OBSERVATIONS GÉNÉRALES
Des renseignements qui se succèdent autour de moi, il résulte cjue l'ennemi occupe très-solidement la ligne de L'Hay à Choisyle-Roi, en passant par Chevilly. la ferme de la Saussaie et Thiais. C'est une sorte de ligne fortifiée qui couvre les grands mouvements de troupes et de convois que l'armée prussienne fait entre Villeneuve-Saint-Georges et Versailles. Il y a donc tout lieu de croire que cette ligne sera difficile a enlever par des troupes qui se présentent devant elle sur un plateau découvert. Des pertes considérables et hors de proportion avec le but de l'opération peuvent s'ensuivre. J'ai donc décidé qu'elle ne serait abordée, qu'après que le feu de tous les forts et ouvrages, qui ont des vues sur ces villages, aurait eu son cours pendant une demi-heure, à la pointe du jour. Des ordres précis seront donnés en conséquence, par le général Vinoy, au fort do Charenton, qui battra Choisy-lo-Roi ; au fort d'ivry, qui voit A présent le pont de Choisy-le-Uoi ; au fort de Montrougo, (|ul a des vues sur L'Hay; enfin aux ouvrages du Moulin-Suquct et dot Hautes-Bruyères, qui utiliseraient pour cet objet \vaivh pièooH de 12.
Après une demi-heure (montre en main) de ce fou d'iirllllorln, qui ne devra pas être précipité, l'infantorio commnncnnt nnii mouvement, ne montrant que dos tirailleurs et iU^h i^niimiM, gardés par des détachements couchés. L(*m mnnmm Hurntit ftl««l« mutées derrière les plis de terrain, et. je rôpôto (pi'nlInN ii#» .-.-^IMirraient être montrées sur ce plateau découvert miimm (Miurlr ^Bhance de pertes très-considérables.
Vopération devra être rapidement conduites ; la rnfniKn dMvrn Vire en bon ordre, le terrain h paH'ourlr éhiiil lr«*'«» pf^M JL Les troupes désignées h Tavan^e pour ml olijtd n'tniMMi
m DÉFENSE DE PARIS,
«oiiipreiidru k tfuadinlalère fornit* par les forts de Btcélre 9i ï|*lvT3f, le villîifîe de I/Hay el îa ville de Choiay-lo-Roi , qui en gM*ra l'objecUr
l.n base de celle petite opération sera le terrain dissimulé aux vnm de Vennemi, dtyut ïe front csl masiqué par le village de Vitry^ l'o livra gii du Moulm-Sacfuet, le villag^e de Vtllejuif et Vùu^ vnvgQ lies Hautes-Bruyères- G*est eu an-iore de ee front qu'arrive ront et se formeront tes roi ou nés.
La cutonue de droite, une brigade^ eheminant en aYSDt dt Toiivrage des Hiuites-Rruyères, sa droite appuyée aux hautetifs âû la Bièvre, aura pour mission d'oer^uper l/llay, point tjuf j*ôi lieu de eroire trés-soHdement défendu pjir rien levées de terre, de rartilbtric et de l'iufnnterîe* Cette brigade 8*y tiendra pendnnt îout le eours île ropération» qu'elle eBt esseuliellement chargée de rouvrir cnnlre ries retnurs venn nt de la drrufe par la route de Sceaux,
l'iie seroude eolouiie, qui pournj t'^tfed'un réglaient ï^euteTuent^ uccHiperti Chevilly, qui ^si u pe^i prén dnns tes jiiêmes eonditiona de défense que l/Hay. et devra également y demeurer pendant totile l*opèi-ïdioiu Une colonne î^pefiate, débouchant de Villejuil par la grand'route, ira oet^nper le point où fetle g^rn ml "route coupe le obemiu de Chevilly à tUiûiBy-le-Roi par Tliinis,
M y a l"t une putb» d*iiin ijn*il fîMit h^urr. Le re&h.' t]**^ tmiip^^s. moins la brigade gardée en réserve, formera une grosse colonne dont robjcctif sera Tbiais et (îboisy-le-Roi. Celle colonne cheminera par le plateau on avant du Moulin-Saquel» s*appuyant aax pentes de gauche. Aucune colonne ne sera engagée sur la route de Vitry à Choisy-le-Roi, qui est entilce par l'artillerie. — Il a été entendu avec le général Vinoy que l'ensemble de ces troupes serait formé par la division de Maud'huy, une brigade du général Blanchard , une brigade du général d'Exea, et les bataillons de mobiles disponibles. Des ordres de détail très-précis, où entreront la fixation des heures et le calcul do la durée de la marche de chaque groupe, seront donnés à la réunion qui aura lieu aujourd'hui chez le général Vinoy. Les brigades. des divisions Blanchard et d'Exea, qui concourront, devront faire leur mouvement, sans bruit, ce soir à la chute du jour, les chemins reconnus et les vivres pris. Elles coucheront toutes deux à portée de leur débouché du lendemain. La brigade de la division d'Exea sera tenue eu réserve, pendant toute la durée de l'opération, eu un point convenablement choisi. La brigade restant au ^^énéral Blanchard devra se borner à faire, par des tirailleurs convenablement soutenus, une reconnaissance telle que celles qu'on exécute journellement sur les hauteurs de Châtillon. La
Je vous prie donc de mettre demain à ma disposition les ouvriers militaires nécessaires pour exécuter les travaux. Agréez, etc.
