‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 60 sur 87 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

OPÉRATIONS DES 2' ET 3* DIVISIONS DD 13* CORFS ( Da i" ou U cïckjhro >.

dûs Afin de prévenir une nouvelle attaque Dontre ThUis,* jje»û Chevilly, L'Hay, Chois y-le-Roi, abordés par nous k 30 septembre, les Prussiens créèrent des ob^lacles laiil- Uples autour de ces villages.

Le l** octobre p ils firent sauter la ferme de la Saufsaye, qui, peu défendable, nous facilitait, une fois entn? nos mains, Tattaque de Chevilly; ils creusèrent unelftiigue tranchée reliant L'Hay, Chevilly, Thiais, do mtniere à former une ligne continue depuis la Biévre jusqu'à la Seine; présentant des saillants, des rentrants, cette ligne avait pour points d*appui et de résis!ance lei^ divers villages désignés ci-dessus, dont les défenses étaient extrêmement solides.

ns dé- De notre côté, les travaux commencés sur le plateau au do de Villejuif se poursuivaient activement, sous la direction du commandant du génie Mengin (1). La redoute des Hautes-Bruyères fut bientôt en état et armée de 6 pièces de 12 fournies par la réserve d'artillerie du 13' corps; en arrière, des chemins encaissés furent disposés, aménagés comme postes-abris pour les ^ése^ ves; une tranchée armée d'une batterie de G mitrailleuses relia les Hautes-Bruyères à Villejuif; solideraenl organisé, ce village, dont une forte barricade défendait la Grande-liuo, communiqua au Moulin-Saquet par une ligne de défense formée de murs crénelés et de Irancliécs.

\1) C.el officier supcrieur était atlaché à la division de Maud'huy.

au iiif.

XXVUI.

DÉFENSE DE PARIS. 8t9

Dans cette redoute de Moulin*Saquet, les travaux» bien que poussés avec activité, ne purent, vu leur importance, être terminés aussi promptement qu*on l'aurait voulu ; il y avait, entre autres, plusieurs traverses à construire pour défiler les défenseurs des coups du plateau du Mou* lin-d*Ârgent, qui était un peu plus élevé. Moins bien armé que les Hautes-Bruyères , le Moulin-Saquet n*avait que 4 pièces de 12.

Une série d'ouvrages considérables furent encore en*^ trepris de ce côté paf le général du génie Tripier (1). Frappé des pertes éprouvées par nos troupes le 30 septembre, en marchant à découvert contre les villages de L'Hay, Chevilly, Thiais, etc., cet officier général rét solut d'employer le système d'ouvrages de contre-approche si admirablement utilisé par les Russes à Sébastopol ; ayant jugé par lui-même pendant ce siège mémorable des résultats obtenus, il voulut exécuter en avant de nos positions des travaux analogues qui nous permettraient de marcher à Tennemi en nous défilant au moyen de parallèles et de tranchées successives.

Approuvé par le Gouverneur (2), le général Tripier s'entendit immédiatement avec le commandant du iZ" corps, pour l'exécution des ouvrages depuis Vitry jusqu'au fort de Montrouge. Mais avant de les commencer, U fallait gagner un peu de terrain dans la vallée de la Bièvre» se rendre maîtres de différen-ts points, tels que Cacban, maison Plichon ou Millaud (3).

L'occupation de Cachan est confiée au colonel de La occupauon de Marieuse, du 35"" de ligne, qui, depuis la mort du général (7 ^tobn.

(1) Le général Tripier, appartenanl au cadre de réserve, s'était trouvé enfermé dans Paris.

(2) Voir ajix pièces justiflcatives, n« XXIX.

(3) Cette maison se trouve à la jonction des routes d'Orléans et de Bagneux.

3â4 DEFENSE

Guilhem, commandait provisoirement la brigade 35*49^. Le 7 octobre, au matin, ces deux régiments se perlent sur Cachan, les avant-postes eanemis n'opposeit aucune résistance et se retirent du village que nous mettons immédiatement en état de défense; cependant on construit une tranchée pour relier la redoute des Haute.^ Bruyères a Taqueduc d'Arcueil ; poursuivie les jom*^ suivants, cette tranchée fut poussée jusqu*à la Grange- Ory, grande fabrique située sur la route d'Orléanâ, et que nous avions déjà fortifiée-

Enlèvement L'enlèvement de la maison Plichon ou maison MiEatid oJ^'Siuiud.^^ est confiée aux mobiles de la Côte-d'Or, soutenus par lu octobf.;) j^ brigade de La Mariouse.

Le 10 octobre, à la tombée de la nuit, )e régiment de la Côte-d'Or s'avance en colonne jusqu'à la Grâoge- Ory; là il attend. que la fort de Montrooge ait suffisamment battu son objectif... quelques obus ayant alteîM la maison Plichon, les mobiles marchent rapidement sur elle et le poste prussien qui roccupait se retire sans chercher à résister. Aussitôt les murs sont crénelés ; en môme temps on creuse une tranchée, reliant cette habitation au remblai du chemin de fer de Sceaux à Cachan, un autre boyau est poussé jusquà une carrière située à peu de distance sur la droite. Dés le lendemain, tous ces travaux sont assez avancés pour permettre de soutenir vigoureusement une attaque; mais rien ne se présente, ci ce poste, que nous avons toujours conservé, est solidement organisé, ainsi que tous les autres points, sous la direction du commandant du génie Guyot (1).

l)icn qu'il n'y ait eu que quelques coups de fusil

it) Ci'l officier appartenait a la division d'Excn; il avait été momcnlanénient détaché pour l'oxécution de cc«* travaux.

échangés, cette affaire bien conduite, vigoureusement exécutée, donna aux mobiles de la Côte-d'Or un certain renom dont ils se montrèrent constamment dignes.

Pendant que s'exécutait cette opération, le général Le couvemeui commandant le 13* corps reçut du Gouverneur une Ion- à une^ attaque

1 /jv if 1% .1 • ^® l'ennemi

gue lettre (1), Imformant que, par suite de renseigne- pour le 14 oci«»r ments venus de sources diverses, il était amené à croire que l'ennemi faisait des rassemblements de troupes considérables sur le front Sud de Paris et qu'il se préparait à une attaque.

On approchait du 14 octobre, anniversaire de la bataille d'Iéna , il était permis de penser que les Allemands choisiraient ce jour-là pour faire une tentative sérieuse. Afin de parer à toute éventualité, le général Trochu indiquait au général commandant le 13* corps toutes les dispositions à prendre et lui annonçait l'envoi d'une division du 14* corps (division de Caussade) et de plusieurs batteries d'artillerie pour renforcer ses positions.

Il lui prescrivait, en même temps, de pousser les travaux de défense avec la plus grande activité sur tout son front.

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