‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 69 sur 87 · ATTAQUE DES POSITIONS · texte numérisé non relu

ATTAQUE DES POSITIONS

A 2 heures 15 minutes, au signal convenu, Tartillerie ^'d^tnlqu^' cesse son feu et nos têtes de colonnes s'élancent en avant. "'' ^HilT ^^

{•i II. et quart.

Attaque de la Maimaison

par la colonne Bcrthaut

Les francs- tireurs de la 9f division se précipîÈeni sur le château de Buzenval ; les francs-tireurs du Mont- Valérien, les tirailleurs de la Seine et les éelaireurs du 28* mobiles s'avancent vers le ravin de Saint-Cucufa par le plateau, entre le mur de Buzenval et celui de k Mal* maison; les troupes de la colonne Berthaut engagées dans Rueil marchent sur Bois-Préau, qui est occupé sans combat. Wk

Le commandant Jacquot, avec ses quatre compagnies de zouaves, débouche de Rueil; devant lui\ à l'entrée de Bougival, la route est coupée par une solide barricade armée de canons et appuyée d'un odtét m mur du parc de la Malmaison, de l'autre à dos constructions crénelées, à des tranchées couvertes par dei^ abatis. Il est impossible d'attaquer de front celte pch sition. . .

Le général Berthaut ordonne aux zouaves de la tourner par le parc de la Malmaison ; la porte d'entrée à Tangle du mur, enfoncée par les sapeurs du capitaine Ligneau, le commandant Jacquot traverse rapidemenl la route sous le feu de la barricade et s'élance dans 1b parc à la tête de la & compagnie (capitaine Duco^y Devant cette attaque subite, le poste prussien de la- Malmaison prend la fuite et s'embusque derrière l^s fourrés du fond du parc. Le commandant Jacquot i entraîné parce premier succès, n'attend pas l'arrivé ^^ des autres compagnie^ de son bataillon et continue s^^ marche le long d'un grand mur qui borde la route » mais il se trouve arrêté par une mare et des abati^^^ s'étendant sur une grande largeur.

Déjà le lieutenant Lantelme et quelques soldats son^^ blessés; le commandant Jacquot n'a plus auprès de lui -^ qu'une soixantaine d'hommes avec le capitaine Ducos et "^ le capitaine adjudant-major Colonna d'Istria.

Vitaque de lalVlalmaison (21 Octobre 1870)

Jhsiiions a 2^ ^ dé l'après'-TnidL XXXVI 11

Attaque dé la Jonchèit^ ( 21 Oetabre i8yo )

thsUions^ Cl 3^ ^ lie l'a^t^v mUii .

^aio-X«iÇ CiMii^ft^iiH.r pi»n,fsit»niie^v aottieni gi'néntilenxenii *oo Konxitxe^. f^s- Mo//H**%*,y**n/4*meiii "^o on 80. «

A ce moment débouchent dans le parc, par la grande grille et par des brèches que nos sapeurs viennent de pratiquer, les francs-tireurs du 36*, les francs-tireurs de Paris et la télé de colonne du bataillon du 36*; les Prussiens, postés sur les pentes et dans les fourrés, les arrêtent par un feu roulant (1). Devant Thésitation de ses jeunes troupes, le lieutenant-colonel Colonieu réclame le concours du commandant Jacquot (2), qui aussitôt envoie son adjudant-major hâter l'arrivée des 4* et 5* compagnies de zouaves. . .

Le général Noël, voyant la colonne de droite sérieusement engagée, détache pour lui venir en aide les deux compagnies de francs-tireurs des 25* et 26* de ligne (capitaines Risboui^ et Chapuis), plus une compagnie des mobiles de la Loire-Inférieure.

