‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 5 sur 87 · COMBAT DE CHATILLON · texte numérisé non relu

COMBAT DE CHATILLON

(19 soptombro 1870.)

Los colonnes Lc 19, à cinq heures du matin, l'infanterie, la cavaleenma"he?5h. HO, Tartillerie, se mettent en mouvement dans Tordre prescrit.

La division de Caussade laisse ses sacs au point A (croquis n° 10) : longeant la lisière du bois de Meudon, elle se dirige, en colonne serrée par division, sur la ferme de Trivaux; sa deuxième brigade (17* et 18®, général Lecomte) est en tète de colonne; le 16*^ forme réserve (1); Textrème droite est formée par le régiment de zouaves, qui doit s'étendre jusqu'à la ferme de Dame- Rose.

La division d'Hugues, ayant également laissé ses sacs près de la redoute, s'avance sur le plateau, entre la route de Versailles et le bord du ravin de Plossis-Pic-

(1) Lo 15* était chargé de la défense de Plessis-Pioquol.

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quet; les deux brigades, à distance de déploiement, sont formées en colonne serrée par division ; la première brigade (19% aO", général Bocher) tient la tête.

Au centre et à droite de la route, mais un peu en arrière des têtes de colonne d'infanterie, marche la cavalerie, suivie de l'artillerie : les colonnes de deux escadrons sont espacées de façon à livrer un passage facile aux batteries.

Le brouillard est si épais qu'on ne distingue rien devant soi; vers 6 heures 1/4, nos francs-tireurs se trouvent subitement à très-peu de distance des tirailleurs prussiens; quelques coups de feu sont échangés (1).

Les colonnes d'infanterie s'arrêtent, celle de droite à hauteur de la Pointe-de-Trivaux, celle de gauche à la tête du ravin de Plessis-Picquet, où elle peut se masquer aux vues de l'ennemi.

Vers 6 heures 1/2, le brouillard se dissipe. .. quelques groupes ennemis paraissent entre Petit-Bicêtre etVillacoublay; on voit également des tirailleurs allemands évacuer la petite maison du Pavé-Blanc et se replier sur la Tuilerie, située un peu en arrière et bordant la grande route de Versailles.

Immédiatement le général en chef donne l'ordre au lc tc li commandant du T bataillon de la Seine, d'envoyer une enlève i,i

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compagnie de mobiles vers la Tuilerie et d'en déloger l'ennemi. La 1"^ compagnie (capitaine De Rivoire) se porte vivement dans cette direction ; mais à cent mètres de la route, notre ligne de tirailleurs est arrêtée par une vive fusillade.

Le général en chef prescrit alors au commandant de Vernou-Bonneuil d'aller lui-même entraîner ses hommes

(1) Il avait été formé une conipac^nio do francs-tireurs par bataillon. Ces C(>nipa«;nic8, composées d'oflicicrs et de soldats choisis, jouaient lo rOlo d'éclaii'curs en avant do leurs divisions.

et enlever la position. Électrisés par leur chef, les mobiles s'élancent sur la Tuilerie, pénètrent dans la cour de ce bâtiment , et chassent les Allemands qui se replient en désordre vers le bois de Verrières. Combat Pendant ce temps, les 8 pièces des deux batteries du

d'artillerie.

groupe de droite (commandant Villate) sont portées en avant, au delà de la Pointe-de-Trivaux ; elles ouvrent le feu sur le groupe de maisons appelé Petit-Bicêtre.

Aussitôt l'ennemi répond d'une batterie placée à gauche de ce hameau. Le général en chef appelle le deuxième groupe (commandant Warnesson) et lui prescrit de se porter à la droite du premier. Ces 20 pièces font converger leurs feux sur la batterie ennemie; bientôt, réduite au silence, elle va se reformer dans le ravin qui descend vers Bièvre. . . elle a trois pièces mises hors de service, son commandant et une dizaine d'hommes sont grièvement blessés, une douzaine de chevaux tués, plusieurs blessés (1).

L'artillerie ennemie disparue, nos batteries prennent pour objectifs les maisons de Petit-Bicétre et les troupes d'infanterie établies aux abords du village ; cette canonnade prépare l'attaque de la division d'Hugues qui doit enlever Polit-Bicôtre, pendant que le T bataillon de la Seine gardera la Tuilerie.

