‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 3)Chapitre 70 sur 87 · XL III · texte numérisé non relu

XL III

tv/ûf*/e ' f/<*

•î .f.'nJ'tif

monte ' tu* ^.,^-'-'''>. ,

hop.Becmiei, Paris, z) v

francs-tireurs des 23* et 24* de ligne servent de soutien à la batterie de Nismes.

Lés chasseurs des 12% 14*, 3* et 4* bataillons (environ 300 hommes), déployés en tirailleurs, tiennent toute la berge du ravin... Les tirailleurs de la Seine, les éclaireurs du 28*, établis sur la pente , derrière les arbres, les haies, les broussailles, les fossés, les coupures, forment seconde ligne. — A Textrême droite, deux compagnies de francs-tireurs de la 3* division (25* et 26' de ligne) sont établies près du mur de la Malmaison ; déployées en tirailleurs dans les vîgnes, elles luttent avec énergie contre les Prussiens , postés à 7 ou 800 mètres sur la pente opposée.

L'ennemi, un moment ébranlé par notre retour offen* sif, ne tarde pas à montrer des forces nouvelles; la chaîne de ses tirailleurs s'épaissît de plus en plus. . . tout le versant occidental du ravin fourmille de groupes, d*essaims se rapprochant d'instant en instant.

Le signal d'alarme donné jusqu'à Versailles a fait arriver les réserves. . . Parmi elles on distingue les casques de la garde : indice de la présence d'une nouvelle division.

Nos soldats continuent néanmoins à faire bonne contehance ; de part et d'autre la fusillade est des plus vives, quand tout à coup la sonnerie : c Cessez le feu ! » se fait entendre de notre côté(l). Un moment d'hésitation se produit parmi nous. ... les uns cessent de tirer, les autres reculent. • . Aussitôt l'ennemi franchit le ravin de Saint-Gucufa, et s'élance en face l'intervalle qui sépare

(i) Comme à la droite, colle sonnerie parlait de notre seconde ligne; nos jeunes soldats avaient ouvert la fusillade sous le coup d'une émotion assez naturelle chez des hommes qui voyaient le feu pour la première fois. Quelques officiers avaient eu la fâcheuse idée d'employer le clairon afin dt faire CMser ce feu plus dangereux pour nos troupes dt première ligne que pour Tennemi.

les deux parc^ de la Malmaîson et de Longboyau... Le capitaîne Nismes, impassible devaDt ces masses dV saillants, leur envoie des décliarges a mitraille.*, k capitaine de Grandchamp les prend en flanc a^-ec m in itrai lieuses. — Décimés, les AUetnaods s'arrêteiiL*,. Mais tout à coup, sur notre gauche, ua immenjse hurrah retentit : c'esl le 50", 3' Basse-Silésie , qui, parti à chalel de Saint-Cucufe , se précipite dans le parc è Longboyau,

En un instant, les chasseurs à pied des 6* et 9* I»taitlons (150 hommes) sont bousculés» les francs-liraiîs du 23" de marche sont refoulés hors du parc, et touslei murs avoisinant la porte de Longboyau se couronnent de Prussiens, Fusillée à bout portant, notre artillerie est obligée de baltre en retraite,

La pièce n* 5 de la batterie Xismes (1), la plus rappuïchée du parc , est emmenée en longeant la muraille; mais les deux pièces n** 4 et 6, n'ayant plus ni servants ni chevaux, sont abandonnées.

Les deux mitrailleuses, bien qu'établies à peu de distance du mur (une centaine de mètres enWron), avaient peu souffert , les chevaux et le matériel de la batterie de 4 ayant fait rempart. L'une d'elles, cependant, faillit

[\) La domi-balterio de gauche amenée par le capitaine Nisnies était établie un peu en avant de la porte du Longboyau, la pièce de gauche ^n" r» à '20 mètres environ de la muraille. Cette dernière pièce seule put être emmenée, ses chevaux et servants ayant été préservés par le rentrant de la muraille: ils se trouvaient, en effet, à l'abri des coup^ de la colonne qui longeait le nuir A. et ils étaient assez rapprochés du mur B pour que les projectiles venant de ce point leur passassent par-dessus la tète.