Ces trois compagnies se précipitent par des brèches faites à la hâte dans la partie sud-est du parc, et pénètrent dans un bois très-fourré appelé garenne de la Malmaison (3) ; poursuivant leur marche, sur ce terrain accidenté, coupé de haies, de ravins, de fossés, elles arrivent sur le flanc des Allemands ; une fusillade vive, rapide, s'engage presque à bout portant (4). Attaqués de

(1) L'attaque avait eu lieu au moment mCme où se faisait le relèvement des postes ; nous avions donc affaire, dans le parc, à la compagnie de garde, ainsi qu'à une seconde compagnie qui venait la relever.

(2) Par l'intermédiaire du capitaine adjudant-major de Boysson.

(3) Ces brèches furent pratiquées par les sapeurs du capitaine Rothmann.

(4) Le lieutenant de Luxer, de la compagnie du 2G«. accompagné du caporal Toullec et dun autre homme de la compagnie, cherchait à reconnaître le terrain en avant. Tout d'un coup, il se voit cerné par un groupe de Prussiens et un sous-offlcier qui crie : « Bas les armes î » — « J'aimerais mieux cre.. . î » répond le caporal Toullec. U fait feu sur le sousofficier et tombe dans le tas à coups d»; cro^se. M. de Luxer et Je soldat foncent également sur les .\llemands ; ceux-ci, surpris, se jettent de 'côté, et les nôtres peuvent s'enfuir; mais a vingt-cinq pas. ils re«;oivent une décharge qui tue le soldat ^t Messe au bras gauche le caporal Toullec. Ce brave soldat fut décoré pour cet acte énergique.

sm

Hetraite )al"" du 3(V' ns le parc 1 M.iliiuisuri.

tous les côtés, de face et sur leurs deux flancs, les tirailleurs eunamis peculent vers la parlie ouest du paît. Pendant ce temps, le commandant Jacquat, ocmtoiif-

nant la grande mare, a rejoint le SCf\ Toujours avec sa seule compagnie de zouaves, il se précipite vers un» brécbo A, faitû paiT ennemi, au pied d'un mamelon couronné en ce moment de nombreux tirailleurs, i

Les zouaves, leurs trois olfieiersen tôle (commandaiilj Jacquot, capitaines Ducoset (lolomia distria), s'élanesal par cette brèche sous une pluie de balles ; ils gravi^&enl au pas de course la pente couverte de vignes et s arreleat derrière un ressaut de terrain, à très-petite distaaceita tranchées prussiennes. Des deux cotés^ les combattant* tirent sur les têtes qui paraissent au-dessus du sol, La commandant Jacquot, les capitaines Ducos et Coloimi distria maintiennent leurs soldats par leur énergicpia exemple; jetée, pour ainsi dire, au milieu des lignes ennemies, cette poignée d'hommes attend larrivée du 36* et des îuUres eompaiifnies de zouaves (4* et 5"'^.

Les instants s'écoulent..., le danger devient de plus en plus pressant. . . et rien n'apparait à la brèche par où doivent déboucher les secours. Tout à coup, la sonnerie française de (c cessez le feu » se lait entendre dans le parc de la Malmaisou... Voici ce qui s'était passé de ce côl('^ :

Le bataillon du oG" a d*abord suivi le commandant Jacquol, s'olancant en avant avec sa G*" compagnie; mais au milieu du parc, ce balaillon, accueilli par la fusillade du plateau de la Jonclière, s'arrête. De cette position de la Jonchère, (|ui domine entièrement la Malmaison, les l);illes passant i)ar-dessus les nun^s arrivent en plein sur le bc^aillon du iîO qui, au lieu de franchir rapidenicul la zone dariyerease, reste massé, groupe sous celte moiis(|ueterio d'un ennemi invisible. Surpris, les hommes

Altacpe de la Jonchère ( 21 Octobre 1870 )

FostUons' vens- If, .de- U après- nvùdv .

r, 4^P:ft "^ '^-' - ^^- ' ' ^^ - i^

a X/».f Cffnt^ni^/tif.f pnu.vjçifnites aoui^rut ^nénaletneiU Qoo hommes^ Ip^s ntU iH'^ws'fii f«* t/n'jii 'Xf ou 3o.