Vers 7 heures environ, une nouvelle batterie ennemie venant de Mont-Glain prend position à gauche de Petit-Bicétre ; puis une deuxième parait (c'est la première engagée que son lieutenant, après l'avoir complétée en hommes et en chevaux, ramène au combat); enfin une troisième (batterie bavaroise venant de Bièvre) entre en ligne.

(1) Voir Opérations du 5« corps prussien dans la guerre contre la France, par Sliclcr von llcydekanipf, capitaine à réial-major du 5* corps, traduit par Humbel, capitaine d'étal-major.

Presque toutes nos autres batteries (deux exceptées, faute de place), traversant les intervalles de la cavalerie, s'établissent à la gauche des précédentes jusqu'à la grande route de Versailles ; nous avons ainsi une ligne de plus de 50 bouches à feu, allant de cette route au delà de la Pointe-de-Trivaux, qui couvre de projectiles tout le terrain entre Petit-Bicétre et Villacoublay.

Pendant ce temps, le 19"* régiment, de la division Le i'^ bat d'Hugues, s'est porté en avant ; mais un peu au delà de la sur petii-Bi Tuilerie, son 1" bataillon s'arrête devant la violente fusillade partant de toute la lisière du bois de Verrières. Voyant cette hésitation, le général en chef fait battre la charge, et prescrit à nouveau de marcher contre Petit- Bicétre. Après avoir assuré ces dispositions au centre et à gauche, il se porte vers la colonne de droite et ordonne aii général de Gaussade de faire enlever la Garenne de Villacoublay par un bataillon.

Le 1*' bataillon du iT régiment formant tète de co- Lei^-bau lonne, se porte immédiatement en avant et se déploie s'avance c pour aborder la Garenne ; il engage bientôt le feu avec de viiiacoi les tirailleurs ennemis postés à la lisière du bois et poursuit sa marche.

A ce moment même des cris affreux se font entendre sur la droite; ce sont les zouaves, qui, non loin de la ferme de Trivaux, ont été effrayés par quelques obus tombés à proximité et s'enfuient en poussant de véritables hurlements (1).

Le général Ducrot arrive au galop, se jette au mi- Dcbandi

des zoua

(1) G'élail précisément l'instanl où les zouaves, dont la marche avait élé rclardée, élaicnl occupés à recevoir leur complément de cartouches.

La plupart de ces hommes étaient, à l'exccplion de quelques échappés de Sedan, des engagés volontaires à qui l'on venait de donner le pantalon et la chachia garance.

m DÉFENSE DE PARIS.

lieu des fuyards, les înlerpeUe, les menace; les officiers de son état-major courent après ces hommes entassés comme un troupeau de moutons. .. - On leur baiTe la reute, on les ramène, on les reforme et le général les lance dans la direction de la ferme de Dame-Rose; mais ces malheureux ont à peine fait une centaine de pas, qu'à la vue de nouveaux obus, dont un blesse cinq d'entre eux, ils s'enfuient à toutes jambes à travers bois ; affolés, perdus, ils descendent à toute vitesse les pentes qui conduisent a la Seine; la plupart rentrent à l*aris, où, dès huit heures du matin, ils jettent la lerreor en criant partout qu'on les a traliis. Un certain nombre de ces zouaves, trois cents environ, anciens soldats pour la plupart, sont ralliés par leurs onîciors vers la grîUe de Meudon et, grâce à rénergie du commandant Lcvy, ils s'établissent dans la redoute en construction (1), Un outre groupe rassemblé par le capitaine Jacquot et quelques autres officiers prend position dans le bois de Clamftvt onfrp rp vîlla^^p *A Fl<*nrv.

pérations Pendant que ce triste incident se produit du côté des

k division ,,...* ^ t i .

caussade. zouaves,la division de Caussade gagne du terrain entre Villacoublay et Dame-Rose.

Le 18* de marche, se déployant à droite du 47*, va appuyer sa droite au bois de Meudon ; le 46* reste en réserve derrière la ferme de Trivaux.

