‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 51 sur 87 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Du 20 au 30 Septembre.

Ainsi que nous l'avons dit, une véritable panique s'était répandue dans tout Paris à la suite du combat de Chàtillon. Non-seulement cette panique r^ait dans la population , mais elle avait même un peu gagné le Grou* vemement. On avait fait évacuer précipitamment toutes les défenses extérieures, et d'un instant à l'autre on s'attendait à voir les Prussiens surgir au pied des remparts.

Dans la soirée du 19 septembre, le général Ducrot

Wm DEFENSE DE PARIS.

b' était rendu chez le Gouverneur pour causer de la situation et demander des instructions.

Persuadé que Tennemi tenterait une attaque de vive force, le général Trochu portait son attention vers le nordouest, partie la plu^ faible de renceiote. De ce côté le Mont-Valérîen et les forts de Saint-Denis défendant très-imparfaitement la presqu'île de Gennevilliers, il craignait que Tennemi, après avoir passé la Seine vers Asnières , ne s avan^^lt à Tabri des maisons de Levalloîs*Perret et de Cliehy jusqu'auprès du rempart. En 1814, les alliés étaient enlrés par Cliehy ; les Allemands en 1870 pouvaient renouveler la même opération.

Afin de se mettre en garde contre celle éventualité, le

général Ducrot reçoit Tordre de prendre position» avec

son corps d'armée, sur la rive droite de la Seine, entre

Billancourt et Saint-Denis, Llnqualiflable abandon du

Mont-Valérien fait hâter encore c^tte mesure de sûreté,

» fcptembfe. Dans la matinée du 20 septembre, les mobiles de la

iMonivahripn Seine, OH sramisou au Mont-Valeneu, avant destitue par

3s mobiles de Téleclion la plupart de leurs officiers, abandonnent la

la Seine. ' ^ '

forteresse et reviennent en débandade sur Paris. Informé de ce fait odieux , le général Le Flù , ministre de la guerre, envoie deux bataillons de la Loire-Inférieure (4* et 5*) pour occuper le Mont-Valérien.

Au delà du pont de Neuilly, les balaillons Nantais rencontrent les mobiles de Paris; ces hommes, se sauvant de leur poste, fuyant l'ennemi, allaient par les chemins, sans officiers, débandés, la crosse en Tair criant la Marseillaise... Mourir pour la patrie... Quelques-uns interrompent leurs chants palriotiqucs, pour dire aux Nantais que les uhlans arrivent en grandes bandes, qu'ils en ont vus courant la plaine. . .

Sans faire trop attention aux paroles de ces malheureux, le régiment de la Loire-Inférieure prend cependant

quelques mesures de précaution et couvre son flanc droit avec une compagnie que dirigent le commandant de Lareinty et M. de La Rochethulon , officiers de la garde nationale... Mais aucun cavalier ennemi n'apparaît, et la colonne arrive sans encombre au Mont-Valérien.

A deux heures de l'après-midi (1), le 14* corps d'ar- EmpUcementa

. occupés

mee se met en mouvement pour venir occuper les posi- par le i4« corp lions suivantes : la 1" division à Clichy-la-Garenne, la «> septembre. gauche au chemin de fer d'Asnières , se prolongeant vers Saint-Ouen.

La 2* division à Neuilly, la gauche au bois de Boulogne, la droite vers Villiers.

La 3* division entre Boulogne à droite et les saillants du bastion du Point-du-Jour à gauche.

Les batteries divisionnaires avec leur division.

La réserve d'artillerie du corps d'armée s'établit entre Sablon ville et Champerrel-Levallois.

Le régiment de gendarmerie à cheval, qui seul restait attaché au 14* corps d'armée, campe entre Sablonville et Champerret-Levallois.

Le 4* bataillon de la garde nationale d'IUe-et-Vilaine, commandant Caron, cantonne près la porte Maillot, à gauche de l'avenue de Neuilly.

Le 7* bataillon de mobiles de la Seine, commandant de Vernou-Bonneuil , s'établit à la droite de l'avenue , de Neuilly.

La compagnie des francs-tireurs de l'Aisne, forte de 36 hommes, capitaine Dallé, est mise à la disposition du 14* corps.

