EXAMEN DES POSITIONS DÉFENSIVES
QUI ENTOUREïiT PARIS.
Convaincu, dès le 1" octobre, que rennemi ne songeait pas à faire une attaque de vive force et prenait au contraire ses dispositions pour noue réduire par la famine, le général Ducrot n'ayant pu décider le Gquverneur à le laisser partir pour organiser la défense en province, ne pensa plus qu'à rechercher le^ moyçnS de rompre le cercle d'investissement. Il se mit donc immédiatement à l'œuvre et examina successivement les différentes positions du périmètre de Paris, afin de reconnaître les parties sur lesquelles nous pourrions diriger nos efforts avec le plus de chance de succès.
Comme précédent nécessaire à l'étude de ces positions, nous allons tout d'abord dire un mot des forces dont l'ennemi disposait et comment il s'en servait avant l'action et pendant l'action.
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;)ift«riffi«nt La zODû d Investissement avait été divisée par TétairmmSr"^ major allemand en i grands secteurs : S0tirt ism Lo \-^ secteur, Nord-Est, entre Orgemont etChelles, avait 26 kilomètres d'étendue;
Le 2* secteur. Est, entre Seine et Marna, depuis Chellcs jusqu'à Villeneuve-Saint-Georges, mesuraitlT kilomètres»
Le 3* secteur, Sud-Ouest, entre Villeneuve-Saiiit- Ooorges et Bougival, présentait une longueur deâGki» lomtUres,
Lq 4* secteur, de Bougival à Orgemont, comptait 15 kilomètres .
CeKo ligne d'investissement, d'un développement de 81 kilomètres, était occupée par les 3* et 4* armées :
La ît* armée (5*, G* el li* corps, 2* corps bavarois) gurdait la pnrlie Sud^ rive gauche de la Seine.
Lu 4* armée (corps de ia Garde, 4% !2* corps,* division WuHemberg^eoisel tenait la partie Nord, rive droite de
Lo 5' corps était etaMi sur les hauteurs de Bougival et ^5e MaIrr.arSvHi. la IT* division du il* corps à SèvTes eî \teu'i^"\ le :^ corjs bavar'r'is et le 0* corps séten-
l .^ ,\ "v> ele la cir*:;^ >r :-:"a:: au nord de Saint-Denis
sV:- S ,:a S 11 Tc^^sri'lle rAr^nteuil, le lî \i • N > M \VjL-*:-\^Vr',rf*:Ls^ snr les hauteurs N ; r'< ; ^-r : irr^e ce .i Seine et delà
v^ ^ r > V :v<vî!. .1 r'"::L:Le îm:T?e d^inves-
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Kuiplaccmenl desi troupes il investissement
1" corps bavarois (Von der Thann) poussant d'abord jusqu'à Montlhéry puis jusqu'à Orléans;
La 22* division détachée du 11* corps, général de Wittich, s' avançant par Rambouillet, Chartres, Chàteaudun ;
Les deux fortes divisions de cavalerie opérant sur Vendôme, Dreux, Vernon.
Au nord également de nombreux et forts détachements de Tarmée de la Meuse se dirigeaient vers Luzarches, Senlis...
Ces troupes, qui formaient pour ainsi dire une immense et mobik ligné de circonvallation, couvraient le blocus contre toute attaque extérieure et faisaient l'importante opération du ravitaillement.
Ainsi défendue et protégée, Farmée de siège proprement dite poursuivait sans crainte d'être prise à dos l'investissement de Paris... Cette ligne d'investissement, d'une étendue de 84 kilomètres, était gardée par 250,000 hommes environ (1) ; soit 3 hommes par mètre courant : c'était plus que suffisant si, tout en utilisant les accidents de terrain, tout en faisant un judicieux usage des travaux rapides, on savait employer et ménager les troupes.
Là où il n'était pas possible de tendre des inondations u^nei on avait relié des villages solidement fortifiés par des ^^^^^^^^^J^""*" lignes à intervalles permettant de passer de la défensive '**^' « p « d« à l'offensive... des épaulements de batteries étaient établis sur les flancs ou sur le front... Tout y était préparé, aménagé; on n'avait qu'à amener les pièces... Ces lignes, ces épaulements, étaient plutôt surveillés que gardés, soit par quelques cavaliers pouvant rapidement prévenir, soit par de très-faibles postes d'infanterie
(1) C*cst le chiffre de mi-octobre.
t ou
9» DÉFENSE DE PAEia
ocoipant d^ maisons isolées d'oà Ton apercermfî loin (1).