tirent sans but, sans direction, un peu de tous les côtés, risquant de se massacrer les uns les autres et de tuer les zouaves du commandant Jacquot établis au delà sur les pentes. Les officiers , ne parvenant pas à arrêter cette fusillade, Tun d'eux a la malheureuse idée de faire sonner : € cessez le feu. >

A cette sonnerie, Tennemi croit que nous nous retirons ; un peu ébranlé par la vigoureuse attaque du commandant Jacquot, il reprend confiance, et, poussant ses hurrahs, s'ébranle en avant, déborde les zouaves et cherche à les couper de la brèche A, leur unique point de retraite. De plus en plus serré par l'ennemi, le commandant Jacquot veut néanmoins conserver sa position ; il envoie son adjudant-major, M. Colonna d'Istria, demander du monde au général Berthaut.

Après avoir lancé les zouaves à l'attaque de la Malmaison (1), le général Berthaut était revenu vers Bois- Préau diriger sa colonne de gauche.

Portant le bataillon du Morbihan en avant, il venait d'arriver à l'angle sud-est du parc, quand se présente à lui Iq capitaine Colonna d'Istria. A ce moment-là, le 36% continuant à reculer, était venu s'abriter derrière le mur d'enceinte du parc, lequel se trouvait ainsi presque entièrement évacué.

Apprenant la situation critique du commandant Jacquot, le général Berthaut envoie chercher immédiatement le 1" bataillon des mobiles do Seine-et-\lame, resté en réserve derrière la caserne de Rueil.

Ce bataillon , longeant extérieurement le mur du parc, doit marcher rapidement au secours des zouaves.

Dispositions

i)ri8e8 e généra] Berthaut pour secourir le commandan Jacquot.

(1) Les compagnies de zouaves n'étaient pas entrées dans le parc simultanément ; arrivées à l'exlrémité de Rueil, côté droit de la rue, elles avaient dû, pour donner moins do prise au feu de la barricade de Bougival, traverser la route par petits groupes.

Descendant vers les brèches du mur Est, le général

ordonne au lieutenant-colonel Colonieu de se reporter en

avant avec son bataillon du 36*, renforcé des mobiles du

. Morbihan; et de sa personne il pénètre dans le parc,

alin de diriger le mouvement.

Les Cependant, les francs -tireurs du 36* de ligne ne se

du 80?^' sont pas retirés complètement ; la plupart, abrités der-

da zoumTes ri^ro dos arbres, dans des plis de terrain, attendent... et

flrûciiiMeDt la ' r '

brèciie A. q\qq que les 4* et 5* compagnies de zouaves, venant en aide au commandant Jacquot , débouchent dans le parCi ils s'élancent en avant et courent au pas de oourse vers la brèche; a peine Font-ils franchie, que leur chef, le capitaine Couvés, tombe blessé... Le lieutenant Deschamps prend le commandement, enlève les hommes un moment ébranlés, et escalade les pentes de la Jonchère, où il est suivi par la 5* compagnie de zouaves du capitaine ColUn.

Le commandant Jacquot se trouvait alors assez loin sur la gauche... longtemps ce brave officier s'était maintenu sur sa position; longtemps il avait résisté sur place à tous les efforts d'un ennemi dix fois plus nomljreux; mais pressé de toutes parts, se voyant sur le point d'être enveloppé, il s'était rabattu vers l'angle sud-ouest du ])arc, sans franchir cependant le ravin de Saint-Cucufa.

Dès qu'il aperçoit les tirailleurs du 36* en dehors du parc, il leur fait signe de venir à lui ; le lieutenant Deschamps se porte aussitôt de son côté avec un autre officier, une vingtaine de francs-tireurs et de zouaves, les autres restent sur les pentes , en avant do la brèche, et font le coup de feu avec les nombreux tirailleurs prussiens postés à peu de distance.

