‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 4 sur 87 · JOURNÉE DU 18 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

JOURNÉE DU 18 SEPTEMBRE

Le 18 septembre au matin, pour donner satisfaction Le rëgîm aux demandes du général Ducrot, le Gouverneur de Pa- v» occi

lleudi

ris donne Tordre au lieutenant-colonel Méric, comman- ci les p»

votsio

dant le régiment de zouaves de marche, de se rendre de Montretout (1) à Meudon, dans le but de défendre le château et les positions voisines. A 10 heures, les zouaves arrivent au château de Meudon, occupé seulement par une compagnie d'infanterie, deux compagnies de mobiles et un détachement de gendarmes, sous les ordres du commandant du génie Lévy.

Le lieutenant-colonel Méric place immédiatement ses grand* gardes :

1' 600 hommes à la Capsulerie de Meudon ; cette grand'garde détache un poste de 100 hommes^ au rondpoint de la Belle-Étoile ; en outre, elle fournit des travailleurs pour continuer la redoute commencée près de la Capsulerie.

2** 100 hommes â TÉtoile-de-la-Patte-d'Oie, surveillant les pentes vers Chaville et Vélizy ;

3"* no hommes à Dame-Rose avec un petit poste à la

\\) Ce régiment avait été envoyé à Montretout le 17 au matin pour fournir des avant-postes de ce côté et aider à la construction do la redoute.

ferme dite Pointe-de-Verrières ; cette grand'garde surveille le terrain entre Vélizy et Villacoublay ;

4"* 100 hommes à la ferme de Tri vaux.

A midi et demi, toutes ces grand'gardes sont à leurs emplacements .

econnaissance Ce même jour, 18 Septembre, deux reconnaissances

du capitaine , , *

eLouvencourt S exocuteut : 1 uuo vors la Bièvre, commandée par le

vers

aint-Germain. capitaine Faverot ; l'autre vers Bougival et Saint-Germain, sous les ordres du capitaine de Louvencourt, également officier d'ordonnance du général Ducrot. Cette dernière ne rencontre pas Tennemi ; il n'est pas encore en vue de ce côté.

iôomiaissance Le Capitaine Faverot, qui a passé, avec ses deux pelo- VaVerot"^ tous de guidos, la nuit du 17 au 18 à Petit-Bicêtre, re-

«fi Palalseau. . i . , 11

çoit, avant le jour, deux nouveaux pelotons du même corps. Pendant que les deux premiers forment soutien, l'un à Petit-Bicétre, l'autre à l'Hôtel-Dieu sur la route de Versailles, les deux nouveaux pelotons, dès 6 heures du matin, se dirigent : celui de droite, vers le plateau de Toussus et du Trou-Salé ; celui de gauche, dans les environs de Palaiseau et de Longjumeau ; ils doivent marcher, ainsi que nous l'avons dit plus haut, jusqu'à ce qu'ils aient rencontré l'ennemi.

A quelque distance de Palaiseau, les éclaireurs du peloton de gauche ayant échangé des coups de fusil avec plusieurs cavaliers allemands, le capitaine Faverot fait arrêter sa reconnaissance; puis, jugeant qu'il a affaire à l'avant-garde d'une grosse colonne, il se retire par la route de Bièvre, traverse le village d'Igny et se jette dans le Ijois de Verrières. De l'extrémité du plateau qui s'avance en pointe au-dessus d'Amblainvilliers, il découvre, derrière l'avant-garde prussienne, une colonne de quatre escadrons, marchant dans la direction de Versailles

DÉFENSE DE PAKIS. 15

Un peu auparavant le capitaine Faverot, craignant que son peloton de droite, qui opérait vers Toussus, ne fût coupé et pris, lui avait ordonné de se retirer sur Paris par Versailles et Sèvres. Ce peloton, commandé par le sous-lieutenant Sébille, parvint à échapper â la poursuite des hussards prussiens, sans perdre un seul homme.

En même temps, le capitaine Faverot envoyait à toute bride un cavalier au peloton de THôtelDieu, pour lui prescrire de rejbindre celui qui était au Petit-Bicêtre ; tous ses éclaireurs se retirèrent également vers ce point, en cherchant a entraînera leur suite, sur le plateau de Châtillon, les cavaliers allemands. Puis, de sa personne, cet officier vint informer le général Ducrot du mouvement de Tennemi.