Sur les plateaux les I%nes de défense étaieat phm DOû sur la crête, mais en arrière, de façon à recev Tennemi sur un terrain découvert et battu de tm parts (2). Derrière ces lignes» dites premières li^u. se Irou^-Bil à 1,00» au 1.300 mètres, le clhvnp de ht iêiU^ (ï Ugm) ; c'était la que devait se livrer le combaL. Au deli, a peu pr& a la même distance, se dévelûppaï la 3* liiroe, dite de reirmte, établie de manière à ce q Teimemi ne pût la contre-battre en même temps tm première ei la deuxième..*
Sur ta première ligne se tenaient les yrandgardes î placées pour voir, avertir et non pour comballrB, Ces grand 'gardes, à rapproche de Tennemi, se retiraient sur la i* ligne.
Le combat était soalenii sur la 1"* ligna par quelquescompares (ordinairement des chasseurs) cpii se pli* tai«al géoérileaient sur les flanœ de manière a forp^, par ite feux obliquer, Fennemi à déployer ses forces.
Cependant la réserve spéciale et laréser\^e principale* canlounees dan> des villages en arrière, se portaleiit sur lo champ de bataille (:? lijrne) ; les compagnies de ehas- ^ • -c ^-^ f-' t'^Mient peu a peu pour laisser 1?^ f^mhl s oni::\i:er par le gros des forces sur un terrain choisi, j'îvraîv et Ixittii de tous côtés par des batteries déposition ,:^-
■ V .. ; ; ./. . -^; . ;.:.•: r.ar.itr^ gent-ralo, que l'assiégeant fil pl"^*
;->.-, >- r; o.\ 0 .it-> ^ jncs d'r,l,si<icles qu'avec ses troupes dont
.1 \:i ;> v, ..-^ trv>- . . r.:::u ; i:i8i> jrract^ à une surveillaucc active, ces
- .>..-> j UN .':■-:.: t';r rapiiomont cl fitrlement occupées.
;.' 0 .. - . *. ;:,«,: .■r.>-; :r:if. ^u-- j.our les pays de plaine.
>^ 1 . n. :. ;-•. !- v!\i- jrsr. i >• in .le menairer ses troupes. U pf*"
m»oiv I;^:: A .•;,- ,:-.:.•;:-.- -e '.a s..:it -ans (<u, par les grands fn-'id-*-
!♦» houu;us i:,\unî r ■»\;> :r^. o;. miiit ni , ce qui assurait encore la «^"'''
XXMll^»*^
KinplacM'tnonl des tpouues d invoslissmu'iil
Maintenant que nous connaissons les forces mobiles de la ligne d'investissement, nous allons exposer ses forces Sxes, tant naturelles qu'artificielles :
Chaque zone de terrain formant un ensemble et permettant 1q déploiement d'unç fermée ayant été de notre p^t Tobjet d'une étude spéciale , nous suivrons clan? cette description le même ordre que dans notre étucle ; examinant chaque zone aq point de vue purement défensif, nous indiquerons les considérations militaires qui pouvaient déterminer à choisir telle ou telle 4ireotiqn,
Notro travail se trouve, par la nature mèm^ 4u ter- WQ, {subdivisé de la manière suivante :
1"* Hauteurs comprises entre la route de Cherbourg et la vallée de Sèvres ;
fi* Terrain entre la vallée de Sèvres et la Biôvre ;
3* Terrain entre la Bièvre et la Seine;
4** Terrain entre Seine et Marne ;
5* Terrain compris entre la Marne et le canal de rOupcq ;
6** Plaine de Saint^Denis, entre le canal de TOurcq at le Rouillon ;
T Hauteurs au nord de SainVrDenis, entre le Rouillon et la Seine;
8* Plaine de GenneviUiers et hauteurs de Sannois- Orgemont.
veillance ; les groupes de la seconde ligne des grand'gardes, à SO pas de la V* environ, étaient abrités dans des maisons ; les compagiiiet de chasseurs se trouvaient également à couvert ; les réserves spéciales, les réserves principales étaient cantonnées dans les village;^... Les corps occupaient toujours le même emplacement... Les troupes avancées alternaient entre elles pour le service; n'étant pas relevées, elles connaissaient les moindres détails du terrain qu'elles gardaient et observaient, de plus elles n'étaient pas fatiguées par des changemenU eçtitinuels et des allées et venues incessantes.
%i plus doux, ;^ it ^smi^ en s'abaissaul mt M fRSfDlIe de Genneviffias.