(1) Le commandant Lévy fut aidé dans sa résistance au château do Meudon par quelques offlciers do zouaves, ainsi que par M. Henri de FEspée, offlcier auxiliaire du génie ; ingénieur distingué, M. de l'Espée avait offert ses services au Gouvernement, qui le chargea de construire la redoute de la Capsulerie. Commencé le 15 août, cet ouvrage était presque achevé, quand, le 19 septembre, M. de l'Espée reçut du Gouverneur l'ordre de l'abandonner.

C'est alors qu'il vint à Meudon, prêter au commandant du génie Lévy le concours de son énergie.

En mars 1871, M. de l'Espée, préfet à Saint-Etienne, fût assassiné, viclimc de son devoir et de son dévouement à la cause de l'ordpc.

Combat de Chàtillon (19 7^!* 1870)

l ti 7? *^ du mit tir

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Mais ces régiments de nouvelle formation sont vivement impressionnés par la fuite des zouaves et par la retraite du V bataillon du IT de marche qui, après s'être avancé jusqu'à la lisière du bois de la Garenne, s'est replié précipitamment devant les renforts ennemis. Déjà troublés, les soldats de la division de Caussade deviennent plus hésitants lorsqu'ils voient l'ennemi chercher à déborder leur droite. En effet, les tirailleurs du régiment des grenadiers du Roi et du bataillon des chasseurs n* 5 s'avançant en une multitude d'essaims, occupent bientôt tout le terrain découvert qui s'étend de Dame -Rose au bois de la Garenne; deux batteries établies à l'angle de ce bois soutiennent le mouvement tournant. Quelques hommes, bien embusqués dans des fossés, font cependant subir à ces batteries des pertes sensibles...; l'une d'elles même voit tomber tous ses officiers (4), mais le tir des pièces n'en est ni moins vif, ni moins bien dirigé..., et leurs obus portent la terreur dans les rangs de nos jeunes troupes.... L'infanterie ennemie profite de ce désordre pour pousser en avant, elle arrive jusqu'au bois de Dame-Rose, nos tirailleurs reculent , se jettent sur la ligne de bataiUe qui faiblit, se rompt sur différents points. . . , la confusion est extrême... Le général en chef accourt au milieu de cette troupe effarée. . . ; il la contient, la reforme, l'encourage et parvient à rétablir un peu d'ordre...; mais, dès lors, toute action offensive devient impossible ; le général Ducrot, voyant l'ennemi gagner du terrain et menacer de tourner notre droite, se décide à la retraite.

Il envoie l'ordre aux généraux d'Hugues et de

(1) Voir Opérations du 5» corps prussien, par Stieler von IfeyrJftkampr, capiiaino à l'état-major du 5* corps (page 1(53).

Caussade de rallier les emplacements quittés le matin, nbit d^ûrtii- Pendant que ces événements se passaient à la droite, ^lepiiikau. rartillerie continuait au centre une lotte vigoureuse; à la gauche la lutte était également très-vive.

Toutes nos batteries, formant un vaste arc de cerde depuis la ferme dite Pointe-de-Trivaux jusqu à la grande route de Versailles, éteignent un instant le feu de rartillerie prussienne, mais elles ont bientôt à combattre de nouvelles batteries établies depuis Petit-Bicêtre jusqu à Villacoublay, et de nombreux tirailleurs ennemis qui leur font éprouver dos pertes sérieuses.

Les deux batteries à cheval du commandant Villate^ installées les premières , sont les plus maltraitées ; en peu de temps la batterie Bocquenet est réduite à sept servants pouï* les quatre pièce,^, le capitaine a ses deux chevaux tués; le capitaine Bécler, de la deuxième batterie, a également un cheval tué : Tentrain de nos braves artilleurs n'en est pas ralenti et la lutte se poursuit iwi^c. ^ichnrnenient.

La cavalerie , restée en position pour soutenir notre artillerie, continue à tenir ferme sous les batteries des Prussiens.

