‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 46 sur 87 · COUP D'ŒIL SUR PARIS ET SES ENVIRONS · texte numérisé non relu

COUP D'ŒIL SUR PARIS ET SES ENVIRONS

Paris est situé au centre du terrain primitif qui forme le versant de la Manche. — Du massif du Morvan, nœud de ce riche bassin, se détachent de fortes et nombreuses ondulations, qui, se recourbant en arcs de cercle, donnent à tous les cours d'eau une inflexion trèsmarquée. Ces ondulations vont toujours en s'abaissant de la circonférence au centre ; les versants intérieurs descendent en pente douce sur Paris; les versants extérieurs, au contraire, sont généralement abruptes et d'accès difficile. Les géologues ont cru voir dans cette formation des obstacles naturels pouvant servir à la défense de la capitale.

D'une hauteur moyenne de 30 à 40 mètres au-dessus du niveau de la mer, Paris est divisé en deux par la Seine ; la région méridionale, qui est la moins étendue, se trouve protégée à l'est par le fleuvS coulant du midi au nord ; au sud, elle est entièrement dominée par les plateaux de Villejuif, de Châtillon, que sépare la vallée de la Bièvre.

Relié par Palaiseau et Étampes aux plaines de la Beauce, le massif de Châtillon s'avance en pointe vers Paris. De là, on dirait « qu'il n'y a qu'à jeter avec la c main des obus dans la ville » (1).

(1) En 1360, Paris fut attaqué do ce côté par les Anglais occupant

La partie st^pleatrionale de Paris, ipi est la plus cmsidérable, fornie tm vaste demi-eercle; la Seine ea ^l la diamètre infléchi à son entrée ei à &a sortie. Ce o6(é de la viUe se trouve protégé à fesl par la Marne, dont ks anneaux sinueux côtoient les hauteurs de >foniniesly,de Sucy-en-Brie, deChenneviéres^ de Champigny, de VUliers^ de Noisy-le-Grand. -* Au nord s élèvent les plateaux du Raincy, d'A^Ton, de Homatnvîlle ; ce dernier conflue à la Ville, et .s y continue par Charonne, Mémlmonlant^ les buttes Qieumonl; hors Tenceintef il préiento une suite de crouftes coupées par des escarpements et de nombreux murs à pic taillés dans le roc^ pour t'exploi* tation des carrières.,. Les villages, les %iUas, les jardins, les parcs, se totichent, s* enchevêtrent en fonnani un réseau incxlricable.

Au pied du plateau de Romalnville s'étend la plaine de Saint-Denis, arrosée par plusteurs cours d'eau; tous ces ruisseaux aflluenl, avant de se jeter dans la Seine, vers la ville , et déterminent un ensemble de bras d*eau appelé Vieille Mer.

A rOuest apparaissent les collines d'Orgemont, de Sannois, de Cormeil-en-Parisis, qui ferment la presqu'île d'Argenteuil, comme celle de Gennevilliers est fermée par les hauteurs de Saint-Cloud et de Bougival. . . Plus au nord, et parallèlement à ces collines, s*élèvent les hauteurs boisées de Montmorency , se terminant près de Saint-Denis par gradins successifs, de telle sorte qu'à partir de cette ville chaque position se trouve dominée par une position située plus avant. La butte

Montroiiîzo, I?^?y, Vanvcs, Vaiigirard ; — en 15«S9, Henri III et le Dâirnais avaient établi leur camp sur les hauteurs de Clamarl, Meudon, Sainl- (>l<)ud. — Ce point de Cliûtill<»n a toujours eu une importance militaire. ainsi qiio lindique son nom Castollio. Aujourd'hui on voit encore une /otir do l'ancienne forteresse, appelée par les habitants tour de Crouy.

Pinçon et le renflement de Stains, qui finissent sur les bords du Crould, servent de transition avec la plaine, et sont les points les plus marquants de ce terrain de formation irrégulière, tout enchevêtré de noués et de vallons.

En revenant sur Paris par Saint-Ouen on aperçoit la butte Montmartre, haute de 128 mètres et large do 100 mètres, qui domine « l'océan de pierres de Paris > ; elle est contenue tout entière dans Tenceinte et se prolonge à rouest,par les Batignolles et Monceaux; à partir de ce point le terrain monte à nouveau jusqu'à TArc-de- Triomple , qui fait partie du massif du- Trocadéro , de Passy, d'Auteuil, dont les pentes se perdent dans le bois de Boulogne et sur les rives de la Seine.