Au reçu de ces nouvelles, le général en chef ordonna au général de Bernis (1), dont la brigade était campée près du fort de Montrouge, d'exécuter avec sa brigade et une batterie d'artillerie, une forte reconnaissance dans la direction de Verrières.

Le capitaine Faverot, chargé de porter Tordre, devait guider la reconnaissance, dont le but était de tenter un coup de main contre les troupes signalées qui nous prêtaient le flanc.

Pour parer à toute éventualité, le général en chef Le i5« ré^mei porte en avant le 15* de marche, de la division Caus- prend position sade, sous les ordres du lieutenant-colonel Bonnet ; ce régiment occupe solidement le village de Plessis-Picquet, pendant que deux compagnies de chasseurs à pied s'établissent en grand'garde au Moulin-Plessis, sur le bord du plateau. La 1" division (de Caussade) prend position à la lisière du bois de Meudon, échelonnée

(1) La brigade de Bernis , composée d'un régiment de marche de cuirassiers et du régiment de marciie mixte, venait d'être mise à la disposition du général commandant les 13' et i¥ corps.

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' Le général de Bernis continue à s'avancer vers Villacoublay, des patrouilles envoyées dans diverses directions explorent tout le plateau jusqu'à Mont-Clain.

Ne voyant plus rien, et jugeant sa reconnaissance terminée, le général fait faire demi-tour à sa colonne qui reprend le chemin de Chàtillon.

De son côté, le général Ducrot, traversant le plateau de Chàtillon, s'était rendu à la tour du Moulin-Plessis, d'où Ton découvre toutes les pentes de Sceaux et de Chatenay; mais le pays, trés-boisé de ce côté, Tempêcha d'apercevoir les colonnes ennemies cheminant par la vallée de la Bièvre. Le général longea ensuite le bord du plateau, en prenant le chemin de Petit-Bicétre; à hauteur de la mare des Noyers, il fut accueilli par une fusillade partie de la lisière du bois de Verrières. Changeant alors de direction, il descendit dans Plessis- Picquet, et, après avoir examiné les dispositions prises pour la défense de ce village, remonta sur le plateau entre la pointe de Chàtillon et la pointe de Trivaux, où il rencontra la brigade de Bernis, revenant lentement de sa reconnaissance.

A ce moment même on aperçut un groupe ennemi qui s'élançait sur la ferme dite Pointe-de-Trivaux. Le général fait faire demi-tour à la brigade, la déploie, et deux pièces d'artillerie se portent en avant. Nos obus obligent les Prussiens à abandonner la ferme, et à se replier vers la garenne de Villacoublay.

La brif;ade de cavalerie reprend sa marche sur Chàtillon ; arrivée près de la redoute à 4 heures et demie environ , elle s'établit pour la nuit entre cet ouvrage et le cimetière.

d'arriver à l'Abbayc-au-Bois; le gros de l'avanl-garde était près de Bièvre.

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marche sur Villacoublay ; un demi-escadron envoyé du côté de Mont-Clain couvre le flanc gauche.

Le 2* bataillon prussien se porte sur le bois de la Garenne; nos quelques tirailleurs qui s'y trouvaient se

replient par Pointe-de- Verrières sur Dame -Rose

La grand'garde des zouaves établie dans cette ferme (1) ayant tiré sur la compagnie prussienne qui poursuit les nôtres, le colonel von Flotow ordonne d'enlever Dame- Rose. Le 1*' bataillon du régiment n** 47 reste en réserve à Petit-Bicetre, le 2* bataillon envoie deux compagnies par Pointe-de- Verrières jusqu'au bois de Meudon pour tourner Dame-Rose par la droite, pendant que le bataillon de fusiliers, venant de Villacoublay, l'attaqua de front

Les zouaves ne résistent que très-faiblement. . . Vers 3 heures , les Prussiens entrent dans la ferme et font une soixantaine de prisonniers.

Quelques coups de feu seulement ont dû être tirés par nos soldats, car l'ennemi n'eut que quatre blessés. Ce fait explique pourquoi la reconnaissance de cavalerie qui revenait vers la redoute do Châtillon n'a rien entendu.

Les tirailleurs prussiens que nous avions vus s'élancer sur la Pointe-de-Trivaux , et que nos obus avaient chassés, appartenaient à un demi-peloton que le 1* bataillon du AT régiment prussien , établi à Petit-Bicêtre, avait envoyé contre cette ferme, pour couvrir le flanc droit des troupes engagées vers Dame-Rose.