Deuxième effort A l'arrivée de ce léger renfort, l'héroïque commandant le commandant Jacquot, mettant SOU képi au bout de son sabre, fait son-

contre iajon ner la charge, s'élance en avant... les trois officiers

(Ducos, Deschamps, N...), une soixantaine d'hommes le suivent et gravissent les pentes de la Jonchére au pas de course. •

Mais de la crête garnie d*une longue ligne de tirailleurs part une pluie de projectiles, nombre de nos soldats sont atteints. . . le commandant Jacquot, blessé à Tépaule, maintient sa petite troupe par son indomptable courage; plusieurs hommes ayant commencé à plier, le capitaine Ducos les ramène en criant : c A moi les zouaves ! » et pendant quoique temps encore , nos soldats répondent éneipquement à la fusillade des Allemands, sans parvenir toutefois à prendre le dessus. Voyant la moitié de son monde tué ou blessé, voyant que l'ennemi, soutenu par des renforts incessants, gagne par sa gauche, qu'il va être débordé, cerné, le commandant Jacquot ordonne la retraite vers Tangle sud du parc... Les zouaves descendent rapidement la côte de la Jonchére sous une grêlé de balles... Le commandant Jacquot reçoit une seconde blessure et roule à terre... Le capitaine Ducos se précipite pour l'emporter, deux coups de feu le mettent hors de combat... Le sergent-major Petit de Grandville , se dévoue ; il court à son commandant et le met sur ses épaules; à peine a-t-il fait quelques pas , qu'il tombe frappé à son tour.

Sur la gauche, a quelques pas de l'endroit où combat- tnite talent si vaillamment les zouaves, des tirailleurs enne- ^d*n»ier»»M mis se gUssant par un sentier qui descend jusqu'au ravin de Saint-Cucufa, prés de l'angle du parc, menacent de nous tourner. Le lieutenant Deschamps se porte de ce côté avec un groupe de zouaves et de soldats du 36*.

Le capitaine L'iopisqui, après une lutte énergique dans le ravin de Saint-Cucufa, s'est replié vers l'entrée du parc de la Malmaison, vient bientôt prêter main-forte au lieutenant Deschamps avec quelques-uns de ses soldats.

d'homme ooiirant le hh^

tomba Uaols; oo so tu^lka

de la l%iie, zottaves se Isaltail

Ul des. prodigœ de valeur..,

I, tués et blessôâ s'entachait

lieiEl^tiaBt Deschamps tombe

Ld Oui des AUemands ne cesse

4b nom env^ioppùr.,. nouâ bai-

liu mvîn, poursuivis de prés

ta oeOe résistaBce acharnée.

fiflripêlîet de ce combat inégal,

par !e commiindiint Ja^oi

de zouaveâ et tes francs-

D^dianips et da cap*

fêlés aalotir da la brè-

par une partie de la 4* ooin-

al ^m eartam nombre de soldats eu

4a lkf«%-e£ offiders, tôas ces hommes

> z eu- ::: ptctes «i av;anî au moment où le commandant ■ V .: ^ •. : ive.le a:tav7iie: nous avions ga- ^ . - . . rv .iv.-r.Uue, nous l'avons vu,

; v-e: v: r:e::t'': tout ce qui reste

v^;- ' ^ «Vif :e z:MAves, -les francs-tireurs

.\ ; ^ ; ^ ■ r unr f.:s:lla le des plus vives,

-•: > : ^: - : - •;. -u:.::- Je îa brèche... nos

- :->:> , L r.f:/. le si. le capitaine CoUin,

- ^* ;■'-:■ -::::v , es: rixu'^e mortellement;

> - - ;\: : ;\-i::.:. rv:l: un coup de feu; le . : - :• ô- i- y^s::i. d'i ;^0', est lue,

- l ■■«:-. T'i^li' ivr^r^v'^^sse, le sous-lieu- ^ -- V ~^i-.::zr:.: . s:i:t mis hors de

:e, r^.naant teu pourîeu...

loiiues profondes

venant de la Jonohère et de Bougival (landwehr de la garde).