à TêA «a plateau iodiné i^ l'aa-dessus de Ri4 w aiifBiE<{ue position ciâbf r kl preifn'île de BoulûgBê d les bastions dn ï»
^juqa'à la porte MaiW ^ÊSBmwt ^m parifiM ausd importante, m t cw^lrail k iirt^res^ da Sloot-Valérien, Établie 3u 1 --'^mf: f-n nazirloa isole au-dessus de Suresnes, :>:::e :'r:er?>se .vr^mande noa-seulement le plateau sux >r:rl e.> es: assise», mais encore une grande partae <:e ia [resp'ile «ie <3ennevilliers. Comme elle n a p^ ri'j \'-]r'> çur ie versvint .:[ui s'étend entre Garches et M^^»*' treîout, en avait, dès le début de la guerre, élevé -^ ^iessus de ce dernier village une redoute ; armée deqi^ques pièces, elle devait battre ce versant, et toul^ vallée de Villeneuve-l'Etang, que suit la route de \ sailles par Vaucresson. Malheureusement on avait devoir évacuer cet ou\Tage, ainsi que tous ceux c^^ mencés à l'exlérieur de Paris, et depuis le 24 ^=^ lembre la redoute de Montretout était occupée par ^russiens; ce retranchement étant complètement .^^^ feu du Mont-Valérien, ils n'avaient pu y melti
l'arlUlerie, mais il leur servait de poste avancé et d'observatoire.
Pour bien étudier le terrain, le général Ducrot s'était
plusieurs fois rendu au Mont-Valérien... de là il avait
pu constater que, sous la protection du fort, il était très-
possîble à une armée de se déployer dans la grande
plaine de la Pouilleuse sans être trop inquiétée par Tar-
tillerîe; car, bien que cette plaine fût dominée parle
plateau de la Bergerie, il eût été difficile aux batteries
enixemies de s'établir sur le bord de ce plateau, dominé
lui— xnéme par le Mont-Valérien. L'extrême droite de
l'ai*xiiée pouvait plus facilement encore se masser der-
rièi^eNanterre, de façon à attaquer de front les premières
défenses de la plaine : Malmaison, Bougival, pendant
<P*-'on les tournerait par les hauteurs.
^ais ayant nécessairement pour objectif Versailles, celle armée, dont le déploiement pouvait s'effectuer sans dô trop grandes difficultés, allait rencontrer de nombreux et sérieux obstacles ; elle se heurtait tout d'abord Hix plateau de la Bergerie, dont la pente nord est occupée par le parc boisé de Buzenval; entouré de ttiurs en zigzag, donnant des llanquements faciles, ce parc constitue au centre de la position une première ligne de défense des plus sérieuses; l'ennemi, sans cesse à rœu\Te, l'organisait, la complétait... on le voyait élever des ouvrages en terre, construire des blockhaus, creuser des tranchées-abris, etc....
En supposant cette première ligne forcée, et les difficultés eussent été grandes, nos troupes, arrivées sur la cpéte, se trouvaient aussitôt en présence de batteries, de retranchements, qui, parfaitement défilés du Mont- Valérien, croisaient leurs feux d'artillerie, de mousqueterie sur tout le plateau de la Bergerie. De plus, sur ce même plateau il existait de nombreuses tran-
i mmàtâÊê Im miï â Hicispie^ Bm-
f «àriiifes qw FeiiBeiBi avait re-
; «odeli, enfin ^ se troiiTail le
fisnimt réduit* Qq'ûq
les ttrtirtgs. l'organisatïcjn défei*
IrtTtiix ipie Fetiiiêmi pow-
jiigér combien il mmii
de sot» iniiéâ, de percer dios
Qt él^t fknqttéê à dmilê pod&Q de la B^fêrie.
, la rvdoQle de Monifi&laul enlevée , il tmmédtatemeîii du vîllâ^ de ft iBiinMir les défe&ses de la pûtctf 4m fliiem: wam li, Ams eetle sorte de bas-food entif la porte Jatme m le Tîlki^ de Montretciut, mm tmê Iromioœ soos te lai des battmes qptie rermemi lurtit oéetfiafteflm ^i^m/di^ sur tes erttes de Marnes, de XWmteavè^Èimt^^ dans te pcre de SâiBt-Cbtid ; pouf- ^\:v<-T. tls T^:f î.-^in ?iir Ir^ route de Roequencotirt, le? :;:;p< :.urs tiu yarc de VilIeneuve-rÉlang et les défenses r..;..: y 'v^ . r-::\:::><:x'^> >^ur les flancs des coteaux de Ga^ vî.e< f;nv.A:e:.; uiiO >r rte d'etranglemeni dans lequel il ::. yvssille ie s'aventurer. Les obstacles réel' :.>;:::r.::.:al':es que présentait ce défdé, étaieni i...\r< ;.;:c: .er.îos par l'hospice Brezin, le château de ia M ;.v*.o. .1 villace de Vaucresson qui, placés en écheler.s a Textri^nile. barraient et enfilaient la route dans pîvsoy..e t. v.:e son étendue.