Peu de temps après, le Gouverneur de Paris envoie

(i) Toute la matinée du 20 septembre avait été employée à faire des distributions.

fào

au 14' corps trois bataillons de la grarde raobî! la Seine j 3" du Fmislére, 1"^ des Cotes-du-lS bataillons sont cantonnés à Pantin, sous le co] ment du Ueuteoant-colônel Warnet, de Tétat* néral*

Pendant que les troupes du 14* corps soi chcj le général Duqmt parcourt les diverseftj que doivent occuper ses trois divisions.

Il examine particulièrement les bords de depuis Boulogne jusqu'à Asnières. *

Le pont suspendu de Suresnes, dominé e^ courte distance par les hauteurs boisées de la j che, lui parait plus favorable aux entreprises \ géants qu'à celles des assiégés ; déjà couver tiéres incendiaires , ce pont est détruit.

A Asnières, au contraire, le général ordoa rieusement de conserver le pont du chemin ] prescrit la construction de divers travaux défe. d'avoir de ce côté une tête de pont sur la riv de la Seine (]).

(1) Le^ travaux da défense d'Asiinièrc'S furent exécutés par la du cbeniin dû fer de I*iïuj?&t :

La jjéce&sitâ de fEiirc router le pont du chemia de fer pouf duirc iuî^tanlanément, on avait éluljji dans rîntcrvalle des c crêuâL'is iiiéli^LIiqiiËS i^ui eiaiipo^oDl le panl, de!§ caissons en GontùnanL dË» baril& de ptmlre ùvûc amorce 8 munies de 11 leurs réunie à un nppnreîl lUeclriquc*.

' Comme ce pont ne devait titre ♦lélruil (}u*ù la dernière eï Bvaït pris Ib3 uiesuri^s nt;ces**uïre3 pour géuer lia circula liai vûux et dos plétous ; les plancherai eu bulâ DDire ltj:j^ lougrin avûîeut été eulevés ; au-dessus? des poulref en fer^ l^t^ps dQS fllâ de Ter avaient été plaçât de manière à former d& tréilEage ; la puuLre du milieu fut seule luîssée libre p( passade aux iialrouîlles.

Sur la rive droite^ ii gauche et à droite de la culâe, on bât Ll^ ['les en lerro doQt le CBQon baU^iit le chemin de halâgt oppuséfi. [Je Tsuire cûtéj lepontélaii pri>légè par un fossé de largeur. duTeudu eu avant par éé^t barricadeg^ de rails et de irs luaiit duublu eapunaiéi'e. A l' extrémité des quais de la ^ure

XYlï.

Haw.BecqufL. ^arij i. i

Voulant maintenir à tout prix ses communications avec le Mont-Valérien> le général Ducrot désigne le 19* de marche pour occuper Timportante position du Rond-Point de Gourbevoie, qui, nœud des grandes routes de Pontoise et de Cherbourg, commande notre débouché par le pont de Neuilly.

Le cours de la Seine entre le Poînt-du-Jour et le Bas- une batterie

» flottante

Meudon nous étant indispensable afin de couvrir nos ' ^^^jlj' ®^j*^ avant-postes de Boulogne et de Billancourt, ordre est ^® Biuancour donné à une batterie flottante de se poster en aval du pont de BiUancourt ; la chute de ce pont ayant rendu la navigation impraticable, on emploie la mine pour s'ouvrir un passage et dès le 20 septembre nos canonnières viennent chaque soir s*embosser à la même place. Le 21 septembre, à 6 heures du matin, le 19* régiment ii septembre

'^ ^ Occupation

de marche occupe le Rond-Point de Gourbevoie ; le 1*' ba- ^"cJSrbevJJe* taillon s'établit au Rond-Point et dans les maisons crénelées qui Tavoisinent ; le 2* bataillon près de- la caserne de Gourbevoie ; des sentinelles et petits postes occupent la levée du chemin de fer entre les routes de Pontoise et de Golombes ainsi que les premières maisons ayant vue sur le chemin d'Asnières; le 3* bataillon est en réserve, sur la rive droite de la Seine, à droite et à gauche , du pont de Neuilly et dans les maisons les mieux situées pour voir l'avenue qui conduit au Rond-Point.

