‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 6 sur 87 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

« Dans le cas où nous serions obligés d'évacuer la position de Chàtillon, la retraite se ferait avec autant d'ordre que possible, en se couvrant par des masses de tirailleurs défondant les maisons et tous les obstacles pied à pied.

€ La 1" division irait se placer en arrière du fort d'Issy ; la 2*, en arrière du fort de Vanves ; la 3% en arrière du fort de Montrouge; les réserves d'artillerie, dans l'intervalle entre les forts de Vanves et de Montrouge.

c Après l'évacuation cpmplèle do la redouto de Châtillon, si l'on était forcé de rentrer dans Paris, la 1'* division rentrerait par le village d'Issy et les portes qui y donnent accès ; la 2* di-

DÉFENSE DE PAHïS.

ie Caussad© position..

viBïon et l'artillerie de résenre, par la port© de ChâUllou el celle du chemm de fer; la B' divisioa^ par la porte d« Monlrouge. (Ce mouvement mc sexéûuiers qae sar un oi'drp ptécis an géné^ rsî en chef 4

« Au quartîâr général de Chètitloïi, le 19 sepiombrô 187Û.

« Le QêDéràK chef d'êtai^m^Jot géaér*L « ^içné : Appert, >

Tout en étant bien décidé à se maintenir énergique* ment sur ces deraiéres positions du plateau de Chatillon, le général Ducrol devait nécessairement prévoir le cas d© la retraite. Il ne la croyait pas probable, mais il devait admettre cependant que nous pourrions être obligés de nous replier derrière les forts, peut-être même derrière les remparts; en conséquence, il était indispensable de près* crire ce que chacun aurait à faire, le cas échéant * — toutefois le général en chef entendait bien assumer entièrement la responsabilité d'une ei grave détermination

et se rP^nrv^r 1^ 4rn'f riTi^nln 4Vt1 ni^rîrsTiT^rT IVxo^'lîtîon,

Aussi son étonnement fut grand, lorsque ayant envoyé un offlcier d'état-major porter des instructions au général de Caussade, qui devait se trouver à Clamart, il lui fut rendu compte que le village était entièrement évacué.

Le général Ducrot se refuse tout d'abord à croire à un * pareil fait; il lui est impossible d'admettre que la 1" division a, sans aucun ordre, abandonné son poste (1). Pensant que le général de Caussade , pour une raison quelconque, a pu être forcé de se porter en arrière, il ren-

(1) Dans l'enquête qui eut lieu plus tard» le général de Caussade dit au général Ducrot que , vers 41 heures , ayant vu la route couverte de fuyards, et n'entendant plus le canon, il avait été convaincu que tout était fini, que tout notre monde avait été délogé du plateau; craignant d'être enveloppé, il s'était décidé à rentrer dans Paris.

xr\'.

hap Becauet. Paru j v

voie un autre officier d'ordonnance dans la direction d'Issy ,

Cet officier cherche en vain la division de Caussade à Clamart, à Issy, à la Californie ; il n'en *voit auQune trace.

Le général Renault a non moins vainement tenté d'avoir des nouvelles de sa première division ; il n'y a plus à en douter, le général de Caussade est rentré dans Paris.

Notre aile droite n'était donc plus en ligne ; de ce Oôté, nous n'avions plus d'autre appui que quelques œntaines de zouaves maintenus par le commandant Lévy et 1q capitaine Jacquot vers Meudon et Fleury, encore le général en chef Tignorait-il.

Quant à la division d'Hugues, qui devait occuper Fonr lenay-aux-Roses et le haut de Chàtillon , très-impressionnée par la canonnade très-vive dirigée sur ces deux villages , elle s'était en partie repliée dans la direction du fort de Montrouge. Mais, sous l'énergique impulsion du brave et digne général d'Hugues, qui se mit à la tête de ses jeunes troupes , elle fut promptement reformée entre Chàtillon et Fontenay-aux-Roses,

Malheureusement notre extrême gauche se trouva complètement dégarnie par suite d'un regrettable malentendu.