La pièce n** ô se retira en longeant la muraille C, protégée par cette \muraille même.

Les deux pièces de 4 n"* \ et 0. en butte aux feux croisés venant d? |V et de n. furent criblées et durent être abandonnées.

Los deux mitrailleuses reçurent des coups de face, mais elles furent wvteK^vs des coups de revers par les attelages des pièces de L

rester sur le terrain. Comme Ton cherchait à la remettre sur Tavant-train , le lieutenant Darolles est atteint d'une balle à la poitrine; un des deux sous-offîciers, frappé mortellement, tombe sous les roues de la voiture, son cheval se jette sur l'attelage ; un autre cheval touché se dérobe ; les autres, effrayés, se traversent, Tavant-train tourne. . . les servants, fort impressionnés, commencent à se décourager. . . Il faut toute l'énergie du capitaine de Grandchamp pour faire ramener l'avant-lraîn et enlever la pièce. Poursuivis par la fusillade , nos artilleurs se replient au galop.

Près de la brèche , en avant du Longboyau, tiennent encore : francs-tireurs de la ligne , chasseurs et mobiles. Ces braves tentent un instant d'empêcher l'ennemi de faire irruption par cette ouverture ; mais criblés par la fusillade, ils sont obligés de céder... longeant le pied de la muraille pour se défiler des coups qui partent du sommet, ils arrivent à la porte à claire-voie de Longboyau que soutenaient de leurs épaules quelques francstireurs du 24* de ligne, pendant que l'ennemi, poussant de l'autre côté, cherchait à la défoncer à coups de crosse... A travers les grilles, les créneaux, Français et Allemands se tuent à bout portant ; le capitaine Gluck (du 24*) est blessé ; assaillis de toutes parts, écrasés p^ le nombre, nos hommes se replient au pas de course, s*abritant dans les vignes et les plis de terrain.

Sur le plateau également, la retraite est à peu près Défense bèroi^

, . , 1 , » autour det

générale; cependant, un certam nombre de chasseurs a deuxpièceide pied , de francs-tireurs de la ligne et quelques artilleurs tiennent autour de nos deux pièces de 4.

Maintenus par d'énergiques officiers, ces braves gens, au milieu des arbres , des haies , des vignes . . . , se réunissent par petits groupes et luttent avec le dernier acharnement. . . déjà ils ont permis au capitaine de

406 DÉFEXSE DE PAEIS.

Gfanddunnp de se replier ërec s^ pièces ; Os xmksà sdfiTer encore les deux canoûs qu^oa a été obCgé de laisser sur le terrain. « . Sans se préoccuper de k grèfe de balles qui ▼ient de lout^ parts, ils rendent feu pour ffen, et leor tir, bien ttirigé^ arrête les efTorls opiniâties derennemi... Tout a coup, tme compagnie prusâcom débooche delà porte de Longboyan, à trente pas à peme et court sur eux... Les capitaines Nismes el LâlieT(t), suivis de quelques homines, se jettent en avant de nos pièces. . . font une décbai^ et foncent à la baioniiÊtle. Le lieutenant pnisàien (2) est tué» plusieurs de ses soldais tombent mcrts ou blessés^ le r€ste de la compâgme s*arréte, el nos pièces sont encore sauvées. . *

Mais de nouveaux groupes ennemis âccourenl, le feu recommence plus viûlent que jamais. . , le sol est bakyé par les projectiles; les balles, ricochant sur les canaos, firappent de tous e^tés... cependant nos hommes lienneiii encore; morts et vivants forment un dernier rempart autour de nos pié:^... les sous -lieutenants Goudmaat (3) el S.hmil (4^ tombent grièvement blessés... chasseurs, sol !aî> de la lijrie, canonniers, jonchent le sol de leurs caiavres... eciases par le nombre , épuisés, anéantis, ces braves se replient... le capitaine Nismes, le capitaine Lalier. avec huit hmraes (5) restent encore, et font feu

î y. L^.:- -û:: -li^-in^ au [ù^ baUillvn de chas^ourii.