N\ :.v aile ir.iuehe aurait donc rencontré de telles dif* îler.ltis .];;'il lui eùî ete iiupossible de les surmonter et de les v.uuori\
Sur la droite, les obstacles n'étaient ni moins nombreux ni moins formidables ; nous rencontrions comme
première ligne de défense, le ravin profond et encaissé de Saint-Cucufa ; celte ligne, appuyée d'un côté au mur de Longboyau, de Tautre au parc de la Malmaison et à Bougival, soutenue en arriére par des batteries établies sur le^ pentes qui vont de la Celle-Saint-Cloud à la Jonchére, avec redoute aux châteaux du Bulard et de Beauregard, présentait un front infranchissable. Il était bien diflQcile, sinon impossible, de la tourner par l'extrême droite , car le \illage de Bougival, véritable couloir entre la Seine et les pentes abruptes de la Jonchére, constituait une position inabordable.
Ainsi y au centre comme aux ailes, notre armée devait se heurter à des défenses presque inaccessibles.
En supposant même qu*eUe eût pu, au prix de cruels sacrifices, réussir à franchir cette première ligne et â s'établir sur le plateau , depuis la Boiserie jusqu'à la Celle-Saint-Cloud, elle se serait immédiatement trouvée en présence d'une deuxième ligne tout aussi sérieuse, s'étendant depuis Marnes jusqu'au dessus de Bougival :
Les bois , les parcs , les châteaux , les \îllages de cet autre plateau constituaient une série de points d'appui solidement organisés, qui eussent infailliblement arrêté nos soldats fatigués, épuisés par un premier et sanglant succès.
Enfin , Versailles, le but de nos efforts, étant le quartier général du Roi, le quartier général des commande^ ments, des princes et de la diplomatie... il était évident que les réserves de troupes y étaient plus nombreuses que partout ailleurs.
Ainsi, en résumé, dans cette première zone, nous nous trouvions non-seulement en présence d'obstacles succès-' sifs , toujours de plus en plus sérieux, depuis le parc de Buzenval jusqu'à Versailles, mais là encore, à Versailles, réduit de la grande armée assiégeante, nous al-
lions avoir devant nous des forces considérables pouvant être rapidement soutenues et augmentées.
Une attaque dans cette direction n'avait donc presque aucune chance de réussite, même avec de vieilles troupes ; avec celles dont nous disposions , il n*y fattait pas songer.
2o Terrain compris entre là vallée de Sèvres et la Bièvre.
Cette deuxième zone était peut-être encore plus difficile à forcer que la première ; on peut la subdiviser en deux portions, Tune entre Sèvres et Meudon, l'autre de Meudon à la Bièvre.
^ Metdoï " Depuis Sèvres jusqu'à Meudon, le terrain, fort accidenté, est couvert d'obstacles de tout genre , villages , parcs, bois, remblai du chemin de fer. . . A toutes ces difficultés locales venaient s'ajouter plusieurs de nos travaux défensifs que les Allemands avaient promptement utilisés : la redoute de Brimborion (appelée par les Prussiens redoute du Prince-Royal) , commandait à la fois le débouché du vallon de Sèvres et toute la rive gauche de la Seine jusqu'au Bas-Meudon. La redoute de la Capsulerie (redoute des Chasseurs pour les Allemands) couvrait le plateau de la Capsulerie et la route de Versailles par Bellevue et Chaville ; elle était reliée à l'ouvrage ébauché au-dessus de Meudon au moyen d'abatis, de murs crénelés. Cet ensemble, avec la batterie du château de Meudon , formait une ligne de défense formidable.
Tout ce massif boisé était vraiment inaccessible, d'autant que nous avions encore la Seine à franchir dans de très-mauvaises conditions : massées dans la presqu'île de Billancourt, nos troupes eussent été dominées de toutes parts et exposées presque à bout portant au
feu de l'ennemi ; de plus, la concavité de la courbe du fleuve étant tournée de notre côté, notre tir aurait été divet^ent, tandis que celui de Tennemi serait venu converger sur nos colonnes entassées dans un espace relativement restreint.