Au centre le combat se poursuivait donc avec avantage , lorsque le général en chef vint lui-même donner au général Boissonnet , commandant T artillerie du 14* corps, l'ordre de se retirer par échelons, igcde marche A la gaucho, le 19* régiment est aux prises. Pendant eût-BKMMro. que los 2* et 3* bataillons restent en réserve à hauteur du Pavé-Blanc , le 1*' bataillon ( commandant Gollio), dépasse la Tuilerie, qu'occupaient toujours les mobiles et continue sa marche avec les francs -tireurs delà division, en appuyant à gauche pour laisser libre la grande route enfilée par notre artillerie. Arrivé près des bouquets de bois qui précèdent la route de Malabry, le

C50mmandant CoUîo déploie en tirailleurs ses deux premières compagnies (capitaines Parseval et Durand) ; de nombreux groupes ennemis paraissant à quatre ou cinq cents mètres, sur toute la lisière du bois et sur la route n* 186 , le commandant CoUio suspend le mouvement en avant et demande du renfort au commandant Montels, chef d'état-major de la 2' division, venu pour se rendre compte de la situation.

Bientôt les 2" et 3* bataillons du 19* rejoignent le 1*'; alors l'ennemi fait avancer ses batteries, quelques volées de mitraille jettent promptement le désordre au milieu de nos tirailleurs, particulièrement dans le 3* bataillon. Cependant , grâce aux efforts énergiques des officiers, la majeure partie des deux premiers bataillons revient en avant ; quelques compagnies même, obliquant à gauche, cherchent à déborder la droite prussienne. La 3* compagnie du 1" bataillon (capitaine Barret), la plus engagée, arrive à 300 mètres de Petit-Bicétre, à 100 mètres au plus des tirailleurs ennemis; elle fait des pertes nombreuses ; mais, maintenue par Ténergie de son chef, elle soutient la lutte, lutte bien inégale, car elle a affaire à plusieurs compagnies prussiennes du régiment n* 47. Le commandant CoUio la faisait renforcer lorsqu'on vint le prévenir qu'il était tourné par sa gauche ; obligé de battre en retraite précipitamment , il ne put venir en aide à la compagnie Barret, qui fut faite tout entière prisonnière, après avoir eu presque tous ses hommes blessés.

Les autres compagnies qui ont prononcé un mouvement sur la gauche, s'arrêtent devant la fusillade terrible qui part des bois ; cependant un certain nombre d'hommes parviennent à franchir la route de Malabry et pénètrent dans les taillis ; là ils luttent vigoureusement avec les fusiliers du régiment prussien n* 47, mais l'arrivée d'un bataillon de chasseurs bavarois les force

à faire demi-tour; exposés à découvert au feu violent partant de toute la lisière , presque tous sont tués ou blessés.

L'ennemi se sentant en force, sort du bois et poursuit notre gauche ; notre 1" bataillon suit le mouvement de retraite.

Le commandant CoUio, déjà blessé au commencement de Taction, dirigeait encore ses troupes, lorsqu'une deuxième balle vint le mettre hors de combat ; quelques hommes seulement se trouvaient alors auprès de lui, le reste du régiment était déjà loin ; il était 7 heures et demie environ.

A ce moment parvenait Tordre du général en chef prescrivant à la division d'Hugues de reprendre sa position de la veille près Châtillon.

Cette lutte d'une heure avait coûté au 19* de marche 11 officiers et 241 hommes tués ou blessés.

Le lieutenant-colonel de Golasseau, commandant le régiment, avait été frappé à mort ; nous avions également à déplorer la perte du brave Fauveau, capitaine adju* dant-major du 1** bataillon, tué sur la ligne même des tirailleurs, au milieu de la compagnie Barret. ispositions de Le vaillant général Renault , qui , resté près du Pavé- Blanc pendant tout rengagement d'artillerie , avait contribué par son calme à maintenir la cavalerie, fait protéger la retraite du 19" par des tirailleurs, et de sa personne il marche en arrière de la division d'Hugues jusqu'à la redoute de Ghàtillon.

D'après Tordre du général en chef, les 1"* et 2* divisions doivent réoccuper les positions tenues pendant la journée du 17 :

La division d'Hugues en arrière du Télégraphe et dans la direction de Fontenay-aux-Roses ; la division de Gaussade dans le village de Clamart. Ges deux généraux

retraite.

protégeront ainsi la droite et la gauche de la redoute de Châtillon, qui va devenir l'objectif de Tennemi.

