PRISE DE LA GARE-AUX-BŒUFS
Pendant que la division de Maud*huy attaquait L'Hay, ^^ ropéraUon la division Pothuau devait faire une démonstration sur les bords de la Seine, en prenant la Gare-aux-Bœufs, près de Ghoisy-le-Roi.
Dès le 28 au soir, le contre-amiral Pothuau se rend au fort d'Ivry.
Sa division se compose :
1° De la brigade Salmon ;
2** De 4 bataillons de mobiles (Marne, Indre, Puyde-Dôme et Somme), formant une nouvelle brigade de i,100 présents, commandée par le colonel Champion;
3** De 4 bataillons de gardes nationaux mobilisés, les 106% 116', 127* et 17% sous les ordres du colonel Roger du Nord, et campés, depuis la veille, au Petit- Ivry.
En dehors de cette pointe sur la Gare-aux- Bœufs, la division Pothuau doit garder en permanence la ligne de tranchées qui s'étend de la Seine au Moulin- Saquet, où elle se reliera avec la division de Maud'huy.
Sur cette ligne se trouvaient plusieurs ouvrages el batleries :
1° La redoute du bord de Teau, établie à un kilomètre en avant de Port-à-F Anglais, et occupée par une batterie attelée de 12 ;
2** La batterie du pont Mazagran, près du chemm de fer d'Orléans, armée de 3 pièces en fonte de 22 centimètres ;
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3" La batterie de la pépinière de Vilry, armée de 6 pièces de 22 centimètres.
Soutenue en arrière par le feu des forts et de toutes ces batteries, la division Pothuau doit être appuyée dans sa marche en avant par deux wagons blindés et des batteries flottantes : les wagons blindés prenant position sur la ligne d'Orléans, près de la Pépinière, et les canonnières remontant la Seine à hauteur des troupes en gagées.
La Le 29, à 4 heures du matin, la division Pothuau
dïTiBion Pothuau
86 met s'ébranle (1).
en mouToment a ^ '
4 h. du matin. Deux bataillons de fusiliers-marins, un bataillon d'infanterie de marine, quittent le fort d'Ivry, et rallient leurs compagnies établies dans les tranchées de Vitry depuis la veille au soir (2).
La garde nationale vient se placer en réserve, non loin de Port -à-r Anglais.
Prise de hi A 6 houres 1/2, après une vive canonnade des forts et
(iara- aux -Bœufs *
r:hoi8v^-îe-Roi batteries de position, deux compagnies de fusiliers-marins, sous les ordres du capitaine de frégate Desprez, sortent des tranchées, et s'avancent à droite et à gauche du remblai du chemin de fer, suivies de 30 hommes du génie, porteurs de fascines et gabions ; deux compagnies de garde nationale mobilisée, des 106* et 116* bataillons, marchent à quelque distance, servant de soutien.
Sans se laisser arrêter par la mousqueterie de la gare de Ghoisy et des maisons crénelées de droite, nos marins poussent rapidement à l'ennemi... En moins de 20 minutes , ils arrivent à la Gare-aux-Bœufs , enlèvent le poste des Prussiens, qui, surpris par cette brusque atta-
(t) Voir croquis n" 7.
(2) Ces compagnies avaient relevé les avant-poster de la division de Malroy, partie pour rejoindre la 2« armée.
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que , se retirent précipitamment , nous laissant 5 prisonniers.
La flottille protège le mouvement et ouvre son feu contre les premières maisons de Ghoisy-le-Roy, pendant qu'une vive fusillade s'engage à petite distance avec les défenseurs de cette ville.
La batterie d'artillerie de 12 (capitaine Guérin), qui arme la redoute du bord de Teau, se porte en avant. . . soutenue par le feu des chaloupes - canonnières , elle parvient à se maintenir, malgré les feux convergents de l'artillerie ennemie.
Depuis plusieurs heures déjà, nous occupions ce poste avancé de la Gare-aux-Bœufs , où les marins avaient terminé tous les travaux de défense , lorsque le contre amiral Pothuau reçut du commandant de la 3* armée l'ordre de l'évacuer.
Notre retraite , que l'ennemi ne songea pas à inquiéter, se fit dans le plus grand ordre.
Ce léger engagement, où nous n'avions eu que 8 blessés , coûta à l'ennemi 18 hommes , dont 5 prisonniers.
La brigade de la marine fut ensuite chargée de garrler la ligne de tranchées depuis la Seine jusques et y compris la batterie de la Pépinière ; la brigade de mobiles gardant les tranchées depuis la Pépinière jusqu'à l'extrême droite, près de Moulin-Saquet (1).
(1) He chapitre est tiré en grande partie de l'ouvrage La Atari ne au S^iége de Paris, par le vice-amiral de La Roncière le Noury.
(Tableau.)