Les forts d'Issy, Vanves et Montrouge, construits à De Meudon i peu près à moitié distance entre le plateau de Châtillon et le rempart, s'élèvent au milieu d'une plaine découverte, doucement inclinée, sur laquelle il serait possible de déployer une armée, si on n'avait pas devant soi la forte position de Châtillon, dont nous avions pu apprécier l'importance dans la journée du 19 septembre.
Les villages de Clamart, Châtillon, Bagneux, sortes de postes avancés établis au pied des glacis du plateau, constituaient une première ligne de défense extrêmement sérieuse ; soutenue en arrière par de nombreuses batteries élevées sur la crête, cette première ligne était encore flanquée à gauche par le canon de la terrasse de Meudon.
Ces obstacles franchis, le plateau abordé, il fallait se rendre maître de la redoute, achevée et organisée ^rès-solidement par l'ennemi ; cet ouvrage enlevé, nous avions à marcher dans une plaine nue, découverte, ^ans abri, exposés pendant près de trois kilomètres au TevL des nombreuses batteries établies à hauteur de Ï^lessîs-Piquet , lesquelles se reliaient à droite aux emportants travaux défensifs de ce village.
Tourner ce plateau de Châtillon par la route de Toulouse était presque aussi impraticable que de l'attaquer ^e front, car nous présentions le flanc aux feux croisés de Bagneux, de Plessis-Piquet et de Sceaux.
Il était donc inutile de songer à une tentative sur un point quelconque de cette deuxième zone.
I* Ttnrain 00121 p ri i tatre la fiiÈvr« et ta Sélae.
TcHit le terrain en avant de Villejuif est complétemeni découvert, presque plat ; il se prêterait ndiBirablemeiit aux manœuvres d*une armée.
Mais la tentative faite le 30 septembre contre L'Hty. Clievfllj', Thiaîs^ avait prouvé que ces \^llagcs éimenï solidement forlitlés, et, depuis cette opération, les MUmands ne cessaient de compléter leurs travaux défeadfs. De robsîervatoire de Villejuif, on les voyait creuser d^ trancliées reliant les villages et élever de nombreux au%Tage5 en seconde Ugne ; ce terrain étant propre à un champ de bataille, l'ennemi voulait être en mesure da résister à loutes les tentatives que nous pourrions faire, soit pour percer, soit pour inquiéter ses commtinieatinns avec Versailles. La première ligne, déjà trèsforte, avec les points d'appui de L'Hay, Ghevilly , Thiaii, Choisy4e-Roi, était soutenue en arrière par une ligna plus forte encore passant par Fresnes, Rungîs, la Belle-Epine, Orly, Villeneuve-le-Roi et Villeneuve-Sainl- Georges.
Avant tous ces nouveaux travaux, nous avions pu voir, dans la journée du 30 septembre, combien il était périlleux de s'avancer à découvert contre ces villages, fussent-ils préalablement canonnés par rartillcrie. Nos troupes étaient encore sous l'impression d'un premier échec, il n'eût pas été prudent de les lancer à nouveau dans la même direction. Cependant, malgré ces diverses causes défavorables, le plateau de Ghevilly était l'uq des champs de bataille possibles autour de Paris.
4° Terrain compris entre la Seine et la Marne. Cette zone peut se subdiviser en deux fractions :
DEFENSE DE PARIQ.
Terrain entre la Seine et Ormesson, terrain entre Ormesson et la Marne.
La première portion comprend la grande plaine qui s'étend depuis Maisons-Alfort jusqu'à Valenton, Brevannes, dans laquelle étaient échelonnés des postes ennemis plus ou moins importants, mais qui tous devaient nécessairement céder devant une attaque se-* riause.
Maîtres de la hauteur de Montmesly, nous pourrioni y faire avancer des pièces de gros calibre, capables de battre les pentes depuis Limeil jusqu'à Sucy , d'autrei batteries établies dans la presqu'île de Saint^Maur appuieraient notre gauche ; mais quelle que fût l'efUcaçité de la canonnade*, restait toujours l'abordage des hau-^ teurs ; o*est alors que les difficultés commençaient : les pentes extrêmement raides de ces plateaux sont couvertes de parcs, de bois, de jardins, présentant à chaque pas des obstacles successifs ; les villages de Valcnton, Lâmeil, Brevannes, Boissy-Saint-Léger, Sucy, établis »ur les abords ou les flancs du coteau, donnent de solide* points d'appui. Il était douteux que nos troupes pu^s^nt enlever cette première ligne; auraient-elles réussi... qu'arrivées sur le plateau, déjà épuisées, à moitié d^méas, elles eussent été arrêtées par une série d'obata* çlaa : tranchées, abatis, batteries ; enfln, au centre même d^ la position, se trouvait le grand parc de Gros-Bpis ; quartier général d'un commandant de corps d'armée, oat immense enclos, fortifié, barricadé, était le lieu de conoantration de toutes les réserves du terrain que npug considérons. Dans cette direction, nous n'avions douQ aucune chance de succès.