les débouchés des deux petits ponts en maçonnerie établis au-dessus de la roule départementale n« 7 étaient fermés par deâ barricades de rails et de traverse? reliées au moyen d'un retranchement en terre. A droite et à gauche, couraient en retour, des barricades en rails ; le tout présentant un développement de quatre à cinq cents mètres : ces barricades en rails et traverses avaient été construites d'une manière aussi ingénieuse que rapide : hautes de 1"»50, elles consistaient en douze rails superposés de 6 mètres de longueur, maintenus les uns au-dessus des autres par quatre traverses enfoncées verticalement et réunies par des boulons ; à 1"» 30 du sol, on avait relevé, au moyen de coins, Jes trois rails supérieurs de manière à ménager un espace formant meurtrière longitudinale.

tecooDaissance

des clairnurs FraD-

clit^Ui 4ns la plaine de Gennf:vilUer8

et vers Kueil.

Or^ranisation

de la défense

depuis

Uilluncourt

jusqu'à Saint-Ouen.

Un peloton de gendarmes mis à la disposition du commandant du 19* fournit des vedettes.

Ces troupes sont prèles à prendre les armes au premier ordre.

L'artillerie est toujours en mesure d'atteler deux sections de 4 et une section de mitrailleuses.

Dans la journée du 21 septembre, devant se rendre au Mont-Valérien, le général Ducrot envoie l'escadron Franche tti, nouvellement incorporé au 14* corps (1), battre la presqu'île de Gennevilliers et reconnaître les bords de la Seine depuis Bezons jusqu'au delà de Rueil.

Pendant qu'un peloton d'éclaireurs se disperse en fourrageurs dans la presqu'île entre Colombes et Nanterre , un autre peloton , poussant vers Rueil , le Bois- Préau , revient par la maison Crochard ; ces éclaireurs apprennent que le malin même une patrouille prussienne est venue dans le village de Rueil, mais que l'ennemi ne dépasse pas la Malmaison : les sentinelles allemandes ne sont en vue qu'auprès de la Jonchère (2). Pour le moment il n'y avait donc rien à redouter de ce côté et les trois divisions du 14* corps continuent à s'établir sur leurs emplacements ; elles creusent des fossés, élèvent des barricades, crcnèlent les murs et organisent partout la défense.

La zone de terrain que le 14* corps était chargé de couvrir, s'étendait depuis Billancourt jusqu'à Villeneuvela-Garenne. Le cours de la Seine entre ces deux points

(1) Voir aux pièces juslillcativos, n* XXV.

(2) Voir aux pièces jusliftcalivos. n' XXVI, le rapport du commandant Franchelti.

Du Monl-Valériori le général Ducrot avait pu suivre la reconnaissance de s^s éclaireurs ; à leur retour, il félicita le commandant Franchetti sur la manière dont ses hommes avaient accompli leur mission ; il lui pres> crivit d'envoyer chaque matin un peloton au quartier général pour exécuter une reconnaissance sur les points qui lui seraient désignés.

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bnp BecqueL Paris ;■

formait notre vraie ligne de défense , avec une tête de pont à Gourbevoie et une autre à Asnières. La vaste plaine de Gennevilliers, qui s'étend au delà, n'était pas occupée par l'ennemi ; mais comme il pouvait librement exécuter un passage du côte de Bezons, Argenteuil, etc.. chaque jour toute la plaine était parcourue par des reconnaissances et des patrouilles.

Dés le 21 septembre on commença de nombreux travaux surtout le terrain situé en deçà du fleuve. Les habitations qui existent entre l'avenue de Neuilly et celle de Saint-Ouen rendaient la défense facile. Du côté du bois de Boulogne il fallut multiplier davantage les obstacles : Tinfanterie creusa plusieurs lignes de tranchées traversant le bois dans toute son étendue ; l'artillerie construisit de nombreuses batteries qui balayaient les avenues et les clairières ; elle en établit également sur les points les plus favorables pour surveiller le passage de la Seine et contrebattre les ouvrages de l'ennemi sur les hauteurs de Saint-Cloud, Montretout, Sèvres...

Les batteries qui devaient défendre toute la zone se subdivisaient en neuf groupes :

1^ Groupe. — 3 batteries battant le cours de la Seine ^Baiteriet

' exécutées p«r ;

et le pont de Saint-Cloud : «*• corps.

La première, à 4 embrasures, à l'intersection du boulevard de Boulogne et du quai ; les deux autres dans le parc Rothschild.