Avant que le général Ducrot n'eût dicté les ordres ordre de retrai

... indûment

relatifs aux mouvements que chacun pourrait avoir a dopé à la

* * division

exécuter ultérieurement, mouvements qui ne devaient ^® Maussion. commencer que sur un nouvel ordre formel et précis, le général Appert, chef d'état-major général, ayant cru devoir faire rétrograder la division de Maussion, du village de Bagneux vers le fort de Montrouge , avait envoyé le capitaine Fayet porter des instructions dans ce sens au général de Maussion. Puis, lorsque l'ordre relatant la décision du général Ducrot fut dicté et transcrit, le général chef d'état-major négligea de rappeler

le capitaine Fayet, de manière à annuler la communication de lordre antérieur dont il était porteur.

Au reçu des instructions verbales de cet officier, le général de Maussion ne put cacher son étonnement et son désappointement; il hésita à obéir, il se demanda s*il ne devait pas attendre un ordre écrit. Mais, après avoir entendu les observations de ses officiers, disant qu*un ordre verbal porté par un officier d*état-major connu, équivaut, d*après le règlement, à un ordre écrit, le général de Maussion se décida, bien qu'à regret, à aban- ^ ^^^ donner Bagneux et les hauteurs de Bourg-k-Reine. Bonrg-u-BMiie. Leg batteries divisionnaires du commandant de Miribd, établies à Téperon de Bagneux , se retirèrent en même temps, abandonnant une admirable position où elles auraient pu rendre de si grands services pendant le reste de la journée.

Notre extrême gauche se trouvait par ce fait complètement découverte.

Dés que le général Ducrot fut informé du mouvement en arrière de cette division, il prescrivit au général d'Hugues de faire réoccuper Fontenay-aux-Roses pour empêcher un mouvement tournant de ce côté.

Immédiatement, le 3* bataillon du 'âl* de marche se dirige vers ce village ; le 2* bataillon du même régiment reste sur les pentes du Télégraphe, face aux coteaux de Sceaux, elle 1" bataillon borde le plateau depuis le Télégraphe jusqu'à la redoute. Il était une heure environ. ii<*«isunce Pendant ce temps, le lieutenant-colonel Bonnet, com-

k ^ ^ mandant le 15* de marche, se conformant aux ordres du gênerai en chef, contmuait a se mamtenir dans Plessis- Picquet.

Ce régiment (1), envoyé la veille sur cette position, afin

(1) Le 1&« d« marche avait été renforcé d'une compagnie de chasseurtf

de couvrir le flanc gauche de la reconnaissance exécutée sur le plateau de Châtillon, s'était fortifié dans le village et dans le moulin Plessis. Ce dernier point avait été occupé par les chasseurs à pied et une section du 15* de marche.

A 600 mètres environ en arrière, se trouvent le grand parc Hachette et un vaste enclos, dont les murs forment un front qui couvre le village ; une rue descendant dans Plessis-Picquet sépare le parc et Tenclos.

Le 1" bataillon (commandant Angamarre) fut placé déployé dans Tenclos, occupant la partie du front regardant Petit-Bicétre, ainsi que celle qui fait face au moulin. L'intervalle entre le clos et le parc fut fermé par ime forte barricade.

. Le 2* bataillon (commandant Lourdes-Laplace) occupait la face Sud du grand parc, jusqu'à l'angle au-dessus d'Aulnay.

Le 3* bataillon (commandant Gravis) formait réserve et gardait la porte et les brèches du parc.

Chaque bataillon s'était retranché, avait pratiqué des créneaux dans les murs et établi des appuis pour avoir un second étage de feux à la crête ; les rues tournées vers Petit-Bicétre étaient barricadées.

Toutes ces dispositions s'achevèrent dans la soirée du 18.

Le lendemain, dès 6 heures du matin, des tirailleurs allemands se présentent pour tâter les défenses de ce côté; après une fusillade de quelques instants, ils se retirent.

A 8 heures l'ennemi renouvelle sa tentative avec des forces plus nombreuses ; ses tirailleurs sont soutenus par

à pied (capitaine Battisti), et d'une autre section de chasseurs (lieutenant r3uuUz).

quelques pièces d'artillerie qui rendent intenable lé moulin Plessis, et notre avant-poste retraite vers les retranchements de Plessis-Picquet.