La deuxième portion de cette zone s'étend entre Ormesson et Neuilly-sur-Marne. De ce côté nous possédions la presqu'île de Saint-Maur s'avancent comme uf
De la Seine à Ormessoo.
D*Ormes8oo à la Marne.
0ÉFEHSE DE
tion att mîUeu des positions Bllemandes; ÎI nous êUît fecîle d'y éiablir de solides batteries pour flaûipef notre droite,
La presqu'île de Poulanfîs était, à la vérité, en partie occupée par l'ennemi, ses avant-postes ûmvaieo! tnème Jusqu'à la Fourche-de-Qiampigny, mais mmixm du passage prés de l'ancien pont de Joinville, nouspoo- TÎons racilemenl prendre pied dans celte presqu'île, wfouler les avant-postes prussiens et nous emparer de toute la plaine jusqu'au Tremblay, où une partie de l'armée se déployait.
Le passage de la Marne s'effectuait dans de bonnes conditions; ia boucle de la rivière^ dont la convexité e$t tournée vers Paris, est directement commandée parles redoutes de Gravelle, de la Faisanderie, a gauche elle est baltue par la belle position de Nogent, par le fort de Nogent, à droite par nos défenses de Saint-Maur; nos feux étaient donc convergents, ceux de Tennemi dive^ gants. En [in les arbres de Poulangîs, du Tremblay, les bouquets de bois épars dans la plaine, masquaient à Tennemi l'établissement de nos ponts.
Celle presqu'île semblait donc favorable aux dispositions d'attaque, mais comme elle offrait un front trop resserré pour le déploiement d'une nombreuse armée, il était de toute nécessité d'avoir un autre lieu de passage: l'aile gauche de l'armée, par exemple, opérant vers Neuilly-sur-Marne, pouvait franchir la rivière au coude qu'elle fait en aval de ce village. De cette façon, notre champ de bataille devenait assez étendu. Soutenus au centre par le fort de Nogent et des batteries établies dans le village même, leurs gros ' projectiles fouille- [aient le plateau de Villiers ; à droite, nous étions
nqués par l'artillerie de la presqu'île de Saint-Maur: auche, par les feux du plateau d'Avron.
Mais là, encore, nous nous trouvions en présence de hauteurs à enlever, hauteurs défendues en arrière par des villages et de grands parcs comme Noisy-le-Grand, Villiers, Cœuilly, Chennevières, solides points d'appui crénelés, fortifiés et se flanquant réciproquement; puis, en seconde ligne, des bois, des parcs...
Cependant, malgré toutes ces difficultés sérieuses, ce terrain pouvait servir de champ de bataille, et nous être même favorable si notre aile gauche manœuvrant à temps, parvenait à prendre de flanc et à revers les positions attaquées de front par le gros de l'armée.
S"" Terrain compris entre la Marne et le canal de TOnrcq.
Dans cette zone, Paris est protégé par une ligne de hauteurs commandant d'un côté la vallée de la Marne, de l'autre, la grande plaine de Bondy ; sur ces hauteurs ont été bâtis les forts de Nogent, de Rosny, de Noisy, de Romainville, qui étendent la défense assez loin vers l'est, et rendent le bombardement impossible dans cette direction. Les redoutes de Fontenay, de La Boissière, de Montreuil, de Noisy, construites dans les intervalles, battent les versants qui ne sont pas vus par les canons des forts. Des tranchées réunissant tous ces ouvrages rendaient celte position à peu près imprenable...
De ce solide camp latranché, nous pouvions déboucher dans la vallée de la Marne ; le plateau d'Avron, qui s'avance comme un coin dans la plaine, appuyait nos colonnes; ainsi soutenus, nous enlevions facilement Neuilly, Ville-Evrard, Maison-Blanche; mais alors se présentait un terrain difiicile, resserré, étroit ; non-seulement notre flanc n'était plus protégé par Avron, mais il était entièrement exposé aux batteries ennemies de Montfermeil et de Champs. . . ; enfin, nous venions nous
di
mux loisgi
il itrait âeré d^ rnitis, I« fiûudr» plis iû
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mm fui barm par d^ mm% ««»«»bv^
4e» eliAli«, ém barricades... en tm ntcil^ mm»
f«e réiati une d^ portions le^ rks pmssaittK de feu-
nerai. et Fidée ne pouvait venir a personne d'aller s'y
briser.
