‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 56 sur 87 · TT · texte numérisé non relu

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DÉPENSE DE PAPIS. 287

Pendant ces rudes combats du plateau de Villejuif, opération» de la brigade de Susbielle fait plusieurs diversions en avant tie susbïeih

^ '^ en avant

des forts d'Issy et de Vanves, dans le but de maintenir des forts dis

« ' et de Vanvei

les troupes ennemies postées du côté de Châtillon, Cla- ^^ septembr mari, Meudon.

Dès 5 heures du matin, les chaloupes cftRpnnièrps établies près du Poii^t-du-Jour, ouvrent le (eu sur Jes positions avancées des Alleq^ands, entra Meudon et Bellevue.

En même temps, le 1*' bataillon du 19!* da paarche opérations

* ' du l.'K régime

s'ppgage dans le bois de Meqdon, y enlève une bftrricade et repousse Tavant-paste eriiienfii jusqu'à Pelleyiie; ftt^aqué par des forces supérieures, ce b^^pillon prpud position sur le plateau cjon^r^ant le Val et s'effil)Hsque derrière des murs crénelés, où il tient presque Iqvtt le jour; à 9 heures du soir, il rentre à sofl cftpipçment d'Issy, rapportant des casques, sacs, fusils, etc., pris à l'ennemi... Il avait eu 3 hommes tués et 16 blessés, l^es Prws ' siens avaient éprouvé des pertes plus considérables.

Pendant que le 1" bataillon du 13* de n^arche opère du côté du Bas-Meudon et que le 2* reste en réserve près du fort d'Issy, le 3* bataillon se porte sur Qamart, refoule l'avant-poste ennemi et se maintient dans le village toute la matinée.

A la pointe du jour, le i 4* de marche sort de ses po- opértiioni sitions et sur\eille leç villages de ChâUllon pi de Bagneux- " '^ ^ °* Rien n'apparaissant, ce régiment ne s'engage pas; deux compagnies seulement échangent quelques coups dB feu avec l'ennemi du côté de Châtillon.

Le 14^ rentre dans ses cantonnen^ents a midi, ayant eu 5 hommes blessés.

Les pertes de la brigade de Susbielle s'élevèrent, dans cette journée du 'V) septembre, à 3 hommes tués et 21 blessés.

MUlIrr.i lU h 01 Acvan

Xiofiff exécuta sa de Choîsy4e-Hot, Thiiii, Ole«9l|f« L'Hay , fe getÊémi d^Exu bit tme démoQ^

n m'mmm à m jRifiîiMmm qa'vme bi^ade d'infiuilaîie 1} mwéc b brisade de eaTilerie de Bertiii, , 4ii t* rhiiiinwiri; b S" brigade d'infanterii à ^éacfrf Digiid) «|«iil été envoyée k raUft â %iae|Bii' pur biro pulb de la réserrç du géûAii

I lahiil lin deit i^ e& a«iit de Mai-ons-AIfort et à iMA de Grtld; me pflrtiedek caTalËriedans la plai&t. aire lbisao»-Aifart et k Semé, le reste de k eavalem en réserve.

En &îssnt concmiTir à Topéralioïi tme si grande masse de Cavalerie, on vculail faire croire à un rassemblement

c -r.siierible de troupes de ce côté et obliger ainsi l'onneir.i a ne rien distraire de ses forces pour les porter sur \.\ rive gauche de la Seine.

A 4 heures et demie du malin, les colonnes du géûé- ^ rai d'Exea traversent le pont deCharenton.

Deux escadrons tiennent la tête ; ils passent sous la voûte du chen:in de fer et débouchent dans la plaine en prenant par les nouvelles rues de Maisons; ces deux escadrons doivent opérer entre le chemin de ferde Lyon et la Seine.

La brigade d'infanterie, rarlillerie et la cavalerie suivent la route de Maisons-Alfort, car la grande route directe de Creleil est impraticable ; tous les arbres qui la

CiHnbat (le PCotre Dame des MècliesJ 3(> Si^pteinhi c^ ( iH-o)

Il . r

bordent ont été coupés, renversés les uns sur les autres, de manière à former un fouillis inextricable (1).

Pour protéger notre flanc droit, deux compagnies du 1" bataillon du 6* de marche, laissant une réserve à la barricade élevée à l'entrée de Maisons- Alfort , se déploient en tirailleurs en avant du village, le long de la grande route de Gex et de la ligne du chemin de fer.