Cette fois il n*y a plus de résistance possible ; tout le monde se précipite à la brèche . . . serrés de près, acculés au mur du parc, n'ayant pour toute retraite qu'une ouverture de deux mètres de largeur battue par un feu roulant, nos hommes paraissent perdus ; quelques-uns essaient de franchir la brèche en courant, ils tombent morts ou blessés ; le sous-lieutenant Lefaivre, du 36*, le seul officier resté debout, est atteint d'un coup de feu. Ces braves allaient être massacrés ou faits prisonniers lorsque, sur la gauche, un mouvement de retraite se produit chez les Allemands : c'est le 1" bataillon de mobiles de Seine-et-Marne qui entre en ligne, bien tardivement, hélas!

Ce bataillon, après avoir traversé Rueil, s'était dé- Lei«'batoiiio

do

plové sur le plateau face à la Jonchère: soutenu en seine-et-Marn

dégage

arrière par deux mitrailleuses du capitaine de Grand- ^^^ tiraïïieurî

•^ ^ acculés

champ, il avait longtemps tiraillé contre le bois Béranger. ^^^ ^^^f^ ^ Le feu de notre artillerie ayant produit un certain ^e la Maimaiw mouvement de recul dans la ligne prussienne, le lieutenant-colonel Franceschetli et le commandant de Piolenc entraînent les mobiles qui , se précipitant dans le fond du ravin de Saint-Cucufa, remontent la pente opposée et abordent résolument les groupes ennemis; surpris par cette brusque attaque, ils se retirent en désordre vers le plateau, et le petit nombre de nos soldats qui restent encore debout, en avant de la brèche A, peuvent rentrer dans le parc.

Mais bientôt paraissent do nouvelles colonnes prussiennes : l'une longeant à droite le parc de la Malmaison, l'autre descendant vers le ravin. Pris entre deux feux, nos mobiles sont obligés de se retirer; soutenus par les troupes du général Noël, garnissant la berge orien-

mi

. rtîïBUt - entrait) or ^troupe* lu par^ éQ

Fin et résumé de la lutte

Bn avant de la Malmaison.

taie, ik regagnent le plateau du Longboyau, après avoir fait des pertes sensibles.

Pendant que ces divers épisodes se passaient sur les pentes de la Jonchère, la majeure partie du bataillon du 36*, le bataillon du Morbihan, les francs-tireurs de Paris, quelques zouaves et quelques mobiles de la Loire- Inférieure qui occupaient le parc de la Malmaison rravaient pu être portés en avant; ce parc étant complètement dominé par le plateau de la Jouchêre, les balles ennemies le sillonnaient de toutes parts ; nos jeunes soldats ne voyant pas d*où leur venaient ces projectiles, refusaient d'avancer; en vain le général Berthâut cherche à les entraîner. , , ils se pelotonnent, s'abritent derrière les tailbs, les haies, un grand nombre se retirent en arrière dans les bâtiments du château.*,

L^offensive n'étant plus possible, le général Berthâut prépare les moyens d'assurer la retraite : il fait abattre un long pan de mur, vers la partie sud-est de la Malmaison, pour Técoulement des troupes, puis il place, sur une terrasse voisine du château de Bois-Préau , deux mitrailleuses commandant les débouchés du parc.

Lorsque nos derniers tirailleurs de la Jonchère eurent franchi la brèche A , les Allemands les suivirent à petite distance ; mais reçus par la fusillade venant de tous les fourrés du parc et des fenêtres du château, ils se replièrent précipitamment derrière le mur jusqu'au moment où la Malmaison fut évacuée par nos troupes. Ce fut le dernier épisode de ce rude combat de la Jonchère, où nos soldats, au nombre de deux à trois cents , avaient vaillamment résisté , depuis 3 heures jusqu'à 5 heures, à des forces bien supérieures : devant eux se trouvaient plus de la moitié du régiment n" 46 (lO* division), une partie d'un régiment de landwehr de la garde, venu de Saint-Germain, sur leur gauche, cinq

compagnies du régiment n'* 6 (10* division) et trois compagnies du régiment n** 50 (faisant partie de la réserve principale de la 10* division) (1).