Plus tard on y ajouta 3 batteries de mortiers tirant sur le parc de Saint-Cloud :

La première, de 2 mortiers, sur le quai en aval du pont de Saint-Cloud; la deuxième, de 4 mortiers, sur les bords de la Seine , en amont du pont ; la troisième , de 2 mortiers , dans la première rue parallèle au quai , près de l'usine à gaz, en aval du pont de Sèvres.

«SI DÉFENSE Dl PABia

S* Groupe. — 8 balleries battant les déboucbéi dô Boulogne ;

La première, de 4 pièces, à lapoptede THippodrome; ]a deuxième^ de 3 pièces, à la porte de Boulogne; la troisième, de 3 pièces, avenue Mortemart , à 300 métrés en arriére de la précédente; la quatrième* de 2 pièces, porte des Princes; la cinquième, de 3 pièces, dans le bois, battant Tavenne des Polonais et Longchamp; la sixième, de 4 pièces , dans le bois, à 300 mètres de la précédente avenue des Polonais, tirant sur Longchamp î le sepliéme, blindée, entre les ponts de Saint-Cloud et dô Sèvres; la huitième, également blindée^ à 100 mélret en amont de ce dernier pont ; ces deux dernières batteriei devaient battre Saint-Cloud, Sèvres, la Seine et Brimborion.

Ces deux premiers groupes étaient sous la dîrectioîî du commandant de Miribel, commandant rartillerie divi* sionnaire de la 2* divisioûi

»?• Groupe. — 3 batteries établies au rond-poînt de Mortemart, tirant sur Tavenue de Mortemart, Brimborion et Montretout :

La première, de 2 pièces de marine de 0°* 19, sous les ordres du sous-lieulenant d'artillerie de marine Rouault ; les deux autres, chacune de 2 pièces de 4, sous les ordres du capitaine Bajau, de la réserve du 14^ corps.

4* Groupe. — 3 batteries battant le champ de courses :

La première, de 1 pièce de 4, à la Cascade ; la deuxième, de 3 pièces de 4, près de la Cascade ; la troisième, de 2 pièces de 4, à la tour Haussmann.

Ces trois batteries, sous les ordres du capitaine Froment, de la réserve du 14° corps.

5* Groupe, — 3 batteries battant la Seine, le barrage et le pont de Suresnes :

La première, de 6 pièces, en amont du pont; la deuxième, de 2 pièces, en aval du pont ; la troisième, de 7 pièces, dans Tîle de Puteaux.

Ces batteries commencées, furent ensuite abandonnées et jugées inutiles en raison de la position du Moni-Yalérien, rendant impossible une surprise sur Ce point.

6* Groupe, — 2 batteries au pont de Neuilly : La première, sur l'avenue, tirant sur le pont, Tavenue et le Rond-Point de Courbevoie, sous les ordres du lieutenant Solet; la deuxième, de 2 pièces de 12, sous le pont, battant la Seine et sa rive gauche jusqu'au pont de Suresnes, sous les ordres du capitaine Déthorey, de la réserve du 14* corps.

7* Groupe. — 6 batteries au Rond-Poînt de Courbevoie :

La première, de 2 pièces, battant Suresnes ; la deuxième, de 2 pièces, enfilant la route du Mont-Valérien ; la troisième, de 1 pièce, tirant vers la Carrière-âux- Loups ; la quatrième, de 2 pièces, balayant la route de Bezons; la cinquième, de 1 pièce, pouvant battre les alentours de la caserne de Courbevoie (ces quatre dernières batteries servies par la batterie Dassonville, de la 2* division) ; la sixième, de 3 pièces de marine, sur le remblai du chemin de fer, en avant du Rond-Point, voyant Bezons, Houilles et Carrière-Saint-Denis.

S* Groupe. — 5 batteries sur la rive droite de la Seine :

2 à gauche du chemin de fer d'Asnières ; 2 à droite du chemin de fer, entre les deux ponts ; 1 en aval du pont de Clichy.

Ces cinq batteries, qui baltaient les bords du fleuve,' ne iardérefit pas à étra abandoaiiées par suite de roccii** patioEi d'Asrtiéreâ (1).