Pendant toute la matinée le combat se continue, mftîs sans grands efforts de part et d'autre, l'ennemi placée là lisière du bois de Verrières et sur les bords du plateau, échange seulement quelques coups de feu avec les défenseurs du village.

Vers 1 heure, les Allemands sortent des taillis èfl grand nombre et s'avancent à découvert sur le plateau. Écrasés par la mousqueterie qui part de tous les murs du parc et de l'enclos, ils sont obligés de se replier précipitamment en abandonnant leurs morts et leurs blessés. Mais peu de temps après apparaît sur là lisière du bois une batterie qui ouvre son feu sur Plessis. .... L'ennemi veut trouer et renverser les murs avant dé tenter un nouvel assaut.

La situation du lieutenant-colonel Bonnet était critique ; nos troupes avaient évacué la plus grande partie du plateau ; cet officier pouvait être enveloppé avec son régiment.

Il envoya donc un officier à cheval, M. Tarigo, demander les instructions du général Ducrot, qui lui prescrivit de se retirer immédiatement par la route de Fontenay-aux-Roses .

Sur l'ordre du colonel, chaque bataillon abandonna la position en diminuant successivement son feu. Protégée par les chasseurs à pied et les francs-tireurs, qui maintinrent constamment à distance les tirailleurs ennemis, cette retraite s'opéra dans un ordre parfait.

Il était près de 3 heures quand le régiment arriva à hauteur de Chàtillon, derrière la redoute.

Toute cette opération , très-bien conduite , fait honneur au 15® de marche et à son digne chef, le lieute^

nant-colonel Bonnet; grâce à l'énergique résistance de ce régiment, notre gauche, malgré le départ de la division de Maussion, resta couverte pendant une grande partie de la journée, et toutes les tentatives de Tennemi pour nous tourner de ce côté furent sans résultat.

Le 15* de marche eut dans cette affaire 3 officiers et 38 hommes hors de combat.

Vers 1 heure la lutte recommence sur le plateau; combat trëg-r l'ennemi redouble d'efforts, il fait entrer en ligne de 8uriêputeau<

Chfttilloii.

nouvelles batteries face à la redoute ; son infanterie , si prudente jusqu'alors , s'avance dans la plaine à gauche de la route de Versailles ; de nombreux tirailleurs sortent également des bois de droite , et poussent jusqu'à 1 kilomètre de nous. Mais nos mitrailleuses et un feu roulant de mousqueterie ont facilement raison de cette tentative. Reconnaissant son impuissance, Tinfanterie se défile et semble renoncer à tout mouvement offensif} bientôt même rartillerie ennemie cesse son feu ; pour la seconde fois elle est réduite au silence (1).

Notre artillerie du Télégraphe, vu sa position dominante, luttait également avec avantage contre leâ batteries bavaroises dont le nombre allait toujours croissant; néanmoins, nos mitrailleuses obligèrent successivement toutes ces batteries à prendre des positions plus en arrière, et vers 2 heures, toute l'artillerie ennemie s'éloigna jusqu'à la portée extrême de ses pièces.

Nous n'avions donc, pour le moment, rien à redouter sur notre front; mais complètement découverts à droite par la défection de la première division, nous pouvions '

(1) L'auteur de l'ouvrage : Opérations du 5« corps prussien, dit que « rartillerie allemande cessa le feu parce qu'elle ne pouvait lutter avec des pièces do place bien abritées. » l\ n'y avait pas de pièces de place, mais seulement dans la redoute, huit pièces de 12 de.campagiie et dés mitrailleuses.