La 6* compagnie du 3* bataillon de zouaves, celle qui marcha la première avec le commandant Jacquot, perdit ses deux officiers (Ducos, capitaine, et Lantelme, lieutenant) et 38 hommes sur 70 combattants. L'une des compagnies du 36' (4*) eut également ses deux officiers blessés (Delapierregrosse, capitaine, Lefaivre, sous-lieutenant) et 45 hommes hors de combat sur 70. La compagnie des francs-tireurs de la ligne du Mont-Valérien (capitaine L'iopis) qui, après avoir énergiquement lutté danii. le ravin de Saint-Gucufa, était venue porter secours au commandant Jacquot, avait perdu deux officiers sur trois (Tournadeet Pardes, sous-lieutenants) et 52 hommes sur 100.

Le commandant Jacquot, qui s'était conduit en véritable héros, succomba à ses blessures; sa mort fut un deuil général pour Tarmée.

Avant de revenir à la colonne de gauche et du centre, opératiom nous terminerons le récit des opérations de la colonne emre*ia^rôî5e

- de Cherbourg i

Berthaut . U seine.

La 3* compagnie du 3* bataillon de zouaves, établie dans la villa DolHnger, tenait en respect le poste prussien de la barricade de Bougival.

Le 2* bataillon de Seine-et-Marne était en réserve près de Bois-Préau.

Le 2* bataillon de zouaves, continuant à servir de soutien à Tartillerie de Textrême droite, s'était rapproché de Bougival, à mesure que l'artillerie s'avançait par échelons dans la plaine.

(1) Voir Opérations du 5« corpn prussien, par Slîeler von Heydekampf, pages 220-222.

d98 DÉFENSE DE PAHI&

Les éûIaireurB des zouaves et les deux comi du capitaine Revin (l'* et â* du 3* bataillon) se a quelque distance du pont de Chatou pour oba ce débouché et couvrir les derrières et le flanc droU^ nos batteries.

Ainsi que nous Tavons dit, au signal d'attaque» 1 nos pièces avaient cessé le feu, saur les deux batt établies à Textrôme droite, en avant delà gare de Rv placées sur le flanc de nos colonnes , elles pouva sans crainte de les atteindre, continuer à tirer sur ival et les positions voisines.

L'artillerie sous le Mont-Valérien allongeant son i rouvrit bientôt son feu sur les hauteurs de la Joe et de la Celle-Saint-Cloud ; ses projectiles» par-dessus les bois , allaient fouiller en arrière tout vallée de Bougival, où Tennemi semblait avoir majeure partie de ses réserves.

Lntto Tout d'abord, les deux pièces de la barricade de

gival furent seules à répondre ; puis une batterie ] sienne, établie sur le coteau de la Jonchère, entra action; placée sur le versant ouest au-dessus de Boi^*gival, elle était parfaitement défilée, surtout des coupt de face; c'est en vain que les batteries de 12 établies sur le plateau des Gibets cherchent à faire cesser son feu; nos deux batteries de la gare de Rucil, qui la voyaient d'écharpe , parviennent seules à Tinquiéter ; encore n'est-ce qu'au bout d'une heure de lutte très -vive que cette batterie ennemie se retire par les hauteurs; tout en retraitant, elle s'arrête de temps à autre pour chercher à prendre position, mais nos batteries de droite ne la perdent pas de vue, et la poursuivent à outrance; bientôt enfin elle disparaît complètement du champ de bataille.

Suivant les instructions qu'il avait reçues du général

d'aitillerie«

rthaul, le commandant Warnesson porte son arlillcen avant; la batterie de 4 du capitaine lîajau se il aux batteries de 12 Délhorcy et de Chalain, et . trois batteries, s'avançant par échelons, arrivent qu'à moins d'un kilomètre de Bougival; divisées par îtions, elles couvrent toute la plaine entre la Seine et route de Cherl)ourg, la gauclie de la batterie Bajau Duyée aux mnîsons les plus avancées du village do eil. Leurs projectiles tombant sur Bougival et fouillant bois en arriére de la J enchère, viennent en aide aux upes engagées sur ce dernier point.