Arrivée sur la place de Téglise de Maisons, la colonne Prise de cr^

^ ^ et de la ferme

du général d'Exea tourne à gauche et suit le chemin ^^^je^i^f^'J*"* de Créteil... L'avant-garde, formée des deux compagnies de chasseurs à pied de la division, presse sa marche : parvenue à Créteil avant le jour, elle court à Féglise où se tenait le poste prussien... surpris, l'ennemi s'enfuit et nous laisse des prisonniers... En peu d'instants tout le village est à nous ; deux bataillons l'occupent immédiatement.

Nos tirailleurs, continuant à pousser en avant, se dirigent sur la ferme de Notre-Dame-des-Méches (2) : le poste prussien qui l'occupe se retire précipitamment sur Mesly sans faire de résistance.

Vers 6 heures du matin, maîtres de Créteil et de Notre- Dame-des-Mèches, gardés par le 5' de marche, nous prenons des mesures pour assurer notre ligne de retraite. Un bataillon du 6* est en réserve derrière Créteil, un autre

(1) Sur tout le pourtour de Paris , on avait eu la malheureuse idée d'obstruer complètement les routes : c'était un très-grand inconvénient pour nous quand nous voulions faire une opération quelconque, et cela ne gênait en rien l'ennemi qui nous attendait dans ses positions.

(2) La veille, le général Mattat, avec une colonne forte d'un bataillon, d'un escadron et d'une batterie d'artillerie, avait voulu démolir cette ferme des Mèches à coups de canon et la rendre intenable pour l'ennemi. Pendant que la cavalerie gardait la route de Gex, l'artillerie, soutenue par l'infanterie, prit position à 800 mètres de la ferme. Mais la brume étant très-épaisse, on ne parvint pas à distinguer les mùYs de la ferme, et, à 9 heures, le brouillard no se dissipant pas , le général dut rentrer sans avoir pu tirer un coup de canon.

bataillon du même régitneni se tient avec la caviknêa la croisée des routeâ de Maisons -A Ifort el de Cbareoton; et damier bataillon occupe le ^and parc de Mrâons- AHort» de manière à s*opposer à un mou veinant tMnttt sur notre droîle.

De ce côté nous étions encore protégés par les detu compagnies du 6* de marche, détachées en avant ée Mai sons- Alforl ; arrêlées près du Vertnle-Maî sons, ces compagnies faisaient le coup de feu avec I* ennemi poilé le long du remblai du chemin de fer. Enfin la plaine àlëà gardée par deux escadrons de cavalerie, couverts etii* mêmes par des éclaireurs qui tiraillaient avec les sentinelles ennemies établies tout le long du bois, et dam la maison du garde, sur le chemin de fer.

En avant de la ferme des Mèches, nos chassears i pied poursuivent leur marche : se défilant dans les foisés, derrière les haies, les arbres de la route « ils ftrrivent à moitié chemin du carrefour Pompadour; lî« ils ouvrent un feu très-vif contra les AJlemajids postés à ce nœud de roules.

Une batterie ennemie , près du carrefour, fait face à ces nouveaux assaillants ; nos deux batteries de 4 (commandant de Gossigny) accourent à la ferme des Mèches et engagent Taction. Écrasée par ce feu supérieur, l*a^ tillerie ennemie se retire précipitamment.

Le général d'Exea voulant profiter de cet avantage, fait avancer par échelons les bataillons établis entre Créteil et Maisons, pour menacer Pompadour; cependant les défenseurs de Créteil engagent la fusillade avec les tirailleurs allemands qui garnissent les pentes de Monlmesly.

Au même instant , de Pompadour et de la ferme de THôpital , débouchent dans la plaine de nombreux

:)upes ennemis soutenus par une batterie; sur la

DÉPENSE DB PAifllÔ. 891

gauche surtout lôâ groupes a*âvanC6nt rapidement et deviennent menaçants... La batterie de mitrailleuses (capitaine Lefrançois), placée entre les Mèches et Gréteil , braque ses pièces de ce côté ; quelques coupa bien ajustés sufllsent pour briser ces petites colonnes, qui se dispersent dans la campagne en laissant des morts et des blessés. Aussitôt, le général d*£xea en-voie le capitaine Rouvière, de son état-major, chercher un escadron pour charger ces Prussiens débandés ; malheureusement notre cavalerie se trouvait a quelque distance en arrière et lorsque Tescadron arrive près des Mèches, les groupes ennemis sont déjà loin; nos cavaliers, lancés trop à gauche, sont accueillis par une formidable décharge venant des premières maisons de Mesly ; un certain nombre d'hommes et de chevaui sont atteints... l'escadron se replie accompagné parla fusillade et les obus.