D s^M pov cch éê i^fradbsr li «qpeiAe do g^

néral Schiritz de la leCîre du Gc«Teraeiir dalée da 18 an sotr. dans bqïiefle 3 éUit dit :

c Oa DOQS Dcns enléteroos à garder la position que

l t*tga- T*tr<> M àtfurr**-^ > pia^raL Im:?':« fttv^yiil

U rcŒLi«<. a»nr:«ç«a3>* > r^snfr»^ #a c^rf : î .»€^ yft<a« «mec W dÉBS 4» ^r^^te*^ rD* > p^»tfrfti D«»rr»;« Taraèt o^ffifcàe asfrè^ ^ G^mraunr,

€ vous tenez , alors je devrais penser à assurer votre

< droite et j'aurais Tobligation de faire passer le reste

< du 13' corps à Meudon et Montretout; nous aurions

< alors près de 60,000 hommes en ligne de Bagneux a € Montretout , et tous nos œufs seraient dans le même € panier. . . »

Au lieu de ces mesures énei^ques que commandaient les circonstances et qu'il importait de prendre, si l'on voulait . réeUement disputer à l'ennemi les hauteurs de Châlillôn, Meudon, etc., le chef d'état-major dans sa dépèche disait : c Je vous conjure de ne pas vous laisser € cerner ; je fais appel à tous vos sentiments de prudence.»

Néanmoins le général Ducrot ne peut se résoudre à Le générai

^ ^ Ducrot

abandonner entièrement ces hauteurs, clefs de Versailles prend ses dis?

sitions

et de Paris. Plutôt que de laisser à l'ennemi la redoute ^^^^^^^^^^^^ de Châtillon, il songe à s'y enfermer avec quelques cen- ^*ch&uuwi.^' taines d'hommes et à tenir jusqu'à la dernière extrémité. Mandant le sous intendant, il lui ordonne de prendre ses dispositions pour approvisionner l'ouvrage : déjà on s'apprêtait à transporter 50 à 60,000 rations réunies dans les premières maisons de Châtillon, quand le général se préoccupa de la question de l'eau.

Sur le terrain environnant, on ne trouvait ni ruisseau, ni source ; dans la redoute, il n'y avait pas une goutte d'eau. Plusieurs hommes s'étaient déjà plaints de la soif. . . elle commençait à se faire sentir pour tous.

Afin de parer à ce grand inconvénient qui, se prolongeant, pouvait devenir un péril, le général envoie son chef du génie, le colonel Gorbin, pour reconnaître si , dans le haut de Châtillon, il n'y aurait pas des fontaines, des puits, des réservoirs, quelques moyens, enfin, de faire boire les hommes et les chevaux. Au bout d'une heure, le colonel revint en disant qu'il n'existait rien absolument ; que, par suite d'un accident dont il ignorait

la cause (1) , les conduites d'eau ne fonctionnaient plus, que tous les réservoirs étaient à sec , et qu'il ne voyait aucun moyen d'approvisionner la redoute.

Ceci constituait une situation fort grave. Il est bien évident que si l'ennemi parvenait, en tournant notre droite, à occuper le village de Châtillon et à nous bloquer dans la redoute, nous ne pourrions nous y maintenir plus de vingt-quatre ou quarante-huit heures.

Comme se présentait cette difficulté, le général commandant l'artillerie rendait compte au général en chef que les munitions pour les pièces de 12 étaient à peu près épuisées. Depuis plusieurs heures on en avait demandé, mais on n'avait reçu aucun avis de leur envoi. Malgré tout, le général Ducrot résolut d'attendre encore, car le Gouverneur, annoncé par la dépêche de midi 40 minutes, pouvait arriver d'un moment à l'autre.

Rien ne pressait, du reste : toutes les tentatives faîtes par l'infanterie ennemie jusqu'à 7 à 800 mètres de la redoute avaient été repoussées par l'artillerie et la mousqueterie.

Notre position était excellente. . . Le cimetière, placé à 200 mètres environ de la redoute, servait de véritable ouvrage de contre-approche. La compagnie du capitaine Bontemps, qui l'occupait, fusillait de la face gauche les Bavarois quand ils tentaient de prendre pied sur le plateau au-dfissusde Plcssis-Picquet, et de la face perpendiculaire à la route, cette même compagnie tenait les Prussiens en respect dans la direction de Villacoublay.