Pour soutenir dans ce mouvement rétrograde nos jeunes troupes quelque peu ébranlées, le capitaine de Néverlée porte Tordre aux bataillons établis à Plessis- Picquet de s*y maintenir le plus longtemps possible ; ils ne doivent se replier en passant par le ravin du Télégraphe que lorsque toutes les troupes engagées sur' le plateau les auront dépassés.

Pendant que la division d'Hugues et le 7* bataillon dé mobiles de la Seine suivent , pour se retirer , la grande plaine entre la route de Châtillon et les pentes de Plessîs-Picquet, la division de Caussade effectue son tnoUvement par les bois de Clamart , plusieurs bataillons cheminant sur la lisière du bois.

Au centre Fartillerie, contenant Tennemi, proléffe leâ Retraite de l'ar

' » r o tillerie

deux divisions d'infanterie. Elle exécute sa retraite en p" échelons. échelons par la droite, les batteries restées en avant continuant le feu. L'artillerie prend ainsi quatre positions successives; le mouvement se fait au pas, avec tout le calme possible , sans perte de matériel ; les batteries sont soutenues par les escadrons s'arrêlant en jnême temps qu'elles pour faire face à l'ennemi ; nos cavaliers font, en général, bonne contenance malgré la pluie d'obus qui tombe autour d'eux; un certain trouble se produit un instant dans le régiment de gendarmerie, mais il est promptement réprimé.

Celle opération, dirigée par le général en chef, se fait avec assez d'ordre pour en imposer à l'infanterie allemande, qui ne se laisse voir qu'à la lisière des bois.

Un seul instant l'ennemi se montre audacieux : nos batteries de droite, arrêtées par le large fossé courant de la ferme de Trivaux à la route de Plessis-Picquet, sont obligées de passer, les unes après les autres, sur

un seul endroit comblé par les débris d'un petit pont. Ce véritable passage de défilé gène, arrête le mouvement de retraite... une certaine confusion se produit. . , L'infanterie prussienne profite de cet instant critique, elle sort des taillis et semble menacer nos pièces. . . mais, le général en chef la fait charger, et elle retourne précipitamment sous bois.

po»iiion d« Ces mouvements alternatifs de retraite durèrent près

l'eonemi

wn 10 heur«s. d'uue houro et demie ; l'artillerie ennemie seule nous inquiéta sérieusement, mais en se tenant toujours à trèsgrande portée. Au début de la retraite, notre artillerie avait eu à lutter contre sept batteries ennemies (l"(jivision montée de la 9' division et 3 batteries bavaroises) placées entre Petit-Bicétre et la Garenne.

Au moment où nos troupes arrivaient vers Ghâtillon, les batteries allemandes avaient été renforcées par trois autres, et avant 10 heures, une ligne de 10 batteries allait du Pavé-Blanc jusqu'au bois de Trivaux.

Presque tout le 5* corps prussien se trouvait alors sur le plateau derrière Villacoublay et du côté de Bièvre, Petit-Bicétre et Trivaux. Le régiment de grenadiers du Roi, le bataillon de chasseurs n"" 5 et le 2"* bataillon du régiment n** 47, arrivés à travers bois, étaient parvenus jusqu'au bas de l'avenue de Meudon, près du parc de Chalais, où ils firent prisonniers quelques zouaves débandés.

De plus, une division bavaroise occupait le terrain entre Petit-Bicétre et le moulin Plessis-Picquet; le reste du 2* corps bavarois arrivait à Sceaux.

Le général Aiusi qu'il a été dit plus haut, le général en chef

Ducrol prend ses . ^

oùV'défcnd're ^^'^^^ rononcé à toute offensive, mais il était bien décidé

diVhâiîijLn. ^ continuer la lutte et à disputer pied à pied la redoute

de Chàtillon ainsi que les positions voisines.

Alll.

CoTnl)at de Chàlillon

P4ffèn^e de la Redoute et de. ses abords iians l' apreif - mitti

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En somme, ses pertes étaient peu considérables, si l'on excepte les 2 à 3,000 fuyards de Dame-Rose.