Signé : J. Tripicr.
Gouverneur de Paris à Général Vinoy,
Vous avez été informé ce soir du mouvement de troupes trèsconsidérable que l'ennemi a fait de votre côté. Il y a là des menaces d'accord avec les bruits qui courent dans le public, et aussi avec les dires des prisonniers, dont il faut absolument tenir compte. J'ajoute qu'indépendamment de ces menaces, dont la réalisation peut être immédiate, il convient de ne pas oublier que Fanniversaire de la bataille d'iéna arrive dans trois jours (le 14 octobre), et que les Prussiens ont à un haut degré la croyance des anniversaires.
Ainsi, je vous recommande la vigilance plus encore que je ne vous l*ai recommandée hier.
Je vous prie de donner, dans ce sens, à tout votre monde les ordres les plus précis. A partir de demain matin, le général de Maud'huy devra entretenir, à poste fixe, deux veilleurs armés de bonnes lunettes dans le clocher de Villejuif, et il devra vous tenir constamment informé.
Si vous devez être attaqué, ce sera, comme toujours, avec un maximum d'artillerie et des masses très-considérables, mais qui, comme toujours aussi, ne se montreront guère.
Elles franchiront probablement de nuit le plateau sur lequel, de jour, elles seraient exposées à vos coups, et enfin elles s'efforceront d'agir par les points où elles peuvent cheminer à couvert en tournant vos positions, c'est-à-dire par la vallée de la Bièvre et par le bas de Vitry.
Vous avez, actuellement, d'Issy à Port-à-l' Anglais, à peu près 35,000 hommes; c'est suffisant pour tenir cette ligne, si étendue qu'elle soit , parce qu'il nous faut , nous aussi, ne montrer de masses nulle part. C'est avec un maximum d'artillerie, et en occupant opportunément tous les points de la ligne que nous avons rendus défensifs, qu'il faut tenir tôte à cet orage s'il vient..
Préoccupez-vous donc, dès demain, de l'établissement de vos deux divisions et de vos bataillons de mobiles sur cette ligne
494 DÉFENSE fiE PARIS,
«oinprendra le rjua/lrilalère formé par las forts «le Bicèlre ûï d'ivry» lo vilhige de IJHay et la ville fie Ghoisy-lts-Roi, qui en HLim l'ùbjt'cUf,
La ]>û»e lie celle petite opérattoo sera ïe terrain dlssîmuté aux vvîes de Vonne^mu <1oîU le fri>nt est masqué par le village de \livf, Touvrago du Moulin-Saquet, le village de Villejuif ell ouvrage des Hautes- Bru^'êresi. C'est en arriôre de ce front qu'armeront ùX SG formeront tes colonnes.
La colonne de droite, une brigade, phemLnant ©u avant d« Touvraf^e des Hautes -Bruyères» sa droite appuyée aux hauteui^ de la Bièvre» aura pour mission d'oct^uper L*liay» point que j'ai lieu de croii'O Irès-solideineTil défendu par de« îevécs de terre, de Tai'tillerie et de riiifanterie. Cette brigade s*y tiendra pendant tout le eours do Fopéi^tîon, qu'elle est essentiellement eharg-èe de eauvrir coulre des ivlnm-s votuint de la droile par lu roule de Seoau\.