(1) Le village de Châtillon est alimenté par la pompe à feu de Cholsyle-Roi. Le 18 septembre, l'ennemi arrivant, M. le Directeur de la Compagnie générale des eaux avait donné l'ordre au personnel de l'usine de Cboisy do se retirer, après avoir démonté une pièce de la machine, afin qu'elle ne pût être utilisée par l'ennemi. (Voir aux pièces justificatives, n^ IX.)

Le combat avait presque cessé : il n'y avait plus qu'une canonnade à grande distance, et une fusillade partant d'une haie située à 1,000 mètres delà redoute, lorsqu'un incident vint jeter le trouble dans la défense. Au moment où les Bavarois cherchaient à se maintenir sur le plateau, le général Paturel ordonna à deux compagnies du 1*' bataillon du 21% établi un peu en retour vers la droite, entre la redoute et la batterie du Télégraphe , d'ouvrir le feu contre leurs têtes de colonne. Le feu se propagea instinctivement dans le reste du bataillon ; quelques balles sifflèrent aux oreilles des défenseurs de l'ouvrage; cette fusillade, venant presque d'arrière, les impressionna vivement.

Le général en chef donna immédiatement l'ordre de cesser le feu... les mitrailleuses, seules, continuèrent à tirer.

Mais ce fait, apparemment sans importance, fit une

mauvaise impression sur nos jeunes soldats Il leur

ôta une partie du calme et de la résolution qu'ils avaient montrés jusque-là. Sur le champ de bataille, il ne faut souvent qu'un léger incident , pour enlever la confiance aux troupes...

Enfin, vers 3 heures 1/4, n^ voyant pas arriver le Gouverneur, et ne pouvant conserver aucune illusion sur renvoi de renforts, le général Ducrot se décide à abandonner la position.

Ordre est envoyé aux batteries du Télégraphe, ainsi qu'aux batteries dominant Clamart, de se retirer vers Montrouge.

Toutes les troupes établies derrière la redoute et sur les pentes de Ghâtillon devront suivre la même direction.

Vers 4 heures, l'évacuation de la redoute s'effectue avec le plus grand calme.

Conformément aux ordres reçus, les seoiilds caissons

Le général

Ducrot

donnne l'ordi

de la retraite

li^DffiâLii: ii^ ^Tynnwr i£§ 1 1 mû iiali . ^m ne les travm

eflKîre je ion d? V£TrT^ ec ^ isri à^ Jksâsvo^ Les

des lr?Gpes cm iDj^Âvesiieiii. es^ eae àkom lîWûL à frit ia[p:ffcgbte, 4« mdiis iix^^ j:c^. D tÊSLuà se hiler, de çraial/e dêtre cailrné. <ar les Iraçi^ qui denôeat pn^ergçr ks Sazics de la i^roîe etuûesit d^* l«n- DuB rc«Trâ^. il i*e resiaiî plas qa'tiije jcig^ee dliomiDes th^rrtijiiiL fl e^ vrai, par un iea très-vif, à dissimuler l^^T pelil iK^mbre; mais il ne fLÛail p^as espérer tromper Vx,;?teap« reonemL quL d'un moment à Tautre, pouvait strrir^ en torce et prendre dun se^ coup de filet les denikn

Les mitrailleuses sont attelées à des chevaux de selle et d'officiers, mais on ne peut songer à employer ce moyen pour les lourds canons de 12; le général les fait enclouer par le capitaine du génie de Saint-Vincent, et surveille pièce par pièce cette opération.

Enfin , ordre .est donné au 2* bataillon du 26* et à la compagnie des mobiles de quitter la redoute; le général en chef sort le dernier. Pas un coup de canon, pas un coup de fusil n'est tiré sur cette petite arrière-garde qui, vers cinq heures, se trouve à hauteur du fort de Vanves.

Le général Ducrot, après avoir établi ses dernières troupes, entra dans ce fort; il voulait donner un coup d'œil à l'armement et juger de la situation.

C'est dans le fort de Vanves qu'il reçut, des mains du Dépôch»

j X x'i^ A /^ du Gouverneu

commandant, un télégramme du Gouverneur : au commaDdai

^ du fort

4 heures 40 minâtes.

« Gouverneur de Paris au Commandant fort de Vanves,

c Avez-vous des nouvelles de la peraonne du général Ducrot?»