Dans la division d'Hugues, un seul régiment, le 19* de marche, avait sérieusement souffert.

La division de Caussade, un peu ébranlée, se reformait et allait reprendre courage à la vue des ouvrages de Chàtillon.

Le 15* régiment de marche résistait vigoureusement à Plessis-Picquet.

La cavalerie ne pouvait plus être utilisée sur le ter- CâTiierie. rain où nous allions avoir à combattre ; elle pouvait même devenir gênante; le général en chef ordonna donc au général de Bernis de la faire rentrer dans Paris.

Deux escadrons seulement restèrent en position prés de la redoute, jusqu'au moment où l'infanterie fut établie derrière les défenses du plateau.

Arrivé vers 10 heures à la redoute de Chàtillon, le général Ducrot prescrivit toutes les dispositions nécessaires pour assurer la résistance.

Huit pièces étaient dans l'ouvrage ; on y ajouta trois Aruueri». mitrailleuses, sous les ordres du capitaine de Granchamp. Les deux batteries du groupe Cavalier, 17* du 14* régiment (capitaine Bajau), et 17* du 15* régiment (capitaine Froment), furent immédiatement placées derrière les épaulements de droite pour surveiller les débouchés des bois de Meudon et Clamart. A ces batteries vinrent se joindre les quelques pièces qu'on put réorganiser dans les deux batteries à cheval, 13' du 18* régiment (capitaine Bocquenet) et 13* du 19* régiment (capitaine Bécler), si éprouvées pendant le combat sur le plateau.

La batterie do 4 Lapâque (17* du 19*) fut établie derrière un petit épaulement grossièrement ébauché sur le

S8 DÉFENSi: DE PARIS.

glacis, ^n avant de l^nglQ d'épaule de droite de la redoute.

Ces 24 pièces étant suffisantes pour assurer la sécurité de ce côléy le général Boissonnet porta tout le reste de son artillerie vers la gauche sur Téperon du Télégraphe, véritable clef de la position.

De là, on dominait admirablement toute la vallée de Sceaux et l'on pouvait battre avantageusement les versants et les plis de terrain, à la faveur desquels Tennemi s'avançait pour tourner notre gauche, entre Sceaux et Fontenay-aux-Roses.

Les petits épaulements commencés, la veille, sur le bord de cet éperon, avaient été consolidés autant que possible et mémo quelques plates-formes volantes y avaient été préparées. Bien que ces petits ouvrages n'eussent pas une forte consistance, leur insuflisanoe était grandement compensée par la position dominante qui contraignait l'ennemi à un tir défavorable de bas en haut.

Voici quelle fut, de la gauche à la droite, la disposition de nos batteries sur Tcperon du Télégraphe :

2 batteries à balles (Ladvocat et Perrault), sous la surveillance momentanée du commandant Viguier (moins 2 pièces dégradées), soit 10 pièces

I batterie de 12 (de Chalain) . \

II — 4 (Dassonville) . > soit • . 18 — 1 — 12 (Déthorey) . . )

surveillées momentanément par le commandant Warnesson ; 1 balterie de 12 {^ P'^l«« seulement.

(Lesage)

les 2 autres dans

la redoute .... 4 —

Total 32 pièces

Toutes ces batteries furent placées sous la direction du lieutenant -colonel Villiers, commandant la réserve d'artillerie du 14* corps d*armée.

L'infanterie était disposée de la manière suivante : infanterie.

Dans la redoute, le 2* bataillon du 26' de marche (commandant Méda) , une compagnie des mobiles d'Illeet'Vilaine, et une cinquantaine d'hommes du 22" de marche.

Sur la droite, dans les tranchées, et servant de soutien aux batteries dominant Clamart, le 1" bataillon du 26* de marche (commandant Neltner), et une cinquantaine d'hommes du 17* de marche, avec le capitaine Fayet. Une compagnie du 1" bataillon du 26% la compagnie du capitaine Bontemps , avait été chargée d'occuper le cimetière, bordant la route de Versailles, à 200 mètres en avant de la redoute. Sur la gauche, dans les tranchées construites sur les pentes au-dessous du Télégraphe, le 3* bataillon du 20* de marche (capitaine Coignet) ; ce bataillon devait protéger les batteries du Télégraphe contre les tentatives des tirailleurs ennemis venant de Sceaux et des pentes de Robinson ; il se reliait au 15* de marche solidement retranché dans Plessis- Picquet et dans les parcs qui dominent ce village.