\u centre cl à içauclic sur le plateau entre Buzenval op^^raitons

^ des

a Malmaison, la lutte avait été également très-chaude, colonnes ko61 et La batterie de 4 du capitaine Nismes établie en avant parc de Hiclielieu, sur une terrasse de jardin d'où n découvre à la fois tout le parc de la Malmaison et plateau dominant, entame Taction en ouvrant son feu p la Malmaison et la Jonchère.

Cette batterie est protégée par deux compagnies de incs-tireurs des SS"* et 24* de ligne, sous les ordres du mmandant Conti, par les francs-tireurs duMont-Valérien ipitaine L'iopis), les tirailleurs de la Seine (capitaine imas) et les éclaireurs du 28" mobiles (lieutenant de onlaigu). A leur gauche les francs-tireurs de la ligne 5 la 2* division (capitaine Faure-Biguet) sont défilés ins les fossés de la route de Saint-Gloud , attendant le ornent de se jeter sur Buzenval.

Toutes les autres troupes des colonnes Noël et Gholton sont massées dans les ravins voisins de la maiin Crochard et sur le versant de la Maison-Brûlée. Les quatre mitrailleuses du capitaine de Grandchamp . »nt installées à l'abri, dans le parc de Richelieu, avec 3 faciles issues de^-ant et derrière.

Au signal de l'attaque, les francs-tireurs de la ligne '^'deïï'^

m a vaut, vers Le T^yin

Lés

de ih fl^ division

cil liteau le Bui£t3afiLl«

3 heures.

du Mont-^Valérien, les tirailleurs de la Seine et les éclaîreurs du 28* mobiles se portent rapidement sur le plateau et se déploient en tirailleurs sur la berge orîenlaie du ravin de Saînt-Cucufa, la droite appuyée au mur du parc de la Mal maison, la gauche dans la direction de la porte du Longboyau ; le feu s'engage immédiatement avec les tirailleurs ennemis postés de l'autre côté du ravin. ^

Les frantîs-tireurs de la ligne (2" division) se préci* pilent au pas de course vers le château de Buzenval (1)^ devant cet élan énergique Tennemi ahaiidonne la posiS lion, le capitaine Faure-Biguel pousse avec ses hommesr jusqu'au mur qui sépare le parc de Buzenval de celui du Longboyau ; une brèche prussienne lui livre passage, il gagne la porte du Longboyau et poursuit jusqu'au bord du ravin... L'ennemi à cent métrés à peine,- garnit la berge opposée et commence aussitôt la fusilladsM sur les nôtres qui répondent vigoureusement. "

A 3 heures environ nos tirailleurs forment ainsi nue ligne continue s' étendant de Tintérieur du parc de Buzenval à l'angle sud du parc de la Malmaison, ligne composée des francs-tireurs de la 2® division, des éclaireurs du 28® mobiles, des tirailleurs de la Seine et des francs-tireurs du Mont-Valérien.

Leurs réserves sont échelonnées en arrière.

Le feu des batteries du plateau des Gibets n'étant pas, vu la distance, assez efficace contre les positions de la Jonchère, le commandant de Miribel porte son artillerie à hauteur des premières réserves. Il établit ses quatre mitrailleuses (capitaine de Grandchamp) à la jonction de la route de Saint-Cloud avec celle du Longboyau, et sur leur droite trois pièces de 4 de la batterie

(1) Un commencement d'incendie, allumé par nos obus, s'était déclaré dans le château de Buzenval.

Nismes ; les trois autres prennent position non loin du parc de la Malmaison.