Tue sei^ûude t*olonne. ijui pourra olred'uu régirtieiit seulemenlp uoi^upera Chevilly, qui est a pe i pri't; <laus les mêmes eonditions ib défonse iiue L'Hây, et devra également y demeurer pendant loule ropératîon. Cne eolouiie s^pédale, déboucha ni de Villejuif pur la grand'route, ira occuper le point ou ret(e grand' route eoupe le chemin de Chevilly a t:hoïsy-le-Roi par Thiais,
Il y a lu une palle d*oif* ((n'il faut lenir. Le restf des Iroupes. moins la brigade gardée en réserve, formera nue grosse colonne dont robjectif sera Thiais et Choisy-le-Roi. Celle colonne cheminera par le plateau en avant du Mouliu-Saquet» s'appuyant aux pentes de gauche. Aucune colonne ne sera engagée sur la route de Vitry à Choisy-le-Roi, qui est enfilée par Tartillerie. — Il a été entendu avec le général Vinoy que l'ensemble de ces troupes serait formé par la division de Maud'huy, une brigade du général Blanchard, une brigade du général d'Exea, elles bataillons de mobiles disponibles. Des ordres de détail très-précis, oiîi entreront la fixation des heures et le calcul de la durée de la marche de chaque groupe, seront donnés à la réunion qui aura lieu aujourd'hui chez le général Vinoy. Les brigades. des divisions Blanchard et d*Exea, qui concourront, devront faire leur mouvement, sans bruit, ce soir à la chute du jour, les chemins reconnus et les vivres pris. Elles coucheront toutes deux à portée de leur débouché du lendemain. La brigade de la division d'Exea sera tenue en réserve, pendant toute la durée de i'opération , en un point convenablement choisi. La brigade restant au pjéncral Blanchard devra se borner à faire, par des tirailleurs convenablcmcnl soutenus, une reconnaissance telle que celles qu'on exécute journellement sur les hauteurs de Châtillon. La
DÉFENSE DE PAftt6. 1%
lie, comme des trois batteries de 12 stationnées à hauteur du Portà-l'Anglais, le générai d'Ubexi disposera pour la défense de vos positions (concurremment avec ses propres batteries), depuis Villejuif jusqu'au Port-à-l'Anglais, en passant par le Moulin-Saquet et Vitry. Il faudra avoir des officiers pour donner à tout cet ensemble, qui sera compliqué, les emplacements utiles pour la défense.
Toute la journée de demain, jusqu'à la nuit, devra être consacrée à cette organisation défensive, à laquelle je vous prie de donner tous vos soins. Il faudra la perfectionner les jours î?tivants si l'ennemi ne prononce pas l'altaquo attendue.
Le général Blanchard, immédiatement prévenu, devra prendre, dans sa zone, toutes les dispositions défensives qui le concernent avec son canon et son infanterie.
Siffué : Général Trochu.
# (Cette lettre est arrivée à minuit, dans la nuit
(lu 10 au 11 octobre.)
Gouverneur do Paris à Général Vinoy.
Leà renseignements qui me parviennent ce soir tendraient ê me faire croire que le grand mouvement de concentration qui s'est fait ces jours derniers aurait peut-être pour but une expédiiioil en province.
Afin de nous renseigner sur ce point, veuillez donner des ordres au général Blanchard pour qu'il fasse demain une grande reconnaissance jusque sur le plateau de Châtillon ; il a à sa disposition tous les moyens nécessaires pour tâter fortement l'ennemi sur ces positions.
Veuillez me faire connaître l'heure à laquelle le général Blandbaré se mettrait en route.
Signé : Général Tbochu.
(Lettre arrivùe le 13 octobre, a minuit et quart; à 2 heures, au général Blanchard ; à 4 heures, aux généraux de Susbtëllc et ^ de La MarioQée.)
*ïoiiipreiidi*u le quailrilatère totmà par les forls de Rjcêlre »t 4*I\Ty» Ip village de T/Uay eï \n ville de Choisy-lu-Roi. qui en i*^»i'îi l'objeclir.
Ln luise de cette petite opération sera le terrain dissimulé auit vuôH de l't'Tuiemi, dont le front est manqué "p^r le village de Vrtry, Touvrage du Moulin-Saquet, le village de Villejuif et l'ouvra j^e des Hautes -Bruyères. C'est en arriéra d« ce front qa*afliveronl et se formeront les colonnes.
La ûuloïine de droite, «ne brigade» cheminant en avant de ron\TBge ûùB H mîtes- Bruyères, bo droite appuyée aux hauteurs de la Bièvre, aura pour mission d'oecMiper I/Hay. point que j*ti lieu de eroii^e très-solidement défendu par des levées de terre» de rartilleric et de rinrnntiirie* Celle brigade s'y tiendra pendant tout le cours da ropératinn, quVlt© est essentiellement chargée lie rouvrir contre des retours venant de la dîNiile par la rowte de Sceaux.