9* Groupe. — 3 batteries battant les bords de la Seine et GeEmeviliîers :

La première, de 6 pièces, sur le remblai du chemîû de fer d'Asnières (capitaine Perrault, de la 1" divisioo); la deuxième, de 6 pièces, à droite de la première, sur le plateau à hauteur de la gare Levallois-Perret (capitaine Deschamps, de la 1" division); la troisième, de 6 pièces, à droite de Clichy, battant la plaiae autour de Geiinevilliers (capitaine Jeany, de la 1" division du 14' corps).

I «eptvmtfe. Au Roud-Poinl de Courbevoie, on achève des barricadas avec coupures aux débouchés de la route de Pontoise et de la route de Cherbourg ; Tavenue intermédiaire conduisant au chemin de fer est complètement fermée- Toutes les batteries projetées aux abords du Rond- Point sont commencées.

La station de Courbevoie qui est sur le remblai même du chemin de fer est mise en état de défense ; la voûte au-dessous est barricadée.

Toutes les maisons, tous les murs de parcs, de jardins, ayant vue sur Bécon et Asniéres, sont cré^ielés, afin d'em-

(1) Dans la dernière partie du siépje, le pont de Neuilly devenant iosufflsanl pour nos mouvements de troupes, on fil une circulation de voitures au pont du chemin de fer d'Asnières : sur les deux voies centrales de l'ontre-voie du milieu on plaça un tablier en madriers de G mètres de larj^'c'ur; cette circulation, qui ménageait les deux voies extérieures, n'empêchait pas les trains d'aller jusqu'à Suresnes, sur la ligne de Versailles et jusqu'à Colombes et Nanterre, sur la ligne de Saint-Germain : ces trains ont été utilisés dans les dernières affaires de janvier, du côté de Rueil pour les machines blindées et les équipages de bateaux du côté de Suresnes pour ramener les blessés de Montretout.

pêcher rennemi de tourner de ce côté nos positions de Gourbevoie.

Le 19* régiment de marche chargé de défendre le village de Gourbevoie et le Rond-Point, est renforcé par un quatrième bataillon.

Un autre bataillon est placé au pont de Neuilly.

Les francs-tireurs de TAisne occupent les abords du pont de Suresnes.

Toutes les troupes sont exercées à prendre leurs positions de combat, à connaître les différents points À défendre, les lignes de retraite, barricades successives, etc.

Les batteries divisionnaires connaissent les emplacements à occuper en cas d'alerte.

Ge même jour, quatre bataillons de mobiles, faisant partie du 14" corps, prennent position :

Le 7* bataillon de la Seine, à la droite de l'avenue de Neuilly, se reliant par sa droite â la division de Gaussade ;

Le 4* bataillon d'Ille-et- Vilaine à la gauche de l'avenue ;

Le 6' bataillon de la Seine dans le parc Saint-James et dans le bois de Boulogne jusqu'à la cascade; le 1*' bataillon d'IUe-et- Vilaine , de la cascade à Boulogne, se reliant par sa gauche à la division de .^V Maussion. .

Ges bataillons commencent immédiatement des travaux de défense qui sont perfectionnés chaque jour.

Dans cette journée du 22 septembre le Gouverneur, prévenu que le plateau de Villejuif est faiblement occupé par l'ennemi, donne Tordre au général Vinoy d'envoyer la division de Maud'huy prendre position au delà du fort de Bicétre et d'occuper le plateau.

Le i" bataillon des mobiles de l'Aisne, mis à la die- sa sepiembrc position du 14* corps, est placé près de la porte des Sablons.

ï sopiembrti.

l septembre.

L*escadron des éclaireiirs Franchetti et tin escadron

de gendarmerie font une reconnaissance dans la prèsqa'ile de Gennevilliers; nulle part rennemi n'est rencontré, nos écliureurs échangent seulement quelques coups de feu avec les postes prussiens établis de Tautre côté de la Seine, à Bezons et à ArgenteuiK

La batterie lïottante n^ 4 descend à Suresnes afin de battre un des versants de Saint-Cloud que le Monl- Valérien voit imparfaitement, et pour protéger le barrage mobile de Suresnes (i).

Pendant ce temps, les canonnières le Sabre et h Chymore remorquent à Suresnes un équipage de pont. Ce mouvement s'exécute de jour en passant sous le feu de Tennemi-

Le retour a lieu de nuit.

On commence des ouvrages défensifs dans File de Puteaux ; un petit pont est établi au nord de TUe, prés de Neuilly, pour la comnmnication avec la rive droite. Une batterie flottante est installée à la pointe sud de cette ile.