:: L î- ^euitr.an'. M»:li^cr. du rejiment d'infanterie n° âO.

>î. ': u:::ar.:. :u ::!« de ::,ar he. blesï^o d'une balle à la cuis?e ju : h . fj; ^-:uvr ^rl:e ^ : -rn^rgie du caporal OHo , des francs-lireur? du ^:>' ..i- i:jci-. qu" . o:r:i :r;a sur 503 cpaules.

i >i. :r.:.::i.;. ^ u— ^i .injai ai 1:^* bataillon de chasseurs, avait r j. : .- :u • b:- /. : : lur.'.. uql i ï.\-: qui. lui traversant la figure, avait l.- .^ ;- :.I:h^.:rS et : -.r xir.c partie de la langue: il fut également sauvé 1^7 ..i\ a- >'.> ii :..::. e-, ie cha*rcur HdIAermeyer, qui l'emporta sur stï

Kcuari r;.i iaud. sorjent au 12» bataillon de chasseurs:

r:Ko.:.rv L-. .ai:rc. d^ d°

jusqu'à la dernière cartouche... Frappé de cette audace, Fennemi n'ose aborder ces vaillants, qui ne se retirent qu'à toute extrémité.

Au moment où cet épisode se déroulait, il était tard, Disposions le jour baissait sensiblement. L'ennemi avait été repoussé ^^^^^^^^^ ' bien au delà de Rueil; nos troupes, sérieusement engagées, avaient fait généralement très-bonne contenance. Le double but que nous nous proposions était atteint ; ordre est donné aux fractions les plus avancées de commencer la retraite.

EUle s'exécute avec calma : à la droite, les deux compagnies de francs-tireurs des 25' et 26% commandées par le capitaine Risbourg, blessé de deux coups de feu, se replient lentement le long du mur de la Malmaison ; passant par le parc de Richelieu, elles rallient leur colonne dans le ravin Masséna.

A gauche, le 1" bataillon du 19* de marche, embusqué sur le plateau, empêche l'ennemi de sortir du parc de Buzenval, puis il vient se rallier derrière la maison Crochard, dans le chemin encaissé qui conduit au ravin de Rueil.

Les Allemands, rendus prudents par nos retours offensifs et les décharges de nos mitrailleuses postées à la maison Crochard et à la Maison-Brûlée, suivent lentement à distance. . . lorsqu'ils parviennent à hauteur de cette dernière maison, la nuit est complète.

Nicolas Dulstein, caporal au 12* bataillon do chasneilrs;

Pierro Lebâtard, chasseur d" .V

Etienne Noël, dfi d»

Dominique Croisât, d*» d®

Jacques Grue, d<* d<*

Huguet, trompette d'artillerie. Cet homme ne voulut pas abandonner le capitaine Nismes; il avait trois balles dans le corps et n'en restait pas moins à cheval ; il put se retirer jusqu'à la route de Saint- Cloud, où il tomba pour expirer.

ïLîQDft de I

Malheureusement, par suite d*une négligence înexc sable, un certain nombre de nos blesses, 50 enviran qui, pendant le combat, avaient été réunis dans le fond du ravin, au lieu d'être évacués successivement sur I^ Mont-Valérien et Nanlerre, furent oublies; In nuit Teii nemi les recueillit et les lit transporter à EougivaL

A Textréme gauche de notre ligne de bataille, le troupes du général Martenot avaient été tenues en résen pendant toute Taction sur les pentes du Mont-Valérieûl ses tirailleurs avaient pris position le long de la route i Saiût-Cloud, et pendant quelque teaips. Tune des coni'^ pagnies du 7" bataillon de mobiles de la Seine avait éti maîtresse de la redoute de Montretout.

Nos batteries, établies d'abord à droite de la Brique terîe, s^étaient avancées de plusieurs centaines de mélres| lançant quelques obus sur les bois et les positions qu'û supposait occupés par rennemi.

Mais nulle part, les Prussiens ne s'étaient montrésdl! ce coLé, et à cinq heures et demie, toute la colonne dilj général Marteoot reprenait le chemin du rond-point dej Gourbevoie.

Page 1