6' Plaine de Saint-Denis.
Ori appelle plaine Sairit-Deni>, tout le terrain compris entre Saint-Denis , le Rouillon et le canal de rOureq.
De ce C' «té, nous avions comme défenses extérieures la place de Saint-Denis, le t'-Tt del'Flst, le fort d'Auberviliiers : les forts de Homamvilleet de Noisy, qui constituaient les points d'appui de droite de cette grande ligne de detense.
A labn de ces torts, une armée pouvait facilement se déployer: elle avait en avant un vaste terrain plat, décou-
vert, ne présentant pour tout obstacle que les deux petits ruisseaux de la Molette et de la Morée, qui coulent parallèlement vers la vallée du Croud, puis vers la Seine.
Le passage de la Molette était défendu par le grand village du Bourget ; des batteries établies sur la rive droite de ce cours d*eau, appuyées à droite aux prairies marécageuses du Croud et au village de Dugny, à gauche, aux bois de la Voirie et à la ferme de Nonneville, formaient une première position difficile à enlever ; mais cet obstacle, bien qu'augmenté encore par des inondations tendues, n'était pas à comparer avec les difficultés naturelles et artificielles que présentaient les hauteurs des autres portions du périmètre de Paris.
La deuxième ligne, également à Dugny, puis à Àulnai, avait au centre comme point d'appui le Blanc-Mesnil, ainsi que les batteries défendant le Pont-Iblon, sur la grande route de Lille; mais au moyen d'une action d'artillerie formidable nous pouvions réduire au silence toutes ces batteries; de plus, nos débouchés étant nombreux et faciles, il nous était possible d'avoir immédiatement une supériorité numérique très-marquée. Pour défendre tout ce front Nord, le plateau de Bondy compris, il n'y avait que le seul corps de la garde prussienne (quartier général Gonesse), qui ne pouvait être secouru que par le 4* corps prussien et le 12* corps saxon ; le premier avait à contourner la boucle de la Seine, le second en partie avait à franchir la Marne... Au moyen de diversions, il était permis d'espérer que l'on arrêterait ou retardétâit ôii moins l'arrivée de ces deux corps.
Cette plaine de Saint-Denis pouvait donc être consi-^ dérée comme le vrai champ de bataille de Paris.
8ia DÉFENSE DE PARIS.
7° Terrain au nord de Sadnt-fiemSp
An nord de Saint-Denis, Tennemi avait admirablement utilisé les hauteurs qui dominent immédiatement cette ville. Tout ce terrain coupé, mouvementé, rempli de villages, de parcs* de maisons isolées, de bouquets de bois, de fourrés, de jardins, présentait une série de positions dont les Allemands avaient formé un réseau de défenses échelonnées*..; déplus, des batteries, de^ ouvrages établis sur la butte Pingon, a Groslaj% à Enghien, fermaient les vallées où se déroulent ; à notre droite, la route de Dunkerque, à noire gauche, celJe du Havre,
Sur la gauche de l'ennemi, cette solide position se trouvait llanquéo par les inondations du Rouillon et du Croud, par les villages de Stains, de Dugny, reliés entre eux au moyen de tranchées; sur la droite elle avait les batteries d'Orgemont, de Sannois. ..; ce demicercle , allant d^Orpemont à Stains , présentait dono des obstacles multiples, sans cesse renaissants, et soutenus en arriére par le parc d'Enghien et la foret de Montmorency. De plus, possédant très-peu de terrain en avant de Saint-Denis , nous aurions été obHgés de nous concentrer, pour ainsi dire, sous le feu même des positions ennemies.
Une attaque de ce côté ne présentait donc aucune chance de succès.
S" Plaine de GenneviUiers.
La dernière zone comprend la presqu'île de Gennevilliers et la presqu'île de Houilles.
A première vue, celte zone semble Tune des plus difficiles.
Eu effet, les longs circuits de la Seine constituent des barrières successives, derrière lesquelles se trou* vent les fortes positions de Saint-Germain et de Maisonssur- Seine, croisant leurs feux avec les batteries des hauteurs de Gormeil. L'ennemi, comptant sans doute sur les obstacles naturels, avait pou do monde de ce côté. De l'observatoire du Mont-Valérien, où nous découvrions en détail tout ce terrain. Ton n'apercevait que quelques postes, à Carrières, à Bezons, à Argenleuil ; quant à la presqu'île de Houilles proprement dite elle était à peine occupée.