Vers 4 heures, le colonel von Flotow rallia tout son régiment à Pelit-Bicétre ; ses sentinelles s'avancèrent seulement jusqu'à la Garenne de Villacoublay et au Pavé-

(1) Celle grand'gardc apparlenait au régiment do zouaves posté au château de Meudon.

Blanc; la compagnie qui occupait la ferme de Trivaux, put donc, vers 5 heures, faire une reconnaissance jusqu'au delà de la Poinle-de-Trivaux sans rencontrer l'ennemi .

Rentré à Châtillon, le général Ducrot trouva une lettre du Gouverneur, conçue en ces termes :

« Paris, le 18 septembre 1870.

0 Mon cher Général,

« Vous savez qu'il ne m'a été possible do réaliser qu'en partie les différentes demandes que vous m'avez adressées hier au soir. Cependant vous avez dû voir arriver, ce matin, entre Bicêtre et Ivry, la division de Maud'huy, que je mettais avec son canon à votre disposition, et à laquelle vous avez dû donner direction. Je vous ai également expédié (route do Chevreuse , entre Montrouge et Vanves) im renfort important de munitions d'artillerie. Mais à voire droite, j'ai dû remplacer les six bataillons de mobiles que vous me demandiez pai» un régiment de marche de 2,000 zouaves qui était à Montretout, où il ne reste plus, conséquemment, que 600 à 800 hommes.

« Enfin, je n'ai pas pu vous envoyer non plus les doux bataillons de mobiles que vous souhaitiez pour occuper le bois de Plessis-Picquet.

a Votre droite est faible ; mais j'estime que, pour aujourd'hui, vous avez pou à craindre de ce côté. Tout le mouvement de l'ennemi, qui îi passé la Seine à Villencuve-Saint-Gcorgcs et à Ghoisy-le-Roi, le porte vers les hauteurs que vous occupez, ou, parallèlement à ces haulcm*s, vers Versailles, qui sera un de ses principaux points de concenlralion. D'autres troupes prussiennes viennent à Versailles par le Nord-Ouest; mais elles ne peuvent passer la Seine qu'à Mantes, et elles n'arriveront que plus tard au point de concentration.

« J'aurais donc souhaité que l'ennemi vous attaquât aujourd'hui même. D'une part, je ne le crois pas en force supérieure, et dans la position où vous êtes (bien que nous ne puissions pas tirer parti du fort des Hautes-Bruyères et du Moulin-Saquet) avec 40,000 honmies d'inrantcrie environ, plus de 100 pièces et l'appui des forts, vous êtes en mesure.

« Si l'ennemi s.'ullongeait devant vos positions, cheminant vers

B»c7uet. Pâtis p v

Versailles , vous pourriez tâter son flanc , mais avec la plus grande circonspection, car en sortant de la position défensive où vous êtes et perdant l'appui des forts, vous perdriez du môme coup une part notable de vos avantages. Vous jugerez, d'après cette donnée qui m*est fournie, que l'ennemi avait, cette nuit, le plus gros de sa masse posté à deux ou trois kilomètres en avant de Villejuif.

« Si vous n'êtes pas attaqué aujourd'hui et si vous ne pouvez pas attaquer, il faut penser à la journée de demain et aux jours suivants, car vous avez aujourd'hui un maximum de facilités et d'équilibre que le temps réduira infailliblement.

-< Deux cas se présenteront alors :

« Ou nous nous entêterons à garder la position que vous tenez; mais alors je devrai penser à assurer votre droite et j'aurai l'obligation de faire passer le reste du 13® corps à Meudon et Moutretout, abandonnant à sa destinée Vincennes, que je regarde comme très-hasardé. Nous aurions alore près do G0,000 hommes en ligne, de Bagneux à Montretout, et tous nos œufs seraient, comme on dit, dans le môme panier. En outre, nos positions de Clamart à Montretout seraient infailliblement percées, à un jour donné, par des colonnes cheminant dans les bois et par les routes de Chaville et Saint-Cloud. Il ne me paraît donc pas que nous puissions prétendre à tenir indéfiniment dans une position contre laquelle Tennemi, quand il lui conviendrait, pourrait conduire, après sa concentration à Versailles, des masses considérables ;

« Ou nous nous déciderons à céder les hauteurs, et alors, nous devrons convenir des termes dans lesquels il faudra effectuer sur Paris cette retraite, qui' devra être étudiée à Tavance avec précision, en raison des difficultés que présente l'étroitesse des issues. ,

« J'ai voulu mettre ces réflexions sous vos yeux , afin d'appeler les vôtres sur la situation d'avenir que nous ferait l'ennemi, s'il ne veut pas nous attaquer ou se laisser attaquer aujourd'hui.

a Je vous prie d'en dire votre sentiment à l'officier très-sûr qui vous portera cette lettre.