Cette batterie mixte couvre bientôt de projectiles les abords de la Jonchère, et malgré plusieurs tentatives, Vartillerie prussienne, écrasée par notre tir à balles, ne parvient pas à y prendre position.

La colonne Noël, au lieu de se rabattre sur laMalmai- u colonne no^

1 1 1 \ attaque

son, appuie trop a gauche : cherchant a gagner du 1er- le» pon^os de i rainpar le sud de Saint-Cucufa, ses tirailleurs garnissent p**" ^° s"**tout le bord oriental du ravin ; mais arrêtées par un feu des plus violents venant des bois de la Bergerie et Béranger, ces têtes de colonne ne peuvent franchir la gorge et donner la main au commandant Jacquot qui, entraîné par un premier succès, s'est jeté vers la Jonchère.

Si nous ne pouvons avancer, pendant quelque temps du moins, nous parvenons à contenir l'ennemi ; mais bientôt lui arrivent de nombreux renforts . . . tout le versant occidental de Saint-Cucufa se garnit de nouveaux groupes... Des haies, des taillis, des fourrés, part une grêle de balles... soldats de la ligne, tirailleurs de la Seine, mobiles, tous font les plus énergiques efforts pour résister à ce feu intense. . . Malheureusement nos munitions s'épuisent, le nombre de nos tués, de nos blessés augmente. . . les hommes plient. . . notre centre est menacé ... la chaîne de nos tirailleurs va être rompue, quand accourent les chasseurs à pied de la division et deux compagnies de la Loire-Inférieure ; grâce a ce renfort, la ligne se reforme, le capitaine Faure-Biguet fait rentrer tous ses francs-tireurs dans le parc de Longboyau, et nous tenons ferme avec les chasseurs à pied, les mobiles de la Loire-Inférieure, sur tout l'espace compris entre la porte de Longboyau et le parc de la ""^Iteon.

vues instants encore le capitaine Faure-Biguet fait

dsnsld chaltt TéÊmg et S«iBlrCiicii& el dans iftiv WMb s*ajiBl piô^ de mtmitiûcis, il de chasseurs i et là T £fiaoB, el m reine stw 0O6 fraiM:&4Lr€Qif

la dbàîmxi de

mien appif|w aas l P^TSS?^ MiriJbel porte hardlmeitf

le GOmioatvdAQt di ^itOlerie ea a%'aiit : bMi demi-tiaUerie de 4 du cÊfèmaa XUqiês se jetant i IM^^ k nâée, s'éiablll en plttûe l%iie de lîr3iUeQf&, prUl li pQffe de LugbojraQ, «ToA db preod d'édiaipe j sur le phlem de U Jondiém (i).

de Grandchamp» hissant deux mîtr en iwi%e, s avance avec les deux aotnes pour à Têdûm et k batterie Nîsmes... il s'élahUt d*a ^^^ frim ie la Ibbiaisoii ; mâts gèaé par uoâ tiraille

^^H par aa aooieateot de terrain , il se rapproche Je !

^^v porte de Longboyaa et se poste sur le pralongen

^^* et la baltene Xïsmes,

T'e :e::e fH^r^ition avancée, notre artillerie écrase toutes lerf : 1 imes prussiennes à mesure qu'elles arrivent sur le rljieaa de la Jonchére. — Les pièces de 4 tirent sur .•fs ir-.upos «pi viennent de Bougival, les mitrailleuses SU-- celles qui tentent de sortir du bois Béranger.

La vue de l'arlillenea ranimé nos hommes : tous serelorieat en avant ; bientôt le ravin est de nouveau garni a une ligne épaisse de tirailleurs ; c'est alors que le baloilloa de Seine-et-Marne se précipite vers la droite et «ieg-ag: les débris de la petite colonne du conmiandant Jiicquot, en avant de la brèche A.

^ ^\ A gauche, nous occupons le parc de Longboyau avec

^fy ^^s chasseurs de la "1^ division. — Deux compagnies de

h L«î5 irc'i? autres pièces restent en avant de la roule de Saint-Cloud.

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