Mais les difficultés étaient plus apparentes que réelles : maîtres de toute la presqu'île de Gennevilliers, nous pouvions y établir des batteries de gros calibre; démasquées à l'improviste, elles balayaient les faibles défenses de l'ennemi et nous établissions nos ponts à Bezons ... Le passage de la Seine effectué , notre armée se déployait dans la presqu'île de Houilles sans être trop inquiétée... à gauche, le feu du Mont-Valérien retardait les secours venant de Saint-Germain ou même les empêchait de franchir la Seine... à droite, une diversion faite par la vallée de Montmorency^ contenait les forces prussiennes de ce côté ; de plus, des mouvements de terrain, près le château Le Marais, nous défilaient en partie des feux des batteries de Gormeil.
Une fois maîtres des hauteurs de Gormeil, la plaine qui s'étend jusqu'au confluent de l'Oise nous appartenait, et, marchant rapidement dans cette direction, nous franchissions la rivière avant l'arrivée des réserves ennemies.
La presqu'île de Gennevilliers nous ofTrait donc un débouché des plus favorables.
D'après ce que nous venons de voir, il n'y avait autour Résumé.
de Paris que quatre champs de bataille sur lesquels nous pouvions tenter une opération avec les moyens dont nous disposions. Ces champs de bataille étaient :
Le plateau de Villejuif, La presqu'île de Ghampigny, La plaine de Saint-Denis, La presqu'île de Gennevilliers.
Partout ailleurs nous avons constaté que rénnémi occupait des positions dominantes , couvertes de bois , villages, parcs, reliés, complétés, renforcés par des tranchées, des redoutes, des batteries, de manière à former une sorte de barrière continue et infranchissable.
Voyons maintenant quelles considérations pouvaient déterminer à choisir l'un ou l'autre de ces quatre champs de bataille.
En opérant sur le plateau de Villejuif, pour nous porter vers le sud, nous avions à enlever successivement deux lignes solidement appuyées par de gros villages fortifiés. Déjà nous avions éprouvé un échec en attaquant la premirèe ; les pertes considérables essuyées seraient, nous Tavons dit, une cause d'inquiétude pour nos jeunes soldats : avant tout, il fallait ménager leur moral.
Dans celte direction, nous tombions à la vérité sur les communications de Tennemi avec Versailles, par les ponts de Choisy-le-Roi , de Villeneuve-Saint-Georges; c'était important si nous voulions détruire sur place l'armée assiégeante, mais cela n'était que secondaire, si, suivant notre dessein, nous voulions rompre la ligne d'investissement pour donner la main à la province ; de plus, en agissant de ce côté, nous nous heurtions sciemment à des forces accumulées, car, vu leur valeur, ces communications étaient, non- seulement couvertes par de solides ouvrages, mais par de nombreuses
réserves; enfin la proximité relative de Versailles permettant aux renforts d'arriver promptement sur le terrain de la lutte, augmentait encore les moyens de résistance de nos ennemis sur cette partie de la zone d'investissement.
Puis, supposant les lignes prussiennes franchies, nous tombions dans un pays ravagé, ruiné à grande distance ; et nous nous jetions sur le gros des forces allemandes, s'étêndant jusqu'à Orléans. De ce côté, les chances de succès étaient donc bien faibles.
En débouchant par la presqu'ile de Champigny, il était permis de penâéi* que ftous surpfendrions l'ennemi, pouvant se 6roire à l'abri derrière la Marne ; mais âpf es un premier éuccès, quel but aurions-nôus? où serait notre point d'appui, notre base d'opérations, si nous n'avions pas l'espoir de rencontrer à peu de distance une armée de secours? Cette éventualité faisant défaut, nous n'aurions aucun moyen de nous ravitailler en vivres, en munitions, et bientôt nous verrions se réunir contre nous toutes les réserves ennemies; alors notre sort n'était f^as douteux.
En livrant bataille dans la plaine de Saint-Deni^, ndUè débouchions encore vers le Nord-Est, c'est-à*diré dans la direction de toutes les communications des Allemand» ; ooiûme dans le cas précédent, nous serions bien vite en présence de forces importantes, et nous avions les mêmes difficultés de ravitaillement. Nous pouvions, il est vrai, après la première journée, nous rabattre à gauche, tourner les hauteurs de Saint-Denis et chercher à gagner rOise ; mais alors, pris en flanc par le corps d'armée stationné au nord de Saint-Denis, talonnés par les forces lancées à notre suite , nous courions risque d'être attaqués , mis en désordre avant d'avoir pu atteindre la rivière. • •
m DÉFENBE DE PARIS.