« Votre bien affectionné,

a Signe : Général Trochu.

« Je dois ajouter à cet exposé que la route de Choisy-le-Roi à Versailles, n° 186, et les routes qui y aboutissent, ainsi que toutes les voies de quelque importance qui traversent les bois

de Meudon, ont été dépavées et obstruées. Aujourd'hui et de* main, on va procéder de la môme manière pour les routes qui vont de Versailles à Paris, à Saint-Cloud, Montretout, etc. Cela ne pourra empêcher l'ennemi de menacer d'atteindre notre droite, mais son entreprise sera retardée. »

DucS)i*M décide • ^^ rennemi s'allongeait devant vos positions,

^â^nanc^ cheminant sur Versailles, vous pourriez tâter son flanc, ^D^e^^" n^AÎs avec la plus grande circonspection.... > disait ""vTmme.'"' le Gouverneur.

Le général Ducrot ne fut pas de cet avis; d'après lui, il fallait agir tout de suite vigoureusement ou s'abstenir.

Car, si Ton attendait que les deux grandes colonnes ennemies venant par le Nord et par l'Est eussent fait leur jonction au sud de Paris, le général pensait que la résistance ne serait plus possible sur les hauteurs de la rive gauche : en effet, cheminant par les bois entre Meudon et Montretout, les masses allemandes émergeraient bientôt sur le plateau de Chàtillon, d'où une puissante artillerie ne tarderait pas à nous balayer.

En attaquant immédiatement au contraire : notre bonne , position, nos 100 pièces d'artillerie, nous permettaient d'espérer un avantage contre un adversaire en flagrant délit de mouvement; pourvu, toutefois, que les 30,000 hommes de troupes dont nous pouvions disposer fussent passables. L'avant-garde de Tennemi n'était pas nombreuse, ses colonnes étaient morcelées depuis Choisyle-Roî jusqu'à Vélizy, peut-être même toutes ses forces n'avaient-elles pas entièrement franchi la Seine vers le

sud à coup sûr, pas une de ses colonnes venant par

le nord de Paris n'avait encore traversé le fleuve ; la reconnaissance du capitaine Louvencourt l'établissait surabondamment.

Toutes ces réflexions se présentaient à l'esprit du général et le préoccupaient d'autant plus vivement, qu'à

Frœschwiller et à Sedan, il avait vu que nous avions été écrasés, parce que nous nous étions tenus constamment sur la défensive, laissant à Tennemi les moyens et le temps d'exécuter toutes ses combinaisons stratégiques et tactiques.

Cette fois nos adversaires n'étaient pas concentrés, ils étaient en pleine opération ; si nous tombions brusquement sur leur flanc droit, nous avions chance de les rompre, peut-être même de les refouler jusqu'à la Seine; il ne fallait donc pas laisser échapper une telle occasion.

Bien décidé à prendre l'offensive, le général Ducrot réunit, dans la soirée, tous ses divisionnaires, et leur donne ses instructions pour le lendemain :

La première division, sous les ordres du général de ordre de bataiii

* ^ pour le combat

Caussade, formera la droite de notre ligne de bataille; du 19 septembre elle devra, en longeant les bois, se porter sur la droite de Villacoublay, appuyée dans ce mouvement, à l'extrême droite par les zouaves, qui, de Meudon, marcheront sur la ferme de Dame-Rose.

La deuxième division , sous }os ordres du général d'Hugues, formera la gauche ; elle suivra la route de Châtillon à Versailles, sa gaucho couverte par les troupes établies au Moulin-Plessis et dans le parc de Plessis- Picquet.

Au centre marchera la brigade de cavalerie do Bernis suivie de l'artillerie. .