La batterie construite au rond-point de Mortemart est armée de 2 pièces de 19 de la marine, servies par Fartilleric de marine (sous-lieutenant Rouault).

Sur tout le front, les travaux de défense sont continués et perfectionnés.

Il en est de même pendant la journée du 25 septembre.

Deux compagnies de la division d^Hugues, envoyées comme poste avancé à Suresnes, organisent défensivement les maisons en avant du barrage.

(1) La destruction de ce barrage eilt amené, par suite des basses eaux, rinnavii^abililé de la Seine pour la flottille.

Pi.¥pi\ieitmnA' de défhtute ù* ^j Septetnht*i^ i8j&.

h^.Becqw i ."«»

Pour nous relier plus complètement avec le Mont- Valérien, les francs-tireurs des Ternes occupent le rondpoint des Bergères; installés dans une grande usine située près dé ce rond-point, ces francs-tireurs fournissent un poste avancé au carrefour de la Boule-Royale, prés Nanterre.

Le 3* bataillon de mobiles de TAube et le 5* du Loiret, *ï septembre, mis à la disposition du 14* corps, sont placés à Billancouri.

Les canonnières détachent journellement quelques hommes en embuscade dans Tîle de Billancourt [pour surveiller le petit bras de la rivière.

Toutes les vingt-quatre heures des reconnaissances sont faites en avant de nos positions, soit par Tescadron de gendarmes, soit par les éclaireurs Franchetti. L'ennemi continue à ne pas se montrer dans la presqu'île ; ses patrouilles viennent dans le village de Rueil , aux environs du Mont-Valérien ; mais les postes se tiennent à grande distance.

Devant cette circonspection de l'ennemi, nos jeunes soldats commençaient à reprendre confiance ; peu à peu nos avant-postes étaient augmentés, portés plus loin; en môme temps nos défenses s'organisaient, se complétaient ; les communications avec le Monl-Yalérien se trouvaient assurées ; presque toutes nos batteries étaient achevées; et dès lors nous pûmes nous considérer comme entièrement à l'abri d'une attaque de vive force.

Dans la journée du 29, le commandant Franchetti sosoptombra ayant poussé une reconnaissance dans le village de Rueil, apprit de M. Pigny, régisseur de Bois-Préau, que l'ennemi se gardait faiblement à la Malmaison. Le général Ducrot résolut de profiter de l'occasion pour donner un peu de moral à ses jeunes troupe& ) il peu-»

sait qu'il lui serait facile, en faisant agir des forces assez importantes, d'enlever ce poste mal défendu. Dispofitions Pour le lendemain 30 septembre, il ordonne aucune

pour rttffaire du *

30 8ept6mbro. colonue forte d'un bataillon environ, sous les ordres du commandant Chollelon, du 19* de marche, attaquera la Malmaison; cette colonne devra être soutenue par un certain nombre de détachements formant la valeur d'une division.

En vue de cette opération, le 29 septembre, une partie des troupes du 14* corps fait un mouvement en avant et vient à 7 heures du soir occuper Jes emplacements suivants :

Les chasseurs à pied et les volontaires de la l" division sur le prolongement de l'avenue de Neuilly, au delà du pont; la tète de colonne à hauteur du Rond- Point de Courbevoie , à gauche de la route , laissant la chaussée libre , sous les ordres du commandant Cajard ;

Les chasseurs à pied et les volontaires de la 2* division à la disposition du commandant Cholleton, en arrière de ceux de la l"' division;

Les chasseurs à pied et les volontaires de la 3* division, de l'autre côté de la chaussée, sous les ordres du commandant Neltner ;

Le 15* de marche, sous le commandement du lieutenant-colonel Bonnet, sur l'avenue de Neuilly, entre les barricades qui coupent celle avenue, sur le côté droit;

Le 25' démarche (2 bataillons), lieutenant-colonel Dupuy de Podio, en face du 15*' ;

A partir de la deuxième barricade, 2 compagnies de 60 hommes des francs-tireurs de Paris ;

Les éclaireurs de la garde nationale de la Seine, 150 hommes;

2 compagnies de 60 honnnes du 34* bataillon de la garde nationale de la Seine ;

uti^ aSord^ tiv (hurÎH'tiaie et t/c Sure^mes le 3SJ Sepieniht*c i^jo^

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