La division d'Hugues, vivement impressionnée par les obus qui, venant des environs de Trivaux et des abords de Sceaux, se croisaient sur Textrémité du plateau, s'était précipitée en désordre sur les pentes de Chàtillon et de Bagneux ; cependant le général Paturel, commandant la 2^ brigade do cette division, avait, grâce à son énergie, réussi à maintenir presque tout le 21* de marche, ainsi qu'une fraction du 22®; ces deux régi- 'ments étaient placés à Tabri des projectile», dans un pli de terrain qui va du Télégraphe à Fontenay-aux- Roses,

40 DÉFExNSE DE PARIS.

Plus en arrière, la division de Maussion se trouvait à Bagneux, ayant toujours un bataillon chargé de la défense de Fontenay-aux- Roses; ses deux batteries divisionnaires (commandant de Miribel) occupaient les épaulements construits à Téperon de Bagneux, et devaient, grâce à leur admirable position, croiser avantageusement leur feu avec celui des batteries du Télégraphe.

Sur la droite, la division de Caussade , après avoir repris ses sacs sur le plateau, et descendu, débandée en partie, les pentes de Clamart, allait se reformer, maintenant qu'elle était à Tabri des projectiles ; elle devait occuper le village de Clamart, en se reliant à Châtillon, et couvrir ainsi notre droite.

Plus en arrière, en troisième ligne, venaient les forts d'Issy, de Vanves, de Montrouge, qui, en cas d'échec, empêcheraient l'ennemi de tenir sur les pentes du plateau et de nous poursuivre.

Grâce à toutes ces dispositions, le général en chef

comptait pouvoir facilement résister et se maintenir sur

l'extrémité du plateau de Châtillon, qu'il considérait

comme une position de premier ordre.

nos batteries de Dès que la retraite eût été effectuée, le feu fut ouvert

decbftuiionet par les 8 pièces de 12 de la redoute ; dirigé avec calme,

du Télégraphe * ^, ^ „ . . . ^ ^ ^ ., *

•Dgagent le feu a uuo distauco d euvirou 2,000 mètres, ce feu contribua

avec les batte-

^^ liabliM °*' beaucoup à retarder la formation et l'approche des lignes •t"îei*bït*t?r*M prussiennes sur le plateau ; il maintint à distance l'artiliiwiïféei^aux l^rie ennemie, qui, vers midi, croyant avoir affaire à des de°sciaax. piècos de positiou de gros calibre, cessa de tirer.

En même temps notre artillerie du Télégraphe engageait l'action contre les batteries prussiennes établies sur les hauteurs de Sceaux; elle en eut facilement raisoA et les força à prendre une position plus en arrière, et hors de la portée de nos mitrailleuses....

Mais des renforts ne cessaient d'arriver aux Allemands : le 2* corps bavarois prononçait de plus en plus son mouvement, bientôt nous pûmes voir de nouvelles batteries s'installer sur tous les coteaux, depuis Bourgla-Reine jusque au-dessus de Plessis-Picquet. Notre position se trouvait ainsi enveloppée, sur une immense étendue, par des feux convergents.

Vu la disposition du terrain , ces feux produisirent peu d'effet : au delà de nos épaulements , le plateau se terminant par des pentes très-raides, tous les coups courts y pénétraient sans ricocher, les coups longs tombaient entre le Télégraphe et la redoute, mais il n'y avait personne en cet endroit ; nos batteries eurent peu â souffrir, même quand le tir de Tennemi fut parfaitement réglé, car les coups les plus justes, ceux qui rasaient la créle des épaulements, venant de bas en haut, allaient éclater à quelque distance en arrière.

Pendant cet engagement d'artillerie, le général en chef, pour parer à tous les incidents qui pourraient se produire, dictait à son chef d'état-major, le général Appert, l'ordre suivant :

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