Cette brigade comprenant : le 2* régiment de marche de cuirassiers (4 escadrotis), le 1*' régiment de gendarmerie (6 escadrons) (1), le régiment de marche de cavalerie mixte (4 escadrons), sera formée en six colonnes, les deux extrêmes de 4 escadrons, les autres de

(1) Le rOgimcnt do gendarmerie ù clicval avait été adjoint à la brigade do Bcruis dans la journée mumo du 18 septembre.

2 escadrons serrés en masse ; toute la brigade s'avancera ainsi, de manière à relier entre la route de Petit- Bicétre et le bois de Meudon, les deux divisions d'infanterie. Derrière chaque colonne marchera un groupe de deux batteries.

On conservera cet ordre jusqu'à la rencontre de l'ennemi. Aussitôt sa présence signalée, l'artillerie, passant dans les intervalles des escadrons, se déploiera sur le plateau.

Ces 68 bouches (x feu, appuyées en arriére par la cavalerie, sur leurs flancs par les deux divisions d'Hugues et de Caussade, couvriront de projectiles le front des bataillons prussiens (1).

L'objectif de la 1" division sera Villacoublay, Dame- Rose, et , plus tard, Vélizy ; l'objectif de la 2* sera Petit-Bicétre, le bois de Verrières.

Ces points occupés, l'artillerie, conversant à gauche^ viendra border les crêtes du ravin de la Bièvre ; enfilant toute la vallée, elle canonnera les colonnes ennemies qui chemineront entre les doux versants.

Pendant ce temps, la S*' division du 14* corps établie à Bagneux, gardera le débouché de la vallée de la Bièvre ; elle détachera un bataillon à Fontenay-aux-Roses, et un régiment sur le plateau de Chàlillon, pour tenir la redoute et ses abords.

Le 15* régiment de marche, résistant énergiquement dans Plessis-Picquet, couvrira notre liane gauche.

Ce plan était simple, d'une'exécution facile. On ne pouvait demander davantage à des troupes si jeunes. Hélas ! elles étaient malheureusement plus novices encore que le commandant en chef ne le supposait.

(1) Les 12 ballcries ne complai«:'nl que 08 pièces, p.-ïrce que les 2 batteries à cheval du commandant Villatc n'avaient que 4 pièces chacune.

La division de Maussion, remplacée la veille à Ville- Mouvemem juif, à Moulin-Saquet et aux Hautes-Bruyères, par la de Maussfon" division de Maud'huy du ii'' corps, était venue occuper ^ ^i^&ràuts^^ Bagneux, ainsi que 1 éperon situé en avant. Le 19 septembre , à 4 heures du matin, elle devait, pendant que les deux premières divisions du 14® corps marcheraient à Tennemi, détacher Tun de ses régiments, le 26® de marche, à la redoute de Chàtillon.

Le 2* bataillon serait placé dans Touvrage ; le 1*' bataillon, à droite dans les tranchées dominant Glamart ; le 3®, à gauche, dans des tranchées ou derrière des haies, jusqu'au Télégraphe.

Dans la nuit, 8 pièces de douze furent établies dans la redoute, vis-à-vis des embrasures imparfaites que les travailleurs s'empressaient d'achever.

Ces 8 pièces étaient :

6 pièces de la batterie Buloz (17* du 2* régiment) ;

2 pièces de la batterie Lesage (18* du 3* régiment) ;

Les i autres pièces de celle dernière batterie furent placées derrière de petits retranchements construits à la hâte au bord de l'éperon sud du plateau, près de l'ancien Télégraphe ; croisant leurs feux avec les batteries de l'éperon de Bagneux, elles devaient battre les routes de Sceaux à Chàtenay et à Plessis , fouiller les bois d'Âulnay, de Robinson et les coteaux environnants.

Toutes ces pièces étaient en position avant le jour, et les servants travaillèrent avec ardeur à rendre les retranchements capables de les abriter.

La réserve d'artillerie campait aux abords de la redoute de Chàtillon ; la cavalerie était également sur le plateau, à droite de l'ouvrage.

La nuit du 19 se passa sans incident. Vers une heure du matin, le général Ducrot ayant reçu avis que les zouaves manquaient de cartouches, il en fît demander au

fort de Vanves, et prévint le colonel de ce régiment, M. Méric, qu*il recevrait son complément de munitions à la ferme do Trivaux, point de jonction des zouaves avec la l'* division.

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