Tue ^eroude tioîoniie. qui pourra tVtrtMl'un îégiment seulementj ïjC'L'Upera Chevilly, qui est à peu près dans les même&i eonditions <te défense que l^'llay, et de\TS également y demeurer pendant toute ropéiiiliou. Une entonne spéciale» débouchant de Villejuif par la grantrroute, ira occuper le point où eette grand Vente coupe le cbcmin de Chevilly à Chois y-le-Roi pnr Thîais.
Il va lu Tuie patte dVne <|ii*il fout tenir. Le resl<* dt^s tniupes. moins la brigade gardée en réserve, formera une grosse colonne dont Tobjeclif sera Thiais et Cboisy-le-Roi. Celle colonne cheminera par le plateau en avant du Moulin-Saquet, s'appuyant aux pentes de gauche. Aucune colonne ne sera engagée sur la route de Vitry à Ghoisy-le-Roi, qui est enfilée par l'artillerie. — Il a été entendu avec le général Vinoy que l'ensemble de ces troupes serait formé par la division de Maud'huy, une brigade du général Blanchard , une brigade du général d'Exea, et les bataillons de mobiles disponibles. Des ordres de détail trés-précis, où entreront la fixation des heures et le calcul do la durée de la marche de chaque groupe, seront donnés à lu réunion qui aura lieu aujourd'hui chez le général Vinoy. Les brigades. des divisions Blanchard et d'Exea, qui concourront, devront faire leur mouvement, sans bruit, ce soir à la chute du jour, les chemins reconnus et les vivres pris. Elles coucheront toutes deux à portée de leur débouché du lendemain. La brigade de la division d'Exea sera tenue en réserve, pendant toute la durée de i'opéralion, en un point convenablement choisi. La brigade restant au ;:rénéral Blanchard devra se borner à faire, par des tirailleurs convenablemonl soutenus, une reconnaissance telle que celles qu'on exécute Journellement sur les liauteurs de Châtillon. La
nemi dirigerait de ce côté, pour essayer de tourner notre gauche. La colonne de droite s*empare, sans coup férir, de Glamart, s*y maintient, mais trouve près du plateau de Chfttillon des positions fortement occupées. Elle s'arrête donc sans pousser plus avant.
I^ général de Susbielle attaque vigoureusement ChAtillon, soutenu par son artillerie de campagne et par celle des forts d*Issy et de Vanves. Mais il est arrêté dès l'entrée du village par des barricades qui se succèdent, et par une vive fusillade partie des maisons crénelées.
11 est obligé d'emporter une à une toutes ces maisons et de faire appel à Ténergie de ses troupes, tout en usant d'une extrême prudence, pour continuer cette guerre de siège. Le général reçoit un i?oup de feu à la jambe, mais sa blessure est heureusement sans gravité ; il reste à cheval et continue à commander sa brigade.
La colonne de gauche enlève rapidement Bagneux, après une vive résistance : les mobiles de la Côte-d'Or et de TAube, sous la conduite du lieutenant-colonel de Grancey, se montrent aussi solides que de vieilles troupes. C'est dans cette attaque que le commandant de Dampierre, chef de bataillon de TAube, est tombé à la tète de son bataillon.
Pendant ce temps, le 35® de ligne et un bataillon de la Côted'Or, sous les ordres du colonel de La Marieuse, tentent de se frayer un passage entre Bagneux et Châtillon ; mais ils sont ai^ rêtés par la mousqueterie et rartillerie ennemies ; ils sont obligés, eux aussi, de faire le siège des maisons et des murs de .parc» crénelés et vigoureusement défendus, et ils parviennent jusqu'au cœur du village.
La brigade Dumoulin, qui avait pris position à la grange Ory^ reçut Tordre de se porter en avant pour appuyer le mouvement du colonel de La Marieuse ; elle occupa le bas de Bagneux, tandis que le 35® cheminait par le centre, pour forcer la position de Châtillon.
La brigade de La Charrière s'acquittait convenablement de la tâche qui lui avait été confiée. Elle faisait taire, par son artillerie judicieusement dirigée, le feu d^une batterie ennemie, postée vers l'extrémité de Bagneux, et qui s'efforçait d'inquiéter nos réserves, dans le but de tourner notre gauche.
Après cinq heures de combat, vous avez ordonné la retraite ; \elle s'est effectuée dans le plus grand ordre. L'ennemi a essayé ■de reprendre rapidement ses positions, et il a engagé un tm très- Vif de mousqueterie et d'artillerie ; mais nos batteries divisionwres et les pièces du fort de Vanves» de Montrouge et d'Issy
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