‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 63 sur 87 · V- 7s £ : f*^?^'^?^ i £ jf ^fof^i! Bliiîchard informa le · texte numérisé non relu

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amène de nouvelles batteries à Sceaux, à Bourg-la- Reîne, sur le plateau de Châtillon : bientôt Bagneux, la maison Millaud, Châtillon et les pentes en arrière sont criblés d'obus. Cette violente canonnade ne fait cependant pas grand mal aux troupes engagées comme aux troupes de soutien ; parmi ces dernières, la brigade Dumoulin reprend le chemin des Hautes-Bruyères, la brigade de La Charrière se maintient à la maison Millaud, d'où ses batteries répondent vigoureusement au feu dd Tennemi.

Les troupes de Bagneux se replient lentement sans nul désordre. Les 400 marins du capitaine de frégate d'André finissent d'abattre les murs du parc de Bagneux au moment même où les derniers de nos soldats quittent ce village... les marins se retirent à leur tour, fermant la marche et couvrant la retraite... Un instant l'ennemi sort du village, se précipite à notre poursuite, nos colonnes s'arrêtent, font demi-tour et, par des feux de mousqueterie et d'artillerie, le rejettent en désordre der^ riére les murailles de Bagneux. . .

A Châtillon, nous ne cédons le terrain que pied à pied en faisant partout ferme contenance.

Dans le quartier de la rue de la Fontaine, le détachement du 42^ de ligne, sous les ordres du commandant Charpentier, et les sapeurs du génie se replient successivement par tous les détours qu'ils avaient suivis en cheminant en avant; ils prennent même le temps de construire en F une barricade de tonneaux, afin de retarder la marche des Prussiens , puis ils viennent joindre le reste de la colonne derrière une barricade en bois de chauffage G, que le général de Susbielle a fait élever à la hâte. Enfin nous abandonnons entièrement le village. Le 42* de ligne, sous les ordres du colonel Comte, protège le mouvement. Pendant que quelques

défilèâ dans les plîs de terrain, s'échdomicnl !v phiffliïOTs tH^leors restent à la bairitïade G

TemiaBi de déboucher par la grande me

i es ïfx^mnce ao gros de nos forces.

fe G^iiUme Paret prend position de 5ia- Imites les issues de Chétillon; mm

n'ose inquiéter notre retraite. Il en est de

m^ refeanl» quelques compa^îes du 42*, postées d^ Ador à prendre en Ilanc les colonnes ennemies sor- «le Bagnenx, s'arrêtent et contribuent, avec les ma* i Ak «qûtaine de frégate d'André, à les refouler ddm

!k M tÊmtB i/S, toutes les troupes étaient bors de in £eu de lennemi, et le canon des forts seul se

^1 tendre.

ferlis de la journée se monf aient à 14 onicjars et 9IS laounes hors de eonibat :

Atta«Tne de Rnî^noux : i oflkiers et i8S hommes;

Attaque de Lihatiilon : » otiiciers, parmi lesquels le général de Susbielle, et 199 hommes;

Attaque de Clamart : 2 oflîciers et 15 hommes.

L ennemi avait eu 9 officiers et 295 hommes tués ou blesses, et 120 disparus; total 424. Ses pertes étaient donc plus considérables que les nôtres (1).

Comme au combat de Chevilly, nous avions attaqué directement des villages, nos hommes s'étaient précipités contre des murailles dans lesquelles nos canons «avaient fait que quelques brèches insignifiantes; et ^pendant nos pertes étaient beaucoup moins considértfcbles que dans la journée du 30 septembre.

Cela tenait à ce que l'ennemi considérait Bagneux,

Voir aux pièces justificatives, n' XXXU, le rapport du général Mnoy.

Chàtillon, Clamart comme de simples avant-postes. La solide position du plateau de Chàtillon formait sa véritable ligne de défense. Là étaient ^^umulées ses forces, tandis qu'il n'avait que de faibles détachements dans les villages. Grâce à la vigueur de l'attaque, nos soldais avaient pu aborder ces premiers obstacles avant Tarrivôe des renforts ennemis. D'offensif, le combat était devenu défensif, et à l'abri derrière ces murs, ces maisons dont nous nous étions rendus maîtres, nous avions eu peu à souffrir des attaques presque à découvert de l'ennemi.

Le 30 septembre, au contraire, Thiais, Chevilly, L'Hay, constituaient la ligne de défense principale de Tennemi. Organisés solidement, ces villages avaient un nombre de défenseurs considérable; aussi n'avions-nous pu les enlever, malgré des pertes cruelles.

D^ps ces combats de Bagneux-Châtillon, toutes les troupes se comportèrent avec le plus grand entraiu. Le Gouverneur les félicita par un ordre du jour (1).

Le 35* et le 42" se montrèrei)Ji à hauteur 4e la réputation qu'ils avaient acquis^ $i chprepient dans )a jourf^pe du 30 septembre,

Les régiments de marche 13*, 14*, 9-, iO*, déployèrent également une grande vigueur, et prouvèrent qu'on pourrait bientôt compter sur eux à l'égal des vieilles troupes.

Les mobiles de la Côte-d'Or, conduits par le brave lieutenant-colonel de Grancey, eurent une grande part dans le succès ; à eux seuls ils firent une soixantaine de prisonniers.

Les mobiles de l'Aube ne furent pas moins ardents; leur digne chef, le brave commandant comte de Dam-

(1) Voir aux pièces justificatives, n* XXXIH.

pierre, tomba mortellement frappé en chargeant â leur tôtottans l'attaque de Bagneux. J

Bien que les poiâ|||ns conquises eussent été abandomiées, ces combfflin'en produisirent pas moins un heureux effet sur le ïnoral do la défense, en prouvant que nos jeunes soldats et nos mobiles commençaient à se former, que d^à mômo ils pouvaient se mesurer avec un ennemi habitué à vaincre.

Pe part et d'autre, les forces étaient à peu près égales ; nous avions la valeur de cinq régiments en première ligne, et deux brigades formant réserve. L'ennemi» de son côté, avait engagé tout le %^ corps bavarois; maiâ|X dominés de toutes parts, nous nous heurtions à des mu*^ railles, à des positions difficiles. Nous avions donc, nialp|é l'appui que nous prêtaient les forts, un désavantage marqué, et cependant nous avions en partie réussi, et A plus de mal à l'ennemi qu'il ne nous en avait fait lui même.

En résumé, le combat du 13 octobre fut une affaire bien conçue et vigoureusement exécutée. . . elle prouva une fois de plus à Tennemi qu'il avait désormais à compter sérieusement avec l'armée de Paris et qu'il lui faudrait maintenir constamment autour de la capitale des forces considérables.

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