De l'autre côté du fleuve s'étend la longue presqu'île de Gennevilliers, terminée par un des chaînons du massif de Marly. A partir de Bougival, ce massif s'éloigne un peu de la Seine, et forme une véritable lunette dont le saillant, coté sur la carte 155, est tourné vers Paris. Les pentes de Bougival, de Buzenval au nord, celles de Garches et de Vaucresson au sud, en déterminent les flancs et les faces... Au delà, et plus avant dans la presqu'île de Gennevilliers s'avance, en forme de redan, une croupe allongée dont le Mont-Valérien est le point le plus élevé ; sa face nord-ouest domine Rueil , Nanterre ; la face sud passe au-dessus de Courbevoie , Puteaux , Suresnes , Montretout, Saint-Cloud. Au point appelé le Rond-de-Sèvres, cette face fait un retour en potence au-dessus de Ville-d'Avray et Marnes...; en face s'allonge la croupe des Fausses-Reposes qui, avec Jes bois de Meudon, détermine l'étroite vallée menant à Versailles par Sèvres, Chaville et Viroflay.

En résumé, les*reliefs du sol qui séparent du limitent les terrains des environs de Paris présentent le caractère

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S::. L7:p':r^i.:e ziil::aire n'es: pas nicindre que son -::.portai.oe poliiiqne. . .

Toutes les rcutes de terre . de fer et d'eau y aboutis-

sent ... ; de ce point central appelant tout à lui on peut également s'élancer dans toutes les directions : c'est donc une excellente base d'opérations.

« Paris , dit le général Tripier, est peut-être unique « au point de vue militaire. Placé au centre des vastes € plaines de la Picardie, de la Brie, du plateau d'Or- « léans et de la Beauce, il se trouve au fond d'une cu- € vette où aboutissent de «ombreux cours d'eau. La « Seine parcourt le fond de la vallée en décrivant de « nombreux replis qui forriient autour de chaque boucle € un fossé naturel ; elle reçoit l'Orge, grossie de l'Yvette, « l'Yéres, la Marne, la Bièvre et l'Oise. Les vallées de t ces rivières et de leurs affluents découpent les pla- € teaux environnants en mille anfractuosités et raulti- € plient aux alentours de Paris les positions militaires € offensives et défensives. ...»

Cela est vrai, mais les villages, les villas, les parcs, les jardins, les carrières qui forment une zone presque continue d'obstacles favorables aux approches, procurent un surcroît de force considérable aux positions tactiques de l'assiégeant.

Paris, réduit de la France attaquée, but final des in- premières

. , . fortifications d(

vasions, a constamment éveille 1 attention de nos rois Paris, qui ont cherché à en faire un centre de résistance inexpugnable (1); Philippe-Auguste, Charles V, François P', Henri II, Louis XIII l'ont successivement fortifié.

L'enceinte primitive, appelée Murs du Roy, consistait, sous Philippe-Auguste, en une muraille haute de 9 à 10 mètres, épaisse de 2 mètres, précédée d'un fossé flanqué de grosses tours.

On recula peu à peu l'enceinte sous Charles V. Lors-

(1) « Paris a dû dix ou douze J^ois son salut à ses murailles. » (Mé' moires de Napoléon^)

que rartillerie devint assez puissanle pour jow Pôle dans rattaque des places, il fallut renonçai grandes tours et aux hautes murailles qui, ballti brèche par le canon, écrasaient de leurs débris le fenseurs, et facilitaienL l'assaut en comblant le foss

Vers 1523, on commen^^a à entourer Paris de 1 Ions ou bastilles de forme angulaire, que Voni dans les fossés... Sous Louis XIII, les travaux repris avec activité et rencèînte comprit toute ligne des l>oulevards.

Sous Louis XIV, alors que Ta ttention était portées des limites du territoire et bien avant Tépoque de ni vers de la succession d'Espagne, Vauban avait coi projet de fortifier Paris sur un plan tout nouveau.

Dans son Mémoire, intitulé : « De riraportancc Paris est à la France et du soin que Ton doit prend sa conserv alion *, il dit :

«... La première enceinte étant mise en perfe « en faire une seconde à la très-grande portée du « de la première, c'est-à-dire à 1,000 ou 2,000 tois « dislance, occupant toutes les hauteurs convenabL a qui peuvent avoir un commandement sur la ville

Sous TEmpire, Napoléon P', au faîte de sa gloire, sait souvent à fortifier Paris. A son retour d'Aust( il fit rédiger plusieurs projets pour défendre les leurs ; « mais la crainte d'inquiéter les habitants ^ « événements qui se succédèrent avec une incro (( rapidité, l'empêchèrent de donner suite à ce « jet (1). »

Plus tard, il le regretta amèrement.