On le voit , l'isolement du général Ducrot sur le plateau de Ghâtillon avait été si complet , qu'on ignorait même ce qu'il était devenu. On craignait qu'il n'eût été tué ou enlevé dans la bagarre; en un mot, personne dans Paris ne savait au juste ce qui s^passait sur le lieu du combat, parce que depuis onze heures du matin personne n'y était venu voir.

Le Gouverneur s'était mis en route; mais à la porte de Paris il avait rencontré la division de Caussade qui rentrait tranquillement, disant qu'on ;ne se battait plus, que toutes les troupes revenaient. Le générai Trochu s'était alors borné à faire l'inspection des remparts pour y préparer la défense. ■:%:;

Le général Ducrot télégraphia immédiatement au Gouverneur pour rendre compte de la situation, et demander des instructions.

Ordre ayant été donné de faire entrer le 14* corps dans Paris, ce mouvement fut exécuté vers huit heures du soir.

Résumé Tel est le combat de Châtillon, qui, à vrai dire, ne

de la journée. « , , . i i 'i

fut qu une longue et vigoureuse canonnade, pendant ^laquelle nos batteries improvisées luttèrent énergiquement et avec un certain avantage contre les batteries allemandes supérieures par le nombre, par le personnel aguerri, par les engins perfectionnés.

De notre côté, nous eûmes 76 bouches à feu engagées, 68 sur le plateau, 8 dans la redoute ; elles tirèrent 41,000 coups de 7 heures du matin à 4 heures du soir.

Les Allemands comptaient 60 pièces sur le plateau, de la ferme de Trivaux au ravin de Plessis-Picquet, 30 entre Bourg-la-Reine et Sceaux.

Comme dans la plupart des canonnades, les pertes furent peu considérables de part et d'autre, mais sauf rincident des zouaves qui se produisit au début de Faction, nos jeunes soldats Tirent généralement bonne coa« tenance sous une pluie de projectiles.

Quelques fractions sérieusement engagées, notamment le 13% le 19* d'infanterie et le 7* bataillon des mobiles de la Seine, firent preuve d'une solidité vraiment re* marquable et tout à fait inattendue de la part de jeunes gens qui, la plupart, n'avaient jamais tiré un coup de fusil.

La journée du .19 septembre nous coûta : 4 ofliciers tués, 28 blessés, 1 disparu; 94 hommes tués, 535 blessés et 61 disparus. Total, 723 officiers ou soldats hors de combat.

Les Prussiens avaient eu de leur côté :

6 officiers tués, H blessés;

83 hommes tués et 302 blessés.

Total, 402 officiers ou soldats hors de combat.

Les ambulances divisionnaires du 14* corps étaient bien incomplètes ; cependant elles suffirent pour assurer le service du champ de bataille.

Les blessés furent transportés jusgu'â la fortification ; serrice

, des ambulance

là, à chacune des portes du Sud, se trouvaient cmquante iJJr"ée°d infirmiers munis de brancards et commandés par un aeptembri; officier d'administration des hôpitaux. Ces infirmiers recevaient les blessés et installaient temporairement les plus grièvement atteints dans des maisons de la rue militaire disposées en ambulance.

A chaque porte il y avait un sous-intendant chargé de diriger sur telle ou telle ambulance les voitures de blessés et les brancardiers.

On espérait, de cette façon, éviter le désordre; mais on avait compté sans le zèle trop ardent de la population et des personnes qui avaient fondé des ambulances privées.

Beaucoup allèrent , avec des voitures , ramasser des blessés jusque sur le champ de bataille , et les conduisirent dans rintérieur de Paris. Les militaires, soignés les uns dans les ambulances privées, les autres chez des particuliers, échappèrent la plupart au contrôle et à la surveillance militaire. V

Pour éviter qu'une pareille confusion ne se reproduisît à Tavenir, ordre fut donné aux postes des portes de la Tille de ne laisser passer les jours de combat que les voitures-ambulances de la Presse, celles de la Société de secours et les directeurs d'ambulances pourvus de cartes spéciales (1).

(1) Voir le chapitre ; Service hospitalier.

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