Maintenus par leurs officiers, nos cavaliers montrent le plus grand calme ; longeant le parc de Créteil, ils rentrent au pas sous une pluie de projectiles : le général d'Exea a hâte de les voir à l'abri. C'est en leur portant l'ordre d'allonger l'allure, que M. de Gastries^ souslieutenant de dragons, adjoint pour la journée à Tétatmajor du général, reçoit au front un éclat d'obus, dont il mourut quelques jours après.

On n'entendait plus rien de l'autre côté de la Seine^ le combat semblait terminé ; il n'y avait donc plus lieu de continuer une lutte qui allait devenir inégale, car d'instant en instant les forces de l'ennemi ne cessaient de 6' accroître ; de nouvelles batteries arrivées au carrefour Pompadour, venaient d'ouvrir un feu terrible... notre artillerie ripostait vigoureusement, mais inférieur» en nombre, elle ne parvenait pas à prendre le dessus...

Le général d'Exea ordonne la retraite, et, afin de pré- d« reuriu.

29i DÉFENSE DE TARIS,

venir \m mcmvêmeïit tonrnanl sur ooire droite, û envoie ealre Maisons- Alfort et la Seine le S' bataillon do 6* de marche pour renforcer nos escadrons de cavalerie qui se trou\^enl d^à de ce côlé.

Nos cotoiuije& commencent leur mouvemenl rétrograde, protégées par la batterie de mitrailleuses i>oslée à Tangle des deux chemîos de Cbarenton et de Maisons-Alfùrt, d*aù elle découvre et domine tonte la plaine,

l^ grande route de Cbarenlon étant obstruée, nos troupes ne pouvaient sa retirer que par le chemin déjà suivi le matin, de Créteil à Maiâons. Ce chemin, généralement bordé de murs^ se trouvait par intervalles dé- | couvert ; dans \m endroit, le mur manquait sur un espace de prés Je 30 mètres ; rennemi ne tarda pas à s*eu apercevoir^ et dés que la retraite commença, une batterie placée sur le flanc de Mootmesly, a 3,000 mètres eonron, dirigea son feu sur cette ouverture; ses preioieps coups furent d'abord trop courts, mais le tir ayaoi élé rectifié, tous les obus tombèrent rapides, pressés^ juste au milieu de la roule à Tendroit découvert; il n'y avait pas d'autres passages. . . nos batteries franchissent au grand trot avec intervalle entre les pièces ; cavaliers, fantassins se précipitent par groupes... soit hasard, soit promptitude de la part des nôtres, Tennemi, malgré la précision mathématique de son tir, nous fait Irésl)eu de mal ; à peine si quelques hommes sont blessés ou contusionnés.

La batterie de mitrailleuses, qui ne se retire qu'après l'aljandon du carrefour par nos réserves, traverse également sans encombre le passage périlleux; la section du génie qui fermait la marche est seule atteinte ; deux obus éclatent au milieu d'elle ; les hommes sont bouscules, jetés à terre, mais au grand étonnement de tous, aucun j n'est blessé ; 7 sapeurs seulement sont contusionnés p^

les roues de la voiture d'oulils dont les chevaux effrayés s'étaient emportés.

Les deux derniers bataillons d'infanterie, après avoir évacué le village de Créteil, évitent l'endroit dangereux et passent comme ils peuvent au milieu des arbres renversés de la route de Charenton.

A 11 heures 1/2, toutes nos troupes étaient rentrées à leurs cantonnements.

Nous avions eu :

45 hommes hors de combat.

De Castries, sous-lieutenant de dragons, blessé mortellement.

Briois, capitaine d'état-major, aide de camp du général de Bernis, blessé grièvement au bras (1).

(1) Le capilaine Briois avail reçu un coup de feu de la maison du garde au momcnl où il traversait le chemin de fer de Lyon. Personne ne l'avail vu tomber. Après la retraite, on le chercha vainement ; les Prussiens l'avaient emmené et conduit à Yéres, où il resta jusqu'à la fln du siège. A Paris, on le porta comme mort.

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