firent remarquer que c'était l'unique moyen de donner à nos jeunes troupes l'homogénéité , la discipline , l'esprit de corps indispensables pour soutenir avec honneur la rude tâche qui leur était imposée.
Gendarme^, douaniers, sapeurs- pompiers.
prit également part à ce mouvement populaire. Un ordre ministériel du 8 mars 1871 prescrivit d'envoyer par punition ces deux bataillons dans la forteresse du Mont- Valérien.
La gendarmerie à pied et la garde de Paris représentaient 3,000 hommes.
Les douaniers, les gardes-forestiers, les sergents de ville, le régiment de sapeurs -pompiers de la ville de Paris, donnèrent environ 5,000 hommes qui, en majorité, servirent à former des artilleurs.
En résumé, nous eûmes donc, dans le cours du siège, de 75,000 à 80,000 hommes d'infanterie de ligne, parmi lesquels on ne pouvait con^)ter que le tiers ou le quart de vrais soldats.
IL — Cavalerie.
Division ChamperoD.
Il y avait dans Paris la division de cavalerie Champeron, d'ancienne formation ; les premiers jours de septembre elle lit, avec la division Reyau, une reconnaissance dans la vallée de la Marne.
Apres s'être avancées jusqu'à Meaux, ces deux divisions se retirèrent à l'approche de l'ennemi ; la division Reyau gagna Versailles , par la suite elle fit partie des armées de province ; la division Ghamperon rentra dans Paris.
Cette dernière division était ainsi composée : 1'* brigade, [ 1" régiment de marche de dragons* g** de Gerbrois ( 2^ id. de dragons.
2* brigade, ( 1" régiment de chasseurs, général Cousin ( 9° id. de chasseurs.
En dehors de cette division on forma à Paris une brigade de cavalerie, dont le commandement fut donné
au général de Bernis ; elle comprenait trois régiments :
Le 1" régiment de marche de lanciers;
Le 2* régiment de marche de cuirassiers , formé avec l'escadron des cent-gardes et un escadron de chacun des régiments de grosse cavalerie de la garde ;
Le régiment de marche mixte, composé d'un escadron de chacun des régiments de cavalerie de ligne et légère de la garde.
Cette brigade avait été définitivement constituée à la date du 12 septembre.
On créa également un régiment de gendarmerie à cheval d'un effectif de 700 cavaliers , sous les ordres du colonel Allavène.
C'était un total de 5,000 sabres environ.
m. — Artillerie.
Pour former l'artillerie des 13' et 14* corps, on n'avait eu que sept batteries anciennes; toutes les autres, au nombre de 23, avaient été improvisées, soit complètement, soit avec des fractions de batteries.
On organisa encore d'autres batteries dont les cadres furent créés avec des officiers échappés de Sedan, des officiers d'artillerie de marine , des officiers de la flotte, des officiers retraités ou démissionnaires, des ingénieurs, des élèves des écoles; les emplois de sous-ofHciers furent généralement remplis par d'anciens maréchaux des logis devenus gendarmes, des douaniers, des forestiers, des gardiens de la paix et des sapeurs-pompiers.
Grâce à l'admirable élan et au dévouement absolu de tous, on arriva à constituer ainsi une nouvelle artillerie qui, à la fin du siège, se montait à 93 batteries de campagne appartenant :
BÉFENSE DE PAHia ^^^H
5 au
régiment d'artillerie; ^^|
2 au
13 au
4 au
5 au
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3 au
6 au
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BitteriM E)n outre,
1g service de rartillerie de marine avait |
expédie •■
sur 1
Paris,
avant rinvesLîssement, 16 batteries, 1
qui furent d'
an précieux secours pour la défense, "
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joindre 15 batteries fournies par la
Composition de
rartillerie de campagne
à la fin du siège.
garde mobile.
Notre artillerie de campagne se composa donc à la fin du siège de 124 batteries, savoir :
93 appartenant à l'artillerie de terre;
16 — — de marine;
15 — à la mobile.
Cette artillerie de campagne était pourvue de tous les services accessoires indispensables. Elle disposait, pour ses transports de matériel, de 4 compagnies du 1" régiment du train d'artillerie et de 4 compagnies du 2* régiment; puis pour tous autres besoins, d'une compagnie d'artificiers (2*") et de 3 compagnies d'ouvriers (4% 6% 9*).
A ces dernières compagnies se rattachait le corps franc des ouvriers auxiliaires d artillerie ^ dont nous parlerons plus loin.