(( ... Si Paris, disait-il à Sainte-Hélène, eût él

(I) CoiJiucntaircs de Xapoléon /<^'', — Paris. 18G7, in-4«. 1. v. u 105.

« core une place forte en 1814 et 1815, capable seule- € ment de résister huit jours, quelle influence cela n'au- « rait-il pas eu sur les événements du monde !

« Une grande capitale est la patrie de Télite de la « nation ; tous les grands y ont leur domicile, leurs fa- € milles, c'est le centre de l'opinion, le dépôt de tout... « C'est la plus grande des contradictions et des incon-

< séquences que de laisser un point aussi important sans

< défense immédiate... »

En 1818, Gouvion Saint-Gyr et le général Marescot reprirent la pensée de Vauban, de Napoléon, et le système mixte fut adopté : des forts détachés devaient être établis sur les points dominants, et le mur d'enceinte renforcé par divers ouvrages...

En 1830, le maréchal Soult commença à jeter les bases premières de cette œuvre gigantesque ; il fit établir à Noisy-le-Sec un camp retranché qui s'appuyait sur la Marne à Nogent et sur la Seine à Saint-Denis...; mais l'argent venant à manquer, on dut cesser les travaux.

L'étude fut cependant toujours poursuivie, et en 1839 le rapport du général Dode de la Brunerie conclut en ces termes :

l*' Il faut qu'il soit élevé une muraille d'enceinte flanquée, surmontée d'un chemin de rondo crénelé, enveloppant les plus grandes masses d'habitations des faubourgs extérieurs de Paris, 'avec fossés là où cette disposition sera nécessaire...;

2» Qu'il soit construit en avant et autour de cette enceinte, notamment sur la rive droite de la Seine, sur tous les points les plus favorables à la défense, des ouvrages en état de soutenir un siège... »

La signature du traité de Londres (15 juillet 1840) décida le Gouvernement de Juillet à mettre définitivement tous ces projets à exécution.

M. de Chabaud La Tour, chef de bataillon do génie, mêlé depuis 1833 aux premiers travaux, fut mandé par le duc d'Orléans le jour même où la signature de ce traité était annoncée à Paris.., « Nous avons souveûl « causé, lui dil41, de la fortiflcation de Paris,.. Nous t voilà au pied du mur... Comment comprenez-vous que • nous devions résoudre cette grande question?

• — Monseigneur, il faut, pour fortifier Paris, uneenf ceinte continue et des forts détachés; une enceinte « pour que l'ennemi ne puisse espérer pénétrer par les t larges trouées de 2 à 3,000 mèlres que les forts laii- < seront entre eux ; des forts pour que la population n*ail « pas à souffrir des horreurs d'un siège, et pour que le € rayon dlnvestissement de Paris soit si étendu qu'il « devienne impossible même aux armées les plus nom- « breuses,,, (1) »

A la suite d*une discussion mémorable, un crédit de 133 millions fut voté par les Chambres, et l'on se mit immédiatement à Tœuvre.

Enceinte ac- L'euceinte a une étendue de 34 kilomètres (8 lieues

luellc. . , .V

et demie) ;

Elle comprend 9i bastions numérotés à partir du demi bastion touchant la rive droite de la Seine , non loin de son confluent avec la Marne.

Elle se compose d'une rue militaire de 7 mètres de largeur, d'un rempart dont le parapet a 6 mètres d'épaisseur, avec un mur d'escarpe de 10 mètres de haut sur 3"' 50 d'épaisseur, construit en moellons et revêtu en

(1) Mémoires de M. Guizot, t. v. .. En 1870, le Génie considérait encore ce blocus comme une chose malhématiqucmcnt impossible et du domaine des chimères... « Comment admettre disait-il, que le périmètre des forts, soit GO à 80 kilomètres de développement, puisse être investi sur toute son étendue... une armée de 000,000 hommes y sufllrait a peine ! »

DÉFENSE DE PARIS. lÔS

pierre meulière de 1 mètre d épaisseur , d'un fossé de 15 mètres de largeur, d'une contrescarpe non revêtue et J'un glacis.

Cette enceinte a la forme d'un vaste pentagone aux mgles très-arrondis , de telle sorte qu'elle se présente presque partout de front ; les secteurs sans feux et les ricochets ont donc été évités autant que peut le comporter le système bastionné.

Entre Aubervilliers et Pantin l'angle du pentagone est presque droit , mais le fort d'Aubervilliers se trouve sur la capitale, et un flanquement a été ménagé au moyen d'un retour en face du Pré-Saint-Gervais.

A Neuilly , la chemise bastionnée s'avance en forme d'ouvrage à couronne flanquant le saillant de Montmartre Bt enfilant toute l'enceinte jusqu'au Point-du-Jour , d'où Ton balaie la face sud jusqu'à Gentilly; à ce point un rentrant, en forme do tenaille, permet de donner des [eux croisés dans la vallée de la Biôvre.

La longueur moyenne des côtés extérieurs des fronts bastionnés est de 360 mètres ; les bastions sont généralement très-larges et épatés ; conséquemment leurs faces sont difficiles à enfiler.

Les forts sont au nombre de 15 : Nogent, Rosny, Fort». Noisy, Romainville, Aubervilliers, Fort de l'Est, Double- Couronne , la Briche , Mont-Valérien , Issy , Vanves , Montrouge, Bicètre, Ivry, Charenton.

Placés à une distance de l'enceinte qui varie entre 1,400 et 5,300 mètres , ils sont tous construits d'après le système bastionné, les uns sur un quadrilatère, les autres sur un penta{jone, suivant le lieu; la longueur des côtés varie de 180 à 350 mètres.

Les imperfections sont multiples ; ils ont d'abord presque tous les défauts résultant de l'application du

sysléme bfislioniié Mx polygones d'un petil nombre é^^ côlés :

1" Les basiîons trés-aigus, ne peuTCnt mettra en 1mltffrie qu'un nombre de pièces insufifisenl ;

' 2* Les projeclilcs lires à ricochet silloimeQl les facefc

et prennent les fiancs à dos; % 3* L'organisalion des communicalions est asse^ défectueuse ;

Eofin le manque d'abris voûtés a entraîné la con&lnictioii de casernes à trois étages lisibles de Irés-loin. .

Ces forts ont des escarpes de 10 me 1res, des contrescarpes revêtues de 4 à 5 mètres de baut : mais les maçonneries des escarpes ne sonl, pour ainsi dire, pas défilées : elles sont exposées, sur 2 métrés de hauteiir, aux coups direcls, et jusqu'à leur pied au lir plongf^anL

Tous ces ouvrages, construits en \uq d'une défense rapprochée et du temps où rartillerie do siégc portait À i,600 mètres, auraient demandé, pour élrc à la haii- ^. leur des progrès réalisés par rartillorie, une transforma-

tion complète (1).

Emplacement Ail Hord , Paris est défendu par les trois forts de la

des forts.

Briche , la Double-Couronne et Fort de TEst , formant ceinture en avant de Saint-Denis.

Cette ligne de défense, complétée par Tinondation du Rouillon, du Crould et du canal de Saint-Denis, constituait autrefois un ensemble de défense considérable 0r formait une excellente télé de pont sur la Seine.

Mais depuis la nouvelle portée dos pièces de siège, te forts de Saint-Denis sont dominés de ûice par les hauteurs de Pierrefiltc (butte Pinrun), de Slains et pris d'enfdade par les hauteurs d'Orgcmont et de Saint-Gratien ; ils ne

(1) Aujourd'hui l'artillerie a une portée Je 8,000 mètres.

pourraient donc résister longtemps à une attaque sérieuse....

A l'est, depuis le canal de TOurcq jusqu'à la Marne, l'assiette des forts de Romainville , de Noisy , de Rosny et de Nogent, constitue une défense excellente. Bâtis sur le bord d'un plateau qui domine de 70 mètres toute la plaine de Bondy, ainsi que la vallée de la Marne, ils peuvent défier toute attaque, malgré les hauteurs dangereuses du Raincy.

Sur ce grand arc de cercle allant de Romainville à Nogent, quelques rentrants n'étant pas vus des forts, on a construit les redoutes de Montreuil , de la Boissière, de Fontenay, pour donner des feux dans ces angles morts.

Pendant le siège, on a établi de noml}rcuses batteries reliant les forts afin de diviser les feux de l'assiégeant et obtenir un front plus étendu.

Ce solide camp retranché do l'F^st est relié aux défenses de Saint-Denis par le fort d'AnbervilHers , situé dans ]^ plaine, et dont la force est accrue par le llanquement que lui donne le fort de Romainville.

Le plateau d'Avron, situé en avant du fort de Rosny, et séparé de lui par un col profond, où se trouve le village de Rosny, doit être considéré comme un terrain neutre : balayé par le feu du fort, il ne peut être occupé sérieusement par l'ennemi ; s'avançant en pointe entre les hauteurs du Raincy et do Noisy-lo-Grand , il est paiement intenable pour l'assiégé, en butte aux feux convergents de l'ennemi.

Le plateau de Vincennes est défendu par les deux redoutes de la Faisanderie et de Gravelle, qui, réunies par un retranchement, barrent l'isthme de Saint-Maur.

Le fort de Vincennes, situé en arrière duphiteau, n'a aucun rôle dans la défense, et sert uniquement à mettre

m DÉFENSE

à Tabri d'un coup de main des bâtiments et des mapi- Eins militaires.

Le fort de Charenlon, établi pour défendre le confltient I de la Seine et de la Marne, est aduellement trop ^ràs | de ce confluent. De plus, son aclioii est toul à fail insuf- ' usante dans la vaste plaine qui s étend entre les deux ^ rivières et les hauteurs de Boissy-Saînt-Léger à Ville- | neuve-Sain t-Georpcâ. Les nombreuses eonslruclions ré— ^ j eemment élevées à Maisons-AUbrt, entre ce village et W ' Seine, lui masquant le lorrain, peuvent permelln? »- Fenuemi de se {^lisser jusqu'au pied des glacis. ^

Les forts d*Ivry et de Bicétre ferment lo passage i entre la Seine ei la Biôvre; celui dlvry, bâti à l.nCM) me— j 1res de rgnceinte, sur un contrefort formant :?aîllant Jarî«=ila plaine do Vitry, flanque le fort do Chaixînton, en mémo- I temps qu'il bal toutes les pentes du j>latcau de Yillejuir- '

i^e fort de Bicétre, à 1, iWJ mètres seulcmont de ren— , ceinte, en esl, comme tous les forts du front Sud, beau— , coup trop rapproché; il ne voit pas le terrain en avant ^ ^ au delà de 2 à H kilomètres» (lotte défectuosité a néces^ silé la construction des ouvrages de Moulin-Saquetetde» Hautes-Bruyères.

De l'autre côté de la Bièvre, Paris est défendu par les trois forts de Monlrouge, Vanves et Issy ; bâtis à un^ dislance variant de 15 à 1,800 mètres, ils sont entièrement dominés par un cercle de hauteurs dangereuses de— puis Bagneux jusqu'à Meudon. Au miheu de ce cercle* le plateau de Chàtillon s'avance en pointe jusqu'à moin^ de 1,800 mètres du fort de Vanves, avec un comniaadementde 100 mètres.

Ces forts sont donc dans les plus détestables conditions avec la portée actuelle de Tartillerie.

A l'ouest, Paris est défendu par le Mont-Valérien : d'une forme pentagonale, cette forteresse a dans les bas-

lions Sud trois étages de feux superposés et trois cavaliers établis aux bastions Ouest et Nord. Le front Sud balaie le terrain entre Boulogne et Garches, sans avoir cependant grande action sur le plateau de la Bergerie ; le front Sud-Ouest couvre de feux tout l'espace entre Buzenval et la Malmaison; Courbevoie, Suresnes, Nanterresont également sous le canon du fort. Mais vu Tacuité des angles, les capitales de tous ces bastions sont peu défendues ; et malgré sa puissance, cette forteresse du Mont- Valérien se trouve insuffisante pour boucher la trouée de 20 kilomètres qui existe entre Issy et Saint-Denis. A la vérité, le double circuit que fait la Seine de ce côté est un obstacle sérieux avec lequel il faudrait compter.

En résumé, les deux points faibles de Paris sont au nord et au sud : la partie active de la défense est le côté Est que Ton peut considérer comme le front d'un vaste ouvrage passant par Saint-Denis, Rosny, Charenton..., les replis de la Seine, les forts du Sud et le Mont-Valérien fermant à la gorge.

Quoi qu'il en soit et malgré ses nombreuses imperfections, la grande place de Paris était certainement en mesure de faire tète à Tennemi pourvu que Ton se hâtât de fortifier les points faibles de la défense extérieure, par de gros ouvrages de campagne